description
Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du genome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Replication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Nécrose Theorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

Matrice extracellulaire

 

Dans un organe ou dans un tissu les cellules sont en relation les unes avec les autres et avec la matrice extracellulaire (MEC).
- un épithélium est un tissu constitué de cellules jointives (épithélium de revêtement, épithélium glandulaire) unies par des protéines et structures de jonctions (cadhérines, desmosomes, jonction adhérentes...).
- un tissu conjonctif est constitué de cellules relativement isolées dans une substance fondamentale et un réseau de fibres collagènes ou élastiques.

   I. Le fibroblaste
C’est la cellule qui élabore la substance fondamentale et les fibres. Il est fusiforme avec des prolongements cytoplasmiques (aspect fibroblastique) et un noyau unique central. Il est peu mobile et quiescent sauf s’il est activé (cicatrisation, inflammation, cancer, fibrose); il est alors capable de mitose et de déplacement.
Le fibroblaste est soit indifférencié (tissu conjonctif simple), soit différencié en ostéoblaste, chondroblaste, adipocyte...

   II.
La substance fondamentale
C’est un gel amorphe très hydraté composé de protéoglycanes, de glycoprotéines et d’eau. La diffusion des molécules du métabolisme et la mobilité cellulaire (fibroblastes, polynucléaires, macrophages, lymphocytes) y sont faciles.

Les protéoglycanes résultent de la fixation covalente de glycosamininoglycanes (GAG) sur une chaîne protéique. Les GAG sont des polymères non ramifiés de disaccharides dont l’un des sucres est aminé (certains sont sulfatés (chondroïtine sulfate, dermatane sulfate, héparane sulfate), d’autres non (hyaluronane ou acide hyaluronique). De un à plusieurs milliers de GAG sont fixés sur une protéine; ces sucres adsorbent l’eau et permettent la formation d’un gel.

Les glycoprotéines assurent la cohérence de la matrice
* la fibronectine est un dimère de grande taille formant un V. Elle comporte des sites de fixation pour le collagène et l’héparane sulfate. Les intégrines membranaires se fixent sur la fibronectine au niveau de séquences RGDS (Arg-Gly-Asp Ser).
* la tenascine, la laminine, l’agrine sont d’autres glycoprotéines qui interagissent avec les intégrines.

   III.
Les fibres
Les fibres sont visibles en microscopie optique sous forme de trousseaux et de faisceaux qui parcourent le tissu conjonctif . Les fibres sont éparses ou orientées dans les ligaments, les tendons et les aponévroses.

* les collagènes sont très abondants (25 % des protéines de l’organisme). L’unité élémentaire est un trimère de chaînes alpha, rigides et linéaires, enroulées en super-hélice; ces trimères (procollagène) s’associent en molécules de collagène qui elles mêmes forment des fibrilles. Le décalage régulier des molécules de collagène donne un aspect de striation périodique (60 nm) en microscopie électronique. Les fibrilles s’associent enfin en fibres de collagène. Le fibroblaste synthétise du protocollagène dont une partie est clivée par une collagénase dans la matrice avant l'association en fibrilles.
Douze familles de collagènes sont connues. Le collagène de type I (collagène fibrillaire) est le plus abondant (derme, os, tendons...). Des mutations du collagène I sont responsables de l’ostéogenèse imparfaite (maladie des os de verre, Petrucciani). Le collagène IV (collagène plan) forme l’armature des lames basales des épithélia. La vitamine C est le coenzyme d’enzymes qui hydroxylent les résidus lysil et prolyl (synthèse de la lysine et de la proline très abondantes dans le collagène); les radicaux OH participent à la formation de la triple hélice; un déficit en vitamine C (scorbut) fragilise les ligaments dont le ligament alvéolo-dentaire (perte des dents) et provoque des hémorragies (diminution de l'adventice, tissu collagène péri-vasculaire).

* les fibres élastiques sont abondantes dans les tissus élastiques (peau, poumon, artères). Elles sont visibles en microscopie optique après coloration à l’orcéine sous forme d’un réseau plus fin que celui des collagènes. L’élastine est une protéine non glycosilée; les molécules d’élastine sont reliées entre elles en un réseau anastomosé et aux faisceaux collagènes par des molécules de liaison (fibrilline, anormale dans le syndrome de Marfan)


   IV.
Différents aspects des tissus conjonctifs

Les cellules et la matrice subissent une différenciation locale:

      A.
lame basale
Les cellules épithéliales reposent sur une lame basale faite d’un réseau de fibres densifié. Elles sont unies à ces fibres par les intégrines et par les hémi-desmosomes. On trouve aussi une lame basale autour des fibres musculaires et le long des fibres nerveuses.
Les lames basales ont un rôle de soutien, de barrière (le franchissement de la lame basale par les cellules cancéreuses montre qu’un cancer in situ devient invasif) et de filtre (la lame basale des podocytes des glomérules rénaux est épaisse de 400 nm; son atteinte entraîne une fuite de l’albumine plasmatique: syndrome néphrotique). Elles induisent la polarité et la différenciation des cellules épithéliales.
La lame basale est principalement constituée de collagène IV, de laminine, de fibronectine, de nidogène et d’héparane sulfate. Le collagène IV possède une structure en triple hélice qui s’associe par ses extrémités aux molécules de collagène IV adjacentes. Il se forme un treillis moléculaire plan. La lame basale est reliée au tissu conjonctif sous-jacent par du collagène VII. La laminine est une protéine cruciforme qui unit certaines intégrines, le collagène IV et les protéoglycanes; la laminine est d’origine épithéliale. La fibronectine est aussi d’origine épithéliale; elle unit d’autres intégrines au collagène IV. Le nidogène est une protéine qui renforce la liaison de la laminine, du collagène IV et de l’héparane sulfate.

      B.
matrices spécialisées
Les ostéoblastes synthètisent une matrice protéique (ostéocalcine) sur laquelle viennent se déposer des phosphates de calcium (hydroxyapatites).
La matrice des cartilages est sécrétée par les chondroblastes. Elle est riche en protéoglycanes sulfatés (chondroïtine sulfate) qui en s’hydratant forment une structure souple mais très résistante à la pression.

      C.
pathologie
La synthèse anormale de collagène dans les tissus est responsable d'une fibrose. La fibrose succède souvent à une inflammation ou à une destruction tissulaire. C'est un processus cicatriciel (cirrhose du foie, fibrose pulmonaire, fibrose articulaire....).