description
Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du génome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Replication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Nécrose Theorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

Reticulum endoplasmique

 


Les cellules eucaryotes possédent un réticulum ( réseau ) endoplasmique fait de citernes et tubules réalisant des cavités étroites communicant entre elles. Le réticulum représente environ 50% de la totalité des membranes de la cellule. La lumière interne du réticulum occupe 10% du volume cellulaire . La membrane du réticulum est une bicouche lipidique de même structure que la membrane plasmique. Le réticulum est en continuité fonctionelle avec l’enveloppe nucléaire qui est une région différenciée du réticulum. Le réticulum permet à la cellule de séparer du cytosol certaines molécules néosynthétisées .

   I.
Structure du réticulum

Le réticulum n’est pas visible en microscopie optique ; par contre les vésicules sont bien individualisables en microscopie électronique. Le fractionnement cellulaire et la centrifugation préparative sur gradient de saccharose permettent de séparer les microsomes de 2 fractions du réticulum :
- le réticulum lisse (REL) ; il forme des tubules anastomosés entre eux et avec le REG
- le réticulum granuleux (ou rugueux: REG ) où sont attachés des ribosomes sur la face cytosolique; le REG forme des citernes aplaties, empilées en feuillets lorsqu’il est très abondant (plasmocytes).

   II.
Rôles du REL

- Le REL est le lieu de synthèse des membranes lipidiques de la cellule et assure le renouvellement des membranes de tous les organites. Les membranes sont exportées du REL vers les organites cibles par des vacuoles de transport. Les molécules de phospholipides et de cholestérol non hydrosolubles sont synthétisées en phase lipidique et se mettent en place directement dans la membrane du réticulum. Il n’y a pas de formation ex nihilo de nouvelles citernes mais par bourgeonnement continu à partir des membranes existantes: ex : la phosphatidyl-choline est synthétisée à partir de glycérolphosphate, de choline et d’acides gras provenant du cytosol; la synthèse est catalysée par des enzymes incluses dans la membrane même du du réticulum; le site actif des enzymes fait face au cytosol. La biosynthése des lipides est asymétrique et se fait dans la bicouche externe de la membrane; toutefois des des enzymes de transfert (translocateurs ou flippases) facilitent un certain basculement des phospholipides (flip-flop) d’une couche à l’autre pour former la bicouche interne du réticulum. Les flippases favorisent plus le passage de la choline que celui de l'éthanolamine, de l'inositol ou de la sérine, d'où une asymétrie des phospholipides membranaires. L’asymétrie de composition lipidique et protéique des bicouches du RE se maintient dans les vacuoles de bourgeonnement et dans la membrane des organites cibles avec lesquels fusionnent les vacuoles. La bicouche externe du REL se retrouvera à la face interne de la membrane plasmique.

- Le REL est abondant dans les cellules qui sécrètent des substances lipidiques telles que les hormones stéroïdiennes ( cellules de Leydig , cellules cortico-surrénaliennes...). Le RE assure d’abord la synthèse du cholestérol à partir de l’acétyl-CoA. Le cortisol est le point de départ pour la synthèse de toutes les autres hormones stéroïdes (progestérone, cortisol, testostérone, oestradiol, aldostérone...) qui seront sécrétées dans le plasma, accrochées à des protéines porteuses (ex testostérone binding protein: TBP).


- Le REL est abondant dans les cellules qui assurent la détoxification de métabolites ou de médicaments. Quand on soumet un rat à un traitement par le phénobarbital (un barbiturique liposoluble), le poids du foie augmente du fait de l’hypertrophie du REL des hépatocytes. Le foie contient un système d’enzymes très oxydantes ancrées dans la membrane du REL, appelé cytochrome P 450. Ce complexe protéique est une hémoprotéine contenant du fer qui utilise l'O2 et NADPH. Le cytochrome P450 détoxifie le phénobarbital et de nombreuses autres molécules hydrophobes (alcool) incluses dans la membrane de la face cytosolique du REL en leur ajoutant un radical OH ; ceci augmente leur solubilité et permet leur élimination biliaire. Ce système detoxificateur augmente jusqu’à 10 fois son niveau de base en présence de xénobiotiques (substances étrangéres potentiellement toxiques) et permet l’élimination des substances hydrophobes qui autrement s’accumuleraient dans les membranes ou les vésicules lipidiques des animaux (médicaments, insecticides, hydrocarbures polycycliques). Après la fin de l’exposition au médicament, le foie reprend sa taille normale, une partie du REL est soumise à l’autophagocytose par les lysosomes. L’expression de cytochrome P 450 est inhibée.


- Le REL et le cytochrome P 450 peuvent activer des médicaments (cyclophosphamide) ou des substances cancérogènes comme le benzopyrène qui formeront des métabolites hydrosolubles et électrophiles allant se lier sur l’ADN. Les préparations microsomiales sont des outils intéressants pour étudier les capacités métaboliques du réticulum; des microsomes hépatiques sont commercialisés pour différentes études: activation ou dégradation de drogues ...

- Le REL est le principal site de stockage du calcium intracellulaire (Calcium Sequestrating Compartment) -voir cours sur le calcium comme second messager.



   III.
Rôle du REG

Le REG est abondant dans les cellules qui sécrètent des protéines: cellules acineuses pancréatiques, plasmocytes. Les citernes dilatées contiennent les protéines nouvellement synthétisées. Une cellule contient 1010 molécules de protéines de 104 sortes. Ces protéines devront gagner les compartiments cellulaires où elles exerceront leurs fonctions.

       A.
les protéines à destination cytosolique : les ribosomes libres du cytosol, attachés au cytosquelette, forment des polysomes lorsqu’ils sont reliés par un ARN messager. Ils vont synthétiser les protéines du cytosol (enzymes) et du cytosquelette cytosolique ou sous-membranaire. Les protéines cytosoliques sont accompagnées de protéines chaperons (chaperonines) qui assurent le repliement correct de la protéine en utilisant de l’ATP. Ces protéines appartiennent à la famille des protéines de choc thermique (HSP) dont l’expression augmente en cas de choc thermique ou d’agression chimique pour restaurer les structures protéiques fonctionnelles ou pour assurer leur destruction.

      B.
les protéines mitochondriales codées par le noyau et synthétisées dans le cytosol sont importées par un transport post-traductionnel grâce à une séquence signal spécifique.

      C.
les protéines nucléaires (histones, lamine, mais aussi facteurs de transcription) passent par des pores nucléaires grâce à des signaux de reconnaisssance spécifiques (NLS: nuclear signalization signal).

      D.
les protéines sécrétées et les protéines intramembranaires passent par le REG. La synthèse débute dans le cytosol sur les polysomes qui seront arrimés sur le REG par des protéines d’attachement : les ribophorines. Il existe des zones du REG capables d’arrimer la grosse sous unité du ribosome (SRP: Signal Recognition Particules). Les protéines sécrétées sur la face cytosolique du REG doivent traverser la bicouche lipidique; ainsi les protéines nouvellement synthétisées sont elles immédiatement séparées du cytosol (à la différence des protéines synthétisées sur les polysomes libres dans le cytosol). Les protéines ont un cheminement différent selon qu’elles sont sécrétées ou qu’elles restent dans les membranes:

          D.1. protéines sécrétées (hormones peptidiques, enzymes intestinales et pancréatiques, protéines de la matrice extra-cellulaire, collagène, laminine..): les protéines se faufilent dans la bicouche lipidique dans un tunnel hydrophile avant d’acquérir leur structure tertiaire. Une séquence signal située sur la partie amino-terminale de la protéine (lieu de début de la synthèse) se lie à une particule ribonucléoprotéique (Signal Recognition Particle) qui arrime le ribosome à la face cytosolique de la membrane du REG. Le ribosome est aussi arrimé par un récepteur de la grosse sous-unité. La connaissance des séquences signal a beaucoup évolué grâce au technique de biologie moléculaire qui permettent de préparer des protéines hybrides contenant une séquence signal d’adressage (longueur 16 à 30 AA hydrophobes) et une protéine marqueuse à activité enzymatique (luciférase, ß-galactosidase). Le transport de la protéine a lieu en même temps que sa traduction: transfert co-traductionnel. Une fois dans la citerne, la protéine est prise en charge par une protéine chaperon de la famille des HSP (BIP: binding protein). La protéine prend sa conformation spatiale définitive, perd sa séquence signal qui est excisée par une enzyme spécifique et subit des modifications biochimiques post-traductionnelles (glycosylation, sulfatation...). Les protéines sont empaquetées dans des vacuoles pour transiter vers l’appareil de Golgi puis vers l’extérieur de la cellule par exocytose.

         D.2. protéines membranaires : la traversée de la membrane du REG n’est pas complète ; la traversée s’arrête quand la protéine possède une séquence d’acides aminés hydrophobes enchaînés en hélice alpha (séquence d'arrêt de translocation). Il peut y avoir plusieurs signaux de début et de fin de translocation pour les protéines qui passent plusieurs fois (souvent 7) la membrane. Ces protéines enchassées sont exportées vers la membrane plasmique ou les membranes topologiquement identiques; ainsi l’intérieur du réticulum est topologiquement identique à l’extérieur de la cellule. Ces processus constituent le transport vectoriel qui dirige les protéines vers tous les organites intracellulaires.

      E.
Dans le RE, s’effectuent les N-glycosilations (voir suite appareil de Golgi)