description
Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du génome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Replication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Necrose Théorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

Adressage et devenir des protéines cellulaires

 

   I. Routage intracellulaire des protéines


Une cellule de mammifère contient 1010 molécules de 104 sortes différentes. Toutes ces protéines sont synthétisées par les ribosomes dans le cytosol ou sur la face cytosolique du réticulum granuleux et sont ensuite distribuées spécifiquement vers les compartiments cellulaires adéquats .
Le cheminement intracellulaire des protéines peut être suivi par autoradiographie en utilisant des acides aminés radioactifs ( leucine marqué au C14 , méthionine marquée au S 35). Les cellules sont incubées pendant un temps bref avec l’acide aminé marqué puis remises en contact avec l’acide aminé froid (pulse chase); les cellules sont fixées aprés un temps de culture variable ; la préparation contrastée pour la microscopie électronique est recouverte d’une couche de pellicule photographique .
Ex de la sécrétion pancréatique : la radioactivité est d’abord localisé dans le réticulum endoplasmique , puis dans le Golgi avant de se situer dans les granules de sécrétions .

Cytosol -------> cytosol
               --------> mitochondries , peroxysomes , noyau ( import post traductionnel )

Reticulum ( import co-traductionnel ) --------> Réticulum
                                                                      --------> Golgi

                                                                                                  --------> Membrane plasmique
                                                                                                  --------> Lysosomes
                                                                                                  --------> Vésicules de sécrétion

Dans leur parcours intracellulaire , les protéines peuvent :
- soit passer à travers une bicouche lipidique (réticulum , mitochondrie..); une protéine réceptrice et translocatrice assure le déroulement de la protéine transportée et son passage à travers la bicouche lipidique hydrophobe .
- soit cheminer d’un compartiment subcellulaire à l’autre en étant empaquetées dans des vésicules de transport (flux membranaire).

Des signaux chimiques de reconnaissance permettent d’adresser les protéines vers leur compartiment de destination ; ce sont :

- soit des séquences d’acides aminés situés à l’extrémité ou à l’intérieur de la protéine ; ces séquences sont étudiées grâce aux méthodes de la biologie moléculaire qui permettent de faire exprimer ou d’empêcher l’expression de la séquence d’intérêt; ces modifications de structure entraînent des changements dans la distribution cellulaire des protéines .
Ex:
* Leu-Leu-Leu-Val-Gly-Ile-Leu-Phe-Trp-Ala est une séquence hydrophobe qui permet l’adressage vers la membrane du réticulum
* Lys-Asp-Glu-Leu-COO- permet à la protéine de rester dans la lumière du réticulum
* Pro-Pro-Lys-Lys-Lys-Arg-Lys-Val est une séquence d’acides aminés à charge positive qui permet le transfert de la protéine vers le noyau. Ce signal de localisation nucléaire (NLS: nuclear localization signal) est reconnu par un récepteur de protéine à NLS (NBP) qui facilite son passage à travers les pores de la membrane nucléaire. A l’intérieur du noyau NBP libère la protéine et est exporté dans le cytoplasme.

- soit des zones signals : ces zones sont formées par le rapprochement dans l’espace de certaines séquences d’acides aminés sur la protéine repliée; ces zones sont actuellement très difficilement étudiables .

-Les protéines destinées aux lysosomes bénéficient de l’addition d’un groupement phosphate sur un résidu mannose en position 6. Le mannose-6-P est un signal d’adressage spécifique vers le lysosome. Des portions spécialisées de la membrane du Golgi contiennent des récepteurs pour le mannose-6P; à ces endroits se forment les vésicules, entourées de clathrine, qui se dirigeront vers les lysosomes ; ces vésicules fusionnent avec le lysosome et y déversent leur contenu sous l’influence du pH acide ; les récepteurs au mannose-6-P ainsi que les membranes retournent à vide vers le Golgi; cette navette assure les processus de recyclage pour limiter le travail de synthèse de membranes et de récepteurs de la cellule .
- pour les protéines destinées à la membrane plasmique : une mannosidase coupe un mannose et greffe à la place une N-acétyl-glucosamine : ce résidu est un message chimique d’adressage spécifique pour la membrane plasmique. Il s’agit d’une sécrétion permanente (ou constitutive) qui assure le renouvellement des protéines et des lipides membranaires.

- pour les protéines devant être sécrétées à l’extérieur de la cellule , des enzymes ajoutent un résidu galactose ou une molécule d’acide sialique. La clathrine permet la formation de vacuoles de sécrétion qui s’accumulent et seront libérées lors d’un stimulus impliquant un mécanisme de transduction du signal. Il s’agit d’une sécrétion intermittente et controlée. Pour pouvoir fusionner à la membrane plasmique, les vésicules doivent être “compétentes” et être dotées de protéines de fusion. Certains virus possèdent des protéines de fusion similaires pour faciliter leur exocytose; ces protéines sont utilisées en biologie pour faciliter la fusion cellulaire (protéine de capsule du virus de Sendaï).


   II. Dégradation des protéines

La quantité d'une protéine dans une cellule résulte d'un équilibre entre sa synthèse et sa dégradation. Les variations du taux cellulaire de protéines jouent un rôle essentiel dans la physiologie cellulaire: ex dégradation périodique des cyclines au cours du cycle cellulaire, dégradation ou synthèse du cytochrome P450 en fonction des besoins (induction enzymatique), synthèse ou dégradation des enzymes du métabolisme glucidique aprés les repas ou au cours du jeûne, dégradation de I-kB, une protéine qui bloque la transcription des cytokines, au cours du processus inflammatoire. Certaines enzymes sont remplacées en quelques dizaines de minutes; les protéines du coeur ou du cerveau sont plus stables (quelques jours). La synthèse et la dégradation protéique représentent environ 280 g/ jour pour un adulte. Les protéines dégradées (pertes de la structure tertiaire ou quaternaire) ou vieillies doivent être détruites en acides aminés qui sont réutilisés pour la synthèse de protéines intactes.

On distingue deux voies de dégradation des protéines:

-
la voie lysosomale : les protéines sont intégrées avec l'organite auquel elles appartiennent dans les phagosomes qui fusionnent avec les lysosomes (dégradation des lipoprotéines, destruction des mitochondries, dégradation des récepteurs hormonaux...). Dans d'autres cas, les protéines sont importées, liées à des protéines de choc thermique (HSP70), dans le lysosome par des transporteurs de la famille ABC (ATP-binding cassett)

-
la voie ubiquitine-protéasome : cette voie se déroule dans le cytosol. Elle requiert de l'énergie fournie par l'ATP. Dans un premier temps, l'ubiquitine est activée par le facteur E1, puis transférée sur le facteur E2. Le facteur E2-ubiquitine est transféré sur la protéine à dégrader. Cinq ou plus résidus ubiquitines sont fixés (poly-ubiquitinylation). La protéine ubiquitinilée est reconnue par la sous-unité 19s du protéasome puis dégradée par le core du protéasome (sous-unité 20s) en petits peptides et acides aminés.