Le cholésterol
I. GENERALITES
C’est un composé
• polycyclique à 27 C
• avec une fonction alcool « ol »
• chole : par rapport au système biliaire
• stérol : référence au noyau stérane
= perhydrocyclopentanophénentrène
Le phénentrène est composé de 3 noyaux
benzèniques accolés. Il s’y associe un cyclopentane, une chaîne
latérale et des radicaux méthyles. La fonction alcool lui
confère une discrète hydrophilie, compensée par les 27 C.
C’est un lipide, c'est à dire insoluble dans l’eau
soluble dans les solvants organiques.

En représentation spatiale : importance pour les
interactions métaboliques du cholestérol et de ses dérivés de la
position de l’hydroxyle et de la configuration des cycles A et
B. La forme chaise des cycles A et B est la plus stable
• l’hydroxyle en 3 du cholestérol est en position β
(au dessus du plan)
• A et B sont coplanaires.

Les produits dérivés du cholestérol (stéroïdes) seront à considérer du point de vue de leur encombrement.
II.
ROLE DU
CHOLESTEROL
A.
Membranes cellulaires
A.1. Constituant membranaire
Le cholestérol est spécifique du monde animal. Il existe des
stérols de structure voisine chez les végétaux : phytostérols.
Le cholestérol est un constituant essentiel des membranes :
jusqu’à 30 % des lipides membranaires (érythroyctes no-tamment).
• Il participe à l’isolement physique et électrique du
compartiment intracellulaire.
• Il module la fluidité des membranes et est donc essentiel dans
tous les transports membranaires. La membrane cellulaire est une
bicouche de phospholipides, de composition variable.
• zone riche en AG saturés : risque de cristallisation, empêchée
par le cholestérol (il fluidifie).
• zone riche en AG insaturés : tendance à l’excès de fluidité. A
ce niveau, le cholestérol rigidifie.
A.2. transport plasmatique des lipides
Le cholestérol est un constituant essentiel du système de
transport des lipides dans le plasma. Il constitue en
association avec des apoprotéines spécifiques des édifices
macromoléculaires, les lipoprotéines essentielles dans le
transport des lipides dans le milieu aqueux que constitue le
plasma.
---> permet le transport de quantités importantes de
triglycérides (substances énergétiques pour les organes).
B. Le cholestérol,
précurseur de composés importants
A.1. Acides
biliaires
sécrétés en quantités importantes
---> émulsification des AG : agents tensioactifs permettant la
digestion de graisses. la transformation du cholestérol permet
son élimination par les sels biliaires (1 g / jour environ).
A.2. Vitamine D
La vit D (dihydrocholecalciférol) intervient dans le métabolisme
phospho-calcique en régulant la fixation du calcium sur la
matrice osseuse. Elle est synthétisée à partir du cholestérol
grâce aux UV. (carence ---> rachitisme).
A.3. Hormones stéroïdes
Elles ont les cycles A B C D. La chaîne latérale est en général
raccourcie (moins de 27 C).
Leur synthèse se fait dans les gonades (hormones sexuelles) et
les surrénales (cortisol...)
C.
Les besoins en
cholestérol
sont de environ 1 g par jour. Il viennent en partie de la
synthèse endogène de novo et en partie de l’alimentation (50 %,
surtout dans les pays développés).
D.
Cholestérol et
pathologie
Il existe des relations entre nutrition, cholestérolémie et
survenue de maladies cardio-vasculaires par athérosclérose :
dépôts de composés lipidiques au niveau de l’intima des
vaisseaux, ce qui diminue leur calibre et rend insuffisante la
quantité d’oxygène délivrée aux tissus (coeur...)
13 prix Nobel sont concernés par cette molécule.
III.
BIOSYNTHESE
Sans membrane, pas de cellule ; sans cellule, pas de vie.
La synthèse est ubiquitaire, ce qui n’est pas surprenant quand
on considère le caractère essentiel du cholestérol.
Elle se produit majoritairement an niveau
• du foie et de l’intestin
• des organes ayant des fonctions spécifiques comme les gonades,
les surrénales qui ont des fonctions très actives par rapport à
leur masse.
Elle se fait surtout à partir d’acétate activé : l’acétyl-CoA (2
C).
L’utilisation de précurseurs radioactifs marqués sur le méthyl :
ont produit le produit suivant : 15 C*

Si c’est l’autre carbone (carbonyle) qui est
marqué, on obtient la radioactivité complémentaire.
Actuellement, on dispose de produits pouvant réguler la
biosynthèse du cholestérol.
K Bloch (1947) a montré la filiation entre acétate et
cholestérol :

L’étape clef d’engagement dans la biosynthèse du
cholestérol est la formation du composé en C6.
---> on agit sur cette étape pour réguler la biosynthèse du
cholestérol.
C5 est l’élément monomèrique essentiel pour la biosynthèse
ultérieure. Il est très voisin de l’isoprène.
A.
Formation du mévalonate
C’est l’étape d’engagement.
Condensation d’acétoacétyl-CoA avec de l’acétyl-Coa : sous
l’action d’une enzyme très spécifique : hydroxyméthylglu-taryl
synthétase (HMG synthase)

Dans la voie biosynthétique intervient
secondairement l’HMG CoA réductase qui en présence du cofacteur
NADPH + H+, va conduire au mévalonate.
Cette réductase est la cible de la régulation physiologique.
Elle est sensible à l’action des statines qui diminuent la
synthèse de novo.
NB : le produit à l’origine du mévalonate (HMG-CoA) peut avoir 2
destinées différentes :
• dans le cytosol ou le réticulum endoplasmique : voie
biosynthétique ---> mévalonate ---> cholestérol.
• dans les mitochondries : on a une HMG lyase qui donne de l’acétyl-CoA
et de l’acétoacétate qui est le chef de file des corps
cétoniques.
---> suivant le compartiment cellulaire HMGCoA suit soit une
voie anabolique soit une voie catabolique.
B.
Transformation du mévalonate C6 ---> C5
Le carboxyle va être éliminé.
La réaction nécessite une activation du mévalonate par 3
phosphorylations successives qui vont agir sur les 2 hydroxyles
---> formation d’un groupement P-P et d’un groupement P sur le
C3. Ce composé triphosphorylé est quasiment virtuel et se
décarboxyle facilement avec perte du CO2 en 1 pour former l’isopentenyl-pyrophosphate.


L’isopentényl pyrophosphate est très proche de l’isoprène : 2-méthyl-1,3-butadiène. Très répandu dans le monde animal et végétal. Il donne par polymérisation un dérivé synthétique proche du caoutchouc
![]()
L’isopentényl-PP peut s’isomériser aisément, en présence d’une isomérase spécifique, en diméthylallyl-PP :

C. Condensations
• La condensation d’un diméthylallyl PP avec un isopentényl PP
conduit, en présence d’une prényl transférase, au géranyl PP :

• La prényl transférase permet d’ajouter un nouvel isopentényl PP : ---> farnésyl

Le farnésyl est à l’origine des
ubiquinones, des vitamines A et E, du dolichol
(interagit avec les groupement oligosaccharidiques dans la
maturation post traductionnelle des protéines : spécificité des
eucaryotes).
Les condensations ci-dessus sont des condensations tête - queue.
Elles ont lieu dans le
cytosol.
• La condensation suivante a lieu dans le
RE :
condensation tête - tête de 2 molécules en C15 grâce à la
squalène synthase. Elle nécessite une réduction, par NADP réduit
(NADPH, H+)

D.
Cyclisation
du squalène
Le squalène possède un axe de symétrie.
En fait, la représentation linéaire du squalène ne correspond
pas à sa configuration réelle : il a tendance à se configurer en
une structure cyclique :

Cette conformation cyclique permet, sous l’action
d’une époxydase, d’intégrer l’atome d’oxygène constitutif du
choles-térol.
Il y a simultanéité dans l’évolution des espèces entre la
fixation d’un O pour faire le cholestérol et le passage du mode
anaérobie au mode aérobie. L’hydroxylation du squalène est
contemporaine au passage au mode aérobie.
La squalène époxydase permet l’intégration directe de l’O
en présence du coenzyme NADPH, H+. L’O vient de l’oxygène
moléculaire.

formation d’un pont époxyde entre les C 2 et 3 du
squalène
La formation de l’époxysqualène est contemporaine d’un mouvement
de H+ et de déplacement de CH3 du cycle C.
Il va subir l’action d’une cyclase avec protonation, bascule de
groupements méthyles ---> fermeture du cycle

Obtention d’un composé en C30 cyclisé, comportant en 3 un hydroxyle : proche du cholestérol = premier chef de file des stérols : lanostérol. Il possède 3 méthyles supplémentaires par rapport au cholestérol

Le lanostérol est présent en quantité importante
au niveau cellulaire. C’et le premier véritable composé cyclique
à 30 C, avec 2 doubles liaisons.
3 déméthylations ---> zymostérol
Desmostérol : la double liaison migre entre C5 et C6.
Saturation de la double liaison de la chaîne latérale --->
cholestérol.
L’oxygène permet la fermeture des cycles et la bascule des CH3.
E.
Importance des intermédiaires isoprényles
E.1. Dolichols
Ils dérivent de la molécule en C 15 : farnésyl.
Ils jouent un rôle dans la modification post traductionnelle des
protéines.
Pour qu’une protéine devienne une glycoprotéine, il faut
l’addition d’unités polysaccharidiques qui doivent être activées
par attachement sur les dolichols sous forme
oligosaccharide-PP-dolichol.
Les dolichols sont d’abord activés en dolichols phosphates par
ATP ---> ADP.
Les dolichols sont des polymères d’unités isoprènes, 17 à 21 :
C105 : très hydrophobes. Ils permettent donc des interac-tions
de type hydrophobe avec la membrane cellulaire, et l’ancrage aux
membranes des glucides qui vont être transférés en bloc sur les
protéines.
---> permet les réactions de transfert des glucides : le
dolichol PP fixe l’oligosaccharide destiné à être transféré en
une fois sur un résidu asparagine ---> N-glycosylation. C’est
une modification post traductionnelle des protéines.
Cette modification est essentielle dans la maturation et la
signalisation des protéines.
(Il existe un 2e type de glycosylation : O-glycosylation - sur
des résidus sérine et thréonine-).

n varie de 17 à 21
E.2. Prénylation
i
Définition
On appelle prénylation l’association de groupements farnésyl C15
ou Géranyl C20.
Elle réalise un adressage des protéines ---> association à la
membrane de la cellule.
Ex : Protéine Ras : protéine G de 21 kDa
• située à la face interne de la membrane plasmique
• fixant le GTP, elle intervient dans la multiplication cellulaire : elle
possède une activité GTPasique.
codée par le gène ras qui se comporte comme un oncogène
cellulaire : entraîne un signal de division cellulaire, qui
quand le gène est muté induit une prolifération anarchique de
type cancéreux. On retrouve cette mutation chez les sujets
atteints de cancers pulmonaire, pancréatique ou colique.
On considère que le produit du gène mutant serait responsable
d’une division incontrôlée par perte de l’activité GTPa-sique de
la protéine.
---> permanence d’un signal de multiplication cellulaire.
Les protéines qui subissent la prénylation sont ciblées : elles
ont une séquence C terminale spécifique comprenant une cystéine
localisée à 4 résidus de l’extrémité C terminale.
---> interactions hydrophobes fortes avec les lipides de la
membrane
---> ancrage de la protéine au niveau de la membrane :
importance de la prénylation dans la régulation de la
multi-plication cellulaire : conditionne leur association aux
membranes.
Les protéines cibles ont
La prénylation permet la fixation de la protéine Ras à la
membrane.
L’inhibition de la prénylation dans les cellules ayant un Ras
muté bloque l’activité cancérigène de Ras.
---> développement de la recherche d’inhibiteurs de cette
prénylation pour éviter les effets de la mutation.
ii
Mécanisme
Les protéines ciblées pour une prénylation ont une séquence C
terminale avec un résidu de cystéine à 4 a.a. de la fonc-tion
terminale.
X, Y : a.a. aliphatiques
Z : détermine le type de groupement prénylé associé à la
protéine :
• leucine ---> C20 : géranyl
• sérine, méthionine, glutamine : ---> C15 : farnésyl. Le donneur de
prényl est le farnésylPP ---> formation d’une liaison covalente
thioéther avec le SH de la protéine grâce à la prényltransférase.
L’énergie est apportée par le pyrophos-phate ---> libération
d’un pyrophosphate.
Le clivage par une peptidase des 3 résidus C-terminaux provoque
l’élimination de l’encombrement stérique qui est une gène à
l’association de la protéine à la membrane cellulaire par
interaction hydrophobe.
L’interaction ionique liée à la présence du carboxyle terminal
est délètère pour l’interaction avec les phospholipides
membranaires ---> méthylation du carboxyle terminal par un
donneur de CH3 : méthionine ;

On obtient dans un premier temps un composé qui
contient le groupement farnésyl et qui ne présente pas de
répulsion hydrophobe au niveau de l’ancrage des lipides
membranaires.
Un 2° signal doit être ajouté pour conforter l’ancrage à la
membrane :
• soit une autre cystéine existe à proximité de celle qui vient
d’être prénylée : un 2° signal d’ancrage sera ajouté,
généralement un acide palmitique, non pas par une liaison
thio-éther mais par une liaison thio ester.
• S’il n’y a pas de cystéine proche, il existe en général une
zone polybasique : riche en lysines successives permettant de
contracter des interactions avec les lipides membranaires.
---> double signal d’ancrage au niveau des membranes, permettant
le ciblage, l’adressage de certaines protéines.
Des agents chimiques sont capables de bloquer in vitro la
prénylation ---> le produit du gène ras ne provoque plus la
divi-sion cellulaire.
---> l’activité cancérogène de la protéine Ras dépend de la
farnésylation.
---> Intérêt de développer des inhibiteurs spécifiques de
certaines prénylations
IV. METABOLISME DU CHOLESTEROL
Les besoins en cholestérol sont de environ 1 g / jour. La moitié
est apportée par l’alimentation, la moitié par la biosynthèse de
novo et les réactions de l’organisme.
Deux organes sont essentiels dans le métabolisme : intestin et
foie (organe principal de la biosynthèse).
Le cholestérol n’est dégradable que par la voie de l’élimination
par les sels biliaires : c’est une des clefs de l’éthiophathogénie
des hypercholestéolémies (mécanismes des pathologies par
hypercholestérolémies).
---> Quand les mécanismes d’homéostasie de la synthèse du
cholestérol sont dépassés, il y a accumulation de cholestérol au
niveau des vaisseaux
A.
Intestin
Il sécrète à partir du pôle chylifère des édifices
macromoléculaires de grande taille par rapport aux autres
lipoprotéines (jusqu’à 1 µ) de
protéines et de lipides : les chylomicrons (chylo = lymphe). Ils
sont libérés au pôle chylifère de la cel-lule intestinale. Ils
circulent dans les vaisseaux lymphatiques qui drainent
l’intestin.
• 2 % protides : apolipoprotéines (stabilisent les graisses) : apo
protéines A, B et C.
• 98 % lipides
---> 80 % triglycérides
---> 10 % phospholipides
---> 10 % cholestérol
Leur densité est très inférieures à celle du plasma ; quand ils
sont présents, on les détecte par crémage spontané.
Destinée du cholestérol des chylomicrons :
Les chylomicrons parviennent à la circulation générale par le
canal thoracique.
Il existe des lipoprotéines lipases réparties de façon
ubiquitaire sur l’endothélium de tous les vaisseaux.(surface de
plu-sieurs terrains de tennis). Elles permettent l’hydrolyse des
constituants lipidiques des chylomicrons, pour libérer à partir
des triglycérides du glycérol et des AGL, essentiel de l’énergie
apportée aux organes. L’action des LPL conduit à une particule
résiduelle : chylomicron remnant (chylomicrons qui ont distribué
l’essentiel de leurs triglycérides et un peu de cholestérol).
B.
Foie
B.1. Les
VLDL
Les chylomicrons remnant sont captés par le foie par un système
de synthèse – recapture très sophistiqué mettant en jeu
l’apoprotéine E mineure en masse mais essentielle.
Au niveau des capillaires sinusoïdes du foie, il y a synthèse
d’apoprotéine E qui présente une grande affinité pour les
particules prélipolysée. Dans un 2° temps, elle va les signaler
à la capture par un système récepteur spécifique au voisi-nage
permettant au foie de récupérer cet influx énergétique et de
construire secondairement un équivalent au chylomicron, mais
beaucoup plus petit. : VLDL (quelques centaines de nm).
---> L’apolipoprotéine E a une grande affinité pour les
chylomicrons et pour des récepteurs hépatiques à l’apolipoprotéine
E.
---> Le foie, à partir de ces éléments, synthétise une particule
plus petite, mais de composition similaire : les VLDL (very low
density lipoprotéines).
• 10 % protéines : apoprotéines A B et C sont associées.
• 90 % lipides (composition voisine des chylomicrons).
Les VLDL sont soumises à l’action des lipoprotéines lipases --->
libération des AG et donnent naissance aux LDL (densité un peu
supérieure), de plus petite taille qui contiennent une
proportion supérieure en cholestérol.
L’apoprotéine B est majoritaire, spécifique dans les LDL :
importance pour la reconnaissance au niveau des récepteurs
cellulaire spécifiques dans la voie de captation par les
cellules.
Le cholestérol est essentiel pour la synthèse des chylomicrons
et des VLDL. A tel point que les statines provoquant la
diminution du cholestérol entraînent :
---> synthèse des VLDL
---> du taux de triglycérides circulant
Les LDL sont captés par un système très spécifique de récepteurs
pour une apoprotéine des LDL : ApoProtéine B. La captation sera
suivie d’internalisation.
En régulant ce système de récepteur, la cellule sera capable
d’ajuster à ses besoins l’apport exogène par rapport à la
synthèse endogène.
B.2. Estérification hépatique du cholestérol
|
Le
cholestérol se trouve sous 2 formes dans l’organisme : • forme libre : hydroxyle libre • forme estérifiée: 2/3 du cholestérol est estérifié, essentiellement par le foie au niveau cellulaire : acylCoA-acyltransférase (ACAT) par réaction entre l’hydroxyle en C3 et un acide saturé (palmitique ou stéarique) ou insaturé (oléique ou linoléique) |
|
L’estérification du cholestérol
a des conséquences physico chimiques importantes : transforme sa
polarité (caractère hydrophile / hydrophobe). Le cholestérol
estérifié est plus hydrophobe que le cholestérol libre. Il ne
peut plus être en périphérie de la lipoprotéine : il va migrer
pour être l’abri de l’interaction hydrophobe, va modifier le
volume de la par-ticule et secondairement modifier l’interaction
des protéines périphériques avec les récepteurs cellulaires.
---> sa localisation au sein des lipoprotéines et des cellules
dépendra de son caractère estérifié ou non.
Il existe aussi une enzyme sécrétée par le foie et portée par
les LDL : la lécithine-cholestérol-acyltransférase (LCAT).
Cette enzyme permet le transfert d’un groupement acyl (acide
gras) qui vient des phospholipides et lécithine, et permet de
réaliser la forme de stockage du cholestérol intracellulaire.
Grande importance pour le retour du cholestérol vers la
formation d’acides biliaires : des particules permettent de
récupérer le cholestérol en excès au niveau des membranes grâce
à LCAT : retour vers le foie et transformation du cholestérol en
acides biliaires.
B.3.
Formation d’acides biliaires
C’est un des rôles du foie.
• Les sels biliaires sont essentiels pour l’émulsification et
donc l’absorption des graisses.
Ce sont en effet des détergents :
• une partie polaire : fonction carboxylique COOH, et fonction
alcool OH.
• une partie apolaire : noyau stérane.
---> ils ont des propriétés amphiphiles, ce sont des
tensioactifs
• Les acides biliaires sont la seule voie quantitative
d’évacuation du cholestérol : le noyau est très solide, il n’est
pas dégradé de façon séquentielle.
Par ailleurs, comme la biosynthèse des précurseurs du
cholestérol est coûteuse en énergie, l’organisme a évolué vers
un système de re-circulation , de réabsorption. Il siège au
niveau de l’iléon : 90 % des acides biliaires sécrétés par le
foie sont réabsorbés, constituant le cycle entéro-hépatique.
La transformation du cholestérol en acide biliaire fait appel à
une carboxylation et une série d’hydroxylations (---> le
caractère polaire) réalisées dans le microsome grâce au
cytochrome P450 ..
Plusieurs étapes d’hydroxylation ont lieu sur des sites
privilégiés du cholestérol ---> OH en 3, 7 et 12.
Les OH sont tous au-dessus du plan : position
α.
C’est la 7-hydroxylation qui est l’étape limitante.
---> précurseur essentiel : trihydroxycoprostanoate.

Ce composé reste relativement apolaire du fait de
sa chaîne latérale avec CoASH, ATP cholyl-CoA (avec
perte de 3 C).
Le pK de ce composé est le même que le pH intestinal : 6 ---> la
molécule est peu ionisée. La conjugaison avec la glycine et la
taurine vont donner des composés de pK très bas ---> ionisation
très importante.
• glycocholate : pK = 4
• taurocholate : pK = 2
---> la conjugaison baisse le pouvoir tensio-actif et baisse la
solubilité.

Sels biliaires
Ces sels
biliaires sont plus solubles que les dérivés non conjugués. Ils
présentent l’essentiel des acides biliaires sur le plan
massique.
On distingue différents types d’acides biliaires en fonction de
l’abondance des fonctions hydroxyles
• acide biliaires primaires :
• cholique : hydroxyle en 3, 7, 12. (glycocolique et
taurocholique)
• chénodésoxycholique : hydroxyle en 3, 7 (glycodésoxycolique et
taurodésoxycholique
• acides biliaires secondaires :
• désoxycholique : hydroxyle en 3, 12
• acide lithocholique : hydroxyle en 3.
Les acides biliaires sans fonction OH en 7 sont considérés comme
des acides biliaires secondaires; la déshydroxylation étant
réalisée dans l’intestin par des bactéries.
C.
Régulation de l’entrée
du cholestérol dans la cellule
Le cholestérol est indispensable à la formation des membranes,
donc à la cellule, donc à la vie. Ce caractère d’essentialité
peut devenir létal en cas de surcharge et de disrégulation du
métabolisme avec des dépôts conduisant à l’athéromatose, aux
maladies cardiaques ischémiques.
Cette régulation est d’autant plus importante à connaître qu’il
existe des agents thérapeutiques qui agissent sur l’HMG CoA
réductase, étape clef dans la régulation globale du métabolisme
du cholestérol.
Un autre moyen qu’a l’organisme de réguler le taux de
cholestérol au niveau cellulaire et plasmatique est la capacité
de jouer sur l’entrée du cholestérol dans les cellules.
C.1. La
voie des récepteurs aux LDL/apoB
Elle conditionne l’entrée du cholestérol dans la cellule en
dehors de la voie endogène.
i Reconnaissance par le récepteur du LDL
Les récepteurs spécifiques à l’apoprotéine B sont situés dans
les puits recouverts, régions riches en clathrine (structure en
cage par pseudo-polymérisation). Quand le nombre de récepteurs
est suffisant, la membrane plasmique s’invagine, permettant la
reconnaissance par le récepteur de l’ apoB du LDL --->
internalisation.
Les LDL contiennent
• du cholestérol (estérifié pour les 2/3)
• une couche protidique contenant l’apoprotéine B en périphérie
: permet la reconnaissance par les récepteurs et la formation
d’un complexe récepteur – LDL.
ii Internalisation
Par formation d’une vésicule d’endocytose
iii puis migration et fusion de plusieurs
vésicules
---> va former des endosomes.
La baisse du pH permet la dissociation des récepteurs et de la
particule lipoprotéique. Ce système permet le recyclage des
récepteurs qui pourront retourner au niveau de la membrane
plasmique et ainsi économiser les protéines spécifiques qui
forment les puits recouverts riches en clathrine.
C’est important car permet une économie : les expériences de
marquage ont montré qu’un récepteur fait environ 140 cycles de
10 min (durée de vie : 1 jour)
iv fusion avec le lysosome
L’endosome va évoluer pour aller vers le lysosome (riche en
enzyme hydrolytiques) avec lequel il fusionne. Les enzy-mes
lysosomiales vont pouvoir hydrolyser le cholestérol estérifié
porduisant du cholestérol libre (il a une grande impor-tance
dans la régulation) et des acides gras. L’apoB sera coupée en
acides aminés.
v Rôle du cholestérol libre dans la
régulation : maintien de l’homéostasie
Une partie du cholestérol libre se retrouve au niveau
membranaire. Le cholestérol participe à la constitution et au
maintien de la membrane plasmatique et des autres membranes.
le cholestérol libre est plus ou moins toxique.
Trop de cholestérol libre ---> précipitation sous forme de
cristaux, destruction du cytosquelette de l’organisation interne
de la cellule.
Le cholestérol libre a une triple action de régulation
• agit sur l’HMGCoA réductase, enzyme clef de la synthèse,
réduisant la synthèse de novo, à 2 niveaux
• augmente transcription de l’ARNm de l’enzyme : régulation de
la biosynthèse, à long terme, et activation de la dégradation.
• régulation de l’activité de l’enzyme : action à court terme
• augmente synthèse des récepteurs en agissant sur la
transcription des messagers : régule l’entrée du cholestérol
dans la cellule.
• favorise l’estérification : la forme estérifiée (sous l’action
de l’acyl-CoA acyle transférase ACAT) est suivie de formation de
gouttelettes d’acyle de cholestérol (beaucoup moins délétère -
forme de stockage dans la cellule).
A long terme :
• le taux de cholestérol intracellulaire, dans le cas d’un régime riche
en cholestérol induit la diminution de la production de
l’enzyme. Dans le cas d’un régime pauvre, il l’active.
• le cholestérol est répresseur au niveau de la transcription du gène.
• En outre, il active la dégradation de l’enzyme.
A court terme :
• la régulation se fait par un mécanisme de phosphorylations –
déphosphorylations hormono-dépendantes.
• Le mévalonate est un inhibiteur allostérique.
• Le cholestérol est un inhibiteur allostérique et un inhibiteur
compétitif.
• Certains dérivés oxydés du cholestérol (oxystérols) ont des effets
inhibiteurs très importants. C’est d’autant plus important que
au niveau du mécanisme biologique qui provoque l’athérosclérose
on supposait que plus la demi vie (temps de résidence des
protéines LDL) était important, plus elles devenaient oxydables
et plus elles devenaient délétères pour la paroi vasculaire
(rôle délétère de ces oxystérols sur les plaques d’athérome).

vi Pathologie
Les différentes anomalies ont permis de découvrir les
différentes étapes de la voie des LDL
• Il existe des mutations où le récepteur est bien synthétisé au niveau
du reticulum endoplasmique mais ne subit pas sa maturation au
niveau de l’appareil de Golgi.
• Les récepteurs sont dans la membrane plasmique mais ils sont incapables
de se regrouper avec la clathrine pour former une vésicule --->
il peuvent être incapables de reconnaître le complexe
lipoprotéique.
---> hypercholestérolémie familiale
homozygote : infarctus du myocarde à 30 ou 40 ans (rare)
hétérozygote : très fréquente ---> hypercholestérolémie sévère.
C.2. Régulation de HMGCoA réductase
Le foie synthétise 1 g de cholestérol par jour.
Le taux plasmatique de cholestérol est de 2 g/l.
Il existe deux types d’action pour réguler une protéine
• régulation à long terme, au niveau de la synthèse
• régulation à court terme, au niveau de l’activité.
i Régulation par les produits de la voie
métabolique
• Le cholestérol intracellulaire agit
• à court terme :
---> inhibiteur allostérique de HMGCoA réductase
---> inhibe par compétition (cf régimes pauvres ou riches en
cholestérol).
• à long terme
---> transcription du gène
---> dégradation de l’enzyme
• Les statines sont inhibiteurs compétitifs capables de modifier
la balance apport / biosynthèse, de réguler les taux
plasmatiques et donc de prévenir les accidents
cardiovasculaires.
• le mévalonate est inhibiteur allostérique
• certains oxystérols (dérivés oxydés) ont des actions sensibles
par inhibition allostérique : le cholestérol peut être oxydé à
petite dose (rôle délétère de ces oxystérols sur les plaques
d’athérome).
ii Régulation par les kinases
La régulation la plus fine se fait sur des kinases
hormonosensibles par des systèmes d’interconversion de
phosphorylation et déphosphorylation¹.
¹ (Ce
système se retrouve dans la régulation du glycogène : glycogène
synthétase et phosphorylase, et la pyruvate désydrogénase)
Certaines enzymes, en fonction de leur état phosphorylé ou non
sont actives ou inactives : ce sont des kinases. Elles sont
hormonosensibles, essentiellement AMPc dépendantes.
• l’insuline et la thyrosine augmente AMPc et active la
biosynthèse
• le glucagon baisse AMPc et l’inhibe.
---> oscillation entre un état phosphorylé et déphosphorylé de
l’HMGCoA réductase qui n’est active que déphosphorylée.
L’HMGCoA réductase kinase est active si elle est phosphorylée.
Elle est également soumise à une alternance d’état phosphorylé
et déphosphorylé.
--->Il existe
• une phosphoprotéine phosphatase et un inhibiteur qui dépend de l’AMPc.
• une HMGCoA réductase kinase kinase, de 2 sortes :
AMPc dépendante
AMPc indépendante.

Régulation de l’HMGCoA réductase par interphosphorylation réversible dépendant de AMPc
C.3. Régulation transcriptionnelle
L’internalisation dans la cellule du cholestérol va entraîner
son interaction avec un élément de la membrane du réticulum : la
protéine SCAP
• SREBP (Sterol Response Element Binding Protein)
• Clivage
• Activating
• Protein
qui est en partie à l’intérieur du réticulum et pour partie
incluse dans la membrane de ce réticulum.
Elle est capable d’activer l’hydrolyse d’une protéine qui va
libérer SREBP.
SREBP est en partie intra membranaire et en partie extra
membranaire. Il possède 2 sites d’hydrolyse, l’un endo-luminal
et l’autre intra membranaire. La protéine qui permet
l’activation est intra membranaire : c’est la protéase 1.
Le cholestérol a une action inhibitrice sur la protéine SCAP qui
active en permanence la protéase et secondairement hydrolyse
SREBP ---> SREBP soluble qui quitte le RE, et interagit avec les
éléments de réponse de l’ADN du noyau.
SREBP agit en conjonction ave un co-activateur : CBP (Cholesterol
Response Element Binding Protein).
SREBP active la transcription de gènes cibles ---> activation de
transcription de plusieurs protéines :
récepteurs à LDL
HMGCoA réductase
HMGCoA synthétase
Farnésyl PP synthétase ---> prénylation
Le cholestérol libre, par son action sur le potentiel
d’activation de SCAT va jouer sur la libération de SREBP.
en cas de carence en stérols : activation de la protéolyse par
SCAT fonctionne en permanence ---> hydrolyse au niveau des 2
sites de SREBP et le fragment soluble va activer la
transcription des gènes dans le noyau.
si le cholestérol intracellulaire baisse, le potentiel
d’activation protéolytique est réprimé ---> SREBP reste intégré
au réticulum
