description
Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du genome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Replication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Nécrose Théorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

Mitochondries


 


L’énergie de la cellule est fournie par un apport extérieur ou provient de réserves intracellulaires (glycogène, vacuoles lipidiques). L’énergie consommée par les êtres vivants est d’origine solaire à l’exception des bactéries chimiotrophes des fosses sous marines qui oxydent le souffre.

L’ATP est la molécule clé du métabolisme énergétique: (petite monnaie du métabolisme)

ATP --> ADP + Pi + Energie (7,3 Kcal/M).
ATP --> AMP +P-P ( pyrophosphate )+ Energie (7,3 Kcal/M)

* L’ATP - fournit l’énergie chimique du mouvement (cils; flagelles, muscles) ou des transporteurs membranaires ( ex: Na/K ATPase )
- active des molécules au cours des réactions métaboliques:
ATP+UMP (uridine monophosphate) --> ADP + UDP
ATP + UDP --> ADP + UTP ; l’uridine triphosphate est un précurseur de l’ARN
ATP + glucose --> ADP + glucose-6 -P (le glucose 6P est la première étape nécessaire de la glycolyse)
ATP + acide aminé --> ADP + AA-P activé ; l’AA activé peut s’ajouter à une chaîne protéique en cours de synthèse
- régule l’activité des protéines enzymatiques en les phosphorylant:
ATP + Prot --> ADP + PROT-P

- Production de l’ATP par chimiotrophie
Les plantes, les algues et certaines bactéries sont phototrophes; elles produisent l’ATP en utilisant l’énergie solaire par le processus de la photosynthèse. Elles accumulent l’énergie sous forme de molécules de réserve (glucose puis amidon et cellulose); elles assurent aussi la synthése des acides aminés, des nucléotides et des acides gras. Les autres cellules vivantes (protozoaires, champignons, cellules animales, autres bactéries ) sont chimiotrophes; elles utilisent l’énergie chimique accumulée par les cellules phototrophes en catabolisant les sucres et les graisses.

La cellule chimiotrophe dégrade les sucres (glucose, fructose) par une série d’étapes successives qui sont couplées à la synthése de l’ATP:
C6H12O6 (glucose) + 32 ADP + 32 Pi (H2PO4) + 6 O2 --> 6 CO2 + 6 H20 + 32 ATP

La dégradation du glucose est scindée en 2 phases:
* une phase anaérobie cytosolique: la glycolyse anaérobie
* une phase aérobie mitochondriale: la respiration cellulaire

   I. Etapes Cytosoliques


La glycolyse anaérobie (voie d’Embden-Meyerhoff) se déroule en 10 étapes chimiques successives dans le cytosol où sont localisées les enzymes nécessaires:
1 glucose ( C6H12O6 ) + 2 ADP + 2 Pi + 2 NAD+ --> 2 Pyruvates ( C3H4O3 )+ 2 ATP + 2 NADH + 2 H+

Le Nicotinamide Adénine Dinucléotide (NAD) est un transporteur d’électron. La forme oxydée (NAD+) est un accepteur de proton et d’électron pour aboutir à la forme réduite:
2 H+ + 4 e- + 2 NAD+ <----> 2 NADH2

Certains eucaryotes (levures) sont capables de vivre en aérobiose ou en anaérobiose. En l’absence d’oxygène, elle dégrade le pyruvate en éthanol et en CO2.

Le muscle squelettique peut travailler en anaérobiose relative lors d’un effort prolongé. Le métabolisme du pyruvate est dévié vers la formation d’acide lactique. Ce composé est responsable d’une acidose cellulaire (crampes). Rejeté dans la circulation; il est réoxydé en pyruvate et dégradé en CO2 par la respiration cellulaire au niveau du foie et du coeur.


   II.
Mitochondries

Les mitochondries ont été visualisées par la microscopie optique dés la fin du XIX siècle. Elles sont présentes dans toutes les cellules eucaryotes à l’exception de certains parasites unicellulaires (trichomonas). Leur rôle a été mis en évidence au cours des années 40: du foie a été broyé et la fraction mitochondriale a été récupérée par centrifugation; seule cette fraction cellulaire est capable de consommer de l’O2 et de rejeter du CO2 ---> les mitochondries assurent la respiration cellulaire et fournissent l’énergie en produisant plus de 95 % de l’ATP.

La dégradation oxydative du glucose (respiration) s’achève dans la mitochondrie où le pyruvate a été transporté. La respiration comprend 15 étapes chimiques successives dont le bilan global est :
2 Pyruvates + 2 O2 +30 ADP --> 6 CO2 + 6 H20 + 30 ATP
 


      A.
Aspect en microscopie optique

Elles ont la forme de bâtonnets ou d’éllipses mesurant 2 X 1 µ. Leur abondance est variable:
* les globules rouges mâtures n’en possédent pas; l’apport énergétique est fourni uniquement par la glycolyse anaérobie
* le foie est riche en mitochondries (environ 1000 par cellule; 20 % du voulume cytosolique); les muscles sont encore plus riches, en particulier le coeur ou les muscles alaires des insectes. On peut dénombrer jusqu’à 500 000 mitochondries chez l’amibe où elles sont situées prés de la zone d’ingestion des nutriments.
* dans la levure cultivée en condition anaérobie, il y a peu de mitochondries; elles prennent une forme de vésicule avec très peu de crêtes au niveau de leur membrane interne. Si on apporte de l’O2, le nombre de mitochondries augmente et la membrane interne présente de nombreuses crêtes.
* Les mitochondries changent de forme et de place en permanence; elles peuvent se scinder ou fusionner; elles sont associées au cytosquelette (surtout la tubuline) qui assure leur déplacement intracellulaire.
* Les mitochondries sont abondantes prés des zones où l’énergie est consommée: myofibrilles des muscles, base des flagelles dans le spermatozoïde ou base des cils chez la paramécie.

      B.
Aspect en microscopie électronique et composition

La mitochondrie est un compartiment subcellulaire clos, isolé du cytosol par sa membrane externe.
* La membrane externe est une bicouche lipidique correspondant au modèle général des membranes biologiques. Elle est composée de 50% de protéines et de 50% de lipides. Elle contient de nombreuses copies de porine; cette protéine forme des canaux hydrophiles qui permettent le passage de molécules ayant un PM < 10 000 d. Il existe des protéines de reconnaissance pour des séquences signal de protéines d’origine cytosolique qui seront importées aux niveaux de complexes d’importation (zones d’accolement entre membrane externe et membrane interne) permettant l’entrée dans la matrice de protéine de PM > 10 000.

* l’espace intermembranaire est étroit (100 A); sa composition chimique est proche de celle du cytosol. Il contient beaucoup d’ion H+ dont le gradient est élevé par rapport à la matrice.

* la membrane interne est caractéristique de la mitochondrie. C’est aussi une bicouche phospholipidique mais elle contient plus de protéines (80%) que de lipides (20%). Elle est repliée en de multiples crêtes qui augmentent sa surface. On peut visualiser en ME des complexes sphériques de 90 A situés à la face interne de la membrane interne; ces complexes contiennent des enzymes de la respiration cellulaire. Dans la membrane interne, on trouve une ATP synthétase et des protéines de transport. La membrane interne est peu perméable aux ions; un lipide à 4 acides gras, particulier à la membrane interne (le cardiolipide), contribue à la faible perméabilité aux ions de la membrane interne et facilite le maintien des gradients électro-chimiques ( ex: gradient de protons).

* la matrice : c’est le compartiment interne de la mitochondrie; elle contient des centaines d’enzymes nécessaires au cycle de Krebs et à l’oxydation des acides gras. La matrice contient également de l’ADN mitochondrial d’une longueur de 16 kilobases, des ribosomes mitochondriaux, des t RNA des r RNA et des enzymes nécessaires pour l’expression du DNA.

L’ADN mitochondrial est circulaire, ne possède pas d’introns ni d’histones. Ses 16 569 bases ont été séquencées. Chaque mitochondrie possède 5 à 10 copies d’ADN qui codent pour 13 enzymes de la matrice (cytochrome b, NADH-déshydrogénase, ATP-synthase, cytochrome-oxydase entre autres). Les autres protéines mitochondriales (environ 500) sont codées par l’ADN génomique et importées. L’ADN mitochondrial code pour 2 ARNr et 22 ARNt.
Le code génétique de la mitochondrie est un peu différent du code génétique universel (ex: UGA -> tryptophane dans la mitochondrie, codon stop dans le code universel; AGA -> codon stop dans la mitochondrie, -> arginine dans le code universel). La différence entre ADN mitochondrial et ADN génomique est expliquée par la théorie endosymbiotique: la mitochondrie serait une cellule procaryote capturée par les cellules eucaryotes primitives.
Les mitochondries se reproduisent par fission; toutes les mitochondries d’un organisme proviennent de l’ovule: l’hérédité mitochondriale est matrilinéaire; le patrimoine génétique mitochondrial n’est pas remanié à chaque génération. L’analyse de la fréquence de mutations de l’ADN miotochondrial est trés utile en génétique des populations: localisation d’Eve en Afrique Orientale, proximité génétique des amérindiens et des mongoles.


      C.
Fonctionnement Mitochondrial

Dans la mitochondrie, le pyruvate entre dans l’espace intermembranaire par une porine. Il est importé dans la matrice par un symport pyruvate/proton dépendant du gradient d’ions H+. Le pyruvate est capté dans la matrice par un complexe enzymatique macromoléculaire qui a approximativement la taille d’un ribosome; ce complexe contient des copies multiples de 3 enzymes, de 5 coenzymes et de 2 enzymes de régulation; l’enzyme principal est la pyruvate deshydrogénase qui convertit le pyruvate en acétylCoA:
Pyruvate + CoA-SH + NAD+ --> acétylCoA + NADH

La dégradation des lipides fournit aussi une part substantielle du métabolisme énergétique. Les réserves lipidiques sont essentiellement sous la forme de triglycérides (une molécule de glycérol associée à 3 molécules d’acide gras) qui forment des gouttelettes dans le cytosol. Dans le muscle cardiaque, on visualise des triglycérides entourant les mitochondries, elles même situées prés des myofibrilles.
Les triglycérides sont hydrolysés; les acides gras sont acheminés par des transporteurs (symports acides gras/proton) vers la matrice mitochondriale. Les acides gras vont entrer dans le cycle d’oxydation des acides gras; 2 carbones seront dégradés à chaque cycle en produisant une molécule d’acétylCoA, une molécule de FADH2 et une molécule de NADH (hélice de Lynen).

L’acétylCoA est la voie finale commune du catabolisme des glucides et des acides gras. Il va être “brûlé” dans le cycle de l’acide citrique (cycle de Krebs) .
Pour chaque molécule d’acétylCoA entrant dans le cycle de Krebs, il se forme 2 CO2, 1 ATP et surtout 4 paires d’électrons de haute énergie qui seront transférés sur les coenzymes ( 3 NADH et 1 FAD-H2).

Rappel : Un oxydant est un accepteur d’électron; un réducteur est au contraire un donneur d’électron.
NAD+,ubiquinol, cytochrome c (Fe+++), 1/2 O2 + 2 H+, sont des oxydants.
NADH, ubiquinone, cytochrome c (Fe ++), H20 sont des réducteurs.
NAD+ + 2 e- + H+ <--> NADH

La respiration cellulaire se poursuit au cours du processus de la phosphorylation oxydative

La dégradation d’une molécule de glucose a entraîné jusqu’ici la formation de 6 CO2, de 10 NADH ( 2 au cours de la glycolyse, 2 au moment de la formation d’acétylCoA à partir du pyruvate et 6 au cours du cycle de Krebs), de 2 FADH2 ( cycle de Krebs ) et de 4 ATP. Il y a eu accumulation d’énergie électrochimique sous la forme de 12 paires d’électrons captées par les coenzymes FAD et NAD. C’est le transfert par étape des électrons vers l’O2, molécule finale acceptrice des électrons qui constitue la phosphorylation oxydative. Ce transfert est couplé à la synthèse de l’ATP (d’où le terme phosphorylation).

Les électrons vont passer successivement du NADH --> Ubiquinone/Ubiquinol (complexe I)--> Complexe Cytochrome b-c (complexe III) --> Cytochrome oxydase (compexe IV) --> 1/2 O2 + 2 H+ --> H20 .

Les cytochromes sont des protéines qui possédent un atome de fer sous forme ferrique ou ferreuse: Fe+++ + e - ---> Fe++

- Le complexe I est la NADH deshydrogénase; il est composé de 20 chaînes polypeptidiques insérées dans la membrane interne (PM: 800 000). Il s’agit d’une proténine fer-soufre où les atomes de fer accepteurs des electrons sont liés à des atomes de soufre liés aux protéines. Il fait passer 4 H+ de la matrice dans l’espace intermembranaire.
- Le complexe II (succino-déshydrogénase) accepte et transfert à l’ubiquinone les électrons provenant de FADH2. C’est aussi une protéine fer-soufre.
- Le complexe III (ubiquinol-cytochrome c réductase ou compexe bc1) est constitué de 8 chaînes polypeptidiques insérées dans la membrane; il pompe 2 H+ de la matrice vers l’espace intermembranaire; c’est aussi une protéine fer-soufre. Il comprend une sous-unité immobile (cytochrome b1) et une navette (cytochrome c).
- Le complexe IV (cytochrome c oxydase) est constitué de 13 chaînes polypeptidiques. Il contient du fer et du cuivre. Il pompe 2 H + vers l’espace intermembranaire.

NADH2 + 1/2 O2 ---> NAD+ + H2O + Energie pour pomper les protons dans l’espace intermembranaire. Il s’agit d’un couplage chimiosmotique.

Les complexes sont de gros assemblages polypeptidiques enchassés dans la membrane interne mitochondriale. L’ubiquinone et le cytochrome c sont des molécules plus petites et plus mobiles qui servent de navettes en transportant les électrons au niveau de la face interne de la membrane mitochondriale mais qui ne jouent pas de rôle dans la translocation des protons.

Outre le pompage des protons, la chaîne respiratoire permet d’amener les électrons de haute énergie des nucléotides NADH et FADH2 à un niveau suffisament bas pour permettre leur captation par l’oxygène.

L’ATP est synthétisée par l’ATP synthase grâce au gradient protonique

Le passage des électrons des coenzymes FAD-H2 et NADH vers l’O2 a permis la formation d’un gradient de protons entre l’espace intermembranaire et la matrice. Ces protons vont rentrer dans la matrice au niveau des granulations de 90 A; ce passage de proton est couplé à la synthése d’ATP par l’ATP synthétase. Il faut 3 H+ pour fabriquer une molécule d’ATP. Il s’agit d’un couplage osmochimique. L’hypothèse d’un couplage chimio-osmotique et d’un couplage osmo-chimique nécessaires de façon simultanée pour la synthèse mitochondriale d’ATP constitue la théorie chimio-osmotique de Mitchell (prix Nobel de chimie en 1978).
L’ATP-synthase est un complexe protéique formé de deux sous-unités F1 et F0. La sous-unité F1 est composée de 3 chaînes , deux chaînes ß et de chaînes  et . F1 possède l’activité ATP-synthase. F0 (chaînes ) possède une fonction canal à protons.
On peut détruire le gradient protonique par le dinitrophénol; cette molécule est un ionophore à proton qui équilibre la concentration des H+ entre la matrice et l’espace intermembranaire; le dinitrophénol découple la phosphorylation oxydative: la synthése d’ATP s’arrête tandis que le transfert d’électrons vers l’O2 se poursuit; il y alors formation de chaleur sans accumulation d’énergie chimique. On a mis en évidence chez les animaux qui hibernent une protéine de la membrane mitochondriale interne qui laisse passer les protons; cette protéine assure un découplage physiologique de la phosphorylation oxydative et permet la production de chaleur chez l’animal endormi à partir des réserves lipidiques (graisse brune ).
L’ATP synthétisée s’accumule dans la matrice mitochondriale; elle va être échangée avec de l’ADP grâce à un transporteur membranaire de type antiport qui assure la diffusion facilitée des deux molécules en sens inverse l’une de l’autre. S’il n’y a pas hydrolyse de l’ATP dans le cytosol, il n’ y a pas d’ATP disponible au niveau du transporteur et l’ATP nouvellement synthétisé reste dans la matrice mitochondriale (régulation autonome du système).
Le cyanure se fixe sur la cytochrome-oxydase et bloque le transfert d’électron entre la cytochrome oxydase et l’eau; la chaîne respiratoire s’arrête.
Les cytopathies (ou myopathies) mitochondriale sont dues à des mutations au niveau des complexes transporteurs d’électrons. Ces maladies se traduisent par une fatigabilité anormale à l’effort.

Le rendement énergétique de la cellule n’est pas total:

Le bilan énergétique de la dégradation d’une molécule de glucose par la glycolyse et la respiration cellulaire est 38 molécules d’ATP ( 2 au cours de la glycolyse, 2 au cours du cycle de Krebs et 34 au cours de la phosphorylation oxydative).
Si on faisait brûler une molécule de glucose en calorimètre, l’énergie obtenue correspondrait à celle d’une centaine de molécules d’ATP; le rendement énergétique de la cellule est donc de l’ordre de 38%. Ce rendement est à comparer à celui des meilleures machines thermiques fabriquées par l’homme dont le rendement maximal n’excède pas 10 % .