description
Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du genome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Replication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Necrose Theorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

Enveloppe et pore nucléaire

 

   I. L'enveloppe nucléaire

Le noyau est séparé du cytosol par une double membrane formant l'enveloppe nucléaire. Les deux membranes constituant l'enveloppe ont une composition et une organisation en lipides similaires, proche de celles du
réticulum granuleux. .
La membrane interne de cette enveloppe est en contact avec le nucléoplasme et la chromatine, alors que la membrane externe qui fait face au cytoplasme est en continuité avec la membrane du réticulum endoplasmique.
La face interne de la membrane interne est tapissée par un feutrage protéique, la lamina constituée par des filaments de lamines. L'espace intermembranaire appelé espace péri nucléaire est occupé par la partie C-terminale de protéines intrinsèques de la membrane interne, dont la partie N-terminale se projette dans le noyau. Cinq de ces protéines ont été caractérisées. Il s'agit en particulier de peptides associés aux lamines (Lamine Associated Polypeptides, LAP) , du récepteur de la lamine B (Lamin B Receptor, LBR), et de l'émeri ne. Leur rôle reste à peu prés inconnu. Elle participent sans doute avec les lamines à l'organisation et au remodelage de la chromatine péri-nucléaire génétiquement « silencieuse ».
Cette enveloppe est interrompue par des complexes macromoléculaires, les complexes des pores nucléaires (CPN) qui mettent en relation le noyau et le cytoplasme et permettent les échanges nucléo-cytoplasmiques.
 

   II. Les pores nucléaire

Les CNP sont formés chez l'homme d'environ 50 protéines différentes appelées nucléoporines. Le nombre des PN qui dépend de l'état fonctionnel de la cellule est d'environ 4000 à 6000 dans une cellule de mammifère. .
Le NPC apparaît comme un anneau de 120 nm de diamètre et de 200nm de hauteur. Son poids moléculaire est de 125 MDa chez les vertébrés.

 

La structure tridimensionnelle des CNP comporte deux constituants principaux.

L'ensemble des éléments est enchâssé dans l'enveloppe nucléaire par un anneau luminal et stabilisé par différents types de protéines membranaires dont les lamines.

Les nucléoporines sont localisées dans les sous-unités des anneaux et sur les fibrilles et filaments. Elles interviennent dans la reconnaissance et le guidage des molécules transitant à travers le CPN.
 



  III. Transport nucléo-cytoplasmique

Les pores nucléaires sont perméables aux petites molécules (tels les ions et les nucléotides) d'un poids moléculaire inférieur à 5 kDa qui diffusent instantanément. Les molécules d'un PM de 5 à 50 kDa diffusent à une vitesse
proportionnelle à leur taille (diffusion facilitée). Les molécules d'un PM supérieur à 50 kDa (tels les sous-unités des ribosomes, les ARN, ou les composants du réplisome) sont transportées par un mécanisme actif et sélectif.
A titre indicatif dans une cellule de mammifère en prolifération un million de molécules par minute transitent à travers les CPN (par exemple 200 molécules d'histones et 20 000 molécules d'ARNm).
La prise en charge des protéines' et des ARNm sous forme de ribonucléoprotéines par le transporteur du CPN dépend de la présence de séquences « signal» formées de quelques acides aminés.
Les séquences d'importation nucléaire appelées Signal de Localisation
. Nucléaire (NLS : Nuclear Localisation Signal) sont formées de 4 à 8 acides aminés basiques est de type -Lys-Lys-Lys-Arg-Lys-. Ces séquences peuvent être organisées en deux blocs séparés par une dizaine d'acides aminés. De plus elles peuvent être inactivées et activées par phosphorylation et déphosphorylation.
L'exportation dépend également d:une séquence «signal» appelée Signal d'Exportation Nucléaire (NES: Nuclear Export Signal).

Les transports nucléo-cytoplasmiques dépendent de systèmes de protéines mobiles de transport qui interagissent spécifiquement avec les nucléoporines. Plus de 20 de ces transporteurs ont été identifiés dans les cellules humaines. La vectorisation du transport (N)C ou C>N) dépend de la distribution asymétrique des différents types de nucléoporines sur les faces nucléaire et cytoplasmique du pore.

Ces transporteurs appelés karyophérines, d'un masse d'environ 100 kDa, sont de deux types: les importines qui assurent le transfert du cytoplasme dans le noyau, et les exportines exerçant la fonction inverse.
Ces molécules fixent la molécule à transporter ("cargo") par leur domaine C-terminal via la séquence NLS ou NES, et elle fixe sur un domaine Nterminal la protéine Ran-GTP/GDP qui joue un rôle clef dans l'adressage nucléaire ou cytoplasmique du « cargo ».
Cette molécule appartient à la famille des petites protéines G à fonction GTPase, capables d'hydrolyser le GTP (guanosine triphosphate) en GDP (guanosine diphosphate). Elles interviennent dans de nombreux systèmes de signalisation cellulaire.
Le sens du transfert dépend du gradient de concentration des RanGTP/Ran-GDP et de l'affinité différentielle des exportines et importines pour ces deux conformations. De plus le recyclage de Ran est essentiel au maintien du gradient de ces deux formes entre noyau et cytoplasme.

 


   IV. La lamina et les lamines

La lamina est un réseau fibrillaires formant une structure grillagée qui tapisse là face interne (nucléaire) de la membrane interne de l'enveloppe du noyau. Elle joue un rôle important dans le maintien de la forme du noyau, dans la stabilisation des pores nucléaires, dans l'organisation et le fonctionnement du génome.
La lamina est formée par la polymérisation de molécules filamenteuses constituant des réseaux carrés en feuillet d'une dizaine de nm d'épaisseur, les lamines. Les lamines sont des polymères appartenant à la famille des filaments intermédiaires (FI) dont elles représentent un type moléculaire particulier (type V). Les autres types de FI forment des réseaux fibreux stables dans le cytoplasme. Cinq types ont été caractérisés (1 à V) en fonction de leur homologie de séquence (par exemple le type 1 est représenté par les kératines). .
La structure secondaire de la molécule de lamine est caractéristique des FI. Elle comprend une région centrale formée par 4 domaines hydrophobes en hélice alpha (1 A, 1 B, 2A, 2B) hautement conservés dans les différents
types. Cette région en "batonnet" donne à la molécule sa rigidité fibrillaire et permet la formation de dimères en « superhélice » stable par l'enroulement de deux molécules parallèles (motif "coiled-coil"). La séquence des extrémités N et C terminales sont au contraire très variables, et l'extrémité c terminale forme un domaine globulaire.
A l'état déphosphorylé les lamines forment des filaments tétramèriques de 10 nm de diamètre par association latérales de dimères. Ces tétramères qui édifient la lamina se dissocient en mitoses lorsque les lamines sont phosphorylées, ce qui permet la rupture de la membrane nucléaire.
Il existe deux types de lamines les lamines A et les lamines B. Les lamines B sont présentes dans toutes les cellules, alors que les lamine A ne sont produites que par les 'cellules différentiées. Les lamines B (81 et 82) sont codées par des gènes différents, alors que les 4 types de lamines A codées par un seul gène sont les produits d'un épissage alternatif.
Les lamines A exercent probablement des fonctions biologiques fondamentales, et sont indispensables au maintien de l'intégrité des tissus. L'identification récente d'une mutation du gène des lamines A dans une forme très rare de vieillissement prématuré (la progéria) confirme cette hypothèse.