Théorie cellulaire procaryotes et eucaryotes
I. La théorie cellulaire
A. Le concept de cellule
Le concept de CELLULE définie
comme le constituant élémentaire de la matière vivante a été
élaboré au milieu du XIXéme siècle dans le cadre de la Théorie
Cellulaire, qui s'est progressivement constituée grâce aux
progrès des techniques d'observation microscopique.
Cette théorie constitue un paradigme permettant une approche
unificatrice et réductionniste de tous les phénomènes
biologiques. Elle peut être résumée par trois principes
élémentaires.
La cellule est l'unité structurale et fonctionnelle de tous les êtres vivants (principe de l'unité du vivant).
Toute cellule naît par division (scission) d'une cellule préexistante.
L'organisation, la physiologie et le développement des êtres vivants complexes multicellulaires (métazoaires), ainsi que leurs dérèglements pathologiques, résultent de mécanismes universels d'interaction s'exerçant entre les constituants des cellules et entre les cellules à l'échelle des tissus, organes et organismes.
B. Historique
Le terme de «CELLULE» (cella) a
été utilisé en 1665 par le physicien anglais Hooke pour
décrire la structure d'une lamelle de liège observée à travers
un microscope rudimentaire. En 1674 Leuvenhoeck observe que
les microorganismes ("animalicules") sont doués de mobilité.
Un siècle plus tard (cent ans avant Pasteur) le naturaliste
italien Spallanzini réfute la théorie de la génération
spontanée, en montrant que tout organisme dérive d'un autre
organisme, et qu'il existe un hiatus entre la matière inanimée
et la matière vivante. La question de la nature de l'unité
constitutive élémentaire des être vivants est- donc posée dés
le XVllléme siècle.
Les principaux concepts de la Théorie Cellulaire ont pu être
formulés à partir de 1830 grâce aux observations permises par
les progrès de la microscopie (augmentation du pouvoir
résolutif des microscopes et utilisation d'objectifs
achromatiques et d'objectifs à immersion) et des techniques de
préparation des échantillons (techniques de fixation, de
coloration et utilisation du microtome).
L'identification du noyau en 1831 est suivie par la
formulation en 1838 de la Théorie Cellulaire pour es plantes
par le botaniste Schleiden et les animaux par le zoologiste
Schwann. En 1855 Virchow la complète en montrant que toute
cellule est produite par la scission d'une cellule
préexistante.
Très rapidement sont ensuite identifiées les principales
structures de la cellule observables en microcopie optique: la
chromatine et les chromosomes en mitose (décrits par Flemming
en 1882), le réticulum endoplasmique (ergastoplasme) en 1897,
les mitochondries et l'appareil de Golgi en 1898. De plus
l'acide déoxyribonucléique est isolé par Miescher en 1869.
Enfin à partir de 1873 la mise au point par Golgi d'une
technique de coloration argentique des cellules du cortex
cérébral permet de décrire la morphologie des neurones
(Waldeyer, 1891j et d'élaborer la théorie neuronale de
l'organisation du système nerveux..
Un siècle plus tard Watson et Crick décrivent la structure de
l'ADN en 1953, et dans les années 1960 les progrès de la
génétique moléculaire des procaryotes permettent la
formulation d'un autre paradigme, celui dit du Dogme Central,
qui établit que le flux d'information dans une cellule est
unidirectionnel de l'ADN aux protéines via l'ARN messager.
Aujourd'hui les avancés dés technologies d'analyse à haut
débit des macromolécules et du traitement de l'information
(bioinformatique) rendent possible la réalisation de projets à
grande échelle de séquençage des génomes (génomique
structurale), de recensement des transcrits (génomique
fonctionnelle) et de caractérisation des protéines (protéomique).
La modélisation des données produites par ces trois approches,
devrait permettre une description synthétique des interactions
complexes qui président au fonctionnement de la cellule.
II. Phylogénie cellulaire
A. Notion de procaryotes et eucaryotes
Le principe unitaire de la Théorie
Cellulaire recouvre une grande diversité de morphologies, de
fonctions et d'organisations des cellules qui ont été
sélectionnées au cours de l'Evolution.
Au niveau le plus élémentaire cette diversité se traduit par
des différences de la taille des cellules. La taille de la
plupart des bactéries est d'environ 1 à 10 µm, celle des
cellules de levure de 5 à 8 µ et celle des cellules animales
ou végétales de 10 à 100 µm, alors que celle des ovocytes de
certains poissons ou batraciens peut atteindre plusieurs mm.
L'organisme humain est constitué de 10(0(100000 milliards) cellules organisées en 4 grands types de structures tissulaires. La taille des cellules humaines dépasse en général 5 µm. A titre d'exemples on peut citer:
Leucocytes:7 -15 µm
Hématies: 7,4-7,8 µm
Fibroblastes: 20-30 µm
Myocytes (muscle lisse) : 30-50 µm
Cellules glandulaires: 15-30 µm
Neurone pyramidal: 50-250 µm
Ces différences de taille se traduisent par des différences de
volume témoignant des niveaux d'activités métaboliques des
cellules. Le volume d'une cellule hépatique est par exemple de
5000 µ³, alors que celui d'une cellule du pancréas exocrine
n'est que de 1000 µ³.
La structure élémentaire des cellules constituant les
organismes vivants permet de distinguer deux grandes
catégories:
Les EUCARYOTES, qui regroupent les êtres majoritairement PLURICELLULAIRES, animaux et végétaux;
Les PROCARYOTE, qui regroupent les êtres UNICELLULAIRES et sont dominés par les bactéries
Les cellules eucaryotes se caractérisent par :
UN NOYAU renfermant le matériel génétique, limité par une double membrane.
DES ORGANITES CYTOPLAMIQUES entourées par un système membranaire complexe délimitant des compartiments internes qui représentent environ la moitié du volume cellulaire.
Les cellules procaryotes se caractérisent par :
UN NUCLEOIDE sans organisation distincte, sans membrane limitante.
UNE ABSENCE d'organites et de compartiment cytoplasmique
Outre ces aspects élémentaires les cellules procaryotes et eucaryotes se distinguent par de nombreux caractères morphologiques, biochimiques et métaboliques, traduisant le statut archaïque des premières et la complexité des fonctions intégrées acquises par les secondes.
| Caractères | Procaryotes | Eucaryotes |
| Génome | nucléoïde, ADN circulaire, chromosome unique, gène linéaire, pas de nucléole, plasmide | noyau, ADN linéaire, chromosome>1; gène morcelé, nucléole |
| Energie / Respiration | membrane | mitochondrie |
| Membrane | bicouche, paroi externe | bicouche |
| Compartiments cytoplasmiques | aucun | organites |
| Cytosquelette | non | oui |
| Ribosomes | 30S - 50S/70S | 40S - 60S/80S |
| Motilité | flagelle rotatif (flagelline) | flagelle ondulatoire, cils, (tubuline, actine/myosine) |
Les organismes se sont adaptés aux biotopes les plus divers se
caractérisent par une grande variété de mécanismes
nutritionnels et de métabolismes énergétiques. Ils peuvent
être classés selon ces différents aspects de leur physiologie.
Modes de nutrition :
HETEROTROPHES : extraient
le carbone et l'oxygène de la matière organique naturelle (ORGANOTROPHES).
AUTOTROPHES : utilisent C02 comme seule source de
carbone et produisent de l'énergie chimique (A TP) soit sous
l'effet de la lumière par photosynthèse (PHOTOAUTOTROPHES)
soit par oxydation de composés inorganiques (H2, H2S ou NH3)
pour alimenter un système de transport d'électrons (LiTHOTROPHES).
La photosynthèse dite OXYGENIQUE (du type de celles des
plantes) est apparue dans un groupe de bactéries appelées
cyanobactéries il y a 3,5 milliard d'années. Elle est à
l'origine de la l'accumulation de l'oxygène atmosphérique qui
a sélectionné les organismes aérobies ayant développé des
systèmes enzymatiques de défenses contre les dérivés toxiques
(radicaux libres) de l'oxygènes (superoxyde dismutase,
catalase). Ce type de photosynthèse a été précédé par une
photosynthèse primitive dite ANOXIGENIQUE, qui utilise non pas
H20 mais H2 ou H2S comme donneurs d'électrons et ne produit
pas de 02.
Sensibilité à l'oxygène :
AEROBIOSE STRICTE : 02 est
indispensable au métabolisme ANAEROBIOSE STRICTE: toxicité de
02, croissance en l'absence d'02
AEROBIOSE FACULTATIVE : la croissance est possible en
présence ou en absence de 02
B.
Notion de taxomanie
L'étude de la diversités des être vivants (SYSTEMATIQUE) a permis leur classification en un système hiérarchique (TAXONOMIE) en fonction des caractères distinctifs (ou TRAITS) de leur morphologie, physiologie (y compris leur mode de reproduction) ou des propriétés de leurs molécules constitutives. L'unité fondamentale de cette classification est l'ESPECE qui est la seule catégorie naturelle, les autres catégories d'ordre supérieur (Genre, Famille, Ordre, Classe, Phylum, Règne) étant plus ou moins arbitraires~ Elle est désignée par une combinaison de deux termes (nomenclature binomiale): le NOM du GENRE (groupe d'ordre immédiatement supérieur à celui de l'espèce) affecté d'un EPITHETE définissant l'ESPECE: par exemple Homo sapiens.
Cette classification qui organise
1,7 millions d'espèces en groupes hiérarchisés (TAXONS) a été
établie sur la base de relations de ressemblance appelées
PHENETIQUES. Les structures similaires peuvent être HOMOLOGUES
(similaires en raison d'une ascendance commune, quelle que
soit leur fonction dans les différents organismes) ou
ANALOGUES (similaires par adaptation de la fonction, mais sans
origine ancestrale commune).
Il est évident que cette classification est imparfaite en
raison du caractère' volatil de certains caractères (qui ont
pu être acquis et/ou perdus à plusieurs étapes de l'évolution
au sein des différents groupes) et du phénomène d'évolution
convergente.
Depuis 1990 s'est imposée une classification PHYLOGENETIQUE,
qui établit l'arbre généalogique des organismes en fonction de
leur histoire évolutive, à partir des ancêtres communs dont
ils descendent.
Ce type de classification fondée sur le principe exclusif de
définition des groupes par la communauté ancestrale de Ieurs
membres est appelé CLADISTIQUE, les groupes ainsi constitués
étant appelés CLADES, et l'arbre généalogique de ces clades un
CLADOGRAMME

(La cellule ancestrale possède 5 marqueurs. Au cours de l'évolution 4 évènements sont survenus affectant successivement les marqueurs 3, 4 et 2. Les clades A, B, C, et D possèdent en communs les marqueurs ancestraux 1, 4 et 5 et chacun d'eux une forme modifiée des marqueurs 3, 4, et 2, qu'ils ont hérité par descendance et qui les caractérise.)
Cette classification repose
essentiellement sur la comparaison des séquences
nucléotidiques de l'ADN. Elle établit l'origine ancestrale
commune des groupes sur la base des séquences conservées
qu'ils possèdent en commun, et mesure leur degré de divergence
génétique par l'analyse informatique des variations produites
dans ces séquences par les mutations accumulées dans les
lignées au cours de l'évolution.
Les séquences de référence sont celles des gènes encodant les
ARN des sous-unités des ribosomes (ARNr 235 et ARNr 165), la
base de données de ces séquences comprenant plus de 10 000
entrées.
Ces gènes ont été choisis comme marqueurs phylogénétiques en raison de leur distribution ubiquitaire et de leur rôle central dans le métabolisme cellulaire, qui leur assure une stabilité et une conservation indispensables. Les études de cladistique moléculaire ont abouti à la construction d'un arbre phylogénétique universel

(L'arbre phylogénétique universel construit à partir des études comparatives des séquences des gènes d'ARNr (1990). Son origine identifie l'ancêtre commun (virtuel) aux eucaryotes et procaryotes, et la longueur de ses branches divergentes est proportionnelle à la distance génétique entre les groupes.)
Cet arbre organise les êtres vivants en TROIS DOMAINES NATURELS (le DOMAINE étant un nouveau taxon d'ordre supérieur au Règne). Les molécules d'ARNr des organismes de chacun de ces domaines se caractérisent par des séquences et des structures régionales spécifiques.
LES BACTERIA (synonyme: bactéries)
LES ARCHEA
LES EUCARYA (synonymes: eucaryotes)
LES BACTERIA : Procaryotes, apparues il y - a 3,5 milliards d'années. Elles sont les responsables de l'accumulation atmosphérique de l'oxygène (2,5 milliards d'années). Elles se caractérisent par une paroi céUulaire constituée d'un PEPTIDOGLYCANE la MUREINE.
LES ARCHEA : Procaryotes, découvertes en 1977,
elles constituent un domaine individualisé par leur phylogénie
moléculaire. Lorsqu'elles possèdent une paroi cellulaire,
celle-ci ne contient jamais de muréine. Elles vivent dans des
environnements extrêmes et certains de leurs caractères
phénotypiques les rattachent aux eucaryotes.
LES EUCARYA : Dérivés des précédentes
probablement par un processus ENDOSYMBIOTIQUE, sont apparues
il y a 1,5 milliards d'années. Ils ont évolués rapidement vers
une complexification et une diversification qui a aboutit à
l'apparitions des organismes multicellulaires animaux
(métazoaires) et végétaux (métaphytes) il y a 0,5 milliards
d'années. Les eucaryotes se divisent en 4 REGNES:
Animaux : pluricellulaires, mobiles, hétérotrophes, à reproduction sexuée dont les cellules ne comportent. pas de plastes et sont dépourvues de parois.
Plantes : pluricellulaires, immobiles, autotrophes via la photosynthèse, à reproduction principalement sexuée, dont les cellules renferment des plastes et comportent une paroi de cellulose.
Champignons : pluricellulaires (à l'exception de la levure) immobiles, hétérotrophes (saprophytes ou parasites), à reproduction sexuée et asexuée, dont les cellules ne contiennent pas de plastes et comportent une paroi de chitine.
Protistes : groupe hétérogène paraphylétique de 200 000 espèces
incluant divers organismes
anciennement appelés protozoaires. Leur organisation,
physiologie (cellularité, ploïdie, motricité, nutrition,
écologie), et mode de reproduction sont hétéroclites. On les
classe traditionnellement en flagellés, amibes, algues, et
parasites.
C.
Caractéristiques des procaryotes
C.1.
Les PROCARYOTES
regroupent des millions d'organismes unicellulaires
génétiquement distincts. Bien que d'une architecture assez
rudimentaire, ils présentent une grande diversité de
propriétés physiologiques. La classification communément
utilisée des microorganismes des deux domainés archea et
bacteria reposent sur des critères structuraux, métaboliques
et écologiques. Les groupes de cette classification ne
constituent pas des entités phylogénétiques.
C.2.
Les ARCHAE
Plus de 250 espèces d'archae ont été décrites. Elles se
répartissent dans deux groupes phylogéniques. Les archae ont
souvent été baptisées « extrêmophiles» en raison des condition
chimiques (pH, salinité) et thermiques (4°C à 113°C) extrêmes
de leurs environnements. Elles sont
classées en groupes physiologiques principaux:
METHANOGENES,THERMOPHILES EXTREMES, et HALOPHILES EXTREMES.
C.3. METHANOGENES. Anaérobies
strictes, elles colonisent les sédiments aquatiques, les
marais, le tube digestif de certains animaux et le rumen des
ruminants. Elles libèrent du gaz méthane (CH4) par réduction
de C02 par H2 comme produit final de leur métabolisme
énergétique. Ce métabolisme méthanogène est à l'origine des
réserves de gaz naturel fossile et de l'accumulation
inquiétante de méthane dans l'atmosphère.
HALOPHILES. Aérobies, elles ne
peuvent vivre qu'en présence d'une concentration élevée de
NaCI ( 5 M, soit environ 25%) qui stabilise leur membranes et
leurs ribosomes. Elles vivent dans la Mer Morte, dans les
Grands Lacs Salés et les salines. Elles possèdent un appareil
photosynthétique (dont le pigment est la bactériorhodopsine)
qui convertit l'énergie -lumineuse en gradient protonique
membranaire pour produire de l'A TP. Ce système unique pallie
la faible disponibilité de 02 en milieu salin.
THERMOPHILES. Ces organismes
croissent à des températures élevées (80 à 105°C), et
utilisent le soufre comme substrat, soit comme accepteur
d'électrons à la place de 02 (anaérobies), soit comme source
d'énergie par oxydation de S en S04 pour convertir le carbone
minéral en carbone organique (chimiotrophes). Ces dernières
croissent en milieu acide (pH 2) en raison de l'acidification
qu'elles provoquent en libérant l'acide sulfurique. Les
thermophiles vivent dans les écosystèmes volcaniques
hydrothermaux riches en soufre. Thermus aquaticus découvert
dans les sources chaudes du Parc National Yellowstone (USA)
mérite une mention particulière. Son ADN Polymérase (dont la
température de polymérisation est de 70°C et qui résiste à des
températures de l'ordre de 95°C) est utilisée pour amplifier
l'ADN in vitro dans une technique fondamentale en biologie
moléculaire, la PCR (Polymerase Chain Reaction).
C.4. Les ARCHAE constituent un groupe spécifique. Leur morphologie, leur métabolisme énergétique et leur mode de division les apparentent aux procaryotes. Par contre elles possèdent certains caractères retrouvés chez les eucaryotes comme l'absence de paroi rigide, la présence de protéines basiques associées à l'ADN, d'introns dans certains gènes, ainsi qu'une organisation particulaire des ribosomes, et un système de transcription complexes. Les archea se caractérisent également par une propriété unique de leurs lipides membranaires. Alors que la bicouche lipidique des bactéries et des eucaryotes est constituée d'acides gras reliés à une molécule de glycérol par une liaison ester, celle des archea est formée de molécules d'alcool gras branchées reliés au glycérol par une liaison éther. Enfin contrairement' aux bactéries, et comme les eucaryotes elles sont insensibles aux antibiotiques de type pénicilline ou streptomycine.

(Structure des lipides membranaires chez le eucaryotes et procaryotes)
La phylogénie moléculaire montre clairement qu'elles ont divergé précocement des bactéries et qu'elles appartiennent à l'embranchement menant aux eucaryotes.
C.5 Les BACTERIA
Caractère généraux:
Les bactéries sont classées en 12
groupes phylogéniques phénotypiquement très hétérogènes.
Au sein de ces groupes génétiquement définis certains
caractères ont une distribution hétérogène en raison de leur
volatilité. Les plus variables sont la forme des cellules, l'aéro-anaébiose,
les types de donneurs et d'accepteurs d'électrons, la
photosynthèse chlorophyllienne, la motilité, et le contenu en
G+C de l'ADN. D'autres propriétés sont plus stables comme la
structuré de la paroi cellulaire, la composition lipidique des
membranes, et la photosynthèse oxygénique.
Il existe de nombreux critère d'identification des bactéries
en fonction de leur morphologie, de leur coloration par la
technique de Gram, de leurs besoins nutritionnels, de leurs
équipement enzymatiques, de leur capacité à sporuler, de leur
mobilité, de leur sensibilité aux antibiotiques, de leurs
effets pathogènes, de leurs antigènes...
Les formes des bactéries sont de 4 types :
Les coques (cocci): sphériques,
ils peuvent être doubles (diplocoques), en chaîne de 4 à 20
(streptocoques), ou en grappe (staphylocoques).
Les bacilles (bacili): en
bâtonnet, uniques, doubles (diplobacilles), en chaîne ou en
palissade.
Les spirilles (spirilla) : forme
spiralée rigide.
Les spirochètes : forme spiralée
flexible.
Les bactéries sont également classées selon leur colorabilité
par le colorant de Gram. Bien que ce critère introduit au
XIXème siècle puise paraître arbitraire, il définit en fait
deux groupes fondamentaux de bactéries qui se distinguent
entre autre par la composition de leur paroi qui fixe ou non
le colorant. Les cellules sont colorées par le « violet de
gentiane» et décolorées par l'alcool. Les bactéries à paroi
épaisse résistantes à la décoloration sont dites Gram (+),
celles à paroi fine qui sont décolorées sont dites Gram (-).
III. La cellule bactérienne
Une cellule bactérienne typique se compose de trois régions identifiées par la microscopie électronique:
une enveloppe formée par de l'extérieur vers l'intérieur par trois feuillets: une capsule, une paroi et la membrane plasmique.
le cvtoplasme contenant la zone nucléoïde, les ribosomes et diverses inclusions.
les expansions, comprenant pili et flagelle.
A.
L'enveloppe
A.1. LA CAPSULE
Elle est constituée des polysaccharides qui doublent la paroi
et forment une capsule organisée, une matrice plus discrète (biofilm)
ou le glycocalyx (feutrage polysaccharidique invisible en
microscopie). Cette capsule est constituée de différents
sucres (glucose, galactose, acide glucuronique ...), plus
rarement des peptides, et sa composition varie selon l'espèce
bactérienne. Cette capsule permet aux bactéries d'adhérer à un
substrat. Elle les protège contre la phagocytose (contribuant
ainsi à leur virulence), la dessiccation et elle constitue une
réserve de nutriments
A.2. LA PAROI
C'est une structure rigide et poreuse essentielle. Elle assure
la protection de la bactérie contre les agressions mécaniques
et surtout contre la lyse osmotique de la membrane. Elle est
présente chez toutes
les espèces bactériennes, sauf les mycoplasmes (exemple: M
pneumoniae) qui vivent dans des environnements de faible
o~molarité.
La paroi est constituée d'un type de PEPTIDOGL YCANE singulier
MUREINE. La microscopie électronique identifie deux types de
paroi qui entourent respectivement les bactéries Gram (-) et
Gram (+).
LA MUREINE
est une macromolécule dont le squelette est formé par la
succession d'un dimère glucidique associant une molécule de
N-ACETYLGLUCOSAMINE (NAG) et une molécule de N-ACETYLMURAMIQUE
(NAM) liées par une liaison 1,4-glycoside.
Le NAM est substitué sur son carbone 3 par un groupement
lactyl qui connecte la chaîne glucidique à un tétrapeptide.
Les acides aminés de ce tétrapeptide sont [L-Ala]-[D-Glu]-[DAP]
(acjde diaminopimélique)-[DAla] dans la paroi des bactéries
Gram ( -) et [L-Ala]-[DGlu]-[L-Lys]-[D-Ala] dans celle des
bactéries Gram (+). L'acide aminé en position 3 (dans
l'exemple ci-dessus LYS) est variable, et il existe au moins 8
types de peptidoglycanes chez les Gram (+).
Les unités de peptidoglycanes ainsi constituées sont
interconnectées en, réseau par liaison covalente entre les
peptides adjacents (transpeptidation). Dans la paroi des Gram
(-) cette liaison relie directement une ALA terminale à un DAP.
Dans celle des Gram (+) un pont interpeptidique de composition
variable (par exemple 5 GLYCINE chez S aureus) relie une ALA
terminale à une LYS, ce qui renforce la résistance de la
paroi.

(Liaison D-ALAIDAP entre deux molécules de peptoglycanes dans la paroi d'une bactérie Gram (-) : représentation schématique (A) et structure de 2 chaînes connectées (B).)
Les chaînes de muréine sont
assemblées et connectées dans le périplasme, en périphérie de
la membrane plasmique. Cet assemblage est catalysé par des
TRANSPEPTIDASES, des TRANSGLYCOSYLASES et des
CARBOXYPEPTIDASES.
Les antibiotiques du groupe des J3-lactamines (pénicilline)
bloquent les transpeptidases et carboxypeptidases. De plus
l'enzyme appelée LYSOZYME, présente dans les larmes, la
salive, le sérum, et les lysosomes des cellules phagocytaires
dégrade la muréine en clivant la liaison glycosidique NAG-NAM.
LA PAROI DES
BACTERIES GRAM (+) est représentée par une unique
couche de matériel homogène, épaisse de 20 à 80 IJ, doublant
la membrane plasmique. Elle e~t constituée par l'empilement
régulier de strates de muréinè organisées en un solide édifice
réticulé par les nombreuses liaisons transpeptidiques. La
structure de cette paroi est responsable de la positivité des
bactéries à la coloration de Gram. Cette paroi renferme
également des polymères linéaires d'ACIDES TEICHOIQUES,
(polymères de polyribitol ou polyglycérol substitués par' des
groupements phosphates ou des acides am.inés et sucres) liés
aux peptidoglycanes. Certaines de ces molécules sont ancrées
dans la membrane (ACIDES POL YTEICHOIQUE) et pénètrent dans la
paroi à angle
droit. Leur rôle reste inconnu mais. elles sont
indispensables à la viabilité de la cellule. Elles pourraient
intervenir dans le transport des substances vers la membrane,
la régulation de la synthèse de la muréine et l'adhérence des
bactéries aux tissus. La
paroi des gram (+) est particulièrement sensible aux β-lactamines.
LA PAROI DES BACTERIES GRAM (-) est relativement mince (10 µ) et présente en microscopie électronique une organisatiopenalemellaire. Elle est formée par une unique couche de peptidoglycane occupant l'espace périplasmique. Cet espace est doublé à l'extérieur par LA MEMBRANE EXTERNE qui s'apparente à la membrane plasmique. Sa face externe est composée de phospholipides semblables aux phosphoglycérides de la membrane plasmique. Par contre sa face externe est majoritairement constituée de LlPOPOLYSACCHARIDE (LPS). Celui-ci est formé d'une région hydrophobe (LE LIPIDE A) insérée dans le feuillet lipidique membranaire, sur la quelle est fixée une séquence linéaire de polysaccharides dont la région externe (POLYSACCHARIDE SPECIFIQUE-O ou ANTIGENE-0) au contact de l'environnement est responsable de la spécificité antigénique (sérotype) des bactéries Gram (-) pathogénes. Le lipide A du LPS est une endotoxine qui joue majeur dans la physiopathologie du choc septique. La membrane externe est traversée par des milliers de molécules trimériques dont le pôle interne est accroché par liaisons covalentes à la muréine. Ces protéines appelées PORINES contrôlent le passage des molécules hydrophiles d'un PM de plus de 600 daltons (nutriments) vers. l'espace périplasmique et excluent les molécules toxiques. La membrane externe contient également des liporpotéines ancrées au réseau de muréine, ainsi que des enzymes (lipases et protéases). La structure de la membrane externe des Gram (-) rend compte de la décoloration obtenue par le lavage à l'alccool-acétone dans le technique de Gram, et de leur faible sensibilité aux β-lactamines.

( Structure de la paroi des bactéries Gram (-) )

( Structure de la paroi des bactéries Gram (+) )
A.3. LA MEMBRANE PLASMIQUE
La membrane plasmique des bactéries constitue une barrière
sélectivement perméable. Sa structure est similaire à celle de
la MOSAIQUE FLUIDE des cellules eucaryotes, mais sa
composition en diffère. Elle ne. contient pas de stérols
(cholestérol) et sa bicouche lipidique est constitué d'acides
gras saturés ou monoinsaturés. Elle est formée de 40 % de
phospholipides et de 60 % de protéines intrinsèques et
extrinsèques (représentées par plus de 200 types différents).
Dans la mesure où les bactéries ne sont pas équipées
d'organites, les réactions vitales sont catalysées par des
enzymes membranaires, ce qui explique la grande variété de ces
protéines.
A.4. PROCESSUS DE TRANSFERT
La membrane plasmique est perméable à l'eau et aux molécules
électriquement neutres dont le poids moléculaire n'est pas
supérieur à 100 Daltons, qui migrent par diffusion passive.
Les autres molécules sont prises en charge par des systèmes de
transports sélectifs qui
. opèrent selon trois mécanismes: UNIPORT (mouvement
unidirectionnel d'une molécule), SYMPORT (mouvement synchrone
unidirectionnel de deux molécules différentes), et ANTIPORT
(mouvement couplé bidirectionnel de deux molécules
différentes).
Les systèmes de transfert actif dépendant de TRANSPORTEURS protéiques qui permettent aux bactéries de concentrer des substances (sucres, acides aminés, ions ...) dans le cytoplasme contre le gradient de concentration de l'environnement. Ces systèmes de spécificité plus ou moins retreinte peuvent être des canaux transmembranaires (PERMEASE) ou des complexe de protéines navettes (TRANSLOCASE). Il en existe quatre types.
Les systèmes de DIFFUSION FACILITEE sont constitués de canaux qui permettent le transport d'un soluté le long d'un gradient de concentration transmembranaire sans consommation d'énergie. Il existe un grand nombre de ces perméases, spécifiques des métabolites nutritifs.
Les systèmes de TRANSPORT A FORCE IONIQUE (ACTIF SECONDAIRE) sont des systèmes exergoniques de type symport ou antiport. Ils utilisent l'énergie emmagasinée dans le gradient de concentration d'un proton ou d'un autre cation (potentiel électrochimique) pour le transport d'un soluté contre son gradient de concentration. Par exemple chez E. coli la PERMEASE qui assure le transport du lactose utilise la force motrice protonique.
Les systèmes de TRANSPORT DEPENDANT DE LIAISONS PROTEIQUES (ACTIF PRIMAIRE) transportent un soluté contre son gradient de concentration en utilisant l'ATP hydrolysée par une ATPase comme source d'énergie. Chez E. coli l'histidine est ainsi prise en charge par deux protéines dans l'espace périplasmique avant de transiter à travers un canal membranaire.
Le système PHOSPHOTRANSFERASE principalement utilisé pour transporter les sucres couple la production d'énergie par hydrolyse d'un groupement phosphate et la phosphorylation de la molécule transportée (phosphorylation du glucose en glucose-phosphate par exemple).