description
Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du genome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Replication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Necrose Theorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

La transcription chez les eucaryotes

 

 

 

La transcription des gènes eucaryotes est catalysée par des ARN Polymérases. Elle contrôlée à plusieurs niveaux et dépend de l'accessibilité de la chromatine. La transcription ne peut être initiée qu'après que des activateurs fixés sur des éléments régulateurs aient recruté des complexes de remodelage qui décondensent la chromatine permettent au complexe de transcription de se fixer.

La transcription comporte trois étapes :

   I. Les ARN polymérases

Contrairement aux cellules procayrotes qui possèdent une seule ARN polymérase, les cellules eucaryotes possèdent trois ARN polymérases qui assurent la synthèse des différents ARN. Ce sont de volumineux complexes multimériques (8 à 14 s~us-unités) d'environ 500 kD. Une
cellule eucaryote renferme environ 40 000 molécules d'ARN polymérase.


L'ARN polymérase I localisée dans le nucléole transcrit les ARN ribosomiaux (ARNr: 5,8 S, 18 S et 28 S, sauf le ARNr 5 S). Elle représente 50-70% de l'activité ARN polymérase de la cellule.


L'ARN polymérase Il localisée dans le cytoplasme transcrit les précurseurs des ARNm codant les protéines. Elle représente 20400/0 de l'activité ARN polymérase de la cellule. La Polit comporte un domaine C-terminal spécicique constitué par la répétition d'une séquence consensus de 7 acides aminés qui peut être hautement phosphorylé sur des résidus sérine ou thréonine.

L'ARN polymérase III localisée dans le cytoplasme transcrit les ARN de transfert (ARNt), et les ARNr 5 S. Elle représente 10% de l'activité ARN polymérase de la cellule.


Ces Polymérases synthétisent les 26 pg d'ARN que contient une cellule humaine. Leur vitesse de polymérisation de 200 X 106 nucléotides par minute est 20 fois plus rapide que celle de la réplication de l'ADN. Les ARNm représentent 60% des ARN synthétisés, mais ils ne constituent que 3% du pool des ARN totaux à l'équilibre.

   II. L'initiation

Elle dépend de la fixation du complexe d'initiation sur les séquences promotrices du gène. Le modèle type est celui des gènes transcrits par la Polymérase.

      A. Les séquences promotrices

Les séquences sur lesquelles se fixe l'ARN polymérase associée au complexe de transcription constituent le promoteur. Elles sont localisées en amont du gène de structure, dans des régions dites proximales. distantes de quelques dizaines à quelques centaines de nucléotides du site d'initiation. Il existe de deux à une dizaine de ces séquences selon le gène (par exemple 2 pour le gène de la ~globine et 5 pour le gène des histones H2B). Ces séquences se caractérisent par un motif consensus.

Les séquences promotrices sont par définition des éléments cis régulateurs sur lesquels se fixent les facteurs trans-régulateurs que sont les protéines du complexe d'initiation. Le promoteur est responsable du niveau basal de la transcription. Celle-ci est modulée par des
séquences amplificatrices ( «enhancer» ) ou atténuatrices ("silencer") qui peuvent être situées à des distances très importantes amont ou en aval du promoteur (quelques dizaines de kilobases) et sur les quelles se fixent des régulateurs transcriptionnels. Certaines de ces séquences régulatrices d'amont confèrent une spécificité tissulaire à l'expression des gènes, et en général la synthèse des régulateurs transcriptionnels est sous le contrôle de stimulus extra- ou intracellulaires (hormones par exemple). Ces deux complexes interagissent au niveau des boucles formées par la chromatine.

      B. Le complexe d'initiation

A la différence de /'ARN polymérase des procaryotes, l'ARN polymérase Il (Pol Il) des eucaryotes ne se fixe pas directement sur le promoteur mais par l'intermédiaire de facteurs généraux de la transcription comprenant plusieurs protéines dénommées TF Il
(Transcription Factor pour l'ARN polymérase Il): TFIIA, TIIB Ces
protéines associées à l'ARN polymérase Il constituent le complexe d'initiation de la transcription et catalysent la formation de la première liaison phosphodiester entre les deux premiers nucléotides de l'ARNm. Lorsque le promoteur est libéré par la progression de l'ARN polymérase Il sur l'ADN constituant la phase d'élongation, un autre complexe d'initiation peut se mettre en place.

Une succession d'étapes met en jeu des éléments du promoteur, /'ARN polymérase Il et des facteurs protéiques généraux de la transcription.
 

 

   III. L'élongation-terminaison-modifications

C'est l'étape de polymérisation des nucléotides par la Polymérase qui lit le brin matrice'("anti-sens") dans le sens 3'-5' et synthétise le transcrit primaire ou pré-ARN ("sens") dans le sens 5'-3'. Elle incorpore des ribonucléotides dont l'uridine à la place de la thymine (ATP, CTP,
GTP, UTP) dans la chaîne d'ARN selon un mécanisme de polymérisation similaire à celui impliqué dans la réplication de l'ADN. La séquence du gène complémentaire du pré-ARN est appelée unité de transcription. Elle comprend non seulement les régions codantes ou exons, mais aussi les introns et les portions 5' et 3' non traduites 5'-UTR et 3'-UTR (UTR= Untranslated Regions) dont dépend la stabilité des ARN.


Elle débute par le nucléotide +1, et se termine au niveau du signal de terminaison. L'ARN correspondant a une longueur variable selon les gènes de 8000 à 20 000 nucléotides, dont environ 1200 codent le polypeptide.

Les populations d'ARN ainsi produites sont très hétérogènes sur le plan quantitatif. Certains ARN dits abondants sont représentés par prés de 50 000 molécules de 4 espèces différentes dont chacune existe sous forme de 12 000 copies. Au contraire les ARN dits rares représentent 10 000 espèces différentes dont chacune n'est synthétisée qu'à 10 ou 15 copies.


Outre l'élongation, la synthèse du pré-ARN comporte plusieurs étapes :


   IV. Maturation : excision-epissage
 

Un mécanisme nucléaire précis appelé excision-épissage permet la maturation du transcrit primaire en ARNm.

Chez les eucaryotes supérieurs, il a été démontré très tôt que l'ARN nucléaire était hétérogène et instable. Cet ARN a été appelé ARN nucléaire hétérogène (hnRNA). La forme physique du hnRNA est celle d'une particule ribonucléoprotéique dans laquelle le hnRNA est lié à des protéines. Le transcrit primaire ou pré-ARNm est inclus dans l'hnRNA.


L'épissage dépend de la reconnaissance de séquences signal situées à la jonction exon-intron du transcrit primaire. .

Signaux d'épissage.
La séquence d'un intron débute par GU et se termine par AG. La séquence consensus à l'extrémité 5' des introns des vertébrés de type GUAAGU ou GUGAGU. Elle fait suite au doublet AG de l'extrémité 3' de l'exon d'amont. Ces 8 nucléotides constituent le site donneur. A l'extrémité 3', la séquence consensus est un brin de dix pyrimidines (Py = U ou C) suivie par n'importe quelle base N (A, U, G ou C) puis par C (ou U) et se termine par la séquence invariante AG. L'exon d'aval commence par une base G ou A. La séquence CAGG/A constitue le site accepteur. Le site de branchement (A) est localisé entre 20 et 50 nucléotides en amont du site 3' accepteur.

Mécanisme d"excision-épissage.
Dans la première étape, il y a formation d'un premier clivage en 5' de l'intron. Le groupement OH du carbone 2' du ribose de l'A du site de branchement se soude à l'extrémité 5'-phosphate de l'intron par une liaison 5'-2' phosphodiester. Il se forme une boucle ou "lasso" libérant le groupement OH (3') de l'extrémité 3' de l'exon d'amont (Exon 1).

Une seconde étape aboutit au clivage de l'extrémité 3' de l'intron, libérant le groupement phosphate de l'extrémité 5' de l'exon d'aval
(Exon 2). Les deux exons sont simultanément soudés par formation d'une liaison phosphodiester entre l'OH (3') de l'exon 1 et le phosphate (5') de l'exon 2. La boucle du lasso est secondairement dégradée.

Les réactions d'excisicin-epissage sont catalysées au, niveau de complexes macromoléculaires de 250 kD appelés spliceosomes qui se fixent sur les sites d'épissage. Le spliceosome est constitué de complexe nucléo~protéiques appelés snRNP (Small Nuclear RiboNucléoprotéins). Chaque snRNP est formée par de petits ARN nucléaires (snARN) de 100-300 nucléotides environ riches en uracile dénommés U1, U2, U4, US et U6, associés à des facteurs protéiques spécifiques. La nature des snARN détermine leurs modalités d'action.

U1 assure la reconnaissance de la partie 5' de l'intron à exciser par une complémentarité de séquence avec ce dernier.
U2 s'associe au site A de branchement.
U5 assure la reconnaissance de la partie 3' de l'intron à exciser.
U4 et U6 exercent l'activité catalytique du spliceosome.
 

L'épissage représente un mécanisme d'une grande importance en pathologie humaine. Des mutations détruisant des signaux d'épissage ou créant des signaux ectopiques aboutissant à des protéines anormales sont responsables de 100/0 des maladies génétiques connues.


De plus il représente un dispositif évolutif permettant de générer un grand nombre de protéines (environ 100 000 chez l'homme) à partir d'un nombre limités de gènes (environ 30 000 chez l'homme). Généralement, une cellule peut épisser le transcrit primaire selon différentes modalités qui incluent et excluent différents exons de la séquence mature qui code ainsi plusieurs protéines différentes à partir d'un seul gène. Ce processus est appelé épissage alternatif ou épissage différentiel.


Un exemple d'épissage différentiel et constitué chez l'Homme par le gène de la calcitonine. Dans certaines cellules de la glande thyroïde, le transcrit primaire subit un épissage conduisant à un messager précurseur de la calcitonine. Par contre, dans le cerveau, le même messager subit une maturation différente produisant le messager d'un neuromédiateur. Les modalités de l'épissage alternatif sont complexes dans la mesure où les deux types de sites donneur et accepteur peuvent être alternativement engagés, et où certains exons sont mutuellement exclusifs ou systématiquement éliminés.
 



   V. Edition

L'édition d'un ARNm définit toute modification post-transcriptionnelle de sa séquence par addition, suppression, substitution d'un ou plusieurs nucléotides aboutissant à la formation d'une molécule dont la séquence diffère de celle du brin d'ADN matrice. La conséquence de l'édition peut être un décalage du cadre de lecture responsable de la synthèse de différentes séquences peptidiques, ou la création de codons STOP déterminant la synthèse de protéines tronquées.

   VI. Etude de la transcription
 

Il existe des techniques sophistiquées permettant l'étude directe de la transcription des gènes dans le noyau et de la cinétique des ARN.


Cependant en pratique courante l'expression d'un gène est évaluée par la quantification du niveau des ARNm après extraction des ARN totaux et/ou de la purification des messagers par des méthodes physicochimiques. Deux de ces techniques méritent d'être signalées.