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Biologie cellulaire
Membrane plasmique Transports membranaire Processus de reconnaissance et d'adhesion intercellulaire Matrice extracellulaire
Cytosquelette Reticulum endoplasmique Appareil de golgi Lysosomes
Peroxysomes Devenir des proteines cellulaires Communications et signaux intercellulaires Mitochondries

 

Biologie moléculaire
Techniques d'etude de l'architecture du noyau Chromatine Noyau interphasique Organisation moleculaire du genome
Genes Enveloppe et pore nucleaire Réplication de l'A.D.N. des cellules eucaryotes Transcription chez les eucaryotes
Cycle cellulaire Apoptose / Nécrose Théorie cellulaire procaryotes et eucaryotes  

 

Communications et signaux intercellulaires



   I.
Généralités

Les cellules d’un organisme pluricellulaire doivent communiquer les unes avec les autres pour assurer le développement et l’organisation des tissus, pour contrôler leur croissance et pour réguler leurs fonctions. Ces facteurs extérieurs influent sur la survie, la mort ou la prolifération des cellules.

On reconnaît 3 types de communications intercellulaires :
 - les communications à distance par des molécules sécrétées
 -les communications par contact grâce à des molécules liées aux membranes
 - les communications intercytoplasmiques par les jonctions gap
Seules les communications par signaux chimiques seront abordées dans ce chapitre .

On reconnaît 3 stratégies de communication par messagers chimiques :

      A.
la sécrétion endocrine : des cellules spécialisées sécrètent des hormones qui sont larguées dans le torrent circulatoire et se distribuent dans tout l’organisme; il s’agit d’un mécanisme relativement lent (délai d’action de plusieurs secondes à plusieurs heures); compte tenu de la dilution des hormones, les cellules cibles doivent posséder des récepteurs de haute affinité (10-8 M)

         A.1. Exemple d’un système de sécrétion endocrine à plusieurs étages : la sécrétion thyroïdienne :
- sous l’influence de circuit nerveux de contrôle provenant de l’encéphale , l’hypothalamus sécrète le TRH (TSH Releasing Hormone )
- le TRH est acheminé vers l’antéhypohyse par le système porte hypothalamo-hypophysaire où il stimule la sécrétion de TSH (Thyroid Stimulating Hormone)
- la TSH est libérée dans le système circulatoire
- la TSH atteint la thyroïde et stimule la sécrétion des hormones thyroïdiennes : triiodothyronine (T3) et tetraiodothyronine ou thyroxine ( T4)
- T3 et T4 sont déversées dans le torrent circulatoire pour atteindre leurs cibles cellulaires (muscles, coeur, tissu adipeux ....)

On connaît deux grandes classes d’hormones différant par leur propriétés chimiques :

         A.2. Les hormones hydrophiles : exemple : TSH , adrénaline , glucagon ....

- elles sont souvent de nature peptidique mais pas toujours (adrénaline)
- elles sont transportées sous forme libre dans le plasma
- elles ne peuvent pas traverser la membrane plasmique hydrophobe
- elles doivent se lier à un récepteur spécifique membranaire
- elles ont généralement une durée d’action courte


         A.3. Les hormones hydrophobes

- elles sont souvent de nature lipidique (stéroïdes, vitamine D -> absorption du calcium, vitamine A- développement) mais pas toujours (hormones thyroïdiennes). Les hormones stéroïdes sont synthétisées à partir du cholestérol. Ce sont des petites molécules hydrophobes (PM environ 300 d) ; ce sont les hormones femelles (oestradiol, progestérone), mâles (testostérone) ou corticosurrénaliennes (cortisol, aldostérone).
- ces hormones ont une durée de vie longue ; elles régulent de façon lente des processus métaboliques
- elles ne peuvent être transportées sous forme libre et sont donc liées à des protéines transporteuses plasmatiques spécialisées (carrier protein ou binding protein). Le complexe hormone-protéine porteuse se dissocie prés de la cellule cible ; l’hormone traverse facilement la membrane plasmique grâce à sa lipophilie.
- l’hormone se lie avec une haute affinité à un récepteur cytosolique ou nucléaire de nature protéique (environ 10 000 molécules de récepteurs par cellule ). La plupart de ces récepteurs ont été caractérisés; leur séquence d’acides aminés et la séquence de nucléotides codant pour la protéine sont connues. Ils sont constitués d’une seule chaîne d’acides aminés (800 environ) divisée en 3 domaines:

- un site de fixation de l’hormone (extrémité COOH). Il contient aussi une séquence de localisation nucléaire et un site de dimérisation.
- un site de fixation à l’ADN dans la partie médiane de la molécule. Cette partie présente une structure associant deux “doigts de gant à zinc: zinc finger” qui permettent la fixation à l’ADN (arrangements de 4 cystéines fixant le Zn)
- un site régulateur à l’extrémité NH2 (domaine de transactivation).

A l’état de repos (hormone non fixée sur le récepteur), une protéine inhibitrice est fixée à l’endroit du site de liaison récepteur-ADN (Heat Shock Protein 90).

Lors de l’activation (hormone liée au site de liaison ), la protéine inhibitrice HSP 90 se détache du récepteur; le complexe hormone-récepteur est transféré dans le noyau (translocation), se dimèrise avec une molécule homologue et se fixe à l’ADN sur une séquence de reconnaissance de 8 nucléotides (HRE: hormone responsive element); le site régulateur est situé en amont des gènes à transcrire et active la transcription d’un ou plusieurs gènes (facteur de transcription) impliqués dans la prolifération, la différenciation, les sécrétions, la survie ou l’apoptose (hormone thyroïdienne chez le têtard).

En cas d’anomalie du récepteur , l’hormone n’exerce plus ses effets physiologiques (syndrome du testicule féminisant). Des médicaments anti-hormonaux prennent la place des hormones naturelles sur les récepteurs (anti-progestérone: avortement précoce, anti-androgène: cancer de la prostate, anti-oestrogène: cancer du sein...).

      B.
La sécrétion paracrine : les médiateurs sont sécrétés à proximité de la cellule cible (< 1 mm ); les médiateurs sont très rapidement détruits ou recaptés ( ex : facteurs de croissance, prostaglandines )

         B.1. Les prostaglandines sont des médiateurs chimiques de nature lipidique à action locale. Les prostaglandines sont sécrétées de façon continue par de nombreux tissus (prostate, utérus, estomac, intestin, cellules de l’inflammation...).
Elles sont synthétisées à partir d’un précurseur phospholipidique membranaire; la phospholipase libère un acide gras polyinsaturé de 20 carbones, l’acide arachidonique.
L’acide arachidonique subit une cyclisation (cyclooxygénases: COX I et II) et des oxydations (lipooxygénases) pour former la famille des eicosanoïdes. Cette famille comprend
- les prostaglandines: une vingtaine de composés jouant un rôle dans le déclenchement de l’accouchement, dans la protection de la muqueuse gastrique contre l’acidité, dans la contraction des muscles lisses, dans la douleur et dans l’inflammation...
- les leucotriènes qui jouent un rôle dans l’inflammation et dans l’asthme
- le thromboxane qui est un puissant vasoconstricteur et un inducteur de l’agrégation plaquettaire
- la prostacycline qui est un vasodilatateur et un antiagrégant plaquettaire.
Les médicaments corticostéroïdes (corticoïdes) inhibent la phospholipase membranaire; ce sont de puissants anti-inflammatoires et des anti-allergiques.
L’aspirine et les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens inhibent les cyclooxygénases; ce sont des antalgiques et des antiagrégants plaquettaires qui empêchent l’initiation de la coagulation.

         B.2. Communications par des médiateurs gazeux
Des gaz peuvent être des médiateurs de la communication intercellulaire (monoxyde d’azote: NO; oxyde ce carbone: CO). Ces molécules traversent facilement les membranes cellulaires et agissent sur des molécules cibles.
Le NO est synthétisé à partir d’un acide aminé, l’arginine, grâce aux NO-synthases. Il active une guanylate cyclase en se liant au fer du groupement héminique de ces enzymes. Le GMP cyclique synthétisé est le second messager du NO. NO intervient dans la vasodilatation des vaisseaux (rôle vasodilatateur de la nitroglycérine), dans la relaxation des fibres musculaires lisses, dans la neurotransmission. Le NO produit par le macrophage intervient dans la cytotoxicité de cette cellule vis à vis des cellules cancéreuses.

      C.
La voie synaptique : ce mode de communication est le fait du tissu nerveux et de la jonction neuromusculaire . La cellule émettrice libère un neuromédiateur qui diffuse dans la fente synaptique (largeur < 50 nm ). La cellule cible possède un récepteur spécifique ; la voie synaptique est plus rapide et plus précise que la voie endocrine. La constante d’affinité du récepteur pour le ligand n’est pas très élevée (10-4 M ) du fait de la forte concentration du neuromédiateur dans l’espace restreint de la fente synaptique . Cette constante d’affinité basse évite l’excitation du récepteur pour de faibles variations de la concentration locale du médiateur. Quant le médiateur est libéré du récepteur , il est détruit ou recapté dans la terminaison présynaptique. Ce processus assure la précision temporelle du signal .

   II.
Transduction transmembranaire du signal

      A.
Généralités sur les récepteurs membranaires

Ce sont des glycoprotéines transmembranaires. Ils possèdent une ou plusieurs portions transmembranaires, un domaine extracellulaire et un domaine intracellulaire. Ils peuvent être monomèriques ou dimèriques (dans ce cas, c'est la fixation du ligand qui entraîne la dimèrisation). Le ligand (hormone hydrosoluble) se fixe au site récepteur extramembranaire par des combinaisons de forces faibles (Van der Wals, interactions hydrophobes, interactions polaires ou ioniques). La fixation du ligand entraîne une modification allostérique de la molécule du récepteur; cette modification se transmet à travers les portions transmembranaires et démasque des fonctions chimiques aux niveau du domaine intramembranaire (activité enzymatique de type kinase, ouverture d'un canal ionique, liaison à une protéine G ...). La liaison d'un récepteur et de son ligand est hyperaffine (reconnaissance du ligand parmi des millions de molécules de l'environnement), spécifique (liaison très préférentielle pour les ligands, leurs agonistes ou leurs antagonistes) et réversible (ce qui permet la désactivation du récepteur). Il peut y avoir plusieurs récepteurs ayant des actions ou des spécificités tissulaires différentes pour une même hormone (ex récepteurs  , 1 ou  2 adrénergiques).

L'étude des interactions entre une hormone et son récepteur est facilitée par l'emploi d'hormone radioactive servant de traçeur. L'affinité d'un récepteur (R) pour l'hormone (H) se caractérise par une constante de dissociation:

                                                                      (R) x (H)
                                                           Kd = ----------------------
                                                                        (R-H)
On peut en déduire la formule de la fonction :
    (R-H)  (nb de récepteurs liés)                                 1
   --------                                            = ----------------------------------------------
     Rt (nb de récepteurs totaux)                              1 + Kd
                                                                                ------
                                                                                 (H)
Le tracé de la fonction R-H/Rt en fonction de la concentration d'hormone disponible tend vers l'asymptote Rt quand (H) augmente vers l'infini. On peut ainsi calculer le nombre total de récepteurs pour une hormone donnée dans un type cellulaire donné: ainsi, on dénombre environ 40 000 récepteurs pour l'insuline par cellule hépatique. Pour (H) = Kd, 50 % des récepteurs sont liés par l'hormone. Dans l'organisme, la concentration circulante des hormones est proche de Kd, dans la partie pentue de la courbe de dissociation .

      B.
L’AMP cyclique: un second messager intracellulaire

C’est le système de transduction du signal utilisé par les hormones peptidiques (TSH , ACTH , LH) ou les catécholamines (adrénaline). Ces hormones agissent par le biais de l’augmentation du taux cytosolique d’AMP cyclique.

         B.1 Le système Protéine G- Adénylate Cyclase
L’hormone circule sous forme libre dans le plasma et se lie à un récepteur membranaire; la liaison du ligand sur le récepteur entraîne une modification de la conformation allostérique du récepteur qui démasque alors un site de liaison pour la protéine G. La protéine G est un trimère formé de 3 sous unités  . Le rôle des protéines G a été éclairci par Rodbell et Gilman (Prix Nobel 1994).
- à l’état de repos , la sous unité a est liée à une molécule de GDP (guanosine diphosphate ) et aux sous unités b et g
- après activation du récepteur, l’unité a de la protéine G va se lier au site actif du récepteur; elle se dissocie des unités b et g ; le couplage du récepteur à la sous unité  permet la libération du GDP ; une molécule de GTP (guanosine triphosphate ) vient se fixer à la place du GDP
Le complexe sous unité  - GTP se lie à l’adénylate cyclase membranaire et l’active; l’adénylate cyclase activée fabrique de l’AMP cyclique (adénosine 3’-5’ monophosphate : AMP c) à partir de l’ATP (adénosine triphosphate ); l’AMPc est le second messager intracellulaire, responsable de l’effet métabolique de l’hormone .
Le système va ensuite se désactiver; le GTP va être progressivement hydrolysé ( GTP --> GDP + P) ; la sous unité  se découple alors de l’adénylate cyclase qui se désactive ; la synthèse d’AMPc s’arrête. Le complexe sous-unité -GDP reforme un trimère avec les sous-unités  et  ; le système est de nouveau prêt à être activé par la fixation d’une nouvelle molécule d’hormone.

La toxine cholérique (toxine pathogène du Vibrio cholerae , agent du choléra ) se comporte comme une enzyme qui permet la fixation d’une molécule d’ADP-ribose (ADP-ribosylation) sur la sous unité  de la protéine G; la fixation de l’ADP-ribose empêche l’hydrolyse de GTP en GDP ; le système est activé en permanence même en l’absence d’hormone; la synthèse d’AMPc devient inépuisable. Dans l’intestin, l’AMPc en excès provoque une hypersécrétion de sodium et d’eau, responsable d’une diarrhée cataclysmique provoquant la mort de l’individu par déshydratation. La toxine cholérique est utilisée en biologie cellulaire pour savoir si le système de la protéine G est impliqué dans la transduction d’un signal étudié.
Le système apparemment complexe de la transduction transmembranaire du signal par l’intermédiaire de la protéine G a plusieurs avantages :
* c’est un système amplificateur: un seul complexe hormone-récepteur peut activer plusieurs protéines G
* le système prolonge l’effet de l’hormone; la fixation de l’hormone peut être courte ( 1 sec ) mais l’effet sur la synthèse d’AMPc est long (15 sec )
Il faut noter que les procaryotes n’utilisent pas le système de la protéine G; dans ces organismes, l’adénylate cyclase est directement couplée au complexe récepteur -ligand activé .

La réponse d’une cellule à l’activation d’un récepteur est variable :
ex : l’adrénaline agit sur les récepteurs 2 des vaisseaux en inhibant la formation d’AMPc et sur les récepteurs  du coeur en stimulant la synthèse d’AMPc .
La différence entre ces deux formes de réponse cellulaire est liée au type de sous-unité a de la protéine G couplée au récepteur :
- une protéine de type Gs stimule la synthèse d’AMPc; Gs est constituée d’une sous unité  et d’une sous unité  stimulatrice ( Gs  ) qui stimule l’adénylate cyclase.
- une protéine de type Gi inhibe la synthèse d’AMPc ; ce type de protéine G possède une sous unité  identique à celle précédemment étudiée; par contre la sous unité est différente ( G i  ) ; Gi  activée inhibe l’adénylate cyclase.
La toxine de Bordetella pertussis ( bacille de la coqueluche) permet la fixation d’un ADP-ribose sur Gi  et empêche l’hydrolyse du GTP ; l’activité inhibitrice de Gi  est inhibée et il y a accumulation d'AMPc. Cette toxine est utilisée pour savoir si une protéine G i est impliquée dans une réponse hormonale inhibitrice.

         B.2. Mode d’action intracellulaire de l’AMPc

* L’AMPc produite par l’adénylate cyclase va se fixer sur une protéine réceptrice : la protéine kinase A (PKA: A pour AMPc dépendante ) .
- La PKA est une protéine tétramère ( 4 chaînes protéiques ) formée de 2 unités catalytiques et de 2 unités régulatrices. La fixation de l’AMPc sur les unités régulatrices induit un changement de conformation qui active les unités catalytiques .
- La PKA est une kinase : elle catalyse le transfert d’un groupement phosphate d’une molécule d’ATP vers une protéine ( processus de phosphorylation ) :
Protéine + ATP---------> Protéine-P + ADP
- Le groupement phosphate se fixe sur un radical OH de la chaîne latérale d’un des acides aminés suivants : sérine , thréonine , tyrosine .
- La phosphorylation de la protéine cible modifie son activité enzymatique en l’induisant ou en l’inhibant.

Exemple du métabolisme du glycogène dans la cellule musculaire :
Stress ----> SNC ---> libération d’adrénaline dans le plasma par la glande médullo-surrénale -----> liaison sur un récepteur  adrénergique de la membrane plasmique de la cellule musculaire ----> activation de l’adénylate cyclase via la protéine G ----------> production d’AMPc -----> activation de la PKA dont la conséquence est double :
* activation par phosphorylation d’une phosphorylase-kinase --------> activation par phosphorylation de la glycogène phosphorylase ---------->phosphorylation et dépolymérisation du glycogène : glycogène + ATP ---> glucose-1-phosphate qui peut s’engager dans la voie de la glycolyse .
* inhibition par phosphorylation de la glycogène synthétase --------> la synthèse de glycogène à partir du glucose est inhibée .

* L’AMPc inhibe les protéine-phosphatases
La déphosphorylation des protéines est assurée par des protéines-phosphatases :
Protéine-P --------> Protéine + phosphate inorganique
L’AMPc se fixe sur les protéines phosphatases et inhibe leur activité; ce mécanisme amplifie l’efficacité de l’APMPc via l’activation de la PKA .

* L'AMP cyclique est dégradée en AMP par la phosphodiestérase . Cette enzyme est inhibée par des substances toxiques ou médicamenteuses (caféine, théophyline utilisée dans l'asthme) qui accroissent donc le stock d'AMPc intracellulaire

         B.3. Le calcium: un autre second messager

    i. le calcium dans la cellule
- La concentration de calcium libre dans le cytosol d’une cellule au repos est très basse (10-7 M) alors que la concentration de Ca extracellulaire est élevée (10-3M). Quand la cellule est activée, la concentration s’élève jusqu’à 5 x 10-6 M.
- Le Ca se fixe sur une protéine cytosolique: la calmoduline. La fixation du Ca entraîne une modification de la conformation spatiale de la calmoduline qui permettra sa fixation à la protéine kinase C; c’est la fixation du complexe Ca-calmoduline qui provoque l’activation de l’enzyme (cf infra). Les protéines activées par la calmoduline sont CaM/kinases (ex: CaM/kinase II permet la production d'une tyrosine hydroxylase --> synthèse des catécholamines - adrénaline)
- Le calcium intracellulaire est séquestré pour la grande partie dans un compartiment spécialisé fait de citernes entourées d’une membrane de type bicouche lipidique. Ce compartiment est fonctionnellement différent du réticulum lisse auquel il ressemble morphologiquement. Dans ce compartiment, le Ca++ se fixe sur une protéine , la calsequestrine . Le compartiment séquestrant le Ca (CSCa) peut être visualisé en microscopie grâce à des molécules (FURA-2, aequorine) qui sont fluorescentes en présence de Ca à forte concentration. Le CSCa est très développé dans le muscle et dans le coeur où il prend le nom de réticulum sarcoplasmique; dans ces organes le Ca est alternativement libéré puis recapté pour assurer la contraction et la relaxation des fibres musculaires (intervention du Ca dans la liaison actine-myosine).
-Le Ca est pompé en permanence du cytosol vers le CSCa par une Ca/ATPase qui consomme de l’énergie fournie par l’hydrolyse de l’ATP .
- Le Ca est également transporté du cytosol vers le milieu extracellulaire par une Ca/ATPase de la membrane plasmique et par une protéine antiport qui fait rentrer du Na dans la cellule en échange du Ca.
- Si le niveau de Ca augmente dangereusement dans le cytosol (10-5M ), une pompe mitochondriale se met en route.

    ii. Rôle du Ca++ comme second messager intracellulaire

- L’injection de Ca (ou l’utilisation d’un ionophore spécifique du Ca++) dans une cellule peut provoquer son activation : contraction musculaire , sécrétion , prolifération (oeuf fécondé)....

- L’augmentation du Ca dans le cytosol se fait selon 2 modalités:
* dans l’extrémité axonale des cellules nerveuses, c’est l’influx nerveux qui ouvre un canal calcique voltage-dépendant; le Ca extracellulaire pénètre dans la cellule; l’augmentation du Ca cytosolique provoque la fusion des vésicules synaptiques contenant le neuromédiateur avec la membrane plasmique; le neuromédiateur est libéré dans la fente synaptique.
* dans les autres cellules, c’est la fixation d’un ligand à un récepteur membranaire qui déclenche la libération du Ca à partir du CSCa. Le médiateur entre le récepteur membranaire et le CSCa est l’inositol triphosphate ( InsP3). L’ Insp3 se fixe sur un canal calcique ligand dépendant. L’ InsP3 est ensuite rapidement déphosphorylé par une phosphatase qui l’ inactive. Le calcium ionophore A 23187 permet l’entrée massive du calcium dans le cytosol et mime ainsi l’action de l’ InsP3 .

- Formation de l’ Insp3:
*Tout commence par la fixation d’une molécule signal sur un récepteur protéique membranaire. Cette fixation provoque l’ activation d’une protéine G qui elle même active la phospholipase C.
*L’ InsP3 est formé à partir d’un phospholipide de la couche interne de la membrane plasmique: le phosphatidylinositol (PI). L’ inositol est phosphorylé 2 fois par des kinases pour former le phosphatidylinositol biphosphate (PIP2).
* PIP2 est hydrolysé par la phospholipase C en InsP3 qui migre dans le cytosol et en diacylglycérol (DAG) qui reste dans la membrane.

- Rôles du DAG:
* c’est un précurseur de l’acide arachidonique (cf cours sur les prostaglandines)
* il active la protéine kinase C en association avec le Ca fixé sur la calmoduline (PKC : protéine kinase calcium-dépendante). La PKC activée phosphoryle des protéines cibles sur leurs résidus sérine ou thréonine et régule ainsi leur activité dans le sens d’une activation ou d’une inhibition .
* La PKC peut être activée directement par les esters de phorbol ( triphorbol-ester : TPA ) ; ces produits extraits de l’huile de croton (un arbuste oriental) sont des inducteurs de la prolifération cellulaire; ce sont de puissants agents promoteurs des tumeurs: expérience sur la peau du lapin par le goudron et l’huile de croton. Le TPA mime l’action du DAG .

- Le système de la PKC est un système de transduction du signal à travers la membrane indépendant de la PKA AMPc dépendante. La PKC intervient par exemple dans :
* la sécrétion d’insuline par le pancréas sous l’influence du système nerveux par l’intermédiaire de l’acétylcholine.
*l’activation plaquettaire par la thrombine, une enzyme qui joue un rôle dans la coagulation du plasma.
* l’activation de certains gènes régulateurs ou codant pour la synthèse des protéines; on explique ainsi l’action du TPA sur la prolifération ou la différenciation cellulaire.
* la régulation du pH intracellulaire car la PKC active la Na/H ATPase.
* la contraction des muscles lisses sous l’influence de l’acétylcholine
* la sécrétion d’histamine par le mastocyte : Un mastocyte est une cellule réservoir , située dans différents tissus (peau , intestin , poumon...), qui contient des substances vaso-actives comme l’histamine dans ses granules cytoplasmiques. Le mastocyte peut éclater et libérer ses granules dans la circulation quand la cellule rentre en contact avec un antigène qui est reconnu par l’organisme. L’antigéne vient se fixer sur un anticorps (Ig ) présent à la surface du mastocyte. La fixation de l’antigène provoque une modification de l’extrémité intracytoplasmique de l’anticorps et l ’activation d’une protéine G qui conduit à l’activation de la PKC; la PKC provoque dégranulation du mastocyte et à la libération massive d’histamine entraînant un choc allergique ( exemple de la piqûre d’abeille) .

Les systèmes d’activation de la PKC et celui de la PKA peuvent agir conjointement pour réguler l’activité de milliers de protéines intracellulaires. Les systèmes sont organisés en réseaux permettant l'intégration des signaux provenant de récepteurs différents. L'activité de ces réseaux fait l'objet d'une régulation complexe.

         B.4. Les récepteurs enzymes

Ces récepteurs assurent par eux mêmes la transduction du signal sans l'aide d'un second messager (récepteurs de EGF, PDGF, IGF-1, NGF, insuline...). Ils n'ont qu'un domaine trans-membranaire. Ils se dimèrisent lors de la fixation du ligand et s'auto-phosphorylent --> démasquage de l'activité enzymatique au niveau du domaine intramembranaire qui porte une activité enzymatique: tyrosine-kinase (les plus nombreux), sérine/thréonine-kinase, sérine phosphatase ou guanilyl-cyclase.

Exemple 1: le récepteur à l'insuline 2 dimères constitués chacun d'une sous-unité  et . L'activation aboutit à la dimèrisation par l'intermédiaire de ponts disulfures.

Exemple 2: le récepteur à l'EGF est dimèrisé et autophosphorylé sur de nombreux résidus tyrosine par sa propre activité tyrosine kinase. Une des tyrosines phosphorylée est reconnue par le complexe Grb2-Sos. Ce complexe est situé à proximité de Ras (une petite protéine G monomérique) sous la membrane plasmique. Sos promeut l’échange du complexe Ras-GDP (forme majoritaire au repos) en Ras-GTP (forme activée). Ras-GTP attire Raf sous la membrane plasmique et favorise sa phosphorylation par la PKC. Raf activé phosphoryle à son tour MEK (MAP enhancing kinase ou MAP kinase-kinase). MEK activé phosphoryle MAP (Mitogen Activated Protein). MAP phosphorylé pénètre dans le noyau et phosphoryle Elk-1 ou Sap-1. Ces protéines (Ternary Complex Factors) augmentent la transcription du proto-oncogène c-fos. Il y a formation d’un complexe entre c-fos et c-jun (facteur de transcription) qui stimule la synthèse de protéines impliquées dans la réplication de l’ADN (dihydrofolate réductase, thymidine kinase, thymidine synthase).

         B.5. Transduction des cytokines

Les cytokines sont des petites protéines (4 hélices alpha reliées par des maillons non structurés) qui règlent la prolifération, la différentiation, l’activité ou la mort (apoptose) des cellules hématopoïétiques (érythocytes, granulocytes, lymphocytes, monocytes, plaquettes) et des cellules immunitaires (lymphocytes, plasmocytes, macrophages):
- interleukines (IL 1, IL2, IL3, IL 4, IL5, IL6 etc... jusqu’à IL 12) qui agissent sur les lymphocytes et macrophages
- le G-CSF (granulocyte colony stimulating factor) favorise la multiplication et la maturation des polynucléaires
- GM-CSF (granulocyte-macrophage) pour les polynucléaires et les monocytes
- érythropoïétine pour les érythrocytes
- le produit du gène c-mpl pour les plaquettes
- les interférons alpha. qui interviennent dans la défense des cellules contre les virus et possèdent des propriétés antitumorales
- les TGF alpha et beta.(tumor growth factor) qui interviennent dans la croissance de nombreuses cellules normales ou cancéreuses
- TNF (tumor necrosis factor) qui intervient dans la vascularisation des tumeurs et qui peut faire qu’elles se nécrosent.

Les récepteurs membranaires des interleukines possèdent des chaînes communes et des chaînes spécifiques à chaque cytokine. La fixation du ligand provoque une dimérisation des chaînes du récepteur. Ce récepteur n’a pas d’activité tyrosine kinase par lui même mais provoque le recrutement sous membranaire de plusieurs types de tyrosine kinases:
*Jak1, Jak2, Jak3, Tyk qui aboutissent à l’induction transcriptionnelle de c-myc, c-fos et c-jun
* Src qui interagit avec le système Ras.
Aprés son activation, le récepteur est phosphorylé par des tyrosines kinases qu’il a activées; il se crée des points de fixation pour les groupements SH2 d’une tyrosine phosphatase qui éteint la transmission du signal.