description

 

Le cervelet

 

 * Situé en arrière du tronc cérébral, avec lequel il communique par les pédoncules cérébelleux supérieur, moyen et inférieur
 * il contrôle : - l'équilibre
                    - le tonus
                    - la coordination
 * il est le siège de 3 fonctions différentes correspondant à 3 structures et situations anatomiques différentes avec des évolutions différentes dans les espèces

1/
Anatomie générale

 Cervelet : vue latérale

Le cervelet:
  - est situé en arrière du tronc cérébral
  - présente 3 faces, supérieure, inférieure et une face accollée au tronc cérébral
  - présente entre ses parties inf et sup la fissure horizontale ou sillon circonférentiel de Viq d'Azyr
  - présente 3 régions qui correspondent aux 3 structures et aux 3 fonctions :
     1- le lobe flocculo nodulaire qui correspond à l'Archéocérébellum. Il est dévolu à l'équilibration et c'est la structure la plus primitive? (Chez les poissons surtout)
     2- le lobe ventral, qui correspond au Paléocérébellum. Il est dévolu à la tonicité des muscles striés. (Surtout chez les reptiles, apparemment plus malins que les poissons...)
     3- le lobe dorsal, qui correspond au Néocérébellum, auquel est associée la coordination des mouvements dans le temps et l'espace. Il existe chez les primates et l'homme

 Circonférence du cervelet déroulée en vue supérieur

Le cervelet présente donc 3 lobes
Il est ensuite morcelé en lobules par des sillons : 8 lobules sur le Vermis (Le 1er : le culmen, le 2eme : le Déclive)
Le flocculus constitue le 9eme lobule

Remarques :
  - sur le plan fonctionnel, le Vermis est prédominant dans le lobe flocculo-nodulaire. Ainsi, le syndrome Vermien se traduit par une pathologie ayant trait à l'archéocérébellum, c'est à dire à l'équilibration
  - Le syndrome hémisphérique est une patholoie ayant trait au paléocérébellum ou au néocérébellum, c'est à dire au tonus ou à la coordination

2/
Systématisation du cervelet

Les faisceaux du cervelet restent toujours homolatéraux (Le cervelet est la seule structure qui contradit la controlarité)

      a/ L'archéocérébellum : l'équilibration

 La voie afférente :

 * Les influx afférents proviennent de l'oreille interne
Rq : L'oreille interne : c'est par les utricules, les saccules, les 3 canaux semi circulairesque naissent les influx qui déterminent l'équilibration. (Sur le schéma, on représente l'oreille interne avec 3 canaux semi circulaires 1 dans chaque direction de l'espace symbolisant les afférences vestibulaires de l'oreille interne)

 * Les afférences de l'archéocérébellum sont véhiculées par le nerf cochléo-vestibulaire (8eme paire de nerfs craniens)
  - le 1er neurone afférent a son corps cellulaire dans le ganglion vestibulaire de l'oreille interne et se destine au noyau cochléovestibulaire
  - le 2ème neurone amène l'influx par le pédoncule cérébelleux inférieur vers le lobe flocculo-nodulaire

 La voie efférente :

  - le 1er neurone éfferent part du cortex de ce lobe et à destinée d'un noyau gris du cervelet : le noyau fastigial
  - le 2eme neurone efferent ramène l'influx au noyau vestibulaire (boucle de rétrocontrole)

 * En ce qui concerne:
  - les sensations vestibulaires inconscientes, les plus fréquentes, elles descendent dans la moelle par le faisceau vestibulo-spinal pour aller aux muscles équilibrateurs
  - les quelques sensations s'ouvrent à la conscience, elles empruntent un faisceau qui va au cortex cérébral temporal

--> Ces structures sont toutes homolatérales avec cependant une influence bilatérale en particulier au niveau du noyau fastigial. (Possibilité de passage de fibres d'un côté à l'autre)

 Archéo-équilibration

Pathologie : Troubles de l'équilibration comme dans l'état d'ébriété : c'est "la marche ébrieuse" Toutes ces lésions ne sont pas aggravées par l'occlusion des yeux : signe de Romberg négatif. Ce syndrome prédomine dans le syndrome de Vermien

      b/ Le paléocérébellum : le tonus

 Paléo-tonus

 La voie afférente :

L'information provient des muscles striés et rend compte de leur degré de tonicité.
Les informations afférentes viennent de la moelle par les faisceaux spino-cérébelleux constitués par les 1er neurones afférents :

 * Le faisceau ventral ou faisceau croisé de Gowers :
  - monte en avant de la moelle
  - rentre dans le cervelet par le pédoncule cérébelleux supérieur
  - est croisé car décusse à 2 niveaux : dans la moelle et dans le pédoncule cérébelleux. Il reste donc homolatéral

 * Le faisceau dorsal ou faisceau direct de Flechsig :
  - monte en arrière de la moelle
  - rentre dans le cervelet par le pédoncule cérébelleux inférieur
  - est direct et reste donc homolatéral

Ces faisceaux vont se projeter sur le lobe ventral (paléocérébellum)

Le 2ème neurone afférent se projette du cortex du lobe ventral sur les noyaux emboliforme et globuleux

 La voie efférente :

  - le 1er neurone efférent projette ses informations :
    * soit vers le thalamus
    * soit vers un noyau proche du tronc cérébral : le noyau rouge

  - le 2ème neurone efférent, du noyau rouge, descent dans la moelle par le faisceau rubro-spinal. Il s'épuise au niveau cervical surtout car il permet en particulier le redressement de la tête par les muscles cervicaux.

 Pathologie : Syndrome hémisphérique caractérisé par :
  - Hypotonie avec signe de "la main en caoutchouc"
  - Incapacité d'arrêter brutalement un mouvement : épreuve de Stewart-Holmes
  - Nystagmus : mouvement saccadé des yeux

   c/ Néocérébellum : la coordination

 Néo-coordination

 La voie afférente :

 - 1er neurone pour les voies afférentes :
  * conscientes principalement : elles descendent du cerveau, passent dans les noyaux du pont, par le pédoncule cérébelleux moyen et se projettent sur le cortex du lobe dorsal. (Néocérébellum). C'est le faisceau cortico-néocérébellum ou de Turk-Meynert.
  * Inconscientes : elles proviennent de la moelle et montent au cervelet par les voies spino-cérébelleuses (voies associées à celles du paléo-cérébelleux)

- 2ème neurone qui conduit l'informaion au noyau dentelé ou denté

 La voie efférente :

Elle se fait selon 2 boucles de rétroaction :
  * boucle interne : elle repart au cortex ; (boucle cortex --> néocérébellum --> cortex). Et elle est appelée voie néocérébelleuse-thalamo-corticale
  * boucle externe : elle repart dans la moelle (moelle épinière --> néocérébellum --> moelle épinière)

 Pathologie : Trouble de la coordination
En particulier : troubles de la marche : ataxie, trouble des mouvements avec dysmétrie, adiadococinésie, tremblements, disarthrie,...

 

 

A/ Connexions du cervelet : les voies cérébelleuses

 1/ Les voies afférentes

      a/ les afférences spinales directes :
 - faisceau spino-cérébelleux dorsal direct de Flechsig
 - faisceau spino-cérébelleux croisé de Gower

 * ces faisceaux véhiculent de la périphérie vers le cervelet des afférences proprioceptives, de même origine que celles véhiculées dans les autres faisceaux (fx) sensitifs proprioceptifs (notamment les fx dorsaux) MAIS il s'agit de la sensibilité proprioceptive inconsciente. (L'information consciente de la position du corps dans l'espace est assurée par les fx post). Ils apportent au cervelet l'information sur la position "inconsciente" du corps dans l'espace et aussi l'information sur le degrès de réalisation d'un acte moteur au cours de cette réalisation.

 * Si on détruit ces fx, on n 'a pas d'altération de la perception consciente de la position du corps dans l'espace MAIS on aura une incoordination motrice, une impossibilité pour le cervelet de réaliser correctement son activité motrice.

 * Ces neurones, qui sont myélinisé, correspondent à des collatérales des autres sensibilité proprioceptives, donc des collatérales d'axones d'origine articulaire, musculaire, des tendons,... On au aussi des neurones d'origine cutanée car la sensibilité cutanée contribue à l'identification du corps dans l'espace (par exemple la plante des pieds...)

 * Pour chacun de ces fx, il est important de savoir par quel pédoncule cérébelleux il pénètre dans le cervelet. Rappel sur le cervelet : il s'agit d'une masse nerveuse appendue en arrière du tronc cérébrale, auquel il est relié par 6 gros nerfs qui constituent par paires les pédoncules cérébelleux supérieur (sup), moyen (moy) et inférieur (inf).

 * Faisceau spino cérébelleux dorsal direct, c'est-à-dire que les infos véhiculés par ces fx se rendent au cervelet homolatéral; fx spino-cérébelleux ventral croisé : les infos se rendent au cervelet controlatéral mais le croisement est double. Le croisement qui se réalise dans le cervelet est compensé par un croisement périphérique des neurones à leur origine. On décrit les principaux circuits car il y a moult exceptions.

 * En ce qui concerne le cortex, il n'y a pas de règle de controlatéralité mais d'homolatéralité qui résulte soit du fait que les voies sont controlatérales (pas de croisement) soit que les voies sont croisées 2 fois à l'aller et au retour.

 Schéma des faisceaux

Remarques :
Le faisceau dorsal pénètre dans le cervelet par le pédoncule cérébelleux inf (PCI) alors que le faisceau ventral pénètre par le pédoncule cérébelleux sup (PCS). Si on avait l'inverse, les fx devraient se croiser ce qui entraînerait une augmentation de volume d'où un renflement. Mais ce renflement n'existe pas donc on ne peut pas se tromper

      b/ Les afférences spinales indirectes :

 - faisceau spino-olivaire dont les fibres font relais dans l'olive bulbaire
 - faisceau du noyau réticulaire latéral dont les fibres font relais dans la réticulée.
Elles pénètrent dans le cervelet par le PCI.
Nb : L'olive bulbaire est un peu comme les noyaux vestibulaires une structure mixte, d'intégration, un carrefour entre les afférences motrices et les afférences sensitives.

      c/ Les afférences vestibulaires :

 * On les a déjà largement décrites, elles ont une importance primordiale dans la motricité nécessaire à l'équilibration. Elles font relais dans les noyaux vestibulaires qui sont au nombre de 4 mais on aussi des neurones afférents primaires venant du bulbe qui se rendent directement au noyau du toit ou noyau fastigial (archicérébellum) qui joue le rôle de noyau vestibulaire délocalisé dans le cervelet.

 * De plus, les fibres périphériques afférentes primaires qui ont relais dans les noyaux vestibulaires qui se trouvent dans le bulbe font relais avec des neurones de 2ème ordre vestibulo-cérébelleux donc des liaisons entre les noyaux vestibulaires et le noya fastigial. Donc les afférences vestibulaires vont gagner le noyau fastigial soit directement soit indirectement par l'intérmediaire des noyaux vestibulaires.

 * Les afférences vestibulaires pénètrent dans le cervelet par le PCI.

      d/ Les afférences corticales :

Elles sont d'importance qualitative et quantitative primordiale.
Les cellules pyramidales (caractéristiques du cortex moteur) émettent un axone de gros diamètre, myélinisé, qui traverse la capsule interne et descend dans le tronc cérébral.
Ces axones vont constituer les fx pyramidaux ou cortico-spinaux avec:
 - 85% de ces fibres qui croisent la ligne médiane au niveau de l'olive bulbaire vont constituées les fx cortico-spinaux croisés.
 - 15% de ces fibres ne croisent pas et constituent les fx pyramidaux directs.

mais ces fibres qui descendent émettent des collatérales au niveau du mésencéphale.
Ces collatérales font relais dans les noyaux du pont

Explications du schéma :

 * le cortex émet les fx descendants
 * les collatérales font relais dans les noyaux du pont (= multitude de petits amas de substance grise) à partir desquels naissent les neurones de 2ème ordre, croisent la ligne médiane et vont constituer la totalité des PCM controlatéraux.
 * les PCM sont les plus gros pédoncules cérébelleux
 * ces PCM sont 2 gros fx de substance blanche qui ceinturent le tronc cérébrale (TC) et qui viennent en avant constituer ce pont ou protubérance annulaire (= volume an avant en forme d'anneau).
Il y a croisement de la ligne médiane dont le cortex envoie les infos au cervelet controlatéral.

 * Quelle est la nature des informations véhiculées par ces fibres? le fait que ce soient des collatérales indique que ces fibres envoient au cervelet une copie parfaite des actes moteurs qui sont expédiés du cortex vers la moelle épinière (ME).
Quand le cortex commande un geste et qu'il envoie vers les motoneurones de la ME par l'intermédiaire des fx descendants l'information pour que le geste s'effectue, en même temps, une info équivalente de même nature est envoyée au cervelet par les fx cérébelleux moyen. Cette notion de "copie efférente" est très importante pour comprendre le fonctionnement du cervelet.

 * Toutes ces voies se projettent sur le cortex cérébelleux en 2 aires :
  - aire somatique 1 dans le lobe antérieur
  - aire somatique 2 dans le lobe postérieur
Selon une représentation somatotopique. On retrouve une double représentation qui correspond aux différentes parties évolutives du cervelet.
Chaque zone du cortex cérébelleux va coordonner la motricité d'une région corporelle précise. Les afférences motrices qui viennent des PCM se projettent sur le cortex cérébelleux selon exactement la même somatotopie que les afférences sensorielles qui proviennent de la périphérie.

   2/
Les voies efférentes

Les efférences du cervelet correspondent aux axones des cellules des noyaux profonds du cervelet.

      a/ Efférences ascendantes

Elles retournent au cortex moteur.
Les fibres quittent le cervelet par les PCS (qui proviennent de la totalité des efférences ascendantes à l'exception du fx spino cérébelleuse ventral), croisent la ligne médiane, passent dans le noyau rouge, certaines fibres y font relais, d'autres traversent directement. Après ce trajet anatomique, les fibres se rendent au thalamus controlatéral.

Rappel : Thalamus = masse de substance grise partagée en différents gros noyaux par de la substance blanche

VLA : Ventro latéro antérieur
VLI : Ventro latéro intermédiaire
VPL : Ventro postéro latéral

NA : Noyau antérieur
P : Pulvinar
CGE : Corps genouillé externe
CGI : Corps genouillé interne

D.med : Noyau médian
D.lat : noyau latéral

 * importance de la partie ventrale du noyau latéral du thalamus
 * le noyau ventro postéro latéral intermédiaire et ventro latéral antérieur sont des structures motrices.
Le VLA correspond au relais moteur des NGC.
Le VLI est le relais de ces afférences cérébelleuse (fibres qui proviennent du cervelet controlatéral, qui l'ont quitté par le PCS, qui ont croisé la ligne médiane, ont passé à travers le noyau rouge pour se rendre sur le noyau VLI du thalamus) = fx dentato rubro thalamique.
* on a des fibres qui relient les noyaux thalamiques aux aires motrices, ces fibres constituent la couronne radiaire (retour d'information au cortex moteur)

      b/ Efférences vestibulaires

Relativement simple, elles proviennent exclusivement du noyau fastigial et retournent au noyau vestibulaire homolatéral. Les efférences pour les noyaux vestibulaires passent par le PCI. Si on étudie cela dans le détail, on voit un fx unciné ou en crochet. L'anatomie fonctionnelle détaillée précise est très complexe.

      c/ Efférences descendantes

Elles se projettent vers le noyau rouge, l'olive bulbaire et le tegmentum mésencéphalique avec à chaque fois croisement de la ligne médiane pour établir l'homolatéralité. On a une organisation logique, le cervelet contrôle, par ces différentes efférences, les différentes structures motrices (corticales, vestibulaires et les autres noyaux moteurs du TC). Toutes les efférences quittent le cervelet par le PCS sauf les efférences vestibulaires qui le quittent par le PCI.

   3/ Remarques

 * si le cervelet reçoit bien de la ME des afférences proprioceptives inconscientes, il ne contrôle pas directement les motoneurones spinaux. L'action du cervelet s'exerce par l'intermédiaire de centres moteurs (cortex ou noyaux moteurs). Il n'accède pas directement aux motoneurones spinaux.
 * le double croisement rétablit l'unilatéralité des troubles de la coordination motrice.

   4/ Analyse des boucles

On se retrouve dans une situation analogue à ce qu'on a vu pour les NGC
On peut décrire au moins 3 boucles :

 - 1ère boucle : vestibulaire ou vestibulo-cérébello-vestibulaire
Les afférences du vestibule --> font relais dans les noyaux vestibulaires --> se rendent au cervelet (traitement) --> noyau du toit --> pédoncule cérébelleux inf --> se projettent sur noyaux vestibulaires qui sont traités par les noyaux moteurs efférents qui contrôlent l'équilibration.

 - 2ème boucle : corticale ou cérébro-cérébello-cérébrale.
Aff partent du cortex (aires motrices principales 4 et 6) --> noyaux du pont --> pédoncule cérébelleux moyen --> traitement dans le cervelet --> eff par les axones des noyaux profonds (en particulier noyau dentelé ou denté) --> PDS --> relais thalamique (noyau VLI) --> dernier neurone thalamo cortical

 - 3ème boucle : passe par la ME, implique les noyaux du TC
ME --> fx spino cérébelleux --> cervelet --> traitement de l'info dans le cervelet --> eff par axones des noyaux profonds --> PCS --> projection sur les noyaux moteurs du TC ( noyau rouge, olive) --> retour de l'info vers les motoneurones de la ME

En résumé :
 - PCM constitué uniquement par les AFFERENCES d'origine corticale
 - PCI : essentiellement AFFERENT (constitué essentiellement par les aff qui viennent d'en bas (ME)) avec une exception : pédoncule EFFERENT pour les noyaux vestibulaires
 - PCS : rôle essentiel EFFERENT pour l'ensemble des structures motrices du cerveau (cortex moteur et noyaux moteurs du TC) avec une exception : pédoncule AFFERENT pour le faisceau spino-cérébelleux ventral de Gower.

B/ Apport de l'histologie et de l'eléctrophysiologie a la compréhension du fonctionnement intime du cervelet.

Il s'agit d'un schéma hypersimplifié qui se reproduit à des dizaines de millons d'exemplaires dans le cervelet et avec des intrications considérables.
Le cervelet jour un rôle assez comparable à celui d'un ordinateur. Le cervelet est finalement un ensemble de portes électroniques qui laissent passer l'information ou qui l'arrête au bon moment.

Explications du schéma :

 * dans la partie supérieure du schéma est représentée ce qui constitue l'écorce ou cortex cérébelleux, en dessous la partie profonde du cervelet c'est-a-dire les noyaux profonds.
 * les efférences, du cervelet correspondent toutes aux axones des neurones constitutifs des noyaux profonds du cervelet.
 * les fibres afférentes au cervelet sont de 2 types :
  - les fibres grimpantes, afférences d'origine vestibulaire
  - les fibres moussues, autres afférences au cervelet
 * dans le cortex cérébral, on a une cellule caractéristique = cellule pyramidale
dans le cortex cérébelleux, on a une cellule caractéristique (tan au plan morphologique que fonctionnelle) = cellule de Purkinje.
 * la cellule de Purkinje a la propriété de venir inhiber la cellule des noyaux profonds du cervelet. Toutes les autres cellules du cortex cérébelleux viennent moduler ce circuit activateur-inhibiteur
 * les aff cérébelleuses viennent dans un premier temps activer les cellules des noyaux profonds, que ces aff soient représentées par les fibres grimpantes ou les fibres moussues.
 * notion d'une porte ouverte ou fermée par la cellule de Purkinje
 * les cellules en panier ou en corbeille (nommées ainsi à cause de leur forme) viennent inhiber les cellules de Purkinje.
 * la cellule en corbeille reçoit directement une activation par la fibre grimpante laquelle vient également activer la cellule de Purkinje. La cellule de Purkinje est capable, par des collatérales de venir inhiber la cellule en panier.
 * les cellules granulaires (ou grains du cervelet) émettent des axones qui viennent constituer des fibres longues qui cheminent parallèlement à la surface du cortex cérébelleux, et sont pour cette raison appelées fibres parallèles. Ces fibres parallèles apportent une action excitatrice aux cellules de Purkinje et aux cellules en corbeille.
 * un dernier type cellulaire est rencontré dans l'écorce cérébelleuse, c'est la cellule de Golgi. Cette cellule est elle-même activée par une fibre parallèle et c'est une cellule qui exerce une action inhibitrice sur la cellule granulaire (exerce une sorte de feed-back).
 * fonctionnement général : une action excitatrice va être transmise de façon modulée, échantillonnée dans le temps en fonction des besoins. La cellule de Purkinje va venir fermer la porte et qu'elle voit elle-même son fonctionnement modulé par la mise en jeu des cellules granulaires, elles-mêmes modulées par un circuit avec la cellule de Golgi.
 * cette puce élémentaire ainsi représentée a en fait une organisation extrêmement intriquée par les différentes connexions entre puces élémentaires voisines.
 * chaque fibre moussue se projette en moyenne à 800 cellules granulaires
 * chaque cellule granulaire va enter en connexion avec 240 000 cellules de Purkinje.
 * chaque cellule de Purkinje reçoit des fibres parallèles provenant de quelques 100 000 cellules granulaires différentes.
--> On a donc des facteurs de division et des facteurs de convergence.
 * chaque cellule de noyau profond reçoit des actions inhibitrices de 100 à 200 cellules de Purkinje différentes.
--> ces puces présentent une intrication très complexe dont la description détaillée reste impossible à l'heure actuelle, ce qui explique que le cervelet va activer ou non, envoyer ou non ces réponses vers les structures motrices qui commandent l'activité motrice.

E/ Synthèse : les différents rôles du cervelet dans l'activité motrice

   1. Fonction de comparateur et de feed-back

Cette fonction repose sur la notion de copie afférente des actes moteurs qui parvient au cervelet par ces neurones constitutifs des PCM. Quand le cortex commence la réalisation d'un acte moteur, il envoie des impulsions nerveuses aux motoneurones de la moelle, on a un train d'influx nerveux adéquat. Mais en même temps les mêmes informations sont envoyées au cervelet par cette copie efférente par des collatérales qui font relais dans les noyaux du pont et cela permet au cervelet, grâce au circuit électronique que l'on vient de voir de se coder localement une représentation analogique de l'acte moteur périphérique qui doit être effectué.
Le cervelet reçoit grâce aux aff proprioceptives inconscientes (provenant de la périphérie) une information sur le degrés de réalisation exacte de l'acte. Dans cette "circuiterie", le cervelet peut effectuer la comparaison à chaque instant entre ce qui aurait du théoriquement se réaliser (connaissance du modèle analogique) et ce qui est réellement réalisé à la périphérie.
Si il y a des différences, le cervelet peut mesurer cette différence, la quantifier et il retourne sur les centres qui commandent la motricité, retourne sur le cortex moteur notamment une information donnant cette différence pour permettre au cortex moteur d'ajuster sa commande motrice pour améliorer la bonne réalisation du mouvement souhaité. On est dans la fonction de coordination, de régulation de l'activité motrice par un processus de feed-back qui repose sur cette comparaison dans le cervelet entre le mouvement théorique parfait (modèle analogique envoyé par la copie efférente) et le mouvement effectivement réalisé à la périphérie.
Le cervelet joue le rôle de comparateur et de feed-back négatif. Compte tenu de la vitesse de transmission des influx nerveux dans les neurones, le mode de fonctionnement du cervelet ne peut intervenir que pour des mouvements lents car il faut laisser le temps matériel du retour de l'info de la périphérie vers le cervelet. Cette transmission prend quelques fractions de seconde. (vitesse max de transmission de l'influx nerveux = 120m/sec)

   2. Fonction de prédiction et d'amortissement

Cette fonction a été mise en évidence chez le singe cérébellectomisé. Lorsqu'on ouvre la cage de l'animal et que l'on place une pomme à quelques mètres en face de lui, celui-ci va aller chercher son appât. Il va avoir une démarche ébrieuse et va se fracasser le crâne contre le mûr car son cervelet défectueux n'aura pas réalisé le calcul anticipatoire des activités motrices (prédatrices notamment) qu'il faut mettre en jeu pour le bon ajustement des mouvements. L'animal courant en direction de sa pomme acquiert une certaine inertie mais l'activité frénatrice n'est pas mise en jeu. Le calcul des contraintes physiques liées à l'activité motrice dépend de la masse des différentes parties corporelles qui sont mises en mouvement et de la vitesse. Ce calcul est réalisé par le cervelet en anticipation pour retourner sur les centres moteurs une information adéquate afin qu'on ait une attente efficace du but. Cette fonction doit être mise en jeu avant que le mouvement soit réalisé

   3. Fonction de stabilisateur de posture et d'équilibration

Cette fonction est orientée vers une nécessité fondamentale : le maintien de la posture qui est préalable et indispensable à toute activité motrice au sein du champ de pesanteur. Quand le cervelet est défectueux, le maintien de la posture est perturbé (trop ou pas assez), on a une posture oscillante et un signe de Romberg négatif (la posture n'est pas aggravée par la fermeture des yeux car mêmes si les info visuelles disparaissent lors de la fermeture des yeux, les infos proprioceptives générales et spéciales persistent mais ne sont pas traitées de façon adéquate par le cervelet, d'où cette irrégularité de la posture). Les mouvement de posture ne sont pas fondamentalement élaborés par le cervelet mais rendus harmonieux et parfaitement adaptés au but à atteindre par le cervelet

   4. Fonction de générateur de mouvements

Quand on enregistre les activités électriques des différentes structures cérébrales opération complexe car les neurones déchargent en permanence), on s'aperçoit qu'il y a une pré séance dans la mise en jeu des structures avec une activation du cortex moteur peu avant la réalisation du geste (50 msec : le cortex moteur est l'organe effecteur). Cette activation du cortex moteur est précédée de l'activation d'autres structures cérébrales, notamment des NGC, du cervelet (dans un laps de temps plus large : environ 200 milisec). Cette activation préalable correspond probablement à la sollicitation des schémas moteurs qui permettent d'initier le mouvement. Le cervelet intervient surtout dans la génération des mouvements balistiques.

   5. Fonctions de coordination des réponses viscérales (végétatives)

La motricité viscérale est de nature différente de la motricité somatique. Les fibres musculaires lisses ont une certaine autonomie de fonctionnement ; l'énervation végétative (= suppression de l'innervation végétative des viscères du tube digestif par exemple) n'entraîne pas la paralysie totale de l'activité motrice de ces fibres mais par contre le rôle de la commande motrice viscérale est d'assurer la coordination harmonieuse de cette activité motrice. On pense que le cervelet contribue également à l'organisation, au contrôle de cette coordination. Quand on fait une cérébellectomie on constate qu'il y a aussi un trouble du bon fonctionnement de la motricité viscérale végétative