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Physiologie
Systeme de régulation Communications inter-cellulaire Physiologie de la membrane cellulaire Organisation du systeme nerveux
Physiologie du muscle Physiologie de la respiration Compartiments liquidiens Physiologie renale
Physiologie de la Medullo-surrenale Bio energetique Physiologie Cardiaque et cardio vasculaire Physiologie digestive
Glande thyroide Vision Action de l'insuline et du glucagon Hormones corticosurrenaliennes
Audition Physiologie du calcium, du phosphore et de l'os le fer  

 

Physiologie cardiaque et systèmes de régulations cardio-vasculaire

 

   I. LES ASPECTS ANATOMIQUES

      A. ORGANISATION GENERALE

         A.1. Système circulatoire

Partant de l’élément propulseur : le coeur.
le coeur gauche comporte une oreillette et un ventricule. Le sang est propulsé dans un tuyau : l’artère aorte.
Le sang est propulsé dans le réseau artériel. Par définition, les artères sont les vaisseaux qui reçoivent le sang qui quitte le coeur : réseau de distribution.
Les artères vont ensuite se diviser en ramifications de plus en plus fines permettant les échanges entre la circulation et les tissus : les capillaires sont un réseau d’échange.
Ensuite, le sang est récupéré par d’autres conduits qui vont de la périphérie vers le coeur droit : réplique du coeur gauche avec son oreillette et son ventricule.
Le coeur droit expulse le sang dans un réseau qui échange les gaz au niveau des poumons.

 --->  le sang se déplace dans un circuit fermé globalement circulaire.
On observe 2 circulations :
• la grande circulation, ou circulation systémique qui alimente tous les organes (y compris le coeur et les poumons)
• la petite circulation, plus courte, dont la fonction est l’échange gazeux.
 ---> bien distinguer la circulation d’alimentation (coronaires pour le coeur) et la circulation fonctionnelle du poumon et du coeur.

La grande circulation est la circulation à haute pression. In versement, la circulation pulmonaire est appelée circulation à basse pression.

         A.2. Disposition du coeur dans le thorax

Elle apparaît sur une radiographie du thorax :

côtes
entre les poumons : le médiastin
trachée
le coeur est dans la partie gauche du médiastin, orienté à 45°, couché sur le diaphragme.
• arc supérieur gauche de la silhouette cardiaque : crosse aortique.
• arc moyen gauche : partie supérieure du ventricule droit (infundibulum pulmonaire).
• arc inférieur gauche : ventricule gauche.
• arc supérieur droit : veine cave supérieure
• Arc inférieur droit : oreillette droite et abouchement de la veine cave inférieure.

La radiographie montre les insuffisance cardiaques : hypertrophie du coeur. On peut quantifier cette hypertrophie en comparant la largeur du coeur (l) à la largeur de la cage thoracique (L) : c’est l’index cardio-thoracique.
Normalement : l ≤ L/2.
Puis on peut détecter des variations morphologiques de chaque arc.


      B.
MORPHOLOGIE CARDIAQUE

Le coeur est en grande partie musculaire : le myocarde est le constituant essentiel.

      i Myocarde

C’est une entité qui n’est pas homogène : on distingue le myocarde auriculaire et le myocarde ventriculaire.
Le myocarde du VG est plus épais que celui du VD (il effectue plus de travail).
Le myocarde auriculaire est très mince.
Les cavités s’ouvrent aux gros troncs vasculaires.

      ii Troncs vasculaires

La veine cave supérieure (VCS) et la veine cave inférieure (VCI) arrivent dans l’oreillette droite.
Les 4 veines pulmonaires arrivent au coeur gauche (dans l’OG).
L’aorte repart du VG.
L’artère pulmonaire (qui se divise rapidement en 2) part du VD.

      iii Valves

Le rôle des valves est d’empêcher le mouvement rétrograde du sang
   • .Les valves auriculo-ventriculaires font communiquer OD et VD, OG et VG. Ce sont des replis membraneux de la paroi interne du coeur, l’endocarde. Il s’agit de tissu conjonctif, fibreux. Il y a plusieurs voiles :
      • trois à droite, formant la valvule tricuspide,
      • deux à gauche : valvule mitrale.
Les valves auriculo-ventriculaires sont grandes et fines, d’aspect fragile. Elles sont dotées de haubans : les cordages, qui empêchent leur retournement. Les cordages sont rattachés à des excroissances ou des renforcements du myocarde : les muscles papillaires, ou piliers (gravité de leur rupture).
   • Les valves sigmoïdes sont entre ventricules et artères. Le diamètre est beaucoup plus petit. Elles sont situées à la base de chaque artère et constituées de 3 replis fibreux en cupules. Lors de l’éjection du sang, les cupules sont plaquées contre la paroi artérielle. Les sigmoïdes n’ont ni cordage ni pilier de rattachement. On parle de sigmoïdes pulmonaires et sigmoïdes aortiques.

sigmoïdes

Les valves sont situées dans le même plan, incliné à 45°. Ce plan est appelé base du coeur. Chaque valve s’appuie sur un anneau cartilagineux qui la maintient ouverte.
Les valves sont entourées d’un tissu fibreux qui donne sa forme au coeur.
Les valves permettent la circulation du sang dans le bon sens : elles imposent la circulation des veines vers les oreillettes puis les ventricules et les artères.

      iv Tissus spécialisés

Ils assurent l’automatisme et la conduction

• Automatisme
Le coeur est un muscle qui entre en activité périodique de manière autonome : un coeur continue à battre même s’il est dénervé.
le coeur est autonome, et régulé par le SNV.
Les ondes électriques doivent se propager dans le coeur.
Il existe 2 zones automatiques :
   • tissu nodal : noeud de Keith et Flack ou noeud sinusal. C’est le centre de l’automatisme normal du muscle cardiaque. Il est à l’origine d’une activité rythmique régulière. Il mesure 2 cm de long et 2 mm de large, à la base de la veine cave supérieure.
   • noeud auriculo-ventriculaire : d’Aschoff-Tavara, dans le plancher de l’OD. Il rétablit le rythme quand le noeud AV est en panne.

Conduction
Le tissu fibreux de la base du coeur n’est pas excitable.
La conduction se fait par le faisceau de His, qui part du noeud AV et arrive au sommet du septum. Il se divise alors en réseau de Purkinje qui rejoint la pointe du coeur, et se ramifie abondamment dans le myocarde ventriculaire.
Le faisceau de His donne une branche droite pour le VD et une branche gauche qui de divise en 2 hémibranches.


      C.
CIRCULATION CORONAIRE

L’artère coronaire droite part de la base de l’aorte, circule dans le sillon entre OD et VD : artère circonflexe droite.
L’artère coronaire gauche part de la base de l’aorte se divise en 2 branches après être passée entre VG et OG :
une fait le tour et passe en arrière : artère circonflexe gauche.
l’autre passe en bas et remonte un peu en arrière : artère interventriculaire antérieure.
La circulation est très variable d’un sujet à l’autre. (par ex, la perfusion du septum peut se faire par l’interventriculaire antérieure ou une branche de l’artère coronaire droite.)
Ce réseau est très ramifié.
Les artères sont rectilignes en remplissage, en forme de zigzag après éjection (déformation à prendre en compte lors des pontages : prélèvement d’un greffon sur une veine superficielle de la jambe du patient - shunt de la région rétrécie. Le greffon est suffisamment long pour qu’il puisse suivre les mouvements du coeur.)
Tout au long de leur trajet, les artères coronaires ont des ramifications qui plongent à angle droit dans la paroi. Elles se divisent en petits capillaires qui se rassemblent en veinules puis en veines coronaires, accolées à la surface du coeur aux artères. Elles s’abouchent dans l’oreillette droite par le sinus coronaire.

En fait, l’endocarde et une très fine couche de myocarde établissent des échanges avec le sang intracardiaque par les veines de Thébésius.


      D.
PERICARDE

Le péricarde est - comme la plèvre - une enveloppe fibreuse en forme de sac qui enveloppe le coeur comme une main. Il comprend 2 feuillets :
• viscéral (en relation avec l’organe)
• pariétal (en relation avec la paroi externe)
entre les deux : la cavité péricardique qui contient un liquide lubrifiant.
      il permet au coeur de bouger (il effectue des mouvements de vrille), tout en le maintenant.

Le péricarde peut être la source de pathologie :
• péricardite : inflammation, source de douleurs pénibles
• tamponnade accumulation excessive de liquide dans la cavité par oedème péricardique. Or le péricarde est presque inextensible et le volume occupé par le liquide est pris sur le volume de remplissage cardiaque. Cela provoque une insuffisance cardiaque grave : collapsus, élévation de la pression veineuse et pouls paradoxal. C’est une urgence médicale.
(L’ablation du péricarde n’est pas gênante à long terme).


       E.
CONSTITUANTS HISTOLOGIQUES

         E.1. Paroi myocardique

       i) Myocytes cardiaques :

Ce sont des cellules musculaires rectangulaires qui s’emboîtent. Elles sont striées (assimilables aux cellules des muscles volontaires). Elles contiennent beaucoup de mitochondries.
Les cellules sont rattachées au niveau de disques intercalaires (car efforts importants).
Elles représentent
   • en masse 75 % du muscle cardiaque
   • en nombre : 25 % de toutes les cellules.
Elles sont incapables de se reproduire.

       ii) Fibroblastes

• 20 % de la masse
• 70 % du nombre de cellules.
Leur rôle est très important
• colle entre les cellules striées
• captage de métabolites
• production d’hormones
• contrôle de l’environnement
• rôle dans la cicatrisation de l’infarctus : affection fréquente, correspondant à une nécrose cellulaire. Les globules blanc viennent digérer les cellules mortes et l’espace va être comblé par des cellules fibroblastiques. (zone inexcitable inerte).


         E.2. Autres constituants

Les vaisseaux coronaires sont constitués de cellules endothéliales et de cellules musculaires lisses.
Le coeur reçoit une innervation : il n’y a pas de neurone complet dans le coeur : le corps cellulaire est à la surface ou à distance, mais il y a des terminaisons : synapses libérant des NT (lors d’un infarctus, tous les constituants sont en souffrance, les NT: acétylcholine et noradrénaline sont libérés de façon anarchique, constituant un facteur aggravant).
Le coeur est un organe excitable, contractile, endocrine, automatique.


         E.3. Fonction endocrine du coeur

Au niveau des oreillettes, les myocytes peuvent libérer une hormone le Facteur Natriurétique Auriculaire (FNA - ANF en rosbif). C’est une substance qui va contrôler l’excrétion urinaire d’eau et de sodium. La plupart des cellules cardiaques peuvent en produire, mais seules les cellules auriculaires en produisent beaucoup.
 utile en cas d’hypervolémie, provoquant une tension auriculaire importante. Le FNA provoque une diurèse avec natriurèse faisant chuter la tension.
Les cellules endothéliales agissent en produisant des hormones à action locale, vasodilatatrices ou vasoconstrictrices. Ce sont les premières défenses contre les problèmes tensionnels. Après 45 ans, les cellules perdent leur capacité de vasodilatation, ce qui explique que les maladies cardiovasculaires affectent le sujet âgé.



   II.
LE CYCLE CARDIAQUE

      A. DEFINITIONS

L’activité cardiaque est un phénomène périodique qui se reproduit identique à lui-même à chaque période : il suffit pour le connaître d’étudier une seule période.
La notion de cycle cardiaque recouvre l’ensemble des phénomènes directement ou indirectement liés à l’activité cardiaque.
La période, T dure environ 1 seconde
La fréquence cardiaque Fc = 1/T
On exprime la fréquence sur la base des minutes par convention.
Le cycle cardiaque peut s’étudier anatomiquement : on développe les événements du cycle.
On peut étudier aussi ce qui reflète l’activité cardiaque : pressions, bruits, signaux électriques... Ce sont les signes physiques du cycle cardiaque.


      B.
LES EVENEMENTS ANATOMIQUES DU CYCLE CARDIAQUE

Le cycle comprend une phase de travail, la systole (1/3), et une phase de repos, la diastole (2/3).
La phase de travail se divise en une phase de contraction et une phase d’éjection.
La diastole se divise en relaxation et remplissage. L’ordre est immuable.


         B.1. La systole

Le coeur est constitué de deux parties. On peut décrire un des deux coeurs. (généralement le gauche, mais les événements sont identiques à droite.

En début de systole ,
• le VG est rempli de sang
• les valves AV sont fermées
• le coeur commence sa contraction. Dans le VG les pressions sont encore faibles.
• dans l’aorte la pression est à un niveau élevé   les sigmoïdes aortiques sont fermées.
--->  la contraction s’effectue dans une chambre fermée, à volume constant.

Contraction isovolumétrique

Ensuite, les valves AV restent fermée.
Le sang a ouvert les sigmoïdes aortiques : propulsion du sang dans l’aorte. Pendant 1/5 de seconde, le coeur propulse le volume sanguin qui va circuler pendant tout un cycle.
• une partie du sang circule
• une partie du sang est mise en réserve dans l’aorte par distension de l’aorte, puis il est redistribué pendant la diastole.

éjection

         B.2. La diastole

En début de relaxation, la pression dans les ventricules est encore élevée : les valves AV sont fermées (pression base dans l’oreillette.
Dans l’aorte, la pression est toujours > 80 mm Hg. --->  il y a un petit mouvement rétrograde de sang de l’aorte vers le ventricule, puis fermeture des valves sigmoïdes. Le sang va ensuite progresser par l’élasticité de l’aorte : la circulation est continue dans les vaisseaux (c’est l’élasticité artérielle qui donne la puissance. - Le problème est la rigidification de la paroi artérielle qui contient de plus en plus de collagène : à l’origine de l’artériosclérose.)

Les valves sont fermées : le volume ne change pas.

Relaxation isovolumétrique

La relaxation se poursuit.
la pression est élevée dans l’aorte : les sigmoïdes sont fermées.
L’oreillette s’est remplie de sang progressivement pendant les autres phases. La pression devient légèrement supérieure à celle des ventricules.   L’ouverture des valves AV provoque le passage du sang dans le ventricule : c’est la phase de remplissage, d’abord rapide, puis plus lent, avec accès direct des veines dans le ventricule.

Remplissage passif

 

Le cycle se termine par la contraction des oreillettes. Elle est de faible intensité, sous une pression de quelques mm Hg : peu importante physiologiquement. (la défaillance de l’oreillette est une pathologie mineure).
Le ventricule se remplit un peu plus.
Les sigmoïdes sont fermées

                                                       

             contraction                                      Ejection                               Relaxation                               Remplissage                          Systole

            isovolumétrique                                                                            isovolumétrique                                                                   auriculaire

 

 

      C. SIGNES PHYSIQUES DU CYCLE CARDIAQUE

Ils sont résumés par le diagramme de Wiggers

         C.1. Signes hémodynamiques

On décrit le coeur gauche. Pour le coeur droit, les pressions sont divisées par trois à quatre. Les volumes déplacés sont les mêmes à droite et à gauche.

       i) Courbe de pression ventriculaire

La pression est quasi nulle au début du cycle. Elle va augmenter jusqu’à provoquer l’ouverture de la valvule
Les sigmoïdes s’ouvrent à la pression aortique minimale. Le ventricule continue sa contraction jusqu’à la pression maximale.
Puis il se détend, la pression baisse, ce qui détermine la fermeture des sigmoïdes à la pression aortique minimale.
En fin de relaxation, quand le ventricule a repris sa forme initiale, on observe une petite dépression qui correspond à l’aspiration du sang après l’ouverture de la mitrale.

       ii) Courbe de pression aortique

La pression aortique est comprise entre 60 et 130 mm Hg.
Quand les sigmoïdes sont ouvertes, la pression ventriculaire et aortique sont identiques.
Incisure catacrote : la fermeture des valves sigmoïde est provoquée par un reflux du sang en direction du ventricule.
Onde dicrote : le rebond de pression aortique est dû à la force élastique de l’aorte. (elle traduit la qualité de l’élasticité aortique).
Au total : une circulation pulsée d’origine ventriculaire donne lieu à une circulation redressée dans l’aorte.

       iii) Cavité auriculaire

Quand les valves AV sont ouvertes, les pressions auriculaire et ventriculaires sont identiques. La pression augmente modérément pendant la diastole après la pression négative du début. On observe un renforcement final due à la systole auriculaire.
Au début de la contraction ventriculaire, les valves AV bombent vers l’oreillette : petit reflux qu’on peut sentir au niveau des veines jugulaires.
Pendant le reste de la systole, la montée en pression se fait de façon progressive en raison du remplissage.

       iv) Courbe des volumes

Le coeur a le volume d’un poing. Son poids est de 300 g. Les cavités ont un volume de 100 ml en réplétion complète.
Il existe un volume minimal : le ventricule ne se vide pas complètement. On distingue :
   • le volume éjecté : 50 à 70 %.
   • le volume résiduel : 30 ml.
La persistance de sang évite que les parois entrent en contact, ce qui créerait des lésions de l’endocarde.
   • Le volume est maximal en fin de remplissage c'est à dire en début de cycle.
   • Par définition, il ne change pas pendant la contraction et la relaxation isovolumiques. Il est minimal en fin d’éjection.
   • L’éjection est d’abord rapide puis plus lente.
   • De même, le remplissage est rapide puis lent.

       v) Courbe des débits

• Le débit est mesuré dans l’aorte initiale. Il est positif quand il se dirige vers l’aorte.
• La courbe varie uniquement pendant l’éjection : la courbe est nulle pendant la diastole et pendant les phases isovolumiques car les valves sigmoïdes sont fermées.
• Le débit aortique est de 5 l/mn au repos : c’est un débit moyen.
• Pour un cycle de 1 sec, l’éjection est de 200 à 300 ms pour 50 à 70 ml éjecté (50 ml pendant 1/3 sec = 150 ml/s : c’est le débit moyen pendant la systole). .
• Après la contraction, le coeur se relâche : le sang tend à revenir en arrière et ferme les valves aortiques : petit pic de débit négatif en phase de relaxation isovolumique. Il marque l’efficacité des valves sigmoïdes (il devient énorme quand les valves sont défectueuses).


         C.2. Signes sonores

Les 2 principaux bruits du coeur, B1 et B2, sont produits essentiellement par la fermeture des valvules. Le 2° bruit est contemporain de la fermeture des sigmoïdes. Il est plus bref et plus aigu que le premier.

         C.3. Signes électriques : ECG

Il existe un décalage de 50 ms entre le phénomène électrique et les manifestations anatomiques et hémodynamiques.
Le cycle électrique commence à l’onde P.
• Onde P : dépolarisation auriculaire qui précède la systole auriculaire.
• Complexe QRS : excitation ventriculaire
• Onde T : repolarisation ventriculaire.

         C.4. Remarque

Le fonctionnement intermittent de la pompe cardiaque produit une onde pulsatile qui s’étend à tous les vaisseaux artériels avec une certaine vitesse : vitesse pulsatile. Celle-ci est d’autant plus élevée que les parois vasculaires sont plus épaisses et rigides : elle augmente avec la tension et avec l’âge. Elle est d’autant moins grande que le calibre des vaisseaux est grand (6 m.s-1 dans l’aorte et 10 m.s-1 dans l’artère radiale).

         C.5. Méthodes de mesures

Pour les pressions et les débits, on utilise des techniques invasives (sanglantes) : le cathétérisme cardiaque. Un cathéter de 3 mm de diamètre, 2 m de long est introduit par voie veineuse, passe dans la veine cave, l’OD, le VD. On peut faire des mesures de pression, injecter des produits radio-opaques...
La voie gauche peut être explorée en introduisant le cathéter par voie artérielle fémorale : on remonte l’aorte à contre-courant, on peut pénétrer dans le VG. On peut injecter les coronaires (risques de spasme).
Pour les mesures de volumes, on utilise des méthodes d’imagerie informatisée.

 

   III. LES BRUITS DU COEUR

      A. DEFINITIONS

         A.1. Qu’est ce qu’un bruit ?

C’est un phénomène physique périodique qui se propage dans les liquides, les solides, les gaz, mais pas dans le vide. Plus le milieu est dense, plus la propagation est favorisée.
Cela a des conséquences sur ce que l’on peut entendre autour du coeur : la propagation est plus ou moins bonne ; on entend moins bien dans le dos.
D’où la détermination de zones sur le thorax où il y a une meilleure perception des bruits du coeur : ce sont les foyers d’auscultation.

         A.2. Foyers d’auscultation

  

     

        

         ii

       

         i

         ii

Audibilité F (Hz) t(ms) origine place
+ 30 - 100 Hz 150 ms fermeture des valves auriculo-ventriculaires

protosystolique

+ 50 - 150 Hz 100 ms fermeture des sigmoïdes

télésystolique

(prédiastolique)

-

(basse fréquence et
basse intensité)

30 Hz 100 ms remplissage rapide protodiastolique

-

(basse fréquence et
 basse intensité)

30 Hz 80 ms systole auriculaire

télédiastolique

(présystolique)

 

         B.3. Synchronisme des deux coeurs

Normalement, les deux coeurs fonctionnent en même temps : les deux bruits sont fusionnés (on les entend en même temps).

Au phonocardiogramme, les deux coeurs marchent effectivement de façon synchrone, mais il existe un décalage (les coeurs sont synchrones mais en léger déphasage.)

Les événements du coeur gauche encadrent ceux du coeur droit.
Ceci est important pour les bruits anormaux : permet ce connaître le coeur concerné par le décalage.


      C.
BRUITS ANORMAUX

         C.1. Altération des bruits du coeur initialement normaux

        i) Variation d’intensité

• augmentation d’intensité :
   • exercice
   • HTA
• diminution d’intensité :
   • anémie (la conduction des bruits est due à la viscosité sanguine cf. perfusion de glucosé.)
   • insuffisance cardiaque

        ii) Dédoublement

Normalement , B1 et B2 sont indissociables (cf. supra). Ici les deux composantes droites et gauches sont dissociées.
On observe souvent un dédoublement de B2. Ceci est à la limite de la normale (existe souvent chez le sujet jeune).

        iii) Bruits de galop

C’est un cycle sonore à 3 temps. Un bruit est surajouté dans la diastole : B3 ou B4 deviennent audibles :
   • B3 : galop protodiastolique
   • B4 : galop télédiastolique
   • une fusion de B3 et B4 est possible si la diastole est courte (en cas de rythme très rapide) : galop mésodiastolique

         C.2. Bruits surajoutés

On perçoit un bruit anormal d’origine différente
Claquements valvulaires
Il peut arriver que les valves soient calcifiées, et qu’elles produisent un bruit très brutal, de porte qui claque. L’existence de ce bruit fait pratiquer une échographie pour examiner le jeu des valves : indication éventuelle de remplacement valvulaire.
frottements péricardiques
En cas d’inflammation du péricarde, les 2 feuillets frottent l’un contre l’autre.

         C.3. Souffles

Ils ne sont par forcément cardiaques : ils peuvent être vasculaires

Le souffle est un bruit dû à des turbulences du sang à la sortie d’une sténose. Il se propage dans la direction du flux qui lui a donné naissance : ceci détermine les irradiations des souffles. Elles peuvent être lointaines par rapport au foyer d’origine.

Les souffles sont causés par une turbulence qui peut être causée de cinq façons :

Le flux accru qui s'écoule à travers une structure normale peut être à l'origine d'une turbulence. Le flux sanguin peut augmenter chez un patient anémique et occasionner un souffle systolique aortique.
La sténose entrave le flux qui entraîne à son tour, une turbulence et un souffle. Les sténoses mitrale et aortique en sont des exemples.
Le flux sanguin dans une chambre dilatée peut également causer un souffle en raison de la formation d'un vortex qui se produit lorsque le sang s'écoule d'une chambre plus petite à une chambre plus grande. Cela peut survenir lorsque la valve aortique est de taille normale et que l'aorte est dilatée. La sténose relative présente est à l'origine de la turbulence et donc du souffle.
Une membrane, qui vibre pendant que le fluide coule le peut également causer un souffle. C'est le mécanisme attribué au souffle qui se produit à la rupture d’un muscle papillaire.
Le flux sanguin s’écoule d'une chambre à haute pression à une chambre de pression inférieure, ce qui se produit si les défauts septaux ventriculaires sont présents.

Les souffles cardiaques sont d’origine valvulaire en général :
• insuffisance valvulaire : la valve est incomplètement fermée, incapable d’empêcher le mouvement rétrograde du sang : il se produit un souffle de régurgitation.
• sténose valvulaire : la valve est incomplètement ouverte lors du passage du sang : l’orifice est rétréci. C’est un souffle d’éjection.

Les 4 valves peuvent être à l’origine de souffles : 8 possibilités au total à reconnaître :

Valve

Anomalie

Mécanisme

Place
VAV : mitrale ou tricuspide Insuffisance régurgitation systole
sténose éjection diastole
Sigmoïdes : aortiques ou pulmonaires Insuffisance régurgitation diastole
sténose éjection systole

On fait le bilan du souffle:

   • temps d’auscultation
      • diastolique : entre B2 et B1 : dans le grand silence
      • systolique : entre B1 et B2 : dans le petit silence

   • localisation : foyer
      • mitral
      • tricuspidien
      • aortique
      • pulmonaire

   • irradiations :
      • Foyer mitral : irradie dans le dos
      • Foyer tricuspide : irradie dans le bas vers l’abdomen
      • Foyer aortique : irradie vers le cou. A différencier d’un souffle carotidien
      • Foyer pulmonaire : irradie en arrière dans l’épaule gauche

Les bruits anormaux sont souvent combinés : souffle + galop par exemple
Les souffles sont souvent mixtes : une des combinaisons les plus fréquentes est due aux valves aortiques calcifiées : défaut d’ouverture pendant la systole et défaut de fermeture pendant la diastole : elle est insuffisante et sténosée à la fois, on entend deux souffles.

Apport très important de l’échocardiographie pour l’étude des valves.
 

   IV. ELECTROCARDIOGRAPHIE

      A. LE POTENTIEL D’ACTION CARDIAQUE

         A.1. Morphologie du PA

La dépolarisation initiale est due à l’entrée de Na+ dans la cellule par des canaux ioniques rapides très spécifiques.
Le plateau est dû à une entrée de calcium.
La repolarisation est due à une sortie de K+ (repompé ensuite par la NaK ATPase).
La phase réfractaire longue, pendant toute la durée du plateau est un mécanisme limiteur de la fréquence cardiaque.

On peut avoir au maximum une fréquence de 180 par minute : ainsi le remplissage et la vidange des cavités qui prennent du temps pourront être effectués. Tout mécanisme qui altère cette durée affecte l’hémodynamique.
L’entrée du Ca2+ obligatoire est quasi spécifique au muscle cardiaque. Ce phénomène est plus faible dans les neurones et les muscles squelettiques : les anticalciques (ou antagonistes du calcium) ont un grand rôle :
• antihypertenseurs
• antiarythmiques


         A.2. Conduction

Au niveau macroscopique, c’est la rôle du faisceau de His et du tissu de Purkinje.

Comment l’excitation passe d’un cellule à l’autre ?
Au repos, la cellule cardiaque est polarisée, + à l’extérieur, - à l’intérieur. A un instant donné, la cellule excitée inverse son potentiel.
La propagation se fait par courants locaux, ce qui déplace la zone en activité        l’excitation est progressive le long de la cellule cardiaque, comme dans l’axone.
A l’extrémité de la cellule, il n’y a pas de synapse. Le passage des courants ioniques est possible par des structures qui se trouvent au niveau des disques intercalaires : jonction perméables ou jonctions gap.
Les courants locaux s’établissent facilement dans le compartiment extra-cellulaire et dans les espaces intracellulaires grâce aux jonctions gap.

  la propagation du PA nécessite des jonctions gap en bonne condition. Elles sont régulées par Ca2+ et H+ qui les ferment . L’apparition d’une acidité (en cas d’infarctus par ex) entraîne un arrêt de conduction, un bloc de conduction par fermeture des jonctions gap.


         A.3. Les potentiels d’action cardiaques

      i) PA du noeud sinusal

Le PA est de faible amplitude, lent , arrondi. Il ne se stabilise pas : les cellules automatiques sont capables de se dépolariser seules, lentement, sans passer par un potentiel de repos stable.
Cette dépolarisation apparaît pendant la diastole.
C’est l’origine de l’automatisme cardiaque : l’automatisme n’est pas nerveux.
Les cellules du noeud sinusal (et celle du noeud auriculo-ventriculaire) ont des caractéristiques peu différenciées. On retrouve le même PA dans le myocarde embryonnaire.

      ii) PA du myocarde auriculaire

PA classique du myocarde. Il n’y a pas de dépolarisation diastolique.

      iii) PA du noeud auriculo-ventriculaire

Il est lent , de type embryonnaire, retardé par rapport au début du cycle et par rapport au myocarde auriculaire.
Ce retard, le retard auriculo-ventriculaire, laisse au ventricule le temps de se remplir. Il a une signature sur l’ECG. Il est très important sur le plan fonctionnel.

Noeud AV et sinusal sont automatiques et ont leur propre rythme :
• NAV : 60 - 80 cps/mn
• NS : 110 - 120 cps/mn.
Le plus rapide prend le dessus : le noeud sinusal. Le NAV prend le relais si le NS s’arrête.


      iv) Le PA dans le myocarde ventriculaire

C’est un PA d’amplitude normale, qui a un petit délai après le noeud AV.
Le PA du faisceau de His et de Purkinje a une durée très longue : lorsque le PA ventriculaire se termine, le faisceau de His et le tissu de Purkinje sont en période réfractaire. Ceci permet de respecter le rythme cardiaque et d’empêcher une extrasystole : PA antiarythmique. L’impulsion dans le myocarde ventriculaire ne provoque pas d’excitation rétrograde du faisceau de His et donc du ventricule : pas de ré-excitation rétrograde.
Si ce rythme n’est plus coordonné, on observe une succession rapide et irrégulière de contractions et relaxation : fibrillation ventriculaire.
      Hiérarchie de la durée des PA.


      B.
PRINCIPE DE L’ECG

         B.1. Origine de l’ECG

q : charge électrique.
qq’ forme un dipôle qui a une amplitude, un signe et une direction. L’ECG reflète les caractères de ce dipôle.

On considère le coeur pendant un cycle effectif. Des cellules vont être au repos, d’autres parcourues par un PA : l’excitation n’est pas instantanée. A chaque moment, on a un potentiel électrique représentatif de la zone excitée et un potentiel électrique représentatif de la zone au repos : il existe une ddp que l’on peut enregistrer en plaçant deux électrodes.
     Il faut raisonner en terme de dipôle.

• Au début du cycle, il n’y a pas de ddp : on voit la ligne isoélectrique.
• Le front d’excitation progresse dans le ventricule : on enregistre le complexe QRS (80 ms).
• Pendant la phase en plateau (200 ms), toutes les cellules sont dépolarisées en même temps : elles sont au même potentiel, on a un retour à la ligne isoélectrique. Il n’y a aucune hétérogénéité dans le myocarde.
• Pendant la repolarisation, dans le ventricule des cellules sont en cours de repolarisation, d’autre non : la dépolarisation est plus lente et progressive : c’est l’onde T.
• Il reste à ajouter ce qui concerne les oreillettes : l’onde P qui représente la dépolarisation est beaucoup plus faible. La repolarisation ventriculaire se fait pendant le complexe QRS : on ne la voit pas sur l’ECG.

L’examen ECG implique la mise en place de dérivations (pose d’électrodes) standard.
     

         B.2. Dérivations

       i) Au niveau des membres

            --> Dérivations unipolaires

théoriquement elles sont disposées en triangle autour du coeur :
• épaule droite : VR
• épaule gauche : VL
• abdomen : VF

Pour simplifier, les électrodes sont placées à l’extrémités des membres supérieurs et du pied gauche : on considère que le voltage se propage le long des membres sans altération mais avec une simple atténuation.
 ---> nécessité de repos complet pour éviter toute interférence.
Au niveau du pied droit : dérivation indifférente (en noir sur toutes les machines).
En électricité, on ne peut mesurer qu’une ddp : il faut trouver une ligne 0 électrique. On a utilisé plusieurs techniques ; actuellement, on utilise le court-circuit des trois dérivations. Le niveau 0 est la somme des 3 dérivations unipolaires : VR+ VL + VF = 0. Le court-circuit atténue les voltages, mais on parvient à les amplifier : on parle de aVR, aVL, aVF. (a pour amplifié).

            --> Dérivations bipolaires
Elles sont obtenues par différence entre les dérivations unipolaires :
• D1 = VL - VR
• D2 = VF - VR
• D3 = VF - VL.
Elles forment le triangle d’Einthoven.

 6 dérivations des membres, grâce à 3 électrodes, situées à une certaine distance du coeur. Leur but est de donner une image globale de l’activité cardiaque. Pour différencier les deux coeurs, on utilise les dérivations précordiales.

V1 : 4e espace intercostal, au niveau du bord droit du sternum.
V2 : idem, bord gauche du sternum.
V4 : foyer mitral :5e espace intercostal, sur la ligne médioclaviculaire (sous mamelonnaire).
V3 : entre V2 et V4.
V6 : 5e espace intercostal, sur la ligne axillaire moyenne (ligne séparant le corps en 2 parties antérieure et postérieure).
V5 : entre V4 et V6.
V1 et V2 examinent plutôt les événements du coeur droit
V3 et V4 explorent le septum
V5 et V6 explorent le coeur gauche.
La réglementation exige qu’un ECG classique donne 12 enregistrements.
Convention Ashman d’enregistrement : elle est nécessaire pour que l’interprétation puisse être faite par tous. Elle définit des unités
• temps : 25 mm/s
• voltage : 1 cm = 1 mV.
L’enregistrement doit faire apparaître l’étalonnage au début

 

      C. ECG NORMAL

         C.1. Analyse de l’ECG standard (représentatif) D2

Il est enregistré en D2 (     ECG standard : D2 ECG normal : sujet sain - analyse des 12 dérivations).
La description d’un ECG comporte des amplitudes = déflexions et des intervalles de temps entre les déflexions.

   

         i) Les déflexions

  P QRS T U
Origine Dépolarisation auriculaire Dépolarisation ventriculaire Repolarisation ventriculaire ?
Temps 80 ms 80 ms 200 ms 80-100 ms
Amplitude 1-2 mm 10 mm 3-5 mm 1-2mm

"U" exprime probablement la hiérarchie de repolarisation ; elle peut traduire la repolarisation du tissu de conduction... elle n’a pas de pouvoir diagnostic.

          ii) Intervalles entre les déflexions

Intervalle PQ ST QT

t (ms)

160 ± 40 80 300
niveau isoélectrique

isoélectrique ± 2 mm

 
Origine

délai de conduction AV

toutes les cellules ventriculaires sont en phase de plateau de PA

durée d’excitation ventriculaire : systole ventriculaire

• PQ : temps de retard auriculo-ventriculaire : mesuré du début de P au début de Q.
• < 120 ms : conduction trop rapide : le ventricule n’a pas le temps de se remplir (excitation prématurée du ventricule)
• > 200 ms : conduction trop lente : bloc de conduction.
• ST : toutes les cellules sont excitées, le tracé est sur la ligne isoélectrique. Si toutes les cellules ne sont pas excitées en même temps, il se crée une ddp, il apparaît un décalage de ST (≥ 2 mm). Ce signe apparaît dans l’infarctus.
• QT : recouvre la durée de dépolarisation des cellules myocardique et de conduction intraventriculaire. Un espace QT variable est de mauvais pronostic dans les troubles du rythme : les variations spontanées de QT traduisent des défaut dans la durée des potentiels d’action.


         C.2. Les différentes dérivations

        i) Dérivations des membres

Le coeur a son grand axe dirigé en bas et à gauche.
Si on considère la progression du phénomène électrique à partir des différentes dérivations :

 ---> en fonction de la position de l’électrode:
• si elle est en face du vecteur, le phénomène est ample et positif
• si elle est en haut (VR), le phénomène est ample et négatif
• en VL : phénomène de faible amplitude, d’abord positif puis négatif.

L’analyse des tracés des différentes dérivations permet de déterminer l’axe électrique du coeur : c’est le chemin pris par l’onde de dépolarisation. L’axe a à peu près la direction du septum.

·       aVR, toutes les déflexions sont négatives

·       aVL : QRS positif puis négatif

·       aVF : phénomène positif, vu à 45° : amplitude moyenne.

·       D1 : positif et observation à 45° : amplitude moyenne

·       D2 : positif et de forte amplitude : la plus importante des 12 dérivations. D2 est choisi comme ECG standard. Sa direction est presque parallèle à l’axe électrique.

·       D3 : axe perpendiculaire à l’axe électrique : petite amplitude (à peu près égal à aVL).

Intérêt : localisation géographique d’une anomalie
changement d’axe : par exemple, une hypertrophie du coeur droit dévie le phénomène électrique vers la droite.

         ii) Dérivations précordiales

L’activité électrique qui se propage des oreillettes aux ventricules est plus intense vers le coeur gauche car les parois sont plus épaisses. La vitesse de conduction est constante quelque soit le myocarde : 1 m/s. Il y a plus de cellules à gauche à exciter, donc le VG est en retard par rapport au VD.
• V1 et V2 : onde R de petite taille: le vecteur du coeur droit est un phénomène de faible amplitude. On voit surtout s’éloigner le vecteur de l’excitation du VG en retard : l’onde S.
• V5 et V6 : petite onde Q représentant l’excitation du coeur droit, qui fuit en direction opposée à l’observateur. Le complexe R est très positif : caractéristique du coeur gauche.
• V3 et V4 : intermédiaire. Il y a à la fois des signes par excitation du coeur droit et du coeur gauche.


      D.
ECG ANORMAL

Trois types de troubles sont rencontrés : troubles de l’automatisme, de la conduction, de l’excitabilité (troubles de la masse myocardique excitable).

         D.1. Troubles de l’automatisme

       i) Anomalie du foyer normal

Le noeud sinusal peut être
   • trop rapide : tachycardie sinusale


   • trop lent : bradycardie sinusale
   • de fréquence variable : arythmie sinusale.
Dans tous les cas, tout ce qui est en dessous du noeud sinusal est normal : pas de modification des ondes en déflexion ou en durée.
Par exemple :
arythmie respiratoire : augmentation du rythme cardiaque en inspiration (80 - 100) et diminution en expiration (30 - 40). C’est une interférence entre centres nerveux et respiratoires, surtout vu chez l’adolescent.
on peut avoir un arrêt de contraction cardiaque (en même temps qu’une apnée) pendant la déglutition.
Dans ces observations, l’ECG est normal. Seule change la période entre 2 cycles.

       ii) Foyer ectopique

Il peut apparaître dans différents endroits du coeur

extrasystole supraventriculaire

extrasystole ventriculaire

 • au dessus des ventricules : supraventriculaire. Les impulsions d’un foyer ectopique auriculaire ou nodal sont conduites directement vers le ventricule. Il n’y a pas d’onde P. Comme la conduction est normale, le complexe QRS et T sont normaux mais il y a addition d’un QRS T sans onde P.
   • ectopie ventriculaire : une stimulation d’un foyer ectopique peut aussi naître des ventricules : extrasystole ventriculaire. Cette propagation anormale de l’excitation à travers le myocarde altère l’ECG : le complexe QRS est très élargi. L’onde T est inversée par rapport à R. L’ectopie ventriculaire peut s’observer au repos chez le sujet normal à rythme très lent, mais il disparaît à l’effort (chez les sportifs) sinon c’est pathologique.
Tout complexe supplémentaire est une extrasystole.
   • en cas de conflit entre deux foyers d’excitation, l’un normal et l’autre anormal, cela ouvre la voie à la tachycardie ventriculaire : TV (battements à 300 - 380). Les contractions produites n’ont pas d’efficacité hémodynamique et aboutissent à la fibrillation ventriculaire. C’est une urgence cardio-vasculaire.


         D.2. Troubles de la conduction

La conduction normale part du foyer sinusal, envahit les oreillettes; passe dans le faisceau de His et envahit les ventricules.
Il peut y avoir un arrêt de la conduction à chacun des trois étages : sino-atrial, auriculo-ventriculaire, intraventriculaire.

      i) bloc de conduction sino-atrial

On saute une systole : pauses au sein de l’activité électrique

      ii) bloc auriculo-ventriculaire

C’est l’augmentation de l’espace PQ, jusqu’à l’absence du QRS. On les classe en type I, II ou III. Ils nécessitent alors la pose d’un pace maker

       iii) bloc intraventriculaire

Une partie du tissu de Purkinje conduit bien, une autre moins bien.
Normalement, les complexes QRS du coeur droit et du coeur gauche fusionnent malgré le fait que le coeur gauche soit en retard par rapport au coeur droit. Si un des faisceau de His est lésé, il transmet moins vite l’excitation : on aura un dédoublement du coeur gauche - coeur droit, par excitation tardive de la masse musculaire au-delà de ce faisceau lésé.
On a le plus souvent un dédoublement de R. On peut aussi avoir un dédoublement de Q ou de S.

         D.3. Troubles de la masse excitable

Deux situations opposées existent : l’hypertrophie et la nécrose.

       i) Hypertrophie

L’hypertrophie du coeur droit se voit par exemple en cas d’hypertension artérielle pulmonaire. Elle provoque une hausse de l’amplitude du QRS car elle reflète la quantité de tissu excitable : en V1 et V2 avec onde Q profonde en V5 et V6.

       ii) Infarctus (nécrose)

Dans l’ECG normal, le segment ST est isoélectrique car toutes les cellules ventriculaires sont en plateau de dépolarisation en même temps.
Dans le cas d’un infarctus, on a une partie du myocarde qui est normale et une autre qui ne produit plus de PA, et dont l’activité électrique sera en faible PR et sans PA.
La condition isoélectrique n’est plus respectée, il y a élévation du segment ST : sus décalage de ST supérieur à 2 mm.
Ce décalage peut s’observer chez le sportif, mais il s’atténue à l’effort.

 

   V. PHYSIOLOGIE VASCULAIRE

      A. ASPECTS ANATOMIQUES

         A.1. Etude de la paroi des vaisseaux

Elle est constituée de 3 tuniques :
• couche interne : intima
• média
• adventice.

Ces éléments sont des caractéristiques de tous les vaisseaux, ce qui change est la taille et l’existence des tuniques. Les capillaires sont formés de l’intima seule.

    i) L’intima

Elle est constituée d’un épithélium monocouche de cellules endothéliales. Elle mesure 1 à 2 µ d’épaisseur .et forme une barrière entre le sang et les tissus. La dégradation de l’endothélium est à l’origine de la formation d’athérome car les cellules ne sont plus reconnues par les plaquettes.
Elle a une fonction endocrine : libération de messagers, d’hormones locales
• vers les couches voisines
• dans le flux sanguin
les messagers sont des vasoconstricteurs, vasodilatateurs...
Ces cellules sont aux premières loges pour recevoir les hormones.
Si elles se dégradent, ce rôle disparaît.

     ii) Média

Elle est constituée de :
• cellules musculaires lisses (support de la vasodilatation - vasoconstriction). Elles sont des récepteurs des messagers des cellules endothéliales.
• fibres d’élastine et de collagène qui retiennent l’expansion des vaisseaux quand la pression augmente
• élastine : rôle d’amortissement
• collagène : rôle de maintien.
en cas de sclérose, l’élastine diminue, le collagène augmente, l’élasticité diminue.
selon le type de vaisseau et le niveau de division, on trouve une prédominance d’un élément ou de l’autre.

      iii) Adventice

• circulation propre (artérioles, veinules).
 ---> les vaisseaux, jusqu’aux capillaires (non inclus) ne sont pas alimentés par le sang transporté. Cette vascularisation vasculaire porte le nom de vasa vasorum.
• rameaux nerveux : ils vont plonger dans la média pour y faire synapse « en passant ».
• riche en élastine et collagène : complète la protection assurée par la média.

Le réseau se ramifie pour former le lit vasculaire.
• Les grosses artères on une section de 1 cm environ.
• Les artérioles sont les dernières artères vraies.
• Les capillaires ont un pôle artériel et un pôle veineux. Le sang dans ce réseau n’est pas de constitution constante.
• les veinules sont de petites veines, réciproques des artérioles.
• Les veines ont un calibre de 0,5 à 1 cm.
• Les veines se regroupent en veine cave supérieure et inférieure qui vont à l’oreillette droite.
On remarque qu’à un gros tronc artériel de départ correspondent deux gros troncs veineux d’arrivée. Ce rapport est toujours le même : 2 veines pour une artère.
Ce réseau fait que les paramètres hémodynamiques changent le long des divisions.

      B. DISTRIBUTION DES PARAMETRES HEMODYNAMIQUES

         B.1. Pression

Il y a un amortissement : l’oscillation de la pression aortique diminue. Il n’y a plus d’oscillation à l’entrée dans le capillaire, où la pression est non négligeable et constante.
Ensuite, dans les veines, la pression baisse de manière linéaire.
A l’entrée des artérioles, P ≈ 90 - 100 mm Hg. A l’entrée des capillaires, elle est de 35 mm Hg.
 ---> la plus forte baisse de pression se fait dans les artérioles précapillaires qui contrôlent et régulent le débit vasculaire.
 ---> fonctionnellement, les artérioles ont le rôle le plus important : les capillaires n’ont aucun moyen de se réguler (ils ne possèdent pas de média ni d’adventice.
Un vaisseau se caractérise par :
• sa longueur
• sa section : surface de la lumière. La section d’une catégorie de vaisseau = somme des sections de chaque élément : 1000 cm².
• sa surface de parois : quand on ouvre le vaisseau et qu’on déroule sa paroi, on peut mesurer la surface intimale : 1000 m² d’épithélium.

         B.2. Section et vitesse du sang

Le long de l’arbre vasculaire; le débit est constant.

On représente la circulation sous la forme d’un double entonnoir où le débit est constant.
Plus la section est importante, plus la vitesse varie. La vitesse du sang dans les capillaires est lente, ce qui rend les échanges faciles

Q= vit x S = V(ejection) x f

 

      C. HEMODYNAMIQUE VASCULAIRE

         C.1. Ecoulement

De manière idéale, l’écoulement est laminaire : il y a différentes couches de liquides parallèles circulant à des vitesses différentes (couches concentriques). La vitesse augmente des parois vers le centre.
Les vaisseaux transportent également des cellules : les hématies se regroupent plutôt au milieu, où l’écoulement est le plus important.
 ---> peu de turbulence au niveau des parois, la vitesse est faible sur les côtés, les hématies sont regroupées au centre : elles ne risquent pas de frotter contre les parois.
Cette situation idéale n’existe pas toujours : certains vaisseaux présentent des rétrécissements alors que le débit reste constant.
• en amont : écoulement laminaire
• au niveau de la sténose : le débit est constant. Comme la section diminue, la vitesse augmente. ---> il n’y a plus de vitesse faible sur les parois
• après la sténose : phénomène de turbulence, avec des risques d’usure des GR qui vont buter contre les parois ---> lésion de la couche endothéliale, puis destruction avec agrégation des plaquettes, arrivée des GB, formation de plaques d’athérome (leur site préférentiel est au niveau des rétrécissements et des bifurcations).

  

         C.2. Débit vasculaire

         i) Débit moyen

Dans un tuyau de longueur l, et de rayon r, on observe un certain débit. Pour que le sang se déplace, il faut une différence de pression sinon on observe une stase ou un reflux.
Le vaisseau exerce une certaine résistance vasculaire : il s’oppose au passage du sang.

            ΔP
     Q = ------
            R(v)

R(v) est la résistance vasculaire

Déterminant de la résistance : loi de Poiseuille :

                  8ŋl
     R(v) = ------------
               πr(ex4)

ŋ est la viscosité. Pour un même vaisseau, plus le sang est visqueux, moins l’écoulement se fera bien. ŋ dépend de ce qu’il y a dans le sang : protéines (pas un rôle majeur) et teneur en hématie : cf. hématocrite.
• si on veut soulager un coeur fatigué on donne un anticoagulant : l’héparine diminue les résistances vasculaires.
• en cas d’insuffisance respiratoire, le sujet fabrique plus de GR ce qui augmente les résistances vasculaires et le travail cardiaque.
• une perfusion sans cellules diminue l’hématocrite et donc la résistance.
Ces relations ne sont valables qu’à partir des capillaires : quand la pression ne varie pas.

         ii) débit instantané

Pour les grosses artères, l’onde de pression oscille.

Le débit dépend de la différence de pression poussée par le coeur.
Près du coeur, dans l’aorte, la courbe de pression artérielle comprend
• une déflexion systolique
• puis l’onde dicrote.
Comme c’est une onde de pression, va peut se propager le long de la paroi des vaisseaux. Après un délai, on la retrouve de même forme, un peu retardée.
Le débit est proportionnel à ΔP.
Au début, la différence de pression est positive puis négative, puis un peu positive et enfin négative.

Une altération du calibre des vaisseaux ou de l’état des parois provoque des différences considérables de la forme de l’onde de pression, de la différence de l’onde de propagation et donc de l’onde de débit.
L’onde de pression est ce que l’on sent au pouls : elle se propage le long de la paroi. Elle est 2 (4 ?) fois plus rapide que l’onde de débit
L’onde de débit est plus complexe que l’onde de pression. C’est cette onde que l’on voit quand on fait de l’écho-Doppler.

Le sang peut reculer mais le reflux est peu important car il n’y a pas d’échange.

      iii. Relation pression - tension

Un vaisseau a une section, une épaisseur de paroi et un pression données.
La pression qui s’exerce provoque l’étirement de la paroi, comme des petits ressorts étirés tout au long de la paroi. Cette force qui tend à dilater la paroi est la tension.

Pression et tension ne sont pas la même grandeur.

T = P x r

loi de Laplace

Si le vaisseau est dilaté, la pression reste constante et le rayon augmente ---> pour une même pression sanguine, la tension va être augmentée. C’est le cas des anévrismes (souvent de l’aorte abdominale, ou des parois du coeur). Comme la tension augmente, le vaisseau se fragilise : cercle vicieux.
 ---> toute dilatation d’un segment vasculaire est condamné à se rompre entraînant une dissection aortique.

      D. LES DIFFERENTS VAISSEAU X

         D.1. Les artères

         i) Anatomie

Elle sont constituées au départ d’un gros tronc artériel, l’aorte qui donne des grosses artères qui se subdivisent en petites artères puis en artérioles (qui commandent la pression capillaire).
Le long du trajet, la composition de la média varie : La proportion de fibres élastiques et de cellules musculaires lisses varie :
• à mi chemin : même proportion
• au niveau aortique : surtout des fibres élastiques
• au niveau des artérioles (rôle régulateur) : surtout cellules musculaires lisses.
Situation dans les organes
les artères ne sont pas à la superficie (à la différence des veines qui peuvent exister à la superficie). Elle sont à la surface du squelette, côté flexion, ce qui les protège.

         ii) Hémodynamique

Ce qui cause le débit sanguin est l’onde de pression. Elle a une forme complexe au niveau des artères. Dans l’arbre artériel, la pression est pulsée : onde de pression qui garde sa forme depuis le VG :
onde d’éjection
incisure catacrote
onde dicrote : rebond de pression pendant la diastole ventriculaire.
Si on suit l’onde de pression le long de l’arbre artériel depuis l’aorte thoracique puis l’aorte abdominale, les artères rénales, le carrefour aorto-fémoral : l’onde de pression va progressivement s’atténuer par diminution simultanée de la pression systolique et de la pression diastolique. Cette diminution globale se représente par la diminution de la pression moyenne, calculée par :

                    P(s)
P(m) = P(a) + ------
                    3

Origine organique de la baisse des pressions :
la diminution de la pression moyenne est due à la résistance vasculaire.

La différence entre Ps et Pd c'est à dire la pression différentielle diminue : c’est l’amortissement par les fibres élastiques : l’élasticité artérielle amortit progressivement l’onde de pression.
Dans l’aorte, la pression forme une onde qui se propage le long des parois. Le carrefour aorto-iliaque représente un obstacle qui fait qu’une partie de l’onde se réfléchit et bute contre l’onde incidente : ainsi, au milieu de l’aorte abdominale, la pression est égale à la pression incidente + la pression réfléchie.
      au milieu de l’aorte abdominale, on observe une augmentation de la pression par rapport à la pression systolique cardiaque : la diminution de la pression n’est pas un phénomène linéaire. Or l’aorte abdominale n’est pas faite pour supporter l’excès de pression ponctuelle : elle risque de se dilater. Le rayon augmente, la tension va donc augmenter la paroi soumise à un étirement va former une poche, un anévrisme dont la rupture constitue une urgence cardiologique.
De plus, au niveau des artères rénales, il peut y avoir production de rénine et d’angiotensine : cela peut déséquilibrer le système et provoquer certains types d’hypertension.

         iii) Mesure de la pression artérielle

Technique de mesure de pression non invasive de la pression artérielle : principe de la technique de Riva Rocci.
La mesure se fait en général au niveau du bras ; mais elle peut se faire sur la jambe ou le mollet.
Le praticien met autour du bras un manchon de caoutchouc qu’il gonfle à l’aide d’une poire. Un manomètre donne la pression dans le brassard. Un stéthoscope est disposé au pli du coude.
Le sang est propulsé dans l’artère à une certaine pression
• au départ le brassard est gonflé au dessus de la pression artérielle.
• la pression de gonflement est diminuée progressivement. Quand elle est juste inférieure à la pression systolique, un peu de sang passe et ce petit jet de sang met en vibration la paroi de l’artère, provoquant le bruit de Korotkoff , différent d’un bruit de souffle ou de bruit de coeur : c’est la vibration de la paroi du fait des turbulences du sang.
• on continue à dégonfler le brassard : la pression diminue, et le bruit diminue de façon plus ou moins importante. Il est moins aigu, mais continue à être audible. Il cesse brutalement quand la pression est juste en dessous de la valeur de la pression diastolique.
La mesure doit se faire dans des conditions précises : sujet au calme, couché ou assis (sinon on observe d’importantes variations).

         iv) Valeurs des pressions artérielles

La pression est mesurées dans les conditions de repos, en cm de Hg :
• pression systolique = 10 + (le chiffre des dizaines de l’âge)
• pression diastolique = (pression diastolique / 2) + 1

              age
P(s) = 10 + ------
                10

    P(s)
P(d) = ----- + 1
    2

Exemple : 12/7

Ces chiffres représentent des valeurs moyennes qui sont des points de repère.
A l’effort :
• la pression systolique augmente
• la pression différentielle augmente
• la pression diastolique est constante ou diminue en cas de bon entraînement.
• la pression moyenne est constante.
Si à l’effort la pression différentielle diminue : signe défavorable qui marque une inadaptation à l’effort.

Anomalies de la tension :
• HTA : hypertension artérielle
Définition :
• Ps ≥ 160 mm Hg.
• Pd ≥ 90 mm Hg
 ---> HTA quand la pression moyenne augmente
 ---> Il faut plusieurs mesures pour porter le diagnostic d’HTA : il doit se vérifier dans le temps.

Des techniques ambulatoires par le port d’un brassard sur 24 h permettent de mesurer la pression de façon automatique tous les ¼ d’heure le jour et toutes les ½ heure la nuit (Holter).
L’enregistrement des valeurs permet d’avoir une bonne appréciation de la TA réelle.
• Hypotension artérielle
Ps ≤ 100 mm Hg.
L’organisme est très bien armé contre les hypotensions, à l’inverse de l’HTA  on en parle moins.

    

         D.2. Les capillaires

           i) Anatomie

Les artérioles ont une dernière division, les métartérioles à partir desquelles naissent les capillaires. Ceux-ci ont deux pôles :
• un pôle artériel
• un pôle veineux
entre les deux, le sang se modifie progressivement en raison des échanges, mais l’anatomie reste la même.
Les capillaires se résolvent ensuite en veinules.
C’est au niveau des artérioles qu’est régulée la pression capillaires. Il existe des petits sphincters au départ de chaque capillaire : les sphincters précapillaires.
 ---> la régulation de la perfusion des capillaires se fait :
• globalement par la vasomotricité des artérioles
• localement par les sphincters précapillaires.

 ---> Il n’y a pas globalement de motricité capillaire car il n’y a pas de cellules musculaires au niveau des capillaires. La régulation se fait en amont.
Au niveau microscopique, le capillaire est uniquement formé de l’intima : les cellules endothéliales. Il existe néanmoins différents types de capillaires qui auront des aptitudes particulières aux fonctions d’échange.

• capillaires dont les cellules endothéliales sont parfaitement jointives : capillaires continus.
• capillaires où il existe des espaces entre les cellules endothéliales, permettant potentiellement le passage de substance de la lumière capillaire vers les tissus et inversement : capillaires discontinus.
capillaires dont les cellules endothéliales sont très fines : les 2 membranes de la cellules endothéliale se rencontrent et forment des pores : capillaires fenêtrés

Les capillaires n’ont ni média ni adventice : pas de cellules musculaires lisses. Cependant, le long des capillaires il existe de proche en proche des cellules contractiles qui prennent en écharpe le capillaire et resserrent le capillaire sous l’effet de facteurs locaux : ce sont les péricytes (cellules non innervées à fonction locale de régulation de l’écoulement).

           ii) Hémodynamique

Tout est adapté aux fonctions d’échange.
Du fait du grand nombre de capillaires et de la constance du débit, l’écoulement est le plus lent de toute la circulation : v = 0,5 mm/s ce qui laisse le temps aux échanges capillaires - tissus et inversement.
Les GR doivent se déformer pour circuler dans les capillaires dont le diamètre est de 8 µ : l’écoulement n’est plus laminaire. Les GR assurent un brossage des parois de cellules endothéliales ce qui favorise le renouvellement des cellules.

            iii) Les échanges

Ils sont réalisés par trois mécanismes :

  --> Filtration

Elle s’effectue à travers toutes les ouvertures, dans les capillaires discontinus et fenêtrés. C’est l’ensemble soluté et solvant de la phase aqueuse qui passe à travers les pores de ces capillaires.
Les phénomènes de filtration sont régis par le phénomène de Starling.
Le moteur est :
• la pression hydrostatique d’une part (pression sanguine et pression hydrostatique des tissus)
• une pression osmotique d’autre part : la pression oncotique développée par les protéines du plasma.
Il existe un petit excédent d’eau pour les tissus qui est récupéré par le système lymphatique (oedèmes si défaillant).
La filtration représente moins de 10 % des échanges entre le sang et les tissus.

  --> Diffusion

Le plus gros des échanges se fait par déplacement des solutés sans déplacement d’eau : par diffusion.
Cette diffusion se fait
• à travers les membranes pour les substances liposolubles (hydrophobes) : CO2, O2, alcool, médicaments (il entre alors dans toutes les cellules ---> effets secondaires).
• les substances hydrophiles : glucose, a.a. diffusent bien mais sans traverser la membrane : uniquement où il y a des fenestrations ou discontinuités.

  --> Transports

Ce sont des phénomènes actifs. Ils interviennent dans 2 circonstances surtout :
• quand le transport se fait à l’opposé d’un gradient de concentration par un transporteur consommant de l’ATP.
• quand la substance est trop volumineuse pour passer à travers les pores, grâce à un ensemble d’endocytose - exocytose : la substance est enfermée dans une vésicule et expulsée de l’autre côté de la cellule.

 

         D.3. Les veines

Anatomie :

• 2 veines accompagnent une artère : ce sont les veines profondes. L’ensemble artère et veines est entouré d’une enveloppe fibreuse protectrice, peu extensible.
• Il existe un réseau veineux superficiel.
• Les deux réseaux sont anastomosés par des veines perforantes.
(Le double réseau permet par exemple l’ablation de veines superficielles dilatées).
La pression veineuse est au maximum de 20 à 25 mm Hg : la pression hydrostatique est très supérieure à la pression veineuse.
La pression veineuse est insuffisante pour faire remonter le sang au coeur.

 ---> les veines situées sous le niveau du coeur sont équipées de valvules :
• dans les veines profondes : valvules pariétales
• dans les perforantes : valvules ostiales. Elles empêchent le sang de refluer du réseau profond au réseau superficiel.
Quand il survient une surpression dans les veines, en particulier quand les valvules sont incompétentes, il y a stagnation du sang dans les veines inférieures. Les valvules ostiales sont forcée, à l’origine de varices.