description
Physiologie
Systeme de régulation Communications inter-cellulaire Physiologie de la membrane cellulaire Organisation du systeme nerveux
Physiologie du muscle Physiologie de la respiration Compartiments liquidiens Physiologie renale
Physiologie de la Medullo-surrenale Bio energetique Physiologie Cardiaque et cardio vasculaire Physiologie digestive
Glande thyroide Vision Action de l'insuline et du glucagon Hormones corticosurrenaliennes
Audition Physiologie du calcium, du phosphore et de l'os le fer  

 

Communications inter-cellulaire

 

Au début, la vie était sous forme unicellulaire. L’apparition des êtres pluricellulaires implique l’existence de communications.


   I.
LES MECANISMES DES COMMUNICATIONS

       A. Jonctions GAP

GAP = jonction perméable.
Il existe entre les cellules adjacentes des voies de passage (appelées aussi jonctions serrées) pour des molécules, ions ou molécules informationnelles (jusqu’à un poids de 3000 : peptides).
Ce sont des tuyaux protéiques de quelques dizaines de nm de diamètre
Les passages se font dans les deux sens grâce aux gradients de concentration : ces jonctions sont peu sélectives, perméables.
Elles constituent des liaisons de courte portée en général (sauf au niveau du myocarde : la propagation est très longue car il existe des milliers de jonction GAP).

          B. Les protéines membranaires

Protéines contact ou protéines reconnaissance. Elles sont enchâssées dans la membrane. Ces protéines d’adhésion appartiennent à la superfamille des intégrines. Les contacts intercellulaires assurent la régulation du développement, de la prolifération, de la différenciation cellulaire et en particulier de l’arrêt de la multiplication cellulaire.
Quand le mécanisme ne fonctionne plus, certaines cellules ne reconnaissent plus le signal d’arrêt de mitose --> cancérisation.

         C. Mécanisme paracrine et autocrine

Une cellule produit dans le milieu extra-cellulaire des substances chimiques qui agissent sur les cellules voisines ou sur la cellule elle-même.
La régulation des organes commence par la régulation paracrine..
La cellule est délimitée par une membrane contenant des phospholipides. Si elle est agressée, la membrane est lésée en premier. Son altération provoque une diffusion de métabolites lipidiques qui prévient les autres cellules du danger : mécanisme paracrine ou qui permet à la cellule elle-même de réagir : mécanisme autocrines.
si on augmente la distance entre cellules, la diffusion est insuffisante. C’est une communication locale ou régionale.

Les régulations à grande distance font intervenir la voie endocrine par la circulation et les communications synaptiques (système nerveux)

          D. Mécanisme endocrine

La voie de transport est la circulation. Des cellules sécrétrices libèrent dans la circulation sanguine une molécule qui va agir à distance : c’est une hormone. Son action est systémique (c'est à dire qui concerne l’ensemble des systèmes de l’organisme).

          E. Communications synaptiques

C’est la jonction entre la terminaison d’un neurone et la cellule effectrice avec libération d’un neurotransmetteur. Il est contenu dans des vésicules à la terminaison de l’axone et est libéré au voisinage immédiat de la cellule cible et n’agit que sur celle-ci.

Les mécanismes endocriniens et synaptiques sont phylogéniquement comparables. Le système endocrinien a une action systémique et le système synaptique une action locale. La vitesse est également différente.

Jonction GAP Protéine membranaire mécanisme autocrine et paracrine Communication endocrine Communication synaptique
Mise en jeu locale locale locale et régionale systémique locale

      Schéma des différents types de communications intercellulaires

Quel que soit le mode de communication, les molécules informationnelles appelées ligands vont se fixer sur des récepteurs. La transduction du signal va entraîner la réponse cellulaire.


   II.
LES LIGANDS NATURELS

Encore appelés endogènes : ils viennent de l’intérieur de l’organisme. Le récepteur est la structure qui lie le ligand. Ce sont les hormones ou les neurotransmetteurs (ou mixtes).

          A. Molécules hydrophiles

Type chimique famille Neurotransmetteur Hormone
Acétylcholine Ach (seul représentant) ACh
Amines
R-NH2
Catécholamines Noradrénaline (NA)
Dopamine
Adrénaline (A)
Autres Histamine (His)
Sérotonine (5HT)
Histamine, Sérotonine
Acides aminés
COOH-R-NH2
Inhibiteurs Glycine, GABA
Excitateurs a. aspartique, a. glutamique
Purines Adénosine (ADO),
AMP, ADP, ATP
Adénosine
Peptides Opioïdes enképhalines, endorphine
Autres ~ 80 dont Gastrine, CCK... ~ 80 dont ADH, PTH...
NO
CO
gaz dissous, très réactif NO (local)

L’acétyl choline est le neurotransmetteur de la motricité (muscles volontaires) et des jonctions ganglionnaires du système nerveux autonome. Il est le résultat de la condensation d’un acétate et d’une base, la choline.
Le groupe des amines est dérivé des acides aminés, caractérisé par la présence d’un radical et d’une fonction amine NH2.
si le radical est benzénique ce sont des catécholamines

NA : Noradrénaline : c’est essentiellement un neurotransmetteur du système nerveux sympathique (mais certaines cellules en produisent)
L’adrénaline n’est pas un neurotransmetteur mais une hormone (hormone du stress, de la vigilance)..
 

La Dopamine est le précurseur de A et NA.
radical différent :
L’histamine est un neurotransmetteur (digestion) ou une hormone (inflammation - allergie)
Sérotonine : 5 Hydroxy tryptamine (5HT) : neurotransmetteur ou hormone

Acides aminés
Inhibiteurs du système nerveux
Le GABA : acide gamma amino butyrique agit dans le cerveau. Aucune hormone n’est un a.a. natif : nécessité de l’intervention d’une décarboxylase.
glycine :le plus petit acide aminé.
Excitateurs du système nerveux : ASP et GLU
Purines : bases qui servent à fabriquer des acides nucléiques. Ce sont les plus volumineuses. C’est surtout l’adénine qui est utilisée. Elle se fixe à un ribose pour former l’adénosine.
Elle peur fixer un acide phosphorique pour forme l’AMP puis ADP, ATP. L’AMPc est un messager. Elles sont des transmetteurs purinergiques. C’est une fonction différente du support d’énergie qu’elles ont à l’intérieur de la cellule.
L’adénosine est une hormone locale : c’est le plus puissant vasodilatateur coronaire.

Parmi les peptides :
les endorphines, opioïdes endogènes analogues aux substances opiacées d’origine végétale. L’organisme en fabrique de très petites quantités. Ils ont une analogie d’action avec la morphine : antalgiques et euphorisantes (dans l’effort).
toutes les hormones peptidiques sont aussi des neurotransmetteurs dans certaines zones du cerveau ou de l’organisme. (ADH ou vasopressine : hormone de réabsorption de l’eau).

Gaz dissous : découverte récente. Ils sont de dosage très difficile (très faible concentration – labiles)
Monoxyde de carbone : substance toxique. A très faible concentration ils jouent un rôle de neurotransmetteur.
NO monoxyde d’azote. Il lui manque un électron (comme un radical libre). Puissant vasodilatateur


          B.
Substances lipophiles

Type chimique famille Neurotransmetteurr Hormone
Stéroïdes Glucocorticoïdes
Minéralo-corticoïdes
  Cortisol
Aldostérone
Hormones sexuelles   Testostérone, Androgènes, Œstrogènes, Progestérone
Thyroïde     T3, T4
Eicosanoïdes     Prostaglandines (PG)
Thromboxane (TX)
Leucotriènes (LT)


• Les stéroïdes sont dérivés du cholestérol
   • corticostéroïdes.
   • hormones sexuelles
   • Minéralo-corticoïdes,
Ce sont des hormones et pas des neurotransmetteurs : leur hydrophobie en est la cause.
• Les hormones thyroïdiennes sont exclusivement des hormones.
• Les eicosanoïdes sont des dérivés d’acides gras en C20 (arachidonate). Ils sont amphiphiles (simultanément lipophiles et hydrophiles). Ce sont essentiellement des hormones, à rôle capital dans les régulations locales : fonctions auto et paracrine. On n’a pas la preuve qu’ils peuvent être neurotransmetteurs. Les leucotriènes modulent la fonction des leucocytes.

 

   III. RECEPTEURS ( NATURE ET MECANISME) - TRANSDUCTION

 Les récepteurs sont des structures moléculaires appartenant à la cellule cible et qui fixent un ligand de manière spécifique. La liaison récepteur - ligand est à l’origine de la réponse cellulaire.
On décrit 4 types de récepteurs ayant chacun un mode de transduction. Les 3 premiers sont adaptés aux molécules hydrophiles. Si le ligand est hydrophile, soluble dans l’eau, il ne peut pas traverser la membrane qui est hydrophobe. Il y a donc nécessité d’un récepteur. C’est une volumineuse protéine de la membrane. Les stéroïdes (ex : les minéralo-corticoïdes qui jouent un rôle dans l’équilibre des ions et de l’eau) sont liposolubles et n’ont pas besoin de récepteur membranaire : le récepteur est ailleurs.

          A.
Canaux ioniques

C’est une grosse protéine qui permet le passage de différents ions. Le canal est aussi le récepteur : il change sa conformation pour former le canal. Il y a essentiellement une variation du potentiel de repos (ordre de la ms). Il n’y a pas d’intermédiaire, la réponse est immédiate, aucune régulation n’intervient. tout ou rien. Ce sont des récepteurs canaux. (Le seul messager agissant par ce système est l’ACTH).

          B. Récepteur à médiation par une protéine intermédiaire

L’effecteur est
   • un canal ionique : la réponse est une variation du potentiel de repos
   • une enzyme.

la fixation ligand - récepteur donne la réponse finale grâce à un intermédiaire : les protéines G (protéine à base guanine). Elles sont capables de lier successivement GTP et GDP. Elles sont ubiquitaires.
Le complexe ligands - récepteur rend la protéine G active et elle va agir sur l’effecteur.
Il existe des protéines G inhibitrices et activatrices.

Si l’effecteur final est une enzyme, elle peut agir sur un substrat qui est l’ATP qui donne l’AMP cyclique et 2 Phosphates. Il y a production d’AMPc qui est un second messager. Selon le type d’enzyme, il y a différents seconds messagers. Ils activent des enzymes : les protéines kinases (qui phosphorylent). Les PK activent d’autres protéines par phopshorylation. Le résultat est une protéine phosphate. Ces protéines sont n’importe quelle enzyme cellulaire ou un canal. C’est une des voies de régulation des canaux. Cela peut être un récepteur qui va plus ou moins lier le ligand en fonction de son état de phosphorylation.

Les types de second messager ne sont pas très nombreux :

   B.1) Les nucléotides

   B.2) Les phospholipides : à base de triglycérol, deux acides gras et une base. Si la base est l’inositol :

                        (Il y a d’autres types de phospholipases)

 

   B.3) Ions : le calcium Ca2+

Le temps de réponse est plus long de l’ordre de la seconde : pas utilisable pour un réflexe musculaire.
les possibilités de régulations sont nombreuses.

          C. Le récepteur est l’enzyme

Ce sont essentiellement les récepteurs à tyrosine kinase.
Ils agissent directement sur les protéines pour les phosphoryler. Ils phosphorylent les protéines fonctionnelles sur leur résidu tyrosine. Ces récepteurs sont liés à la croissance et à la différenciation des organes et des tissus. Le ligand est un facteur de croissance (hormone de croissance, TGF...). Ils interviennent principalement pendant le développement prénatal (régulation génétique et mitotique).
 --> ils agissent à long terme et font l’objet de régulations fines.
Ils vont agir au niveau nucléaire synthèse d’ARNm, activation des ribosomes….
Ce mécanisme avec déclenchement de synthèse protéique dure de quelques minutes à plusieurs heures.

          D. Ligands lipophiles

A l’inverse des trois premiers cas où les récepteurs sont sur la membrane car les ligands sont hydrophiles, ici le ligand est lipophile et passe la membrane.
Dans le plasma et le LI, ils sont liés à des protéines de transport plus ou moins spécifiques, qui sont très importantes dans la médiation.
Le passage membranaire est très facile puisque la membrane est lipidique : diffusion libre à travers la membrane.
Dans le cytoplasme aqueux, il se lie à un récepteur intra-cytoplasmique, et le couple (stéroïde - récepteur) migre au niveau nucléaire. Il se lie au DNA qui code pour la synthèse protéique : action génomique. Ce mécanisme avec déclenchement de synthèse protéique (comme le précédent) dure de quelques minutes à plusieurs heures.

          E. Configuration des récepteurs

   E.1) Récepteurs à canaux

Ce sont des structures énormes constituées de plusieurs protéines (au moins 4 : tétramère de 4 sous unités α) avec une partie réceptrice sur l’un des 4 édifices. Ils sont à la fois récepteur, transducteur et canal.

   E.2) Récepteurs à protéine G

la configuration est identique pour tous. Ils sont constitués d’une chaîne protéique qui traverse 7 fois la membrane : il y a 7 domaines intra-membranaires (7 zones hélicoïdales) réunis par des boucles.
La partie N terminale est à l’extérieur
La partie C terminale, très grande est dans la cellule. Elle subit le contact avec la protéine G.
  

 

   E.3) Récepteurs enzymatiques

Ils présentent :
   • une grosse partie N terminale extra-cellulaire, lieu de fixation de l’hormone
   • un seul domaine intra-membranaire
   • une partie intracellulaire C terminale portant la fonction enzymatique.
Dans la plupart des cas le ligand se fixe sur 2 récepteurs.
Il s’agit quelquefois de 2 récepteurs hétérologues.

La fonction enzymatique ne peut pas s’exprimer sur le monomère.

 
  

   E.4) Récepteurs intracellulaires

La protéine est sous forme parallélipèdique. On identifie plusieurs zones :
un site de liaison avec l’hormone
un site de régulation
un site de liaison avec le DNA. le DNA a une structure hélicoïdale. La protéine émet des doigts, des repliements, qui vont enserrer une boucle de DNA, verrouillés par deux atomes de zinc. Cette partie réceptrice est appelée les doigts de zinc.