Les aliments dans l'estomac et la sécrétion gastrique
L’estomac est un organe de stockage des
aliments. Notre intestin est incapable de recevoir tous les
aliments de la journée en un temps court. Notre alimentation
est discontinue. L’estomac stocke et sa vidange est fonction
des possibilités d’absorption de l’intestin.
Il a donc un rôle de réservoir et de distributeur du chyme :
mélange des aliments et des sécrétions. pendant la vidange
gastrique.
Il présente aussi une sécrétion donc il a un rôle dans la
digestion.
Il sécrète aussi le facteur intrinsèque : rôle dans la
formation de l’hémoglobine (par vit B 12).
I. LE REMPLISSAGE GASTRIQUE
L’estomac
pèse environ 1 % du poids du corps. Sa surface moyenne est de
800 cm².
Il a une portion cardiale et une portion pylorique Le pylore a
un rôle essentiel dans la distribution du chyme gastrique.
L’estomac peut recevoir de ½ à 2 l. d’aliments.
Il est capable de se dilater. Il n’est jamais complètement
vide (il contient du liquide et il existe une poche à air).
Au début du repas, la motricité de l’estomac est faible et il
y a un phénomène de distension. La motricité ne se met pas
tout de suite en route. Les aliments qui arrivent par
l’oesophage se placent en couches successives. Les aliments au
contact de la sécrétion gastrique sont à la périphérie, contre
le pourtour de la cavité. L’amylase salivaire continue son
action au milieu, là où le pH est encore compatible avec son
activité. Puis elle sera inactivée, détruite par les sucs
gastriques quand la motricité devient trop importante.
La capacité que possède l’estomac à recevoir les aliments sans
grande augmentation de pression est due à un phénomène de
relaxation du fundus : baisse du tonus fundique.
II. LA SECRETION GASTRIQUE
A. Etude du suc gastrique
A.1. Chez les chiens
Pour
obtenir du suc gastrique pur, on fait des poches gastriques
qui maintiennent la continuité du tube digestif. On isole une
fraction de l’estomac, reliée à l’extérieur : permet de
recueillir des sécrétions ou d’introduire des substances.
Les expériences sont faites en chronique.
• les poches de Pavlov gardent l’innervation
• les poches de Heidenhain sont énervées : suppression de l’innervation
extrinsèque (gardent la circulation sanguine).
--> On différencie ainsi ce qui est dû au système nerveux
et aux systèmes hormonaux.
A.1.2. Chez l’homme
On utilise des sondes qu’on fait passer par la bouche ou par le nez, et on un récupère un liquide, normalement incolore, légèrement visqueux, en raison de la présence de mucus, et dont l’aspect varie en fonction du débit. Le problème est que le liquide est contaminé par la salive, parfois par du sang (particularité du tube digestif : la vascularisation est très proche de la cavité gastrique (de même pour la paroi intestinale : rôle important dans l’absorption) : passage de sang possible à travers l’épithélium, sans caractère forcément pathologique). La présence de bile donne une couleur verte ou brune en cas de reflux duodéno-gastrique.
B. Composition du suc gastrique
B.1.) L’eau et les électrolytes
i Description
Le suc gastrique est une solution isotonique au
plasma.
Il contient de l’eau et des ions : H+, Cl-, Na+, K+, Ca2+,
HCO3-.
La caractéristique essentielle est la sécrétion de H+ et Cl-,
donnant l’acide chlorhydrique HCl.
La sécrétion d’HCl est importante : en l’absence d’aliments,
le pH de l’estomac descend à 1 voire à < 1 lors d’une
stimulation maximale chez le sujet à jeun (évite l’effet
tampon des aliments).
Chez l’hypersécrétant : pH < 0,9.
Dans les conditions physiologiques, la chute du pH est
ralentie par le pouvoir tampon des aliments, les protéines
surtout.
Chez les nourrissons, le pH du lait est neutre : le pH
intragastrique au moment des biberons le pH monte au contraire
de l’adulte où le repas fait diminuer le pH.
C’est une sécrétion constante, quasi permanente chez l’adulte
jeune, spontanée, qui évolue dans le temps selon un rythme
biologique : à 2 h du matin, elle est minimale, le pH est
proche de la neutralité, ≈ 7.
Le débit : Q = 1,5 à 2 l / 24 h.
Il varie en fonction des individus, de l’âge, du sexe et des
conditions pathologiques.
• Chez les hypersécrétants, il peut atteindre 3 à 4 l / 24 h.
• En cas de maladie de Zollinger Ellison, la sécrétion atteint 8 l / 24 h.
Elle est due à un gastrinome, tumeur du tissu qui sécrète la
gastrine en situation ectopique au niveau du pancréas.
stimulation maximale de l’estomac.
ii Les mécanismes de la sécrétion hydroélectrolytique
Les
cellules responsables de la sécrétion acide, les cellule
acido-sécrétantes présentent des invaginations de leur
membrane apicale. Leur stimulation entraîne des modifications
des cellules : disparition des vésicules et augmentation des
canalicules. La surface augmente de 6 à 10 fois. La surface
efficace est de 30 m². La stimulation maximale entraîne une
production d’HCl de 30 à 35 mEq/h. Dans un volume de 250 ml,
cela aboutit à un pH de 1. La concentration en H+ est alors
106 fois plus forte que celle du sang. Cela implique une forte
production de H+.
Le mécanisme de sécrétion est actif nécessitant de l’ATP.
Sous l’effet d’une stimulation, c’est le métabolisme
énergétique (glycolyse, ß oxydation) --> acétyl CoA --> cycle de Krebs) de ces
cellules acido sécrétantes qui va donner les protons. Le
mécanisme énergétique est l’oxydation, la déshydrogénation des
différents substrats.
Une partie des H+ est utilisée sur la chaîne respiratoire pour
produire de l’ATP, le reste sert à la formation de HCl.
Le métabolisme produit des H+, des e-, de l’ATP et du CO2.
Les H+ sont expulsés activement dans la
lumière gastrique en échange avec du K+ : c’est un
mécanisme d’échange qui nécessite de l’énergie et qui enrichit
le milieu intra cellulaire en K+ grâce à une pompe H+ K+
ATPase consommatrice d’ATP.
Des électrons isolés se retrouvent disponibles.
2 e- vont réagir avec ½ O2 :
2 e- + ½ O2 ----> O2-.
O2- est un ion très réactif qui va réagir avec l’eau environnante :
O2-.+
H2O ----> 2 OH-
Les
ions OH- peuvent redonner de l’eau à condition de retrouver
des protons.
--> il faut une autre production de protons que celle
du métabolisme : intervention du CO2 sous l’effet de l’anhydrase
carbonique, va réagir avec de l’eau pour former des
bicarbonates et H+.
CO2 + H2O ----> HCO3- + H+ grâce à l’anhydrase
carbonique.
Le CO2 est d’origine
plasmatique
ou issu du métabolisme de la cellule.
Les 2 OH- redonneront 2 H2O en réagissant avec H+.
Les HCO3- ressortent dans le plasma.
Donc, quand on stimule la sécrétion
gastrique, la concentration plasmatique de HCO3- augmente :
alcalinisation du sang : alcalose post prandiale transitoire.
Les HCO3- qui sortent dans le plasma sont échangés au niveau
de la membrane basale contre des ions Cl- qui entrent dans la
cellule gastrique avec des ions Na.
Ils vont sortir à la membrane apicale avec K+ : le potassium
ne participe pas à la sortie des H+ -->
le potassium a une sécrétion relativement faible dans
l’estomac : en général, il est échangé contre un H+.
Le sodium ressort au niveau de la membrane basale par
l’intermédiaire de la Na-K ATPase qui maintient les
concentrations en Na et K entre le milieu extérieur et
intérieur ; Les pompes nécessitent de l’énergie
--> la sécrétion gastrique dépense beaucoup
d’énergie.
L’eau suit le passage des ions selon les lois osmotiques.
iii Rôle de l’acidité
• Le rôle digestif du milieu acide est de
dénaturer les protéines. Leur structure tertiaire et
quaternaire est modifiée, on obtient une chaîne d’acides
aminés linéaire, ce qui favorise l’action des enzymes.
• Le pH acide n’est pas favorable à la prolifération des germes : action
antiseptique sauf pour Helicobacter, découvert il y a une
dizaine d’année, responsable des ulcéres gastro duodénaux.
• L’acidité provoque l’ionisation des constituants minéraux, favorisant
leur absorption (fer, zinc, Calcium...)
iv Les variations de la composition du liquide gastrique
On observe des variations dans les
concentrations des électrolytes du suc gastrique en fonction
du débit :
• quand le débit augmente :
• la concentration de Na diminue
• la concentration de H+ augmente
• la concentration de K+ et Cl- varient peu, restent relativement proches
des valeurs plasmatiques.
• si on considère le débit de sécrétion des ions en fonction du débit de
sécrétion gastrique :
• Na+ : débit constant
• H+ et Cl- : leur débit augmente avec le débit
gastrique.
Ces variations ont été expliquées par Pavlov et Hollander. Ils
ont présenté la théorie de la double composante : il existe
deux sécrétions qui se mélangent. Ce sont les différences de
proportion de ces deux solutions qui donnent les modifications
de concentration.
Les deux solutions sont isotoniques au plasma.
Ces deux sécrétions sont :
• la sécrétion acide primaire provenant des cellules acido-sécrétantes : cellules pariétales.
|
ion |
concentration en mEq/l |
|
Na |
~ 0 |
|
K+ |
17 |
|
Cl- |
166 |
|
H+ |
149 |
• la sécrétion alcaline provenant des cellules épithéliales :
|
ion |
concentration en mEq/l |
|
Na+ |
137 |
|
K+ |
6 |
|
Cl- |
118 |
|
HCO3- |
25 |
Na+ n’est présent que dans la sécrétion
alcaline.
K+ et Cl- sont présents dans les deux solutions, donc leur
concentration ne varie pas trop en fonction des proportions
des deux solutions.
H+ n’est présent que dans la sécrétion acide, les bicarbonates
que dans la sécrétion alcaline ;
La concentration en H+ en HCO3- et Na+ varie en fonction du
débit.
Pour un débit élevé, on atteint des concentrations élevées en
H+ : 149 mEq /l. Au maximum [H+] = 160 mEq/l. (réabsroption
d’eau).
Quand le débit augmente c’est la sécrétion acide qui augmente.
Les ions H+ neutralisent localement les ions HCO3-.
La sécrétion alcaline joue un rôle important dans la
protection de la paroi gastrique. Sa sécrétion est presque
constante. Le débit est de 0,4 mEq/h. Elle est pratiquement la
seule quand le débit est faible (la nuit on se rapproche de la
neutralité).
Importance du rôle tampon des bicarbonates : il existe un
phénomène de rétrodiffusion des ions H+ gastriques en
direction des cellules acido-sécrétantes. Il est échangé
contre du Na+ cellulaire.
C’est important en pathologie car c’est un mécanisme qui peut
augmenter et explique certains phénomènes d’ulcération de la
paroi gastrique car il y a acidification et mort cellulaire.
Les sels biliaires, présents en cas de reflux
duodéno-gastrique, l’alcool favorisent cette rétrodiffusion
des ions H+ en faisant floculer le mucus. L’aspirine joue en
rôle en limitant la sécrétion du mucus (ainsi que les
solutions hypertoniques).
B.2) Les composants organiques
Ils sont nombreux. Leur poids est de 3 g/l environ.
i Les glycoprotéines du mucus
Ce sont des macromolécules formées d’une chaîne
polypeptidique sur laquelle sont greffées de courtes chaînes
glucidiques : elles renferment du galactose, des hexosamines,
de l’acide sialique. Elles ont un PM relativement élevé : de
2.106. Elles forment le mucus, qui joue un rôle protecteur
important de l’épithélium couplé à la sécrétion alcaline. Il
est collé le long de la paroi, joue un rôle essentiel
protecteur.
Le gel muqueux forme au niveau des cellules épithéliales une
couche qui retient dans ses mailles la sécrétion alcaline
primaire capable de neutraliser les ions H+ rétrodiffusant de
la lumière vers les cellules épithéliales. Il existe
d’ailleurs un gradient de pH dans la couche de mucus allant
d’un pH relativement acide du côté luminal à un pH légèrement
basique du côté épithélial. Toute diminution de la sécrétion
de HCO3- par les cellules épithéliales, ou de la synthèse des
glycoprotéines conduira à un affaiblissement de cette barrière
de protection. (agressions physiques : corps étranger, alcool
: fait floculer les protéines, aspirine agit sur la synthèse)
ii Le facteur intrinsèque
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Il
subit la même régulation que la sécrétion acide.
Sa concentration est faible, mais son rôle est important.
C’est une glycoprotéine de PM 55000 sécrétée par les cellules
pariétales. Il est essentiellement le cofacteur de
l’absorption de la vitamine B12. Il forme en effet avec la
vitamine B12 apportée par l’alimentation un complexe non
dialysable restant intact jusqu’à l’iléon : cela lui permet
d’atteindre sans dommage son lieu d’absorption, la protégeant
des enzymes (notamment pancréatiques).
Au niveau de l’iléon, il se lie aux récepteurs membranaires
spécifiques (qui ne reconnaissent que le complexe), permettant
le transport actif de la vit. B12 dans la circulation.
Cette vitamine intervient dans le métabolisme des acides
nucléiques essentiels à la formation des hématies. Si elle
n’est pas bien absorbée, on observe une anémie de Biermer.
(diagnostic facile car achlorhydrie).
Le facteur intrinsèque est sécrété en quantité largement
excédentaire par rapport à la quantité de vit. B12 à
complexer. Sa sécrétion est stimulée par tous les stimulants
de la sécrétion acide.
Il est parfois absent (le plus souvent avec absence de
sécrétion acide). anémie. (la
sécrétion acide avec l’âge –
surtout chez la femme).
iii La pepsine
Elle est caractéristique de la sécrétion
gastrique.
• C’est une endopeptidase de PM 42500 qui découpe les chaînes peptidiques.
Elle représente l’activité protéolytique du suc gastrique et
dégrade 15 % des protéines alimentaires en peptides plus ou
moins longs.
• Elle est sécrétée par exocytose par les cellules principales sous forme
de pepsinogène (proenzyme).
• A partir d’un pH < 5,5 il y a conversion du pepsinogène en pepsine par
perte d’une fraction protéique. Cette hydrolyse du précurseur
est une activité autocatalytique : la pepsine va activer le
pepsinogène en pepsine.
• La courbe d’activité est biphasique avec activité maximale à pH 1,6 (les
protéines sont dénaturées à ce pH).
• Elle agit sur la caséine, la sérum albumine, l’ovalbumine et
l’hémoglobine. Son effet est d’autant plus marqué que la
protéine est riche en acides aminés aromatiques
(phénylalanine, tryptophane, tyrosine).
• Son action est inhibée par des substances comme le mucus ou les
polysaccharides (inhibition par compétition caar ces
substances sont aussi des substrats pour la pepsine).
• Il y a corrélation entre le débit acide et celui de pepsine (les
stimulants sont identiques).
iv Autres substances (moins importantes mais
de concentration significative).
• La cathepsine : c’est une enzyme
protéolytique. Sa concentration est plus faible que la pepsine
et son rôle moins important.
• La lipase gastrique : activité faible par rapport à la lipase
pancréatique. Elle permet au nourrisson d’absorber les lipides
car la sécrétion de lipase pancréatique n’est pas suffisante
et immature. Elle agit à pH acide. Son action se poursuit donc
jusqu’aux premiers cm du duodénum.
• La chymosine : enzyme activée par HCl. Elle assure la digestion du lait
par coagulation de la caséine.
• Enzymes cellulaires : leur présence est liée à la cinétique cellulaire,
la desquamation des cellules. Leur action éventuelle est
probablement nulle car elles agissent à pH neutre.
• Autres protéines : ce sont des protéines plasmatiques qui passent dans
les espaces interstitiels puis dans le suc gastrique où on
peut les analyser par electrophorèse. Cette fuite protéique
peut devenir massive dans les gastropathies exsudatives
(maladie de Ménétrier) --> chute importante de concentration des
protéines plasmatiques.
III. CONTROLE DE LA SECRETION GASTRIQUE
Expériences
chez le chien : si on enlève des fragments de l’estomac, on
modifie les sécrétions. La résection d’une partie de l’antre baisse
la sécrétion. Si on enlève la totalité de l’antre : il n’y a
plus de sécrétion gastrique.
----> il existe une substance délivrée par l’antre provoquant la sécrétion
acide : preuve de l’existence de la gastrine.
A. Les stimulants de la sécrétion gastrique
A.1. la gastrine
C’est une hormone sécrétée par les cellules G présentes dans l’antre, mais aussi le duodénum et le pancréas (tête).
i Les différentes molécules à activité gastrinique : petits peptides
• G 17 : 17 a.a., ou gastrine légère. PM
= 2114. C’est la principale. Elle est plutôt d’origine antrale.
Sa demi-vie est courte : 1,5 à 3 mn. Elle possède la plus
grande activité. Elle est 2 à 5 fois plus active que G 34.
• G 34 : 34 a.a.. C’est l’association de G 17 et d’un peptide inactif de
17 a.a. (libéré par une pepsine du milieu intérieur). Son
origine est plutôt duodénale. Sa demi-vie est de 15 à 18 mn. .
• G 14 ou minigastrine : 14 a.a. Sa demi-vie est courte (à peu près comme
G17).
• il existe un précurseur de G 34, la Progastrine : non active, composée
de G 34 et d’une chaîne polypeptidique.
Les gastrines existent sous 2 formes selon qu’elle est
sulfatée ou non.
ii Concentration sanguine - Métabolisme
• Le dosage plasmatique se fait par
radio-immunochimie.
• Le taux de base plasmatique : la gastrinémie à jeun est de 15 à 80 pg/ml
de sang.
• La gastrinémie augmente à la suite d’un repas. On peut trouver des taux
doubles voire triples.
• L’élimination de la gastrine se fait pour 40 % au niveau du rein. Elle
est catabolisée car il n’y en a sous cette forme que 1 % dans
les urines. Chez les insuffisants rénaux, la gastrinémie est
plus élevée, donc la sécrétion acide plus abondante et les
risques d’ulcères plus importants. Le reste de la gastrine est
catabolisé au niveau de l’intestin grêle car on observe une
diminution de sa concentration entre le versant artériel et le
versant veineux du système mésentérique.
iii Rôle de la gastrine (La gastrine stimule la sécrétion salivaire, mais à des doses pharmacologiques. C’est la phase gastro-intestinale de la sécrétion salivaire)
Expériences
des poches de Heidenhain : quand on diminue la taille de
l'antre, le débit diminue pour devenir à peu près nul en cas
de résection totale. La gastrine antrale est nécessaire à la
sécrétion acide.
La gastrine libérée par les cellules G, transportée par le
courant sanguin, agit sur les cellules pariétales : elle
entraîne une sécrétion acide et une sécrétion de facteur
intrinsèque. Suite à une injection IM de pentagastrine
(mimétique de la gastrine facile à synthètiser) on a un effet
rapide avec une réponse maximale au bout de 30 min (pic
sécrétoire). La stimulation maximale est obtenue avec une dose
de 1,5 g /kg. Si on injecte de la pentagastrine et qu'on
stimule le nerf vague, la réponse est renforcée. En absence de
système vagal (vagotomie), la sécrétion va augmenter, mais
très lentement.
Il y a donc un renforcement de l'activité gastrinique par le
système cholinergique.
Le pic de gastrinémie est atteint bien avant celui de la
sécrétion acide ; il y aura une diminution de la gastrinémie
puis une phase en plateau. Pourtant le débit acide évolue
pendant cette période.
--> le débit acide n’est pas fonction que de la gastrinémie.
La sécrétion de gastrine est déclenchée par la présence
d’aliments dans la cavité gastrique
acides aminés
alcool (éthanol)
Il y a des mastocytes dans la paroi du tube digestif. On a
longtemps pensé que l'histamine était le second messager de la
gastrine (à la suite d’expériences sur le rat qui ont montré
une diminution dela teneur en histamine de la muqueuse lors
d’une stimulation par la gastrine).
Mais la gastrine est 5000 fois plus active que l'histamine :
ce rapport ne correspond pas à un phénomène de second
messager.
D’où l’hypothèse de l’existence au niveau de la cellule
pariétale de récepteurs gastriniques, cholinergiques et
histaminique. Cette hypothèse, aujourd’hui admise a bouleversé
le traitement des hyperacidités gastriques.
• Sur la cellule pariétale, il y a des récepteurs à gastrine, à acéthyl
choline et à histamine.
• Les cellules G libèrent la gastrine qui par voie hormonale stimule la
sécrétion acide et se dirige vers les mastocytes qui libèrent
de l’histamine qui agit également sur la sécrétion acide.
• le système nerveux parasympathique provoque la sécrétion d’histamine par
les mastocytes et stimule la cellule pariétale.
iv Mécanisme d’action :
• La gastrine et l’acéthyl choline
augmentent la pénétration du Ca++ qui se fixe sur la
calmoduline.
• Le complexe active les protéines kinases et favorise l’exocytose.
• Les protéines kinases déclenchent le fonctionnement des pompes qui
libèrent l’HCl, favorisent l’exocytose et activent le
métabolisme, donc la production de H+ .
• Le Ca++ augmente aussi l’activité de l’adényl cyclase, donc la
production de AMPc. Il y a une interaction AMPc et Ca++.
• (L’histamine active aussi l’adényl cyclase et produit de l’AMPc qui agit
sur la pénétration du Ca++ et sur les protéines kinases).
La gastrine stimule faiblement la sécrétion de pepsine ; elle
active la libération des granules par le système
Ca++-calmoduline.
La gastrine joue un rôle trophique. La masse des cellules
acido sécrétantes augmente quand les taux de gastrine
s’élèvent. Ce phénomène d’hypergastrinémie peut conduire à une
cancérisation de la muqueuse gastrique. Cela se voit dans les
gastrinomes de Zollinger Ellison.
Action de la gastrine sur la motricité : elle stimule la
fréquence et l’amplitude des ondes péristaltiques au niveau de
l’estomac distal (l’antre). Elle renforce le tonus pylorique.
A l’étape duodénale on verra que par son analogie de structure
avec la CCK, elle active la sécrétion pancréatique, surtout
les enzymes.
Sur la vésicule biliaire : elle stimule la contraction de la
vésicule : chasse vésiculaire.
A l’étape intestinale : la gastrine diminue l’absorption du
Na+.
Il est difficile de traiter les malades présentant une
hypersécrétion car si on administre une substance qui bloque
une voie, les deux autres fonctionnent et la sécrétion devient
suffisante.
Aujourd’hui, on bloque le passage des ions H+ au niveau des
pompes à protons ou par les anti H2. On ne dispose pas d’antigastrinique
Les hyperacidités sont aussi traitées par
vagotomie :
• tronculaire : coupe le nerf vague dès son arrivée dans le tronc
• sélective : on coupe les filets vagaux à destinée gastrique
• hypersélective : elle supprime seulement les phénomènes réflexes
induisant la sécrétion de gastrine. Le seul stimulant devient
le contact des aliments.
v Les stimulants de la sécrétion de gastrine
La présence des aliments
Les aliments ont une action directe au niveau
de la membrane apicale des cellules G qui possèdent des
microvillosités qui seraient des chimiorécepteurs sensibles
aux alcools (éthanol, alcools aliphatiques...), à certains
acides aminés (glycine, sérine, alanine), aux acides gras.
Les récepteurs sensibles à la présence des aliments activent
les centres bulbaires sécrétion de gastrine : voie réflexe.
La distension des aliments sur l’antre
La sensibilité des cellules G à la distension est plus faible que la sensibilité chimique (aliments) et surtout plus faible que la distension par le système vago-vagal (intervention de l’acéthyl choline).
Le système nerveux parasympathique
les substances sont reconnues par des chimiorécepteurs. Il intervient par les réflexes vago-vagaux et par l’intervention de l’hypothalamus.
Le calcium
c’est un phénomène assez général sur la sécrétion hormonale. Une perfusion de calcium augmente la gastrinémie.
L’insuline
elle
induit une sécrétion de gastrine par voie vagale. L’insuline
induit une hypoglycémie, perçue par l’hypothalamus qui est
sensible à la glycémie, et il y a induction de la sécrétion de
gastrine par voie cholinergique : mécanisme intercentral avec
les centres bulbaires.
Les substances bombésine like.
La bombésine est un peptide de 14 a.a. isolé de la peau des batraciens (pas au niveau du corps humain, mais il existe des substances bombésines like (dont le GRP : gastrin releasing peptid) et des récepteurs spécifiques à ces substances.
L’adrénaline - par un effet ß
vi Les inhibiteurs de la sécrétion de gastrine
Les protons : feed back.
L’acidité gastrique est le principal inhibiteur
de la gastrine.
Dès que le pH intragastrique baisse, la sécrétion de gastrine
diminue. La valeur seuil est pH = 2,5. Pour pH = 1, la
sécrétion est quasiment inhibée. C’est un système de
rétrocontrôle par les ions H+.
En clinique :
• Si on perfuse de l’acide dans l’estomac, la concentration de
gastrine dans le sang diminue.
• Dans l’anémie de Biermer, les sujets sont achlorhydriques,
il y a une hypergastrinémie basale.
La somatostatine (sécrétée par les cellules D)
On observe une évolution biphasique : au moment
de la stimulation de la sécrétion acide, la tausx de
somatostatine diminue puis augmente pour dépasser la valeur
basale, puis diminue.
Elle est libérée par les cellules D directement au contact des
cellules G : c’est sûrement un des meilleurs régulateurs :
dans un premier temps, cela permet la libération de gastrine
puisque son taux diminue, puis quand sa concentration
augmente, son effet inhibiteur apparaît.
Cela pourrait expliquer toute la première phase de la
gastrinémie.
La sécrétine
C’est une hormone sécrétée par les cellules S
du duodénum.
Elle agit sur le pancréas.
C’est aussi l’inhibiteur le plus important de la sécrétion de
gastrine : quand le liquide gastrique passe dans le duodénum,
la sécrétine est sécrétée, stimulée par les protons.
L’inhibition est spécifique du tissus physiologique sécrétant
la gastrine. On l’utilise en exploration fonctionnelle pour
différencier la gastrine des hypersécrétants de la gastrine
des gastrinomes de Zollinger Ellison. Dans les gastrinomes, la
gastrine ne répond pas à l’inhibition de la sécrétine.
Le glucagon
Il a une activité de type sécrétinique
Réflexes inhibiteurs
Ils sont possibles, mais difficiles à démontrer.
A.2. Les autres stimulants
i Le pneumogastrique
Il agit sur
• les cellules principales : stimule la sécrétion de pepsine
• les cellules pariétales : stimule la sécrétion de HCl, eau et facteur
intrinsèque.
• les cellules G : stimule la sécrétion de gastrine.
L’acétyl choline agit par augmentation du calcium dans la
cellule : passe par l’activation de la phosphodiestérase et la
libération de l’inositol triphosphate, messager cellulaire.
On observe des récepteurs cholinergiques sur les cellules
pariétales et les mastocytes qui libèrent l’histamine, ainsi
que sur les cellules D : ceci pourrait expliquer l’effet
inhibiteur sur la sécrétion de gastrine.
ii L’histamine
Elle est libérée par les mastocytes de la muqueuse gastrique. Elle stimule les récepteurs H2 qui sont couplés fonctionnellement à une adénylate cyclase. Son second messager est l’AMPc.
iii La cholécystokinine (CCK).
Elle est produite par les cellules I du duodénum et du jéjunum proximal. Elle possède une analogie de structure avec la gastrine, et donc une activité gastrinique mais plus faible. Si on perfuse Gastrine + CCK, la réponse obtenue est inférieure à celle obtenue avec une perfusion de gastrine seule. C’est un stimulant inhibiteur dans certaines conditions : par compétition au niveau des récepteurs. Elle agit peu sur la sécrétion de pepsine.
iv Les corticostéroïdes
Ils n’ont pas une action stimulante propre mais une action permissive : ils favorisent l’action des stimulants. Pour une même quantité de gastrine, avec un traitement aux corticoïdes la sécrétion gastrique augmente.
B. Les inhibiteurs de la sécrétion gastrique acide
B.1. La sécrétine
Elle diminue la réponse à la gastrine.
C’est une hormone sécrétée par les cellules S du duodénum, en
réponse à une chute du pH duodénal (pour pH < 4). Elle diminue
la sécrétion acide basale et la sécrétion acide stimulée par
la gastrine. Elle n’a pas d’effet sur la sécrétion stimulée
par l’acétyl choline ou l’histamine. Elle stimule fortement la
sécrétion de pepsine.
B.2. Le glucagon
Il inhibe la sécrétion acide stimulée par la gastrine.
B.3. l’entéroglucagon
Il est sécrété par les cellules L de la muqueuse iléale. Il inhibe la sécrétion gastrique stimulée par la gastrine.
B.4. Le GIP : Gastric Inhibitory Peptid.
C’est une hormone produite par les cellules K du duodénum et du jéjunum (peptide de 43 a.a.). C’est une substance sécrétinique libérée en présence de HCl et d’acides gras dans le duodénum (donc en fonction du pH). Il inhibe toutes les sécrétions stimulées.
B.5. Le VIP : Vasoactive Intestinal Peptid.
Il inhibe
• la sécrétion acide induite par la gastrine, la pentagastrine et
l’histamine
• la sécrétion de pepsine.
Son action est hormonale mais il est aussi libéré par des
fibres VIPergiques (non cholinergiques, non adrénergiques) au
niveau du nerf vague.
B.6. Autres substances (peu d’action physiologique)
i L’urogastrone
C’est un peptide de 53 a.a. d’origine duodénale. Il se rapproche de l’EGF, facteur de croissance de l’épiderme. Il réduit de 85% la sécrétion acide stimulée par la pentagastrine.
ii La bulbogastrone
On pense qu’elle existe, mais n’a pas été
isolée.
Elle est libérée par l’acidification du bulbe. Elle inhibe la
sécrétion gastrique stimulée par la gastrine et l’acétyl
choline.
iii La calcitonine
Elle est inhibitrice par son action sur la calcémie.
iv La vagogastrone
C’est une substance qui serait libérée dans le
tube digestif par le nerf vague. Elle entraîne une diminution
de 16% de la réponse à une stimulation chez les patients
présentant un ulcère bulbaire. Son action chez le sujet sain
est encore discutée.
(UG : plutôt lié à une mauvaise protection de l’estomac par le
mucus et UD : hyperacidité du chyme gastrique)
v Les prostaglandines E et A
Elles diminuent les sécrétions acides basales et stimulées. Leur action passerait par une diminution de l’AMPc cellulaire. Il est possible que ce soit également par l’action d’une protéine GMP dépendante.
B.7. Les catécholamines
Elles ont une action directe sur les cellules pariétales par stimulation ß et une action indirecte de type α2 sur la libération d’acéthyl choline ; elles modulent l’action du nerf vague.
B.8. La somatostatine
Elle inhibe la sécrétion acide en général.
IV. LA MISE EN JEU DU CONTROLE
A. En période inter digestive
La
sécrétion acide est faible mais pas nulle. La sécrétion
alcaline prédomine, le pH gastrique s’élève vers 5 ou
davantage (7 la nuit). Le volume des sécrétions est faible :
30 ml de liquide après une nuit de jeûne. En moyenne, la
sécrétion acide basale est à 5% de sa valeur maximale, mais
elle varie en fonction des sujets et chez le même sujet d’un
jour à l’autre.
On observe un rythme nycthéméral.
Au cours de 24 h de jeûne, l’évolution de la sécrétion acide
basale montre 2 maxima, à 12 h et 0 h. La valeur minimale est
le matin vers 8 h.
--> pour une exploration gastrique : débuter à 8 h
pour connaître le taux de base.
Ces variations de l’activité gastrique sont dues à des
fluctuations du tonus vagal car les teneurs en gastrine ne
varient pas.
La vagotomie baisse la réponse
sécrétoire de l’estomac, mais ne supprime pas complètement les
variations du nycthémère : d’autres mécanismes doivent
intervenir.
B. Au moment des repas
La sécrétion gastrique augmente, puis revient à l’état basal en 4 à 5 h. On distingue 3 phases.
B.1. Phase céphalique
C’est
une phase de stimulation. Elle est mise en évidence par le repas fictif : une fistule
oesophagienne chez l’animal permet le détournement du repas.
On observe une sécrétion acide de l’estomac alors que les
aliments n’y pénètrent pas. Elle dure nettement plus longtemps
que la stimulation : le mécanisme est d’abord purement nerveux
puis neuro-hormonal.
Il y a une régulation de type nerveux : réflexes
ayant pour point de départ les mécanorécepteurs de la bouche.
L’intégration se fait au niveau de l’hypothalamus et des
noyaux bulbaires du vague. La voie vagale stimule :
• la sécrétion acide par les cellules pariétale
• la production de pepsine
• la production de gastrine par les cellules G : on note une
hypergastrinémie lors du repas fictif.
Il
y a deux types de réflexes :
• reflexes absolus à partir des sensations gustatives qui sont véhiculés
par le nerf lingual et le nerf glosso-pharyngien
• reflexes conditionnés : vue, odorat, stimulus auditif, ou stimuli
complexes comme les habitudes et la chronologie : associations
inter centrales.
Les expériences des poches montrent la différence entre
sécrétion nerveuse et sécrétion par la gastrine.
C’est la sécrétion d’appétit. 20 à 25% de la sécrétion
gastrique maximale est sous sa dépendance.
L’insuline diminue au moment des repas donc hypoglycémie et
augmentation sécrétion gastrique.
C’est la sécrétion d’appétit. La qualité des nutriments
intervient : la mastication de substances inertes (papier,
plastique) n’a pas d’effet sur la sécrétion gastrique.
B.2. Phase gastrique
On
peut réaliser une étude de cette phase en éliminant la
précédante (alimentation par sonde).
C’est la phase mécanique : les aliments sont dans l’estomac et
il y a distension de la région fundique, déclenchant des
réfexes intramuraux ou vago-vagaux.
Les réflexes intrapariétaux utilisent les amas cellulaires
entre les différentes couches musculaires
--> action sur les cellules G de l’antre
--> action sur les cellules acido sécrétantes quand la
distension est perçue dans le fundus.
La qualité des aliments est également perçue : association de
phénomènes chimiques.(par l’intermédiaire des villosités des
cellules G) : voies vago vagales ou intrapariétales.
L’alanine et la sérine sont reconnues par la bordure en brosse
des cellules G, ainsi que l’alcool.
La gastrine est déversée dans le sang veineux : fait tout le
circuit sanguin avant d’atteindre sa cible, y compris un
passage hépatique qui métabolise la gastrine.
--> Il y a stimulation de la sécrétion acide et de
pepsine.
La vidange gastrique va jouer un rôle dans cette phase.
Le contenu de l’estomac intervient dans la régulation. Les
protéines ont un pouvoir tampon : quand les aliments quittent
l’estomac, le pouvoir tampon diminue ainsi que diminue la
stimulation : effet rétro-actif des protons sur la sécrétion
de gastrine, mais qui n’intervient que quand le pH est
relativement bas.
Il est possible qu’existent aussi des réflexes inhibiteurs
entre l’antre et le fundus.
Il existe peut être une substance hormonale inhibitrice venant
de l’antre, appelée chalone.
B.3. Phase intestinale
Il y a des phénomènes d’activation et d’inhibition très intriqués. Ces derniers l’emportent.
i Actions stimulantes :
La distension duodénale et la présence de certains composés dans la lumière vont agir sur la sécrétion d’hormones : la libération de gastrine duodénale active la sécrétion acide de l’estomac.
ii Action inhibitrices
Ce
sont les plus nombreuses
• La CCK déclenchée par l’arrivée du
chyme peut être stimulante mais elle est compétitive par
rapport à la gastrine et est moins active qu’elle.
• la sécrétine inhibe la sécrétion
acide de l’estomac : c’est l’action inhibitrice essentielle.
Elle inhibe la gastrine et HCl.
Ces hormones stimulent la sécrétion du pancréas et de la bile.
Il y a donc des bicarbonates qui neutralisent les H+.
• Mécanisme = l’acidification du bulbe duodénal et à un moindre degré du
reste du duodénum libère de la sécrétine si le pH duodénal
descend en dessous de 4,5. Ce pH seuil est vite atteint en
phase digestive et il se maintient pendant au moins 3 heures
dans les premiers cm du duodénum. La sécrétine est donc
libérée en grande quantité pour jouer son rôle inhibiteur.
• si le chyme stomacal n’est pas trop
acide, il stimule les premiers cm du duodénum : la sécrétine
va libérer des bicarbonates qui vont neutraliser les ions H+ :
après quelques cm, le pH ne sera plus stimulant pour la
sécrétion de sécrétine.
• si le chyme est beaucoup plus acide, il
va stimuler davantage la sécrétine. Le temps de réponse des
bicarbonates va faire que la zone duodénale en contact avec la
solution acide sera plus importante : la sécrétine sera encore
plus stimulée.
H+ gastrique et sécrétine duodénales sont le mécanisme
inhibiteur essentiel de la sécrétion de gastrine.
• bulbogastrone
La bulbogastrone est également inhibitrice, libérée elle aussi
par la baisse du pH.
• Les lipides agissent aussi car la perfusion de graisses dans
le duodénum entraîne une diminution de la sécrétion acide si
ils sont partiellement hydrolysés (A.G. libres)
rôle de la lipase pancrétatique.
Cette inhibition est perçue au niveau du jéjunum. C’est
certainement lié au GIP et au VIP qui sont libérés au contact
du chyme gastrique.
• Les solutions hypertoniques inhibent la sécrétion gastrique
stimulée par gastrine ou histamine. Cette inhibition met
sûrement en jeu des mécanismes hormonaux.
V. LA MOTRICITE GASTRIQUE
La cavité gastrique joue un rôle moteur
important. En effet, l’estomac a un triple rôle :
• il sert de réservoir aux aliments dont l’arrivée est discontinue et trop
importante pour qu’ils passent directement dans l’intestin.
• il permet le brassage du contenu gastrique et le contact des aliments
avec les enzymes et les H+.
• Il distribue le chyme gastrique à l’intestin lors de la vidange par le
pylore, ce qui règle l’absorption.
Sur le plan de l’activité motrice, on distingue 2 parties dans
l’estomac.
A. L’estomac proximal (1/3 supérieur)
• Phénomènes moteurs : l’activité
motrice est faible
Cette région est surtout caractérisée par sa capacité de
distension : elle joue le rôle de réservoir. Son activité
motrice se caractérise par des ondes lentes de dépolarisation
- repolarisation avec une activité contractile particulière
qui ne correspond pas à un péristaltisme mais à la distension.
Cela consiste en la diminution d’un certain tonus permettant
une diminution de la pression intragastrique avec pas ou peu
d’activité de type péristaltique. Donc pendant un repas, le
volume gastrique augmente, mais pas la pression : c’est la relaxation réceptive.
• Régulation :
• Ces phénomènes sont sous la
dépendance de réflexes qui passent par la voie vagale (mais la
substance libérée n’est pas de type cholinergique : peut être
fibre sympathique du nerf vague). C’est la déglutition qui
déclenche cette relaxation par voie réflexe.
• La stimulation des fibres
sympathiques induit aussi une relaxation : elles sont aussi
inhibitrices.
• L’estomac proximal est aussi
une zone qui va gérer cette pression intragastrique grâce au
tonus musculaire. En augmentant la pression, il favorise le
passage des aliments, des liquides en particulier.
B. L’estomac distal : ondes péristaltiques
Son activité motrice est plus nette et permet
le brassage et l’évacuation dans le duodénum : il présente une
activité péristaltique. On trouve une zone pace-maker sur la
grande courbure d’où partent les ondes péristaltiques qui
s’accélèrent à proximité du pylore. Le pace-maker déclenche un
signal à peu près toutes les 20 s. Sur ces ondes de
dépolarisation se greffent parfois des PA (quand la
dépolarisation atteint le seuil). On observe alors des
contractions, irrégulières en période digestive, CMM en
période inter-digestive. Ces ondes électriques se propagent en
direction du pylore. L’intensité et la vitesse des
contractions augmentent quand on s’en rapproche. Les
contractions qui se déplacent induisent le déplacement et le
brassage du contenu (2 à 3 min après ingestion :
cinéradiographie).
L’évacuation est d’abord rapide puis se ralentit. Il faut
environ 2 h. pour que l’ensemble d’un repas passe dans le
duodénum.
La consistance des repas influence la motricité antrale car il
y a des récepteurs qui sont sensibles à la taille des
fragments solides du bol alimentaire.
Cette activité motrice subit une régulation nerveuse et
hormonale. La stimulation vagale de type cholinergique stimule
la fréquence et l’amplitude des ondes péristaltiques. La
gastrine a le même effet, alors que la sécrétine et la CCK ont
un effet myorelaxant.
VI. LA VIDANGE GASTRIQUE.
Elle effectue le passage du contenu gastrique
dans le duodénum, première portion de l’intestin grêle qui a
pour rôle l’absorption des nutriments.
L’évacuation commence 2 à 3 minutes après l’ingestion
d’aliments. A jeun, le pylore est un sphincter ouvert. Dès que
le premier bol alimentaire arrive dans l’estomac et que la
sécrétion acide augmente, le pylore se ferme immédiatement.
A. Fonction de filtration du pylore
Il
n’y a pas passage à chaque contraction péristaltique de
l’estomac : il y a une régulation. Les ondes péristaltiques de
l’antre viennent buter 4 à 5 fois contre le pylore fermé avant
qu’il y ait une ouverture. La contraction de la région
pré-pylorique fait refluer le contenu de cette région vers
l’antre.
Les aliments ne peuvent passer que quand ils ont un diamètre
de 0,3 mm. La région
pré-pylorique a la capacité de percevoir la taille des
particules présentes dans le chyme probablement par des
mécanorécepteurs.
--> la vitesse de vidange est variable en fonction
des aliments ingérés :
• Elle est maximale pour les liquides qui quittent assez rapidement
l’estomac. La moitié des aliments liquides quittent l’estomac
en 10 à 20 mn.
• Pour les solides : de 1 h à 4 h (la mastication réduit le temps
gastrique).
• Les fibres alimentaires restent le plus longtemps : plus de 5 à 6 h.
Elles sont difficile à réduire car pas attaquable par la
pepsine si elles n’ont pas été cassées.
Le contrôle dela vidange se fait aussi par un certain nombre
de récepteurs chimiques :
• récepteurs aux acides, sensibles à leur concentration. Ils sont capables
de percevoir certains acides, surtout ceux de faible poids
moléculaire (comme HCl). Ils sont présents dans le bulbe
duodénal et induisent la fermeture du pylore.
• récepteurs lipidosensibles, en particuliers sensibles aux sels d’acides
gras. Dans l’alimentation les lipides sont sous forme d’esters
de cholestérol, de triglycérides et de phospholipides. Ils
doivent donc être hydrolysés pour stimuler les récepteurs. Ils
sont surtout présents dans le jéjunum. Ils agissent avec un
certain retard. Ils conduisent à une limitation de la vidange
pour permettre une meilleure absorption des graisses.
• les récepteurs au L-tryptophane : constituent un ralentisseur puissant
de la vidange.
Les osmorécepteurs
Ils sont sensibles à la pression osmotique. Ils sont situés
dans le duodénum distal. Il faut que que le chyme soit
iso-osmolaire au milieu intérieur. Or, l’hydrolyse des
aliments modifie l’osmolarité. Les solutions ingérées ont des
vitesses de vidange liées à leur pouvoir osmolaire. Le débit
d’évacuation gastrique est le plus élevé quand l’osmolarité
est d’environ 250 mosm/l. Après ingestion de solutions
hyperosmolaires, la vidange est ralentie ; la sécrétion
gastrique les dilue. Les solutions hyperosmolaires ne sont
vidangées que si il y a réabsorption d’eau au niveau de
l’estomac.
B.
La régulation de la
vidange gastrique.
C’est un système de boucle.
• La présence des aliments dans l’estomac va entraîner par l’activité
vagale une augmentation de la motricité gastrique et une
diminution de la tonicité du pylore. Le chyme passe ainsi dans
le duodénum.
• A ce moment, les lipides et les protéines induisent la libération de CCK
et les ions H+ de sécrétine. Ces deux substances sont
responsables d’une diminution de la motricité gastrique et
d’un renforcement de la tonicité pylorique. Ainsi la vidange
gastrique s’arrête, limitant la quantité de chyme gastrique
pénétrant dans le duodénum. Cette diminution va entretenir
l’activité vagale cercle d’activité.
La somatostatine diminue l’activité motrice.
Des inter-relations centrales modifient la vidange (ex : le
stress.)