Action de l'insuline et du glucagon
Il existe des similitudes entre les insuline des différentes espèces de mammifères : elles ont la même action biologique. Avant, on utilisait de l'insuline d'origine bovine et porcine. Maintenant, il existe de l'insuline de synthèses chimique.
L'insuline est une hormone
hypoglycémiante, elle régule le métabolisme glucidique en
particulier après la prise orale de glucides.
Le glucagon constitue un système de contre-poids métabolique
aux effets de l'insuline.
On peut survivre sans glucagon, mais pas sans insuline
I. Mécanisme d'action de ces hormones
A. Récepteur à l'insuline
L'insuline agit sur un récepteur membranaire
formé de plusieurs unités glycoprotéique:
- 2 sous-unités α extracellulaires : elles
interviennent dans la fixation et la reconnaissance de
l'insuline grâce aux carbohydrates périphériques.
- 2 sous-unités β transmembranaires : elles
portent l'activité catalytique engendré par la liaison
hormone/récepteur.
- un pont disulfure lie chaque unité a à une b
Une fois l'insuline fixée, il y a
internalisation du récepteur+insuline, qui sont transformés
dans l'endosome.
Il existe des vésicules de recyclage qui contiennent
uniquement les récepteurs et qui fusionne avec la membrane
plasmique. Il existe 2 voies de régulation immédiate :
- Down regulation : quand augmentation des complexes recepteur-insuline,
on observe une baisse des recepteurs dans la membrane
plasmique
- Up regulation : quand diminution des complexes récepteur-insuline, on
observe une hypersensibilisation des récepteurs à l'insuline
Rq : Une partie des
récepteurs est dégradée par des protéases, mais de nouveaux
sont synthétisés dans le Golgi
Mécanisme cellulaire
2 voies d'action sont possibles
* Stimulation de l'activité tyrosine kinase intrinsèque du récepteur -->
phosphorylation d'une sérine kinase --> phosphorylation
protéique --> activation d'enzymes
* Activation d'une protéine G puis d'une phospholipase C qui agit sur un
glycosylphosphoinositol --> libérant:
- du glycosylinositolphosphate :
déphosphorylation de certaines protéines.
- Du diacylglycérol qui active une protéine
kinase C
Conclusion : l"insuline
entraîne à la fois des phosphorylations et des
déphosphorylations de protéines dans une même cellule. Ainsi
elle peut activer et désactiver différentes enzymes en même
temps.
B. glucagon
C'est un contrepoids à l'insuline : le glucagon est hyperglycémiant (comme le cortisol et les catécholamines).
Le glucagon se fixe sur son récepteur
membranaire et induit l'activation de l'adénylate cyclase (par
une protéine G) qui produit de l'AMPc, qui à son tour active
une protéine kinase.
Cette kinase a 2 effets :
- activation d'une 2eme kinase qui permet le passage de la phosphorylase
b --> phosphorylase a : libération de gluco-1-phosphate (G1P)
- passage de la glycogène synthase A (active) --> glycogène synthase B
(inactive) : arrêt de la synthèse de glycogène
Action dans le coeur et muscles : il stimule la séquestration
du calcium cytosolique libre par l'intermédiaire de l'AMPc
II/ Action de ces hormones sur les différents métabolisme
A. Sur le métabolisme glucidique
* Action de l'insuline
Elle stimule : la glycogénogénèse (glycogène
synthase)
la glycolyse (phosphofructo kinase et pyruvate kinase)
le cycle des pentoses
La stimulation est différente selon les voies et essentielle
au niveau de la glycolyse et de la synthèse du glycogène.
* Action du glucagon
Il stimule : la libération d'unité glucidique à partir du
glycogène : glycogénolyse
le catabolisme du pyruvate (transformation en actétyl-CoA)
B. Sur le métabolisme lipidique
Les lipides complexes, en particulier les
triglycérides sont hydrolysés : libération d' acides gras (AG)
et de glycérol.
Les AG sont dégradés par β-oxydation
(-2C à chaque tour) pour donner des acétyl-CoA qui ont pour
devenir :
- le cycle de Krebs
- la formation de corps cétoniques
- la synthèse du cholestérol
- la synthèse d'AG
Le glycérol va être utilisé dans la voies des trioses
phosphate pour donner du pyruvate qui peut être transformé en
acétyl-CoA et entrer dans le cycle de Krebs.
* Action de l'insuline
- elle favorise la lipogénèse en
stimulant l'actéyl CoA carboxylase (acétyl-CoA --> Malonyl-CoA)
elle stimule la synthèse des enzymes de condensation :
rallongement des chaines carbonées
- elle stimule la synthèse du cholestérol
- elle inhibe la β-oxydation (phénomène faible
mais existant)
* Action du glucagon
- il inhibe l'acétyl-CoA carboxylase :
inhibition de la lipogénèse (= synthèse des acides gras libres
: AGL)
- il favorise la formation des corps cétoniques qui bloquent l'oxydation
du glucose et des AG. Ces corps cétoniques vont soit s'offrir
comme source d'énergie, ou provoquer une acidose-cétose s'ils
sont trop importants et faiblement utilisés.
- il favorise la lipolyse
L'oxydation des AGL n'est pas modifiée par l'insuline. Mais
elle est augmentée en absence d'insuline, surtout par
indisponibilité de substrat.
C.
Sur le métabolisme
des acides aminés
Ils proviennent des protéines plus ou moins
complexes.
ils peuvent : - aboutir à la formation d'urée par désamination
- donner des acides nucléiques
- produire des intermédiaires du cycle de Krebs par
transamination
ASPARTATE --> OXALOACETATE
GLUTAMATE --> α-CETOGLUTARATE
Exemple : Activité musculaire
Il y a "aspiration du métabolisme" pour produire de l'ATP. Cette production est limitée par la possibilité de faire "tourner" le cycle de Krebs. Cette limite est dépassée grâce à l'apport d'intérmediaires comme l'oxaloacetate et l' α-cétoglutarate, qui alimentent le cycle
* Action de l'insuline
- elle stimule le transport des aa pour
pénétrer dans la cellule
- elle favorise l'incorporation des aa dans les protéines (synthèse
protéique)
- elle accélère l'incorporation de l'actétate et du pyruvate dans les
protéines après transamination
Globalement elle favorise l'augmentation de la synthèse et
diminue le catabolisme des protéines
* Action du glucagon
- il stimule la protéolyse
- il stimule la formation de glucose à partir de l'alanine
D.
Acétyl-CoA :
carrefour métabolique
Il existe une interrelation entre les systèmes avec comme plaque tournante : l'acétyl-CoA
Rencontre entre :
- le cycle de Krebs
- la synthèse d'AGL
- la cétogénèse
- la synthèse de cholestérol
L'actéyl-CoA va soit fournir de l'énergie, soit servir à la
synthèse de molécules.
III/ Effets sur les différents tissus
A. Le foie
C'est l'organe le plus important dans la régulation de la
glycémie. Il permet le stockage et la production de glucose à
partir des stocks et d'autres voies. C'est le seul organe à
alimenter le sang en glucose néoglucogénèse à partir d'autres
molécules).
C'est aussi le site quasi exclusif de la cétogénèse.
° Métabolisme glucidique
Le glucose pénètre dans la cellule hépatique selon un système
réversible : entrée et sortie (seul endroit du corps)
Le transport n'est pas le facteur limitant
La glucokinase est dépendante de l'état nutritionnel
Le foie mis en jeu dans la synthèse des protéines plasmatiques
il possède une double circulation : un apport des organes de
l'abdomen par la veine porte hépatique et un apport systèmique.
Ces deux circulations se rejoignent au niveau de la veine sus
hépatque pour gagner le coeur droit.
Il existe un gradient d'insuline et de glucagon entre la veine
porte et la circulation systémique. En effet la quantité est
moins importante en aval à cause d'une métabolisation accrue
de ces hormones.
Action de l'insuline :
- augmentation de la glucokinase mais ne modifie pas la vitesse de
transport du glucose.
- augmentation de la glycogénogénèse en activant la glycogène synthétase 1
et en inhibant la glycogénolyse
- augmentation de la glycolyse en activant la phosphofructo kinase et la
pyruvate kinase
- augmentation du cycle des pentoses et baisse de la néoglucogénèse
L'insuline a un effet anabolique puisqu'elle
augmente la quantité de glycogène. De plus, elle inhibe la
néoglucogénèse et la glycogénolyse : on a donc une baisse du
flux glucosé hépatique (= diminution de la quantité de glucose
libéré par le foie) et une baisse de la glycémie.
L'insuline est libérée dans le sang portal par le pancréas.
L'effet de l'insuline "systémique" est important dans le
captage du glucose mais l'insuline "portale" est la plus
efficace sur la formation du glycogène.
Traitement du diabète de type I : injection
intramusculaire d'insuline=systémique
Le glucagon augmente la glycémie en augmentant
la glycogénolyse, en baissant la glycogénogénèse et en
augmentant la néoglucogénèse.
1 molécule de glucagon entraine la libération de 3.10^6
molécules de glucose.
° Lipides hépatiques
Le foie n'est pas un lieu de stockage des lipides mais il est
un lieu de synthèse des acides gras :
- synthèse de novo : à partir de l'acétyl CoA, réactions de carboxylation
Les AG sont ensuite estérifiés sur des triglycérides (TG)
L'insuline stimule :
- les voies de synthèses des AG
- la libération des TG au niveau des VLDL
Le glucagon a un effet lipolytique très faible :
Il inhibe la libération des TG dans les VLDL et s'oppose à
l'insuline.
Dans les situations de jeûne, il est capable de modifier la
destinée métabolique des AGL (peut donner des corps
cétoniques).
En cas d'absence d'insuline, on observe une augmentation de la
cétogénèse.
Le foie est capable de capter des AGL, notamment les
polyinsaturés (provenant des aliments principalement) :
- servant en tant que PPL membranaires dans les neurones et les cellules
musculaires excitables
- sui sont ensuite estérifiés pour faire des lipoprotéines ; l'insuline
stimule des élongases, des désaturase et la lipoprotéine
lipase
° Métabolisme protéique
L'insuline stimule la protéogénèse et inhibe la protéolyse
Le glucagon stimule la protéolyse
° Flux de K+
L'insuline augmente sa captation par les hépatocytes
Le glucagon permet sa sortie
B. Le tissu adipeux
Constitué de TG, il constitue le réservoir énergétique le plus important
L'insuline stimule :
- la LPL qui permet l'entrée des AG dans le tissu adipeux
- la synthèse de TG à partir de ces AG dans l'adipocyte
- l'entrée de glucose dans l'adipocyte où il subit la glycolyse et donne
l'alpha glycéro phosphate
L'insuline stimule le transport de certains aa et l'entrée de
K+. L'adipocyte a une grande plasticité : si beaucoup d'AG, il
peut s'agrandir indéfiniment. Mais pour cela il doit augmenter
sa surface membranaire qui est constituée de lipides ET de
protéines : donc il a besoin d'aa.
Le glucagon a une faible activité sur le tissu adipeux (les
catécholamines et le cortisol ont une action plus importante),
il stimule la libération d'AGL.
C.
Le muscle strié
Action du glucagon
Le glucagon ne stimule que l'adénylate cyclase cardiaque, mais
pas celle présente dans les muscles striés. En augmentant l'AMPc,
il a un effet inotrope et chronotrope positif, on observe donc
une glycogénolyse et une augmentation de la production de
lactate.
D.
Autres tissus
Système nerveux
Le SN consomme uniquement du glucose, sauf en cas de jeun ou
il utilisera les corps cétoniques. Le SN insensible à
l'insuline (hormis l'hypothalamus), elle joue par contre un
rôle dans le régulation de la saciété.
La médulla rénale et le éléments figurés du sang sont insensibles à l'insuline.
L'insuline est également un facteur de croissance.
IV/ Rapport entre insuline et glucagon dans diverses situations
A. En phase post absorptive
Mesure
de la production de glucose : 10-14 mol.kg.min
Cette valeur varie avec l'age du sujet : elle est augmentée
chez l'enfant et x3 chez le nourisson
60% du glucose est utilisé par le cerveau. Le reste est dirigé
vers le tissu adipeux et les autres tissus gluco-dépendants.
Libération du glucose
150-200 g/L
glycogénolyse
néoglucogénèse (lactate, glycérol, alanine, autre aa)
70-75%
25-30%
B. Lors d'un repas
Dans un repas équilibré, on trouve : 50% de
glucides
35% de lipides
15% de protides
L'hyperglycémie entraîne synthèse et libération d'insuline.
Rq : l'absorption du glucose au niveau intestinal repose sur
un cotransport avec Na+, et varie donc selon la quantité de
sel dans l'alimentation.
on a donc un rapport insuline sur glucagon (I/G) qui augmente
:
- au niveau du foie : °une augmentation de la
glycogénogenèse
°une diminution de la glycogénolyse
°une diminution de la néoglucogénèse
°une augmentation de la synthèse d'AG
- au niveau du tissu adipeux et du muscle
squelettique : °une augmentation de la pénétration du
glucose
°une augmentation de l'utilisation du glucose comme substrat
énergétique
°une augmentation de la mise en réserve du glucose sous forme
de glycogène et de TG
Cas de repas très riche en glucides : la synthèse d'insuline
est très importante et on observe une augmentation des stocks
de glycogène, lipides et une synthèse protéique.
Le rapport I/G est multiplié par 6.
Mais si l'apport de glucides est trop important, c'est la
lipogénèse qui est mise en jeu.
Cas du repas riche en protides : la réponse est différente car
les aa augmentent la sécrétion d'insuline et de glucagon et
I/G n'augmentent que de 90%
C. Au cours du jeun
C.1. Jeun de courte durée (après la nuit) :
Dans la nuit, le rapport I/G passe de 4 à 0,4
Si le glucagon prédomine, on a une augmentation de la
glycogénolyse, de la néoglucogénèse et de la lipolyse : on
obtient donc des substrats utilisables.
C.2. Jeun prolongé
La glycémie est diminuée de 30% mais elle est
stable grace à la néoglucogénèse qui libère du glucose.
on a une fonte musculaire qui libère des aa, pourvoyeurs
essentiels de la néogluco. On a aussi une lipolyse. On observe
donc une augmentation de la quantité d'actéyl-CoA, qui sont
orientés vers la cétogénèse. Ces corps cétoniques vont être
utilisables pour les muscles striés et le SN. En effet, au
niveau du SN, on trouve une β
hydroxy butyrate déshydrogénase, qui utilise ces corps
cétoniques comme source d'énergie. Dans ce cas, jusqu'à 50% de
l'énergie est apportée par les corps cétoniques.
D. Lors de l'exercice musculaire prolongé
On a une augmentation de l'utilisation du
glucose par le µ squelettique.
Dans l'exercice modéré, la glycémie ne varie pas car la
production de glucose par le foie est suffisante pour
compenser son utilisation par le muscle.
Dans le myocarde et dans les fibres musculaires rouges, on a
une inhibition du transport membranaire du glucose car les AG
sont préférentiellement utilisés. Grace à la B oxydation, on
une production d'ATP qui bloquent l'entrée du glucose.
On observe aussi une inhibition de la pyruvate déshydrogénase
: diminution de la glycolyse.
Lors de l'exercice poursuivi jusqu'à
l'épuisement, il y a des variations de la glycémie et des taux
d'insuline et de glucagon.
L'insulinémie diminue pendant l'exercice mais augmente lors de
la récupération.
Le glucagon augmente lors de l'exercice et de la récupération.
Durant l'exercice, on a un épuisement des stocks de glycogène
dans le foie et des TG dans le TA, du à la sécrétion de
glucagon, des catécholamines et du cortisol, qui favorisent la
glycogénolyse et la lipolyse. Mais à l'arret de l'exercice
persiste une hyperglycémie, due à la libération continue de
substrats énérgetiques (glucose et AG) qui ne sont plus
utilisés par les cellules. Ceci entraine la libération
d'insuline. Ceci entraine la libération d'insuline. Celle-ci
permet la resynthèse de glycogène et de TG
E.
Lors d'un stress
important
qui peut etre : chirurgical, infectieux, traumatique ou
thermique
On observe 3 phases :
- la Ebb phase : réduction des dépenses
énergétiques
diminution des hormones de contre-régulation (glucagon,
cortisol et cat)
diminution du débit cardiaque et des apports
= état de sidération métabolique avec hypoxie tissulaire
- la Flow phase : hypercatabolisme
(augmentation de la dépense énergétique, majoration de la
protéolyse et de la lipolyse, malnutrition protéo-énergétique).
L'hypercatabolisme est proportionnel à l'agression :
°intervention chirurgical : +10% du catabolisme initial
°plusieurs traumatismes : +10-30%
°infection : +30-60%
°thermique : grands brûlés : situation maximale, de 50 à 110%,
pour des brulures du 3eme degré sur +20% de la surface
corporelle.
- Phase de récupération : elle est plus ou
moins longue selon les perturbations des 2 autres phases.
Conséquences : - augmentation de la sécrétion
azotée urinaire par hydrolyse protéique
- lipolyse importante : quotient respiratoire à 0,7
- phénomène d'insulino-résistance : en effet, le débit glucosé hépatique
augmente tellement que l'insuline n'arrive pas à le diminuer
Tableau récapitulatif
| Insuline | Glucagon | |
| Foie |
Augmente insuline (phosphofructokinase/pyruvate
kinase) Augmente synthèse du glycogène Baisse glucogénolyse Baisse glucogénogenèse Augmente synthèse protéique Augmente synthèse des AG Augmente réestérification en TG Augmente libération des TG (VLDL) Baisse cétogénèse |
Baisse synthèse de
glycogène Augmente glycogénolyse Augmente gluconéogénèse Baisse libération des TG (VLDL) Augmente cétogénèse |
| Muscle |
Augmente capatage du
glucose Augmente synthèse de glycogène Augmente glycolyse Augmente captage des AA Augmente anabolisme protéique Baisse catabolisme protéique |
|
| Tissu adipeux |
Augmente captage du
glucose Augmente lipogénèse (glucose) Augmente entrée des AG (LPL) Augmente réestérification en TG Baisse lipolyse Augmente captage des AA Augmente anabolisme protéique |
Augmente lipolyse |