Compartiments liquidiens
2 grands compartiments
• intracellulaire : LIC (aussi bien liquide intracellulaire que
compartiment intracellulaire)
• extracellulaire, LEC divisé en plusieurs secteurs.
Le LEC enveloppe le LIC. Il est une zone d’échange entre le
milieu extérieur et les cellules : rôle de tampon et de
protection du LEC vis à vis des variations de l’environnement.
LEC :
secteur vasculaire sanguin : rôle important d’échange entre
les poumons et les cellules : apport d’oxygène et rejet de
CO2, apport de nutriments. Il est défini par son volume et par
la pression artérielle.
liquide interstitiel : en contact direct avec les cellules.
C’est la zone d’échange entrer le milieu environnant et les
cellules.
liquides transcellulaires.
Le LEC assure la constance de la composition et du volume des
cellules. Pour que le volume et la composition du LIC ne varie
pas, il faut dans l’idéal que le volume et la composition du
LEC ne varie pas. Les conditions pathologiques sont entraînées
par les variations du LEC. Claude Bernard a été le premier à
envisager la notion d’homéostasie, en considérant le milieu
intérieur qui correspond au LEC.
Concerne la pression partielle du sang en O2, CO2, natrémie.
Le rôle des reins est fondamental : maintien constant le
volume plasmatique et la natrémie.
--> reins et poumons sont les principaux organes
régulateurs de l’organisme, responsables de l’homéostasie.
Liquide
interstitiel : il s’agit plutôt d’un tissu
interstitiel qui maintient l’ensemble des cellules.
Il correspond à la plus grande partie du LEC. En fait il
présente une certaine homogénéité : teneur en eau, Na. Il
présente des variations importantes dans sa concentration en
protéines : elle est généralement assez faible, sauf au niveau
du foie où elle est importante.
Le tissu interstitiel a une composition et un volume le plus
constant possible. C’est une zone de transit en constante
évolution. Tout ce qui transite par le tissu interstitiel
provient du sang : est issu du secteur plasmatique.
Les échanges se font à travers la paroi du capillaire :
échanges en fonction de gradients de pression ou de
concentration. --> passage de gaz ou
de nutriments.
Système lymphatique
deuxième composante permettant l’homéostasie : le drainage
lymphatique. Au contact du tissu interstitiel : capillaires
lymphatiques en doigts de gant qui récupèrent les protéines
plasmatiques du tissu interstitiel.
Le circuit lymphatique est un système
circulatoire à sens unique : depuis la périphérie, dans des
vaisseaux lymphatiques de plus en plus gros.
point de départ : capillaires en doigts de gants, constitués
de cellules endothéliales ménageant des fenêtres. Présence de
filaments contractiles : les capillaires sont capables par
leur contraction d’attirer du liquide par leurs pores. Le
drainage de la partie inférieure du corps transite par le
canal thoracique. La partie supérieure du corps et le canal
thoracique vont se jeter dans la veine sous clavière : la
lymphe retourne dans la circulation sanguine. C’est la lymphe
canalisée : circulante, par opposition au circuit
interstitiel.
Le
tissu interstitiel a pour fonction principal le soutien
des cellules, exercé par la substance de soutien typique : le
collagène, protéine fibreuse dont les fibres sont
interdigitées avec l’élastine qui confère son élasticité au
tissu interstitiel.
--> réseau au sein duquel on rencontre des
polysaccharides complexes, comme l’acide hyaluronique, la
chondroïtine et l’héparine.
Ces substances ont pour origine des cellules
* fibroblastes, présents dans tous les tissus, à l’origine de la
formation du collagène.
* mastocytes : métabolisme des sucres complexes (MPS) et libèrent
l’histamine (rôle dans l’allergie)
* macrophages : fonction phagocytaire (éboueurs) : première
barrière de protection de l’organisme.
Le tissu interstitiel peut être assimilé à un gel : mélange de
protéines et d’eau. Le pouvoir de rétention d’eau est élevé.
La gelée de Wharton du cordon ombilical peut fixer plusieurs
dizaines de fois son poids de liquide.
Quand le pouvoir de rétention d’eau est dépassé : il se
produit des oedèmes qui migrent en fonction de la pesanteur :
gonflement du visage le matin, des pieds le soir.
La structure fibreuse freine l’extension des infections.
Liquides
transcellulaires
ce sont des petits secteurs délimités par un épithélium : ils
ont une certaine autonomie (principauté de Monaco en France) :
leur composition dépend de l’activité des cellules
épithéliales : pas en contact direct avec les capillaires.
Ils ont toujours des fonctions spécialisées :
œil : humeur aqueuse, humeur vitreuse : composition spécifique
à un rôle particulier
endolymphe et périlymphe de l’oreille interne : rôles dans
l’audition et de l’équilibration. L’endolymphe a une
composition différente de la périlymphe.
fluide synovial
Résumé : le
LEC enveloppe le LIC. Il est en contact avec le milieu
extérieur au niveau de l’intestin et au niveau des poumons.
Zone de contact avec l’environnement : revêtement cutané. La
zone de régulation est le poumon et le rein.
Par commodité, on représente les liquides de l’organisme par
le modèle du réservoir :
LIC : rectangle fermé sans contact avec l’environnement, de
volume constant.
LEC : plus petit, de volume variable, ouvert car il existe des
échanges permanent. Le robinet représente le rein. Les
correction de volume et de concentration du LEC se font par
l’intermédiaire du rein.
I. L’EAU CORPORELLE
L’eau est le constituant le plus important : 60
% du poids corporel : 42 l pour un sujet de 70 kg.
Le degré d’hydratation varie d’un sujet à l’autre en fonction
de plusieurs facteurs
degré d’adiposité
: le tissu adipeux a une teneur en eau très faible (comme
l’os). Le sang, les reins, les différents organes, les
muscles, le foie ont une teneur en eau élevée : 80 %.
Un homme maigre a proportionnellement plus d’eau :
|
|
gros |
maigre (sportif) |
|
graisse |
22 % |
4 % |
|
solides sans graisse |
28 % |
26 % |
|
eau |
50 % |
70 % |
sexe : (femme plus adipeuse que l’homme) La femme mince a proportionnellement plus d’eau que la femme obèse.
|
|
enfant |
homme |
femme |
âgé |
|
mince |
80 |
65 |
55 |
<50 |
|
moyen |
70 |
60 |
50 |
|
|
gros |
65 |
55 |
45 |
|
âge :
chez l’enfant la teneur en eau est plus importante
proportionnellement que chez l’adulte. Même gradation entre un
enfant gros et un enfant mince.
La balance hydrique de l’enfant est très fragile
sujet âgé : baisse de la teneur en eau.
L’équilibre entre l’entrée et les sorties d’eau : la balance
hydrique.
Elle se négative si les pertes sont supérieures aux apports
chez le nouveau né ou le nourrisson
causes :
* le poids corporel est faible : pour 3 kg :2,4 l d’eau. Une
perte de 1 l d’eau par diarrhée : perd presque 50 % de son eau
corporelle totale.
production de chaleur : épisodes fébriles fréquents
* le rapport surface / poids est plus élevé que chez l’adulte :
perte plus importante que chez l’adulte. (volume de la tête
important, perte cutanée importante).
* Le rein, qui permet de récupérer de l’eau est immature chez
l’enfant.
* pertes digestives : vomissements,diarhée.
* Les besoins hydriques sont proportionnellement plus élevés que
chez l’adulte : 50 à 100 ml / kg (35 à 40 ml / kg chez
l’adulte).
* Personne âgée : la teneur en organisme est faible : le degré
d’hydratation est limite – toute perte d’eau peut devenir
préjudiciable.
Pertes :
* par la peau
* tube digestif
* excrétion urinaire : c’est la seule partie régulée. Les PA ont
des reins défaillant : incapacité relative à concentrer les
urines.
les apports hydriques sont principalement dus au comportement
dipsique : mécanisme de la soif défaillant chez les PA.
surveiller particulièrement l’hydratation aux
extrémités de la vie.
II. REPARTITION DE L’EAU DANS L’ORGANISME
A. Volumes
le
volume du LIC est le double du LEC.
--> LIC contient les 2/3 de l’eau corporelle.
L’eau de l’homme de 70 kg est de 60 % du poids du corps
--> LIC 40 % du poids du corps
--> LEC 20 %
Deux secteurs principaux dans le LEC
espace vasculaire : 25 % = espace plasmatique.
tissu interstitiel : 75 %
Le volume du plasma correspond à 5 % du poids corporel : 3,5 l
chez l’adulte.
--> le volume sanguin peut être connu à partir de
l’hématocrite Ht.
1
volume sanguin = vol plasma x ------------
(1 - Ht)
Le sang est constitué de plasma et d’éléments figurés,
essentiellement les GR.
on prélève du sang placé dans un tube capillaire que l’on
centrifuge --> sépare les éléments figuré du plasma. On mesure
la hauteur des éléments figurés et celle du plasma et des
éléments figurés.
Chez
l’homme : 45 %
chez la femme : 40 %
bon indicateur d’anémie.
--> volume sanguin : 3,5 / 0,55 = 6,4 l.
L’hydratation plus importante du nouveau né s’explique par la
plus grande importance du secteur interstitiel : 25 %.
Répartition en fonction de l’âge :
|
|
enfant 5 kg |
homme 70 kg |
|
eau totale |
70 % (3,5 l) |
60 % (42 l)° |
|
LIC |
40 % (2 l) |
40 %(28 l) |
|
LEC |
30 % (1,5 l) |
20 % (14 l) |
|
Plasma |
5 % (0,25 l) |
5 % (3,5 l) |
|
secteur interstitiel |
25 % (1,25 l) |
15 % (10,5 l) |
le secteur interstitiel est proportionnellement
plus important chez l’enfant. Fragilité du LEC chez l’enfant.
Hypovolémie rapidement marquée
Toute perte rapide de la masse corporelle est le résultat
d’une perte hydrique.
B.
Mesure du volume des compartiments
liquidiens
Il existe des méthodes de dilution
d’indicateurs. ces indicateurs doivent répondre à plusieurs
critères :
• ne diffuser que dans le compartiment que l’on veut mesurer
• non métabolisé ou excrété rapidement
• ne pas être toxique : ne pas entraîner d’effets secondaires.
• ne modifie pas les volumes.
• facile à mesurer
Principe : on injecte par voie veineuse un indicateur I
dont la quantité (en grammes ) est connue.
On laisse l’indicateur diffuser puis on mesure la
concentration de l’indicateur dans le compartiment étudié.
On mesure la concentration en g / l de l’indicateur à
l’équilibre puis on calcule le volume de l’espace en divisant
la quantité injectée par la concentration à l’équilibre.
V = q / [I] équilibre
Si l’indicateur est métabolisé ou excrété, on est obligé de
soustraire cette quantité.

l’eau
tritiée émet des rayons ß elle
diffuse à l’ensemble de l’organisme
substance diffusant à l’ensemble du LEC : mannitol,
thiosulfate, inuline et brome ne pénètrent pas dans les
cellules
secteur plasmatique : albumine marquée par I125 ou bleu
d’Evans qui se fixe sur l’albumine.
volume globulaire : hématies Cr31 ou P32
espace potassium : K42.
Le compartiment cellulaire est difficile d’accès
--> on fait eau totale – LEC
pour le compartiment interstitiel : LEC – volume sanguin.
Il n’est pas facile de trouver des indicateurs. Il peut s’agir
d’indicateurs colorés ou radioactifs.
|
V à mesurer |
marqueur |
|
volume plasmatique |
sérum albumine marquée à 125I |
|
volume globulaire |
hématies 51Cr |
|
eau totale |
3H2O |
|
espace extracellulaire |
saccharose 82Br (mais il est métabolisé) |
|
espace potassium (K= échangeable) |
42K+ |
Vcellulaire = eau totale - espace
extra-cellulaire
Compartiment interstitiel = espace extracellulaire - (Vplasmtique
+ Vglobulaire).
III. OSMOLALITE DES LIQUIDES CORPORELS
A. Définitions
Les liquides corporels sont des solutions. Le
principal constituant est l’eau, le solvant dans lequel sont
dissous les ions et les autres molécules, les solutés.
La concentration de la solution en soluté peut s’exprimer de
plusieurs façons :
mg / ml : concentration pondérale
mmol / ml
l’osmolarité est le nombre de particules
présente par litre de solution : ions ou molécules. Pour une
substance non dissociée, le nombre de particule et de moles
est identique.
pour les ions on tient compte de leur charge électrique. On
traduit le nombre de charge.
L’osmolalité est le nombre de particules dans 1 kg de solvant
l’osmolarité est le nombre de particules par litre de solution.
Dans le cas du plasma, l’osmolalité est supérieure à l’osmolarité car la présence des protéines représente presque 10 %du volume.
L’osmolarité est due essentiellement à l’ion
sodium.
L’osmolalité ne tient compte que de l’eau plasmatique
l’osmolarité tient compte du volume total du plasma : eau
plasmatique + protéines.
Calcul
de l’osmolarité d’une solution
LEC : ion sodium essentiellement
3300 mg / l.
masse atomique : 23
--> osmolarité 3300 / 23 = 143 mosm / l.
concentration ionique
: 143 mEq / l car c’est un cation monovalent.
Ion calcium Ca++
concentration : 100 mg / l
masse atomique : 40
osmolarité : 100 / 40 = 2,5 mosmol / l
concentration ionique : 5 mEq / l car c’est un cation
divalent.
Protéines
concentration : 70 000 mg / l
masse molaire : ‘40 000 à 400 000 (en moyenne 70 000)
osmolarité faible : 0,8 mosmol / l
concentration ionique : 16 mEq / l. Les protéines sont
chargées négativement.
L’osmolarité des protéines joue un rôle très important.
B.
Importance de l’osmolarité
L’osmolarité détermine l’échange d’eau entre
les secteurs.
L’eau va toujours du milieu le moins concentré vers le plus
concentré.
Il y a toujours un équilibre osmotique entre les secteurs, au
dépend de leur degré d’hydratation : de leur volume.
Si l’osmolalité du LEC baisse l’eau sort des cellules jusqu’à
équilibration de l’osmolalité entre les 2 milieux.
Osmolalité efficace : une substance génère une osmolalité
efficace si elle entraîne un appel d’eau dans le compartiment
dans lequel elle se trouve. Elle dépend : du soluté, des
propriétés de la membrane entre LEC et LIC, de la paroi du
capillaire entre plasma et liquide interstitiel
Exemple :
échanges LEC et LIC : séparés par la membrane cellulaire. Le
sodium est typiquement l’ion extracellulaire. Présents dans le
LEC, ils ne passent pas dans le LIC génèrent une activité
osmotique efficace.
échanges plasma – LI : seules les protéines exercent une
osmolarité efficace dans le plasma par rapport au LI. Les ions
sodium sont inefficace car ils passent librement la paroi
capillaire.


On
désigne parfois l’osmolalité efficace par le terme de
tonicité.
On utilise beaucoup de solutions iso osmotique en médecine.
l’osmolarité du plasma est égale est celle du liquide
interstitiel, celle du LEC est égale à celle du LIC.
solution isotonique : solution iso osmotique au plasma,
utilisée pour réhydrater.
une solution est hypertonique quand son osmolalité est
supérieure à celle du plasma.
hypotonique : inférieure à celle du plasma.
la solution isotonique : 285 mosmol / kg. Dans le cas d’une
solution l’osmolalité est égale à l’osmolarité. On augmente le
volume du LEC --> passage d’eau sans déséquilibre : on perfuse
des solutions isotoniques.

une
solution isotonique est généralement à base de NaCl : --> Na+ et Cl-.
pour 285 mmol / l : 142,5 mmol de Na et Cl : de NaCl
NaCl : 58,45 g
--> 58,45 g x 142,5 / 1000 : 8,33 g.
NaCl n’est pas totalement dissocié : le coefficient osmotique
du NaCl est de 0,928 : 10 moles de NaCl dans l’eau -->
9 moles de Na, 9 moles de Cl et 1 NaCl.
--> il faut 8,33 / 0,928 : 9 g / l pour obtenir le sérum physiologique iso
osmotique.
C.
Déterminants de l’osmolalité
dans LEC : NaCl, bicarbonates : NaHCO3,
glucose, urée, protéines
dans le tissu interstitiel : comme pour le LEC
LIC : sels de potassium principalement.
Déterminants de l’osmolalité efficace
LEC : sels de Na
Plasma : protéines : les autres éléments traversent la paroi
du capillaire.
LIC : sels de K.

osmolalité
plasmatique = 2 x [Na+] + [glucose] + [urée]
(2 x [Na+] car le sodium est toujours accompagné d’un anion)
Posm efficace du plasma --> 2 x
[Na+] (par rapport au LIC)
L’osmolalité efficace correspond à la pression osmotique : les
osmoles exercent une pression à l’origine du passage d’eau du
compartiment à l’osmolalité la plus faible vers celui où l’osmolalité
est la plus élevée. Ce passage correspond aux effets d’une
pression hydrostatique qui serait exercée au niveau du
compartiment ayant la plus faible osmolalité.
seule les protéines exercent une pression osmotique : pression
oncotique du plasma. Elle est peu importante en valeur
absolue, mais joue un rôle important dans les échanges d’eau
entre le plasma et le liquide interstitiel.
Mise en évidence : osmomètre de Dutrochet

en
1 : eau distillée
en 2 saccharose. la membrane, hémiperméable, ne laisse pas
passer le saccharose.
la pression osmotique p = ρgh.
Le même dispositif concernant le plasma :
en 1 : eau
en 2 : solution proche en protéines ce celle du plasma, 42 g
albumine, 28 g de globulines
--> hauteur de 185 mm : π = 14 mm
Hg. Pression hydrostatique qui serait exercée à la surface de
l’eau.
Si on remplit le tube avec du plasma et le récipient avec du
NaCl à 9 g / l : la hauteur d’eau sera de 270 mm d’eau :
pression oncotique π de 20 mm Hg.
La différence est due à l’équilibre de Gibbs Donnan.
La pression oncotique des protéines plasmatiques est faible
malgré leur concentration élevée du fait de leur masse
moléculaire élevée : pression oncotique de 20 mm Hg (0,8 à 1
mosmol / l).
Pour l’ensemble des substances dissoutes
1 mosmol génère 17 mm Hg
--> pour NaCl : 280 mosmol génèrent 4800 mm Hg
protéines : 70 g : 1 mosmol génère 17 mm Hg mais du fait de
l’équilibre de GD, elles génèrent 20 mm Hg.
|
constituantsdu plasma |
concentration |
osmolalité |
pression osmotique |
|
NaCl |
140 mEq/l |
280 mosmol/l |
4800 mm Hg |
|
Urée |
0,3 g/l |
5 mosmol/l |
85 mm Hg |
|
glucose |
1 g/l |
5,5 mosmol/l |
94 mm Hg |
|
protéines |
72 g/l |
1 mosmol.l |
20 mm Hg |
l’urée et le glucose n’exercent pratiquement pas d’osmolalité efficace car ils exercent une activité faible et qu’ils vont entrer dans la cellule : n’exercent une activité que quand ils sont à l’extérieur de la cellule.
D. Aspects pratiques
D.1) préparation d’une solution isotonique
il faut établir une correspondance entre la quantité d’ions et les moles que cela représente :
|
1 g |
mmol |
|
Na HCO3 |
12 |
|
KCl |
13 |
|
NH4Cl |
19 |
|
NaCl |
17 |
adjonction de NaCl, eau ou soluté salé au LEC : que se passe-t-il ?
• adjonction de NaCl isotonique :
NaCl 9 ‰ : diffuse dans l’ensemble du LEC - pas de variation
de l’osmolarité du LEC : baisse volume du LEC, pas d’effet sur
le LIC.
Si on perfuse 2 l, le LEC baisse de 2 l : ¼ pour le secteur
plasmatique et ¾ pour le secteur interstitiel.

• adjonction de NaCl : baisse de l’osmolalité du LEC car NaCl reste confiné dans le LEC dc augmentation du passage d’eau du LIC vers le LEC jusqu’à égalisation du gradient osmotique au dépend du volume des cellules qui augmentent , baisse du volume du LEC - baisse du volume LIC : osmolalité du LEC et du LIC. Le rein va adapter rapidement, ainsi que le SNC : soif : comportement dipsique.
• prise de boisson : eau : l’eau diffuse dans le LEC dont l’osmolalité . Le gradient devient favorable au passage d’eau du LEC --> LIC : baisse osmolalité du LIC et LEC : l’eau va se répartir en fonction du volume du LEC et du LIC : pour 3 l, 1 l dans LEC et 2 l dans LIC.
• Applications thérapeutiques
• réhydratation globale post opératoire : prise de boisson impossible par voie orale : on va utiliserdu glucose isotonique, à 5 %. (si hypotonique : hémolyse). Le glucose permet de faire face à la phase de catabolisme. L’eau va se répartir entre les 2 compartiments intra et extra cellulaires.
• si on veut remplir plutôt le LEC : on utilise du NaCl isotonique qui va aller pour ¼ dans le plasma et pour ¾ dans le secteur interstitiel.
• si on veut remplir le secteur sanguin : on utilise le sang complet ou solutions macromoléculaire
• pour LIC : pas de solution spécifique : il faut remplir LIC et LEC.
IV. DISTRIBUTION DES IONS
Les
ions dans un secteur sont répartis de manière égale, du fait
de mouvements Browniens.
L’existence de barrières (membranes, paroi capillaires) de
perméabilité variable font que les concentrations sont
variables :
membrane cellulaire sélective
paroi capillaire : ne bloque que les protéines
--> distribution inégale dans les secteurs.
LEC : riche en Na
LIC riche en K
ceci est dû à l’existence de la pompe membranaire NaK ATPase
qui fait entrer les ions K dans la cellule et expulse le Na.
Natrémie : 142 mmmol/l : 142 mEq/l
kaliémie : 4,5 Mmol/l : 4,5 mEq/l.
L’anion protéinate : les protéines sont des composés
amphotères : leur charge dépend du pH du milieu.
Le plasma contient des ions H+ pH = 7,40 : neutralité
correspond à un pH légèrement alcalin les protéines sont
chargées négativement (1 g : 0,208 mEq).72 g / l de protéines
correspondent à 16 mEq / l qui correspondent à l’équilibre
Gibbs Donnan.
Dans chaque compartiment : la somme des anions diffusibles est
égale à la somme des cations diffusibles.
L’équilibre tient compte du fait qu’il existe dans le secteurs
plasmatique des anions protéinates non diffusibles qui vont
créer un déséquilibre entre le plasma et le secteur
interstitiel.
Pour un compartiment donné, la somme des anions est égale à la
somme des cations.
Entre 2 compartiments A et B, la somme des ions diffusibles
dans A est égale à la somme des ions diffusibles dans B.
--> si on applique ces 2 lois au plasma et au LI séparés par la paroi du
capillaire :
• totalité des ions
plasma :
155 mEq / l de charges – (anions)
155 mEq / l de charges + (cations)
LI :
147 mEq / l de charges – (anions)
147 mEq / l de charges + (cations)
--> dans le plasma, la somme des anions et des cations est plus importante
que dans le LI.
• Ions diffusibles :
plasma : 155 + 139 = 294
LI : 147 + 147 = 294.
Les déséquilibres des ions totaux entre plasma et LI est dû à
l’effet Gibbs Donnan :.
Cations diffusibles x anions diffusibles du plasma = anions
diffusibles x cations diffusibles du LI.
(cette loi s’applique aussi au cas du LIC par rapport au LI).
Le déséquilibre est dû à la présence de protéines non
diffusibles dans le secteur plasmatique (ions protéinates).
Soient 2 solutions séparées par un membrane imperméable aux
protéines.
au départ : autant d’ions Na+ et Cl-.
Si on rajoute des protéines dans un compartiment, elles ne
passent pas la membrane des ions Cl- vont passer dans
l’autre compartiment pour que la somme des anions soit égale à
la somme des cations. A l’équilibre, il y a moins de Cl- du
côté où on a rajouté des protéines, en quantité équivalente au
nombre d’anions protéinate.

Conséquences de l’effet Gibbs Donnan :
• plus d’anions diffusibles dans le LI que dans le plasma.
• moins de cations diffusibles dans le LI que dans le plasma
Les anions diffusibles sont les ions Cl-
La somme des concentrations de l’anion protéinate et des ions
Cl est de 117 mEq / l (plasma).
Répartition des anions dans les différents secteurs
|
|
plasma |
LI |
cellule |
|
Cl- |
103 |
117 |
5 |
|
HCO3- |
27 |
27 |
variable |
|
PO42- - |
2 |
2 |
100 |
|
SO42 |
1 |
1 |
20 |
|
Protéines |
72 g / l : 16 mEq / l |
0 |
++ : 55 mEq / l |
|
total |
155 |
147 |
variable |
Il
y a très peu d’ions chlorures dans la cellule : l’intérieur de
la cellule est électronégatif : l’ion Cl- va être expulsé.
1 g de protéines correspond à 0,208 mEq / l --> 72 g correspondent à 16 mEq / l.
Les protéines sont très abondantes dans la cellule (55 mEq /l)
: le déséquilibre Gibbs Donnan est plus important entre LI et
LIC qu’entre LI et plasma.
La somme des anions diffusibles et non diffusibles est plus
importante dans le plasma que dans le LI.
Dans le liquide cellulaire, la somme des ions diffusibles est
nettement plus importante que dans le plasma ou le LI.
Cations :
|
|
plasma |
LI |
LIC |
|
Na |
142 mEq / l |
135 |
faible : 12 à 35 (action de Na-K ATPase) |
|
K |
5 |
5 |
135 – 150 |
|
Ca |
5 |
5 |
très variable |
|
Mg |
3 |
2 |
40 |
|
total |
155 |
147 |
variable |
La kaliémie (K du plasma) joue un rôle
important : c’est ce qui est régulé au niveau de l’organisme.
toute variation de la kaliémie va provoquer une modification
de l’excitabilité des cellules.
La somme des cation du plasma est supérieure à celle des
cations du LI (GD)
Il y a beaucoup plus de cations dans le LIC que dans le LI.
Le Ionogramme sanguin :
étudie la répartition des ions dans le plasma.
toute variation de concentration des ions du LI et du plasma
va avoir des répercussions fonctionnelles sur l’activité
électrique à la surface des cellules : K, Ca, Mg sont
importants dans la neuro excitabilité.
Le
principal déterminant de l’osmolarité efficace dans le secteur
extra cellulaire est Na, accompagné de Cl et du bicarbonate.
Toute variation de l’osmolarité d’un secteur va provoquer une
modification de son hydratation.
La baisse de l'osmolalité plasmatique augmente le passage d’eau du LI vers
le plasma et secondairement du LIC vers le plasma qui va baisser
: augmentation P artérielle.
--> la natrémie est reliée à la volémie. On recommande aux hypertendus de
réduire la consommation de Na.
V. REPARTITION DES IONS ENTRE LEC ET LIC.
Elle dépend de la perméabilité de la membrane
cellulaire aux ions.
Les ions peuvent diffuser, emprunter des canaux ioniques.
Il existe aussi des systèmes de pompes à la surface de la
membrane, qui déterminent des flux directionnels. La pompe la
plus importante est la pompe Na-K ATPase. La membrane
cellulaire est très perméable à l’ion K+ et Cl-, un peu moins
à l’ion Na+.
Normalement, le K+ qui se trouve à l’intérieur de la cellule
va sortir plus facilement que le Na va entrer. La pompe
expulse le Na et fait entrer le K. Le Na entre moins bien dans
la cellule que le K en sort : la pompe sera moins efficace sur
le K que sur le Na. (3.Na pour 2 K).
Chaque
fois que la pompe fait entrer un K, il a tendance a ressortir.
Le Na entre beaucoup moins que le K en sort.
--> déséquilibre entre la répartition du Na et du K.
Dans la cellule : nombreux anions protéinates.
Par analogie on devrait avoir un accumulation de cations dans
le LIC, mais ce n’est pas le cas du fait de la présence de la
pompe Na – K ATPase qui contre care l’effet Gibbs Donnan
suffisamment pour qu’il n’y ait pas d’accumulation de trop de
cations dans le LIC.
Le
rôle de la pompe Na – K ATPase est mis en évidence en inhibant
son activité par la Ouabaïne.
--> on observe l’effet Gibbs Donnan seul : la concentration
des cations intracellulaire baisse, il se produit un
gradient osmotique en faveur de l’entrée d’eau dans la cellule
qui gonfle.
--> rôle capital de la pompe Na – K ATPase pour l’équilibre
osmotique entre LIC et secteur interstitiel : elle va expulser
les cations qui se seraient trouvés en trop grande quantité
dans la cellule.
Bien que la somme des anions et des cations soit plus
importante dans la cellule que dans le LEC, il n’y a pas de
déséquilibre osmotique entre LIC et LEC, du fait qu’une partie
des ions se trouve liée aux structures cellulaires : protéines
et phospho-lipides. Les ions ne sont pas à l’état libre et
l’activité osmotique de la cellule est identique à celle du
LEC.
Il y a un déséquilibre ionique des charges entre LIC et LEC en
particulier en ce qui concerne le Na et le K : la cellule est
électronégative et les ions Cl- sont expulsés de la cellule.
--> [Cl-] est beaucoup plus basse à l’intérieur de la cellule
qu’à l’extérieur.
VI. LES ECHANGES ENTRE LES DIFFERENTS SECTEURS
L’équilibre est dynamique : un déséquilibre
permanent provoque des corrections permanentes.
entre le secteur intracellulaire et LI
entre LI et plasma.
Les échanges sont bidirectionnels. Ils concernent les gaz :
CO2 et O2, l’eau et les solutés : glucose, urée et ions.
A. Echanges entre LIC et LEC
A.1) eau
en fonction d’un gradient sodique : le passage de l’eau a été
considéré pendant longtemps comme un simple passage par
diffusion. En fait, on sait aujourd’hui qu’il existe au niveau
de certaines cellules des canaux permettant le passage de
l’eau à travers la membrane cellulaire.
Il existe des pompes à eau (canal collecteur du rein).
A.2) gaz
diffusent en fonction d’un gradient de pression.
A.3) ions
diffusion
transports actifs : pompes
canaux ioniques
A.4) grosses molécules :
Imperméabilité membranaire
les protéines synthétisées par la cellule restent à
l’intérieur sauf dans le cas des hépatocytes, qui fabriquent
les protéines circulantes.
Il existe des mécanismes d’entrée des protéines dans la
cellule (picnocytose).
B. Echanges plasma – secteur interstitiel
Intérêt clinique ++
Ils se font au niveau de la paroi des capillaires. Du fait de
sa perméabilité importante, les échanges de soluté et d’eau
sont beaucoup plus rapides et beaucoup plus importants.
B.1) Modalités
d’échanges
Ils se font essentiellement par simple diffusion, en fonction
de gradients de pression osmotique. Plusieurs litres par heure
s’échangent dans les 2 sens.
Une petite fraction de ces échanges sont sous le contrôle de 2
facteurs principaux :
• la pression hydrostatique des capillaires
• la pression oncotique plasmatique : due aux protéines du
plasma
Ces échanges sont quantitativement moins importants que les
échanges par simple diffusion, mais leur importance
fonctionnelle est grande.
La diffusion correspond à un échange de 120 l / min. Or le LEC
est de 15 à 20 l : sa totalité est échangée entre le secteur
interstitiel et le plasma en 20 secondes.
La diffusion ne peut pas concerner les protéines : l’effet
osmotique des protéines est responsable de l’osmolalité
efficace ; elle provoque un appel d’eau du LI vers le plasma :
c’est une réabsorption. Une partie de l’eau diffusant du
plasma vers le LI va être réabsorbée du fait de la pression
oncotique.
La filtration forcée, deuxième type d’échange entre plasma et
LI, est due à l’activité de la pompe cardiaque. Elle provoque
une sortie d’eau du plasma vers le LI.
Les 2 forces, pression oncotique et pression hydrostatique
agissent en sens opposé. Elles permettent la répartition de
l’eau entre les 2 secteurs, plasma et LI.
B.2) Modèle de Starling
C’est une représentation schématique des échanges d’eau entre
plasma et LI au niveau des capillaires.
4 forces de Starling :
• Pc : pression hydrostatique des capillaires
• PLI : pression hydrostatique du LI opposée à Pc
• πc : pression oncotique due aux
protéines, tendant à faire entrer l’eau dans le capillaire.
• πLI : opposée à la précédente,
négligeable, sauf dans certains territoires comme au niveau du
foie.
Le pôle artériel du capillaire reçoit du sang qui perd de l’O2
et se charge en CO2, devient veineux et est pris en charge par
le système veineux.
Il existe des sphincters pré-capillaires artériolaires, dont
le rôle est de protéger les capillaires des variations de
pression systémique.
• Pc : pression hydrostatique des capillaires :
≈ 29 mm Hg
• c : ≈ 20 mm Hg
Tout au long du capillaire, la pression hydrostatique diminue
progressivement, passant de 29 mm Hg au pôle artériel à 14 mm
au pôle veineux.
La pression oncotique est constante.
--> au pôle artériel, la pression hydrostatique est
supérieure à la pression oncotique, c’est la pression forcée.
en position intermédiaire, la pression hydrostatique est égale
à la pression oncotique
au pôle veineux, la pression oncotique est supérieure à la
pression hydrostatique réabsorption d’eau.
--> au niveau de l’organisme entier :
• filtration : 20 l / j
• réabsorption : 18 l / j
tout ce qui est filtré n’est pas réabsorbé.
Les 2 l restants sont pris en charge par le système
lymphatique.
Selon les territoires, la réabsorption peut être supérieure à
la filtration en inversement.
L’existence des sphincters pré-capillaires protège les
mécanismes d’échange des variations de la pression artérielle.
Dans les zones où le LI contient beaucoup de protéines, le
gradient de pression oncotique est effacé : il y a peu de
réabsorption et beaucoup de filtration dans ces territoires.
B.3) Application : formation des oedèmes
i Définition
Le volume du LEC ne doit pas varier.
Son augmentation s’accompagne en général d’une augmentation du
volume plasmatique de la P sanguine (c’est rare : en
général l’ de TA est due à une vasoconstriction).
--> LI : oedèmes : rétention d’eau plasmatique dans
le LI.
L’accumulation d’eau dans le LI équivaut à une filtration
supérieure à la réabsorption, avec dépassement du pouvoir de
réabsorption des lymphatique.
-->gonflement : œdème généralisé si une grande
partie de l’organisme est concerné, facilement mis en évidence
par le signe du godet (dépression causée par la pression des
doigts sur les téguments).
Il existe des oedèmes localisés (piqûres d’insectes).
ii Mécanisme de la formation des oedèmes
--> baisse de la P veineuse
exemples :
grossesse : le fœtus appuie sur la veine cave et gêne le
retour veineux (effet mécanique)
plâtre trop serré : fait un garrot qui bloque le retour
veineux P hydrodynamique en amont dans le capillaire.
ascite : augmentation P veineuse hépatique : accumulation d’eau
Insuffisance cardiaque congestive.
--> PA
La PA a peu d’effets : le capillaire est protégé par les
sphincters pré-capillaires : pas d’oedèmes dans l’HTA.
--> baisse de la P oncotique
La teneur en protéine du plasma diminue
La filtration se produit, mais pas la réabsorption.
fuite d’albumine au niveau rénal (syndrome néphrotique)
insuffisance hépatique, synthèse des protéine
--> baisse de la
Perméabilité capillaire
En général elle est à l’origine d’oedèmes localisés : piqûres
d’insectes, brûlures, réactions allergiques.
augmentation de l'inflammation et libération d’histamine dans le LI à partir des
mastocytes :augmentation de la perméabilité du capillaire.
--> les protéines vont pourvoir sortir du capillaire, les pressions
oncotiques s’égalisent.
--> Obstructions lymphatiques
d’origine chirurgicale : après mastectomie élargie (autrefois)
ou curage ganglionnaire lymphatique,
envahissement ganglionnaire malin : gonflement du
membre supérieur.
parasites : filariose.
-->le rôle du circuit lymphatique ne s’exerce plus : lymphoedèmes
Peuvent se voir au niveau, des membres inférieur, du scrotum
(éléphantiasis).