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Physiologie
Systeme de régulation Communications inter-cellulaire Physiologie de la membrane cellulaire Organisation du systeme nerveux
Physiologie du muscle Physiologie de la respiration Compartiments liquidiens Physiologie renale
Physiologie de la Medullo-surrenale Bio energetique Physiologie Cardiaque et cardio vasculaire Physiologie digestive
Glande thyroide Vision Action de l'insuline et du glucagon Hormones corticosurrenaliennes
Audition Physiologie du calcium, du phosphore et de l'os le fer  


Hormones corticosurrenaliennes

  

   I. Introduction

Les glandes surrénaliennes sont des organes pairs, de 4 à 6 grammes chez l'adulte, localisées au pôle supéro-interne des reins, en position rétropéritonéale.
Elles sont très vascularisées par des branches venant de l'aorte et de l'artère rénale, le sang arrive par es capillaires sinusoïdes dans le cortex puis irrigue la médullaire, donc la médullaire est exposée aux fortes concentrations des hormones venant du cortex.
Chaque glande possède deux entités fonctionnelles différentes :
* Le cortex : en périphérie, compose 80% de la glande, d'origine mésodermique, produit les stéroïdes
* La médullaire : au centre, compose 20% de la glande, d'origine neuroectodermique, produit les catécholamines. Elle dérive embryologiquement d'un ganglion sympathique et joue le rôle de deuxième neurone dans le système nerveux sympathique, mais a la particularité de produire des catécholamines d'action longue et ubiquitaire

   II. Généralités sur la corticosurrénale



      A.
Anatomie du cortex surrénalien

Il possède 3 zones différentes qui vont produire 3familles d'hormones différentes :
 * La glomérulée : partie externe, compose 10% de la glande
   °avec des cellules en amas
   °ne possède pas l'enzyme 17-hydroxylase et donc ne peut synthétiser que l'aldostérone (minéralocorticoïde à 21C)
 * Partie la plus épaisse, compose 75% de la glande
   °avec des cellules volumineuses en cordon disposées de façon radiaire
   °possède des enzymes permettent la synthèse du cortisol (glucocorticoïde à 21C)
 * La réticulée : partie profonde
   °avec des cellules en cordons qui forment des réseaux
   °possède les enzymes permettant la synthèse des androgènes (19C)

      B.
Les hormones

Les stéroïdes sont des substances chimiques produites par un tissu mésodermique et possèdent tous un noyau cyclopentanophénantrène commun dérivant du cholestérol : ils ont un tronc de synthèse commun. Ils sont faiblement hydrosolubles, donc nécessitent des protéines de transport, mais liposolubles donc traversent facilement les membranes cellulaires pour agir sur des récepteurs nucléaires (entraînent la synthèse d'ARN)

         B.1. Les stéroïdes à 21C

      i. Synthèse

L'aldostérone (principal représentant des minéralocorticoïdes) et les glucocorticoïdes dérivent du cholestérol (d'origine exogène à 80% et endogène à 20%). C'est donc la quantité de cholestérol arriavnt, disponible et transformé qui va influer sur la quantité d'hormones produites, car ces hormones ne sont pas stockées. Après l'entrée du cholestérol dans la mitochondrie, une desmolase le coupe pour donner le Δ5-prégnénolone

Rq : Le Δ5-prégnénolone va suivre la voie des minéralocorticoïdes ou des glucocorticoïdes en fonction de sa localisation dans la glande (les enzymes ne sont pas les mêmes partout)

Une desmolase est une enzyme qui coupe, la LH en est une, et l'ACTH va agir sur cette desmolase.

         ii. Enzymes

 --> La 21-hyrdroxylase
Son absence entraîne une maladie nommé hyperplasie congénitale des surrénales dans laquelle le foetus possède une zone X très hypertrophiée. Il synthétise peu l'aldostérone et de glucocorticoïdes, sensés exercés un feed-back négatif, donc l'ACTH augmente et la glande grossit puisque l'ACTH a un rôle trophique.
Dépistage : les enfants qui naissent sans corticoïdes ont des surrénales énormes et un taux d'ACTH élevé.

 --> la 11β-hydroxylase
La métopyrone peut inhiber cette enzyme.
Test à la métopyrone : si les gens produisent trop de glucocorticoïdes, on les met sous métopyrone, le taux d'hormone diminue car la 11-hydroxylase est bloquée. Il n'y a donc plus de feed-back négatif sur la production d'ACTH. Si le taux d'ACTH n'augmente pas, cela signifie que l'on a un déficit au niveau de l'hypophyse.

         B.2. Les stéroïdes à 19C

Ils sont produits par une autre desmolase dans la réticulée. On arrive aux hormones males (androgènes) avec un noyau andostrane. Ce sont : la DHA (ou DHEA), l'androsténédione, qui ont une activité faible. Après passage dans le sang, ils sont transformés au niveau du foie, des testicules et des ovaires (conversions périphérique) en un androgène plus puissant : la testostérone.
Pathologie : le virilisme féminin, ou "femme à barbe", est due à une hypersécrétion surrénalienne (taux de DHEA élevé).
Rq : la DHA est produite uniquement par la corticosurrénale

         B.3. Les stéroïdes à 18C

Ils possèdent un noyau oestrone. Ils sont produits par l'ovaire et au niveau de l'unité foeto-placentaire. Pendant la grossesse, il existe 3 compartiments : la mère, le placenta et le foetus. Les oestrogènes sont apportés par la mère au placenta puis au foetus, où ils sont glucuroconjugués, puis ils reviennent à la mère.
L'oestriol est une hormone stéroïde synthétisée pendant la grossesse.

 --> Les stéroïdes sont divisés en 3 familles :
  - les glucocorticïdes (cortisol)
  - les minéralocorticoïdes (aldostérone)
  - les androgènes
Ils n'ont pas de stockage : en cas de stress, il faut un certain délai pour les synthétiser.
La plupart des réactions sont catalysées par le cytochrome P450.

      C.
Données anatamo-cliniques

         C.1. Expérimentation

       i. Surrénalectomie des chiens ( dans les années 1950 )

Résultat : les animaux meurent au bout de 5 à 10 jours, sauf si on leur apporte beaucoup de glucides et régulièrement, du NaCl en quantité importante, et si on les maintient au chaud.
Conclusion ; ces glandes sont indispensables à la vie. En effet, l'aldostérone permet la réabsorption du sodium, et les glucocorticoïdes permettent d'utiliser les glucides (hormones du jeûne).

        ii. Extraction de substance surrénalienne

Elle permet d'augmenter la vie des animaux (dans les années 1920, laboratoire de Guillemin).
Un animal sans surrénales perd la possibilité de survivre dans un environnement qui change (froid/chaud, alimentation/jeûne,...). Si on stabilise cet environnement (pas de variations de température, alimentation continue, aucune agression,...), l'animal surrénalectomisé survit.
Donc les glandes surrénales nous permettent d'être libre, de s'adapter à un environnement changeant. Elle est l'hormone clé de l'homéostasie.

         C.2. Relation structure-fonction

Il existe une dizaine de composés glucominéralocorticoïdes synthétisés par dérivation de la molécule initiale : avec des aspects plus ou moins spécifiques mais qui conservent des effets puissants.
Ex : les glucocorticoïdes sont anti-inflammatoires.
Pour les comparer on utilise des tableaux décrivant leurs actions physio-pharmacologiques

  Survie Muscle Foie (glycogène) Granulome Na+/K+ urinaire
Cortisol 35 100 100 100 7
Cortexone 100 Environ 0 1 Environ 0 100
Corticostérone 15 30 35 30 15
Aldostérone 3000 Environ 0 Environ 0 Environ 0 12 000

  --> Cortisol
 * Muscle : protéolyse pour permettre la néoglucogénèse
 * Foie : glycogénolyse et néoglycogénèse
 * Granulomes : réactions inflammatoires

  --> Cortexone
élément important, glucocorticoïde de référence (valeur 100 pour la réabsorption du sodium)

  --> Aldostérone
effets biologiques supérieurs à la cortexone pour la réabsorption du sodium

 
 III. Glucocorticoïdes

Chez l'homme, le représentant principal est le cortisol qui devance la cortisone et la corticostérone. Les hormones de synthèse n'ont pas d'effets biologiques. Presque toutes les cellules sont équipées de récepteurs nucléaires au cortisol, donc les glucocorticoïdes ont une action sur tous les organes et toutes les fonctions.
Ils possèdent 2 rôles majeurs :
 --> Sur le métabolisme glucidique : hormone du jeûne, adaptation de l'organisme à l'absence de nourriture et au stress grâce à la néoglucogénèse.
 --> La limitation des réactions inflammatoires algogènes de traumatismes, par exemple dans le cas de réactions allergiques ou d'infections bactériennes ou mécaniques.
Rappel : les 4 signes de l'inflammation en cas de traumatisme : douleur, chaleur, rougeur. Toutes les maladies se terminant par -ite sont des allergies ou des inflammations traitées par glucocorticoïdes, tout comme les greffes.

      A.
Métabolisme

Synthèse : dans la fasciculée (car il n'y a pas de 17-hydroxylase dans la glomérulée) à partir de la progestérone.
Dans le test à la métopyrone, l'ACTH augmente provoquant une hypertrophie de la zone fasciculée.
Stockage : il n'y en a pas
Transport : libérées dans le sang, circule sur des protéines porteuses : surtout la CBG ( Cortisol Binding Globulin), mais aussi sur l'albumine et les globules rouges
Régulation : se fait au niveau de la synthèse
Sécrétion : pulsatile et cyclique, qui correspond à la sécrétion pusatile de l'ACTH. (55 micromol/jour chez l'homme et 45 chez la femme)
Demi-vie : courte, 90 minutes
Elimination : sous forme glucuroconjuguée et CLU (Cortisol libre Urinaire) et dans la salive
Le pool de glucocorticoïdes libres reflère la sécrétion

      B. Mode d'action

Seul le cortisol libre est actif.
Les glucocorticoïdes diffusent aisément à travers la membrane cellulaire pour aller activer un récepteur cytosolique (le même pour tous les glucocorticoïdes).
Ce récepteur possède 3 parties :
 - Une extrémité spécifique pour le cortisol
 - Un domaine central R, qui peut être recouvert ou non, empêche ou non la liaison à l'ADN
 - Estchock protéine : protéine chaperon commune pour tous les stéroïdes.
Une fois le récepteur activé, le complexe migre dans le noyau où il active un récepteur nucléaire qui va permettre la liaison à un site spécifique de l'ADN (séquence palyndromique GRE), ce qui entraîne la production d'ARNm et donc la synthèse de différentes protéines.
nb : Palindrome : séquence d'ADN en duplex qui apparaît comme identique lorsque la séquence des deux brins est lue dans des directions opposées.

Effets propres du cortisol :
 --> Les cellules sont plus ou moins riches en récepteurs
 --> Le cortisol peut être modifié à son entrée dans la cellule
ex : dès son arrivées dans le rein, il est catabolisé en dérivé du cortisol
 --> Le complexe activé peut agir sur certaines enzymes (dont les eatshock protéines), effet indirect du cortisol.

Rq :
 * il y a récepteurs dans quasiment toutes les cellules, donc il y a une synthèse de nombreuses protéines différentes (protéines stimulantes, inhibitrices, enzymes,...), il y a donc plein d'effets différents selon les tissus.
 * Il y a un délai entre le stimulus et la réponse pour que le cortisol agisse, car il y a synthèse d'ADN
 * Effet accessoire : dans 5 à 10% des cas, le cortisol se lie directement sur les protéines membranaires. Dans ce cas, il a un effet rapide.
Ex : activation neuronale, libération de neurotransmetteur, activation de canaux ioniques,...

      C/
Régulation

         C.1. Mise en jeu de la sécrétion

Elle est simple et dirigée par l'axe hypothalamo-hypophysaire

     i. L'hypothalamus

il excerce un contrôle permanent sur l'éminence médiane grâce à la CRH (ou CRF). Cette sécrétion est nychtémérale (= circadienne) et pulsatile. Elle permet une adaptation aux agressions extérieures (ex : stress, douleur, hypoglycémie,...), qui ont une action sur j'hypothalamus et non sur l'hypophyse.
La CRH est un peptide de 41 acides aminés (aa) stimulant l'antéhypophyse grâce au système porte.

     ii. L'antéhypophyse

Elle synthétise en réponse à la CRH un long peptide : la pro-opiomélanocortine, qui serait coupée en petits peptides pour donner :
 --> des opioïdes (endorphines)
 --> des hormones mélanotropes (MSH = mobilisatrice des lipides)
 --> l'ACTH, qui stimule la production de cortisol

L'ACTH est un pepetide de 39aa. Son taux varie selon un rythme circadien parallèle à la sécrétion du cortisol. Sa demi-vie est courte : 20 à 30 minutes chez l'homme. Elle possède 3 domaines :
 - un contenant l'activité biologique (24 premiers aa)
 - un variable selon l'espèce
 - un commun à toutes les espèces.
Elle est libérée et circule sous forme libre et agit sur la fasciculée et la réticulée grâce à des récepteurs membranaires adényl-cyclase dépendants, en activant un groupe d'enzymes qui transforment le cholestérol en Δ5-prégnénolone. L'ACTH a donc un effet sur la stéroïdogénèse mais aussi un effet trophique sur les glandes surrénales
Ex :
 --> Si on fait une hypophysectomie, on observe une atrophie des glandes corticosurrénales sauf au niveau de la zone minéralotrope
 --> Si on injecte de l'ACTH, on observe une hyperplasie des zones fasciculée et réticulée

         C.2. Rétrocontrôles

Le cortisol libre exerce un rétrocontrôle négatif (pendant la nuit) sur l'axe hypothalamo-hypophysaire.
Conséquences : toute baisse de la cortisolémie entraîne une stimulation du système et toute augmentation inhibe ce système.

Rq : Normalement le cycle est autonome, mais en cas de stimulation aiguë (stress), on observe un pic de cortisol en réponse à une augmentation d'ACTH, quelque soit le moment du cycle.
Quand on prend des glucocorticoïdes pendant plusieurs années, le système de rétroncontrôles est inhibé un certain temps et fini par s'éteindre. Donc, si le sujet subit une agression quelconque, on n'observe plus de pic de cortisol.
Lorsqu'on stoppe le traitement; il faut le faire de façon progresive (sur plusieurs mois) pour que le système se remette en place. Si on arrête brutalement le traitement, il y a un risque de mort causée par une insuffisance surrénalienne aiguë.

     D/
Rôle des glucocorticoïdes

Quasiment toutes les cellules sont équipées de récepteurs, donc les effets sont multiples.

         D.1. Sur le métabolisme

      i. Protidique

 --> augmentation de la protéolyse : les aa sont libérés du muscle
 --> baisse de la captation des aa par les tissus extra-hépatiques : les aa ne sont là que pour le foie
 --> au final, "on casse le muscle", on a donc un bilan négatif : catabolisme

      ii. Glucidique

 --> augmentation néoglucogénèse par le foie, à partir des aa (surtout l'alanine), car les glucorticoïdes augmentent les enzymes impliquées dans la synthèse du glucose.
 --> renouvellement :
  - augmentation du stock hépatique de glycogène
  - augmentation de la glycogénolyse en même temps
Il y a augmentation du stock disponible, mais utilisation simultanée du glucose.
  - inhibition de la captation du glucose par les tissus périphériques par baisse du nombre de récepteurs à l'insuline

--> le cortisol est l'hormone d'épargne du glucose, il permet le maintien d'un niveau de glycémie suffisant en réponse à une agression. Le glucose sera utilisé par les tissus qui en auront le plus besoin (surtout le cerveau).

En cas de jeûne, le cortisol est libéré, il entraîne un protéolyse, donc un libération d'aa pour la néoglucogénèse du foie permettant la synthèse de glucose et de glycogène. Le glucose libéré dans le sang est libéré en grande majorité par le cerveau.

Rq :
 * On dit que la glycémie est parallèle au diabète, mais c'est faux! En cas de jeûne, le métabolisme va favoriser la production de glucose mais qui sera tout de suite utilisé par le cerveau
 * L'action du cortisol est opposée à celle de l'insuline, qui entraîne le stockage du glucose et son utilisation périphérique. Le diabétique n'a pas d'insuline, donc pas de stockage car il ne rentre pas dans les cellules, donc il le perd et il maigrit.
 * Le cortisol ne provoque d'hyperglycémie que si les gens sont déjà malades.
Il agit avec d'autres hormones de contre-régulation : le glucagon et l'insuline, donc on aura un rétablissement normal de la glycémie.
 * Il ressemble aux catécholamines, qui augmentent la glycogénolyse immédiate, et donc la libération de glucose. Dans ce cas, il y a une possibilité d'hyperglycémie.

      iii. Lipidique

 --> A dose normale, le cortisol entraîne une augmentation de la lipolyse (favorise la libération des acides gras), donc il y a une augmentation des acides gras libres et des triglycérides dans le sang.
 --> A forte concentration ou à dose chronique, on observe en plus une rerépartition centripète des graisses : obésité facio-tronculaire.
Le cortisol agit en synergie avec les catécholamines.

      iv Hydrominéral

 --> A faible dose : augmentation de la natriurèse car augmentation de la filtration glomérulaire.
 --> A forte dose : augmentation de la réabsorption du sodium et baisse de la réabsorption du potassium, c'est le même genre de mécanisme qu'avec l'aldostérone : "effet aldostérone like" (le cortisol ressemble à l'aldostérone).
Exp : test à l'eau pour savoir si on a assez de cortisol
On fait boire 1L entre 8h et 8h30, et le patient doit uriner 965mL avant midi, sinon il s'agit d'une opsiurie, c'est-à-dire une insuffisance rénale due à un manque de cortisol.

         D.2. Sur les organes

       i. Système immuno-inflammatoire

Rappel : leucocyte = globule blanc (GB)
             lymphocyte = leucocyte mononucléaire
             mastocyte = içi leucocyte polynucléaire

 - baisse perméabilité basculaire et baisse de la diapédèse (migration des GB hors des capillaires)
 - baisse migration des leucocytes, baisse des mécanismes de phagocytose
 - baisse nombre de lymphocytes circulants notamment T4 par l'intermédiaire des interleukines 2
 - baisse de la dégranulation des mastocytes (libération du contenu des lysosomes du mastocyte dans le cadre de la phagocytose)
 - baisse du taux complément ( groupe de 9 protéine qui active les phénomènes d'inflammation) dû à un hyper catabolisme des protéines
 - atrophie du thymus
csq : baisse du taux d'anticorps circulants et baisse du nombre de lymphocytes B
 - action inhibitrice sur la quasi totalité des médiateurs de l'inflammation : baisse de la formation de la kinine, baisse de la libération de l'histamine et dérivés de l'acide arachidonique (leucotriènes, thromboxanes, prostaglandines,...), baisse de l'expression des antigènes membranaires
 - baisse réponse allogénique en cas de greffe (cad baisse du risque de rejet)

Ces réactions anti-inflammatoires, anti-allergiques, immunosuppressives s'expliquent par la stimulation du catabolisme des protéines.
Elles protègent l'organisme des mécanismes de défense normaux dans le cas de stress prolongé.

        ii. Système de répartition tissulaire

 - retarde la cicatrisation (car il n'y a plus de protéines) car :
  * baisse de la croissance des fibroblastes
  * baisse de la synthèse des mucopolysaccharides
  * baisse de la synthèse du collagène et de l'élastine

Pathologies :
  *hyperglucocorticoïdémie --> fragilité des muqueuses
  *sclérodermie : prolifération des fibres collagènes dans tout l'organisme (accumulation au niveau de l'oeil, rein,... pouvant entraîner une cécité, une insuffisance rénale,...)
  *sarcoïdose : prolifération des fibres collagènes notamment au niveau de la peau. On donne des glucocorticoïdes pour empêcher la prolifération du collagène

       iii. Appareil digestif

Les glucocorticoïdes l'agressent : risque d'ulcère, de gastrite car :
 * action permissive sur la sécrétion acide (augmentation)
 * baisse de la synthèse des glycoprotéines et des mucopolysaccharides protecteurs
 * ralentissement du renouvellement épithélial

       iv. Sur le système cardio-vasculaire

Augmentation de la PA (pression artérielle) car :
 * augmentation de la sensibilité des vaisseaux aux catéchoamines (hormones de la fuite)
 * baisse des COMT (Catécho-O-Méthyl-Transférase) = enzyme catalysant les catécholamines
 * augmentation du débit cardiaque dû à une petite rétention hydro sodée.

       v.  élément du sang

 - lymphopénie
 - éosibasopénie
 - à forte dose, baisse de l'érythropoïèse donc baisse du nombre de GR
 - hyperleucocytose apparente
Il y a normalement une marginalisation des GB, cad que les GB sont accrochés aux parois (polynucléaires non circulants). Les glucocorticoïdes entraînent une baisse du nombre de GB et leur démarginalisation
csq : les GB sont moins nombreux mais en devenant circulant apparaissent plus nombreux.

       vi. Appareil broncho-pulmonaire

 - Stimulation de la synthèse du surfactant pulmonaire qui diminue la tension superficielle au niveau des alvéoles et ainsi évite aux alvéoles de se collaber

Pathologie :

 *maladie des membranes hyalines : absence de surfactant à la naissance d'un prématuré
on donne de forte de glucocorticoïdes aux femmes enceintes à risque d'accouchement prématuré (6-7ème mois de grossesse)

       vii. Os et métabolisme phosphocalcique

 - Ostéoporose chez l'adulte car baisse de la prolifération des précurseurs des ostéoblastes et chondroblastes
 - Hypocalcémie car baisse de l'activation de la vitamine D permettant l'absorption de Ca2+
et augmentation urinaire du Ca2+ au niveau du tubule rénal

       viii. Système musculaire

 - Amyotrophie car effet catabolique et effet anti-anabolique entraînant une faiblesse musculaire

       ix. SNC

 - Hyperexcitabilité par un déficit en facteur γ (glucocorticoïdes utilisés comme substance dopante)
 - Baisse capacité visuelle, olfactive, gustative

Attention : risque de décompensation dépressive ou psychotique avec un traitement aux glucocorticoïdes sur une personne déjà hyper excitée.

       x. Croissance

 - Blocage de la croissance (réversible) par action sur les cartilages de croissance

Remarques :
--> sur personne âgée : risque d'aggravation d'une HTA (Hyper Tension Artérielle), de l'ostéoporose, de faiblesse musculaire, d'une immunodépression
--> sur foetus : stimulation de la synthèse du surfactant et maturation du système nerveux, rétine, tractus digestif

      E.
Conclusion

 * Le cortisol a effet opposé à celui de l'insuline : il est sécrété entre les repas (hormone du jeûne), il ne permet pas le stockage des glucides et il agit en parallèle avec les catécholamines.

 * En cas de stress : que se passe-t-il?
  - activation nerveuse sympathique du coeur et de la médullo-surrénale (MS) (action directe)
  - production de catécholamines par la MS
  - augmentation de la fréquence respiratoire ce qui augmente la ventilation
  - augmentation de la thermogénèse
  - libération rapide de toute ton énergie (lipolyse et glycogénolyse)

 * En cas de jeûne, c'est le cortisol qui entre en action (plus lent) :
  - augmentation de l'énergie : on sacrifie le muscle pour faire du glucose qui va alimenter les organes qui en ont le plus besoin (cerveau), alors que les lipides vont aux autres organes.
  - récupération de l'eau
  - cétogénèse, mais à plus long terme

 * Les patients sous glucocorticoïdes ne grossissent à cause du stockage des lipides car on fait de la lipolyse, mais il gonfle par rétention d'eau.

 * Effet algogène :
Quand on est en situation de stress, ou pendant le jeûne, si on a une inflammation (coupure,...), le tissu collagène ne se met pas en place tout de suite car il ne s'agit pas de la priorité du moment.

 

   IV/ Minéralo-corticoïdes

      A. Introduction

 * Absence de minéralo-corticoïdes (Mc) dans les surrénalectomies bilatérales chez le chien : décès du chien par
 - perte hydro minérale
 - déshydratation cellulaire
 - hyponatrémie
 - hyperkaliémie
 - acidose métabolique

 * MC = hormone du remplissage ventriculaire (eau, sodium) en particulier quand l'environnement est changeant (impossibilité de boire...)
Elles n'agissent pas en cas de situation de régulation normale

 * Sécrétée à la partie la plus externe de la CS : la zone glomérulée

 * Sécrétion et régulation complexes cat elles sont indépendantes de l'antéhypophyse mais dépendante du Système Rénine Angiotensine Aldostérone (SRAA)

 * Contrairement aux Gc, elles ont une action sur les cellules épithéliales du néphron (+++) sur les glandes salivaires et sudoripares (-) : effet sur le transport électrolytique

      B.
Stéroïdogénèse

 * Cholestérol --> progestérone --> (enzymes particulières : 21 hydroxylase et 11β-hydroxylase) --> aldostérone
 * Mc = 21C
 * Synthétisés dans la glomérulée puis libérés dans le sang (pas de stockage dans la glande)
 * Sécrétion 10 fois inférieure à celle du cortisol
 * pas de variation nycthémérale
 * Sous forme libre (60%) et liée (40%) dans le sang
 * 1/2 vie : 20 à 40 min
 * Dégradation : comme pour les Gc : catalyse hépatique en dérivés tétrahydrogénés et dérivés conjugués éliminés dans l'urine

      C.
Mécanismes d'absorption

Récepteurs spécifiques ayant la même configuration que les récepteurs stéroïdiens, cad 3 domaines : 1 propre à l'hormone, 1 propre à l'espèce et 1 qui s'accroche à l'ADN
Ils sont situés dans le tube distal contourné TDC, dans le tube colleteur TC et dans les glandes sudoripares et salivaires.
Action très sélective sur ces cellules, et renforcée par la sécrétion d'une enzyme qui inactive le cortisol --> ce phénomène permet l'action exclusive de l'aldostérone et pas des autres stéroïdes.

Quand les récepteurs sont activés, il y a synthèse de la Na/K ATPase au pôle vasculaire du rein (action au niveau de l'ADN).

      D.
Rôles

         D.1. Maintient de l'homéostasie sodio-potassique

L'aldostérone contrôle l'échange du Na+ contre le K+ au niveau du TDC. Il permet l'ajustement fin des concentrations du Na+ et du K+.
S'il y a beaucoup d'aldostérone, on observe une rétention sodée, une alcalose, une hypernatrémie, une hypokaliémie.
Il y a plusieurs pompes à Na+ : la réabsorption de Na+ et de K+ ne sont pas forcément couplées

         D.2. Entraîne une alcalose métabolique

transfert des ions H+ dans les urines

         D.3. Mécanismes sur l'eau

Ils diffèrent selon les Mc
Augmentation de la réabsorption d'eau --> augmentation de la volémie et inhibe secondairement les hormones de contre régulation (ADH et le facteur natri-auriculaire FNA). En cas de libération prolongée dans le temps d'aldostérone (ex : syndrôme de Kohn), les hormones de contre régulation ne jouent plus leur rôle, et il y a une HTA.

Remarques :
 * mêmes actions sur les glandes salivaires et sudoripares
 * spironolactones : médicaments qui sont des analogues structuraux : structuraux de l'aldostérone --> ils se fixent sur le récepteur de l'hormone --> blocage des effets de l'aldostérone --> utilisé comme traitement de l'HTA.

      E. Régulation

Explications

Libération d'aldostérone si :
 * hyperkaliémie : action spécifique par stimulation de la phase initiale de la synthèse de l'aldostérone
 * hypovolémie/hyponatrémie : mécanisme moins spécifique que pour l'hyperkaliémie mais plus puissant.
En cas d'hémorragie ou d'hémoconcentration (pas bu depuis longtemps) --> sécrétion d'aldostérone.
Remarque : sacrifice des électrolytes (K+) en faveur du maintien de la volémie.
Récepteurs de la volémie (situés dans l'oreillette droite et dans la veine cave inférieure) --> transmission par le nerf pneumogastrique pour le mésencéphale (tronc cérébral) --> stimulation du système sympathique --> action sur l'appareil juxtaglomérulaire AJG et ses artérioles afférentes.
 * Angiotensine II (du SRAA) : favorise la synthèse d'aldostérone.
Facteur prédominant de la régulation : il est mis en action tous les jours
 * ACTH : elle n'a pas de rôle physiologique mais est active en cas de stress très intense.
Diminution de la libération d'aldostérone si :
 * FNA --> rôle majeur, direct ou indirect?
 * Baisse de la sécrétion rénine, par :
  - rétrocontrôle négatif de l'aldostérone sur la rénine
  - activation des barorécepteurs de l'artériole afférente
  - stimulation des chémorécepteurs de la macula densa sensibles à la natriurèse
  - Baisse du système adrénergique d'où baisse des récepteurs β

      F. SRAA

IL fait intervenir
 - le rein : sécrétion de rénine
 - le foie : sécrétion d'angiotensinogène
 - les poumons : sécrétion d'enzyme de conversion EC
 - les CS : sécrétion d'aldostérone
 - le coeur : sécrétion de FNA

         F.1. AJG

Situé au pôle vasculaire des glomérules.
Dans la média des artérioles afférentes, les myocytes (cellules musculaires lisses) ont une activité sécrétoire, et sont innervés par les récepteur b adrénergiques.
Les myocytes (=cellules myoépithéliales = cellules épithélioïdes) ont donc un rôle de jonction neuroendocrinienne --> libération de l'enzyme rénine.

La rénine est une glyoprotéine sécrétée sous forme de pro-rénine inactive, hydrolysée en cas de baisse de la pression artérielle ou de stimulation des chémorécepteurs de la macula densa (baisse de la concentration de Na ou augmentation de la sécrétion de rénine).

         F.2. Foie et poumons

L'angiotensine (AN) est un peptide hépatique non stocké sécrété sous forme inactive.

           AN ------> AN I inactive ----> AN II (active+++) ------> AN III (faible activité)
               Rénine                    EC (poumons)

AN I = Angiotensine I
EC = Enzyme de conversion
1/2 vie AN II = 90S ---> rapidité d'action très élevée
L'AN II a 2 effets : il augmente la sécrétion d'aldostérone et il est un vasoconstricteur des cellules musculaires lisses très puissant (le plus puissant connu).

         F.3. Corticosurrénales

La sécrétion d'aldostérone dépend essentiellement de l'AN II mais aussi du taux de K+ et Na+.
Elle est régulée par rétrocontrôle.

         F.4. Coeur

Les oreillettes sécrètent le FNA lors d'une distension de leurs parois (liée en général à une hypervolémie).
Cette hormone est en fait sécrétée sous forme de pro-hormone puis clivée dans le sang en un peptide de 26 acides aminés.
Le FNA est un peptide qui déprime l'activité du SRA en bloquant la desmolase (donc en bloquant la synthèse d'aldostérone).
C'est un système antagoniste. Il s'oppose directement aux effets rénaux de l'aldostérone : il favorise l'excrétion de l'eau et du Na+.

      G.
Inhibition médicamenteuse du SRA

Nécessaire lors d'une HTA par exemple.
3 types de médicaments sont donnés :
 * β bloquants : freination du coeur, relâchement vasculaire, blocage, réabsorption d'eau et Na+
 * Inhibiteur de l'EC donc baisse de la synthèse de l'AN II vasoconstrictice.
 * Spironolactone = antagoniste structural de l'aldostérone

Applications : syndrôme de Kohn

Le syndrôme de Kohn est souvent dû à 1 adénome de la zone glomérulée ou à 1 hyperplasie bilatérale surrénalienne

Symptômes :
 * HTA permanente suit à la réabsorption d'eau
 * Céphalées
 * Elimination de K+ et H+ et hypernatrémie, engendrant des parésies musculaires et une hyperréactivité musculaire (au moindre choc : crampes, voire crise de tétanie liées à l'alcalose)