Normal et pathologie
I.
Normalité psychique
Grande relativité du normal et anormal
A. Définitions générales
Norme : règle, loi à laquelle on doit se
conformer. Etat habituel conforme à la moyenne des cas.
Normal : conforme à la règle connue.
Anormal : qui semble contraire aux règles, aux usages habituels
ou à la raison.
Habituel : fréquent, ordinaire, normal.
Pathologique : qui à le caractère de la maladie (pathos :
souffrance)
B. Normalité psychique
B.1. Critères
Définition
statistique : norme statistique qui représente la moyenne,
tendance générale d’un groupe -->
ce qui est anormal est une déviance par rapport à la moyenne. On
définit un seuil qui diffère du normal par rapport à l’anormal
comme par exemple la morphologie (quelqu’un de plus gros ou plus
grand que la normale) ; Cette notion est quand même difficile à
adapter à la psychologie, c’est dur de classer un individu par
rapport aux réponses données à un questionnaire.
Incertitude de l’appréciation subjective demeure. Le résultat
n’a de valeur que dans le contexte d’une observation clinique et
psychologique.
Kinsey a réalisé différentes
enquêtes sur la sexualité, étude du comportement mais ne classe
pas ce qui est normal ou anormal car ce qui est normal pour lui
peut être anormal pour quelqu’un d’autre.
Conception d’un type normal idéal
Cette notion est discutable morphologiquement parlant et encore
plus psychologiquement parlant. On ne peut pas se réduire à un
type de référence. Le pays où tous les hommes seraient ramenés
au même psychisme serait très triste.
Prétention de ceux qui se disent normaux, est-ce une prétention
anormale ?
Définition du normal par rapport à l’anormal
L’anormal n’est pas une pathologie, ça peut néanmoins être le
cas pour un organe mais moins évident pour la globalité d’un
être.
Les porteurs d’une anormalité physique ou psychologique ne sont
pas de ce seul fait malade ; Ce qui est anormal peut se
différencier de la pathologie (un bossu n’est pas malade).
Permanence de la normalité
Bergeret a écrit “ il est amplement
démontré par l’observation quotidienne qu’une personne réputée
normal peut être à tout moment de son existence être plongée
dans une pathologie mentale ”.Dans le cas inverse, un malade
bien traité conserve toutes ses chances de revenir dans une
situation de normalité.
La permanence de la normalité n’est pas un critère suffisant de
normalité.
B.2. Variation
de la normalité
Les limites de la normalité sont arbitraires, un
comportement jugé anormal à un certain âge, un certain lieu,
temps peut paraître normal à un autre âge, lieu, temps…
L’homme ne peut être jugé normal que par rapport à une situation
donnée.
C.
Facteurs de variations des normes
C.1. Age
Les critères évoluent avec l’âge : intelligence, affectivité…
L’homme passe par différente période : enfance, puberté,
adolescence, maturité, vieillesse. A chaque âge il y a des
particularités physiques et psychiques dont les caractères de
normalités varient comme par exemple les trous de mémoires
C.2. Société
Il existe des variations normales selon les pays, coutume,
éthique, esthétique …
Duyckaerts : le normal désigne ce qui est souhaitable, le
pathologique ce qui est indispensable. Cette notion dépasse le
champ personnel pour atteindre le champ social. Les individus
acceptent les principes, les règles, les coutumes, les
contraintes de la société.
Celui qui se distingue par l’étrangeté de sa conduite est dit
anormal par une société mais peut se rapprocher d’un autre type
de culture adapté. Ethnologie tient compte de ces différences
culturelles et ne classent pas comme anormal les autres ethnies.
Exemple : le QI est établi que pour les Européens.
Dans les pays occidentaux, on accepte maintenant les nouvelles
morales sexuelles, certaines déviations sexuelles sont acceptées
comme forme de normalité, c’est l’exemple des homosexuels.
C.3. Epoque
Les conceptions de l’homme normal varie d’une époque à une
autre. Jusqu’au 19° siècle, le malade mental n’était pas
considéré comme un être humain ou bien les peuples primitifs
étaient qualifiés de sauvages.
Pinel : premier psychologie qui a intégré à l’homme le malade
mental et les peuples primitifs.
La longévité de la vie a aussi évoluée ainsi que la stature.
C.4. Conception
personnelle
Les goûts de chaque personne interviennent dans l’appréciation
du normal.
C.5. Normativité
Goldstein : la conception du normal est insuffisante ; ni
l’individu ni le milieu ne peuvent être dit normal s’ils sont
considérés indépendamment.
Canguilhem dit que l’homme normal est celui qui reste adapté à
son milieu (c’est la conception de normativité).
C.6. Equilibre
La normalité est l’état d’équilibre, la plupart des individus
sont normaux mais pas de manière constante à chaque instant. Le
sujet normal est différent du sujet anormal par la possibilité
qu’il a de revenir à la normalité.
II. Santé mentale
Etat de bien être psychique
Adaptation au milieu social, culturel d’existence.
Equilibre : fonctionnement harmonieux du psychisme.
La maladie mentale se définit par une souffrance psychique avec
pertes des capacités d’adaptation, perte de la liberté d’être
soi.
Dans la vie humaine, il y a des moments de compensation puis de
recompensation. Comme par exemple les moyens de défense -->
refoulement qui permet de repousser de maintenir dans
l’inconscient des représentations inacceptables liées aux
pulsions.
Adaptation au monde extérieur et au monde intérieur -->
construction de sa personne, dans une dynamique où la souplesse
(fable du chêne et du roseau) --> capacité à gérer le changement.
Santé mentale : maintien de l’équilibre, adapter au milieu
extérieur continuellement et résister aux agressions.
III. Normal – anormal – pathologique
A. L’anormal est
pathologique
Frontière entre le normal et l’anormal ne peut pas être
franchie.
Schizophrénie : psychose de la personne --> délire : modifications radicales des rapports de l’individu avec
la réalité. Un des mécanismes sont les hallucinations
(perception sans objet).
B.
Le normal et le pathologique en
continuum
Certains signes qui caractérisent la maladie mentale peuvent
être retrouvés à moindre quantité chez des sujets normaux.
Anxiété – angoisse
Composante psychique : émotion douloureuse, insécurité,
inquiétude inconnue (attente craintive)
Composante somatique : Syndrome respiratoire, cardio-vasculaire
(palpitations), digestifs, musculaire (tremblement), sensoriel
(fourmillements)…
Anxiété habituelle
Anxiété pathologique
Participe au dépassement de soi
Absence d’objet
A l’adaptation au milieu
Intensité – chronicité
Perturbation d’adaptation de l’homme à son milieu
C. Anormal non pathologique
Normal – pathologique
Troubles de l’adolescence : bouleversement, conflit, rupture
avec l’enfance et problématique du corps et de l’identité.
Opposition entre deux forces : adulte et enfant.
On peut constater des troubles de l’humeur, de la colère,
transgressions des lois, tendance à externalisation des conflits
et mettre le conflit interne an avant dans le milieu externe.
Ceci n’est pas pathologique mais normal. Par contre, un
adolescent très calme sans révolte replié sur eux-mêmes peut
présenter des troubles psychique.
Manière d’être : les personnes originales sont normales,
d’autres personnes peuvent jouer un rôle au gens normaux mais
sont au fond d’eux des personnes non stables c’est ce que l’on
appelle le “ faux – self ”.
Le critère de normalité ne suffit pas à définir le pathologique.
La souffrance psychologique (pathologie) empêche l’autonomie
d’adaptation.
IV. Conclusion
La normalité est un concept dont la définition
est difficile et variable selon les époques, l’âge … il est plus
facile de définir l’anormal que le normal. Ce qui est anormal
n’est pas forcément pathologique : la pathologie est une
souffrance.