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Psychologie
Introduction à la psychologie Adolescence Développement de la personnalité selon Freud
Développement de la personnalité selon Piaget Langage Psychologie sociale
Intelligence La conscience et ses troubles Mémoire
Relation patient-médecin Image du corps Signes et symptômes
Normal et pathologie    

 

Développement de la personnalité selon Piaget

 

   I. Introduction

Piaget a cherché à décrire l’évolution du fonctionnement cognitif de l’enfant par des observations directes et l’étude des diverses stratégies que celui-ci utilise pour résoudre un problème expérimental.

But recherché : adaptation de l’individu à son milieu qui est la caractéristique de tous les êtres humains (homme ou animal) mais l’intelligence humaine est pour Piaget la forme d’adaptation la plus raffinée qui grâce à une série d’adaptation successive permet d’atteindre un état d’équilibre de la relation sujet et milieux.

      A. Trois facteurs dans l’évolution du fonctionnement cognitif
   1. Maturation neurologique
   2. Expérience acquise dans la manipulation des objets
   3. Interaction et transmission sociales
 --> Adéquation entre les expériences et le développement organique.
Ces facteurs participent à une construction progressive telle que chaque innovation devient possible qu’en fonction de la précédente. Cette construction a pour objectif de parvenir à un état d’équilibre c’est-à-dire une suite de compensation active du sujet en réponse aux perturbations extérieures.

      B. Deux concepts permettent de comprendre les processus d’adaptation puis d’équilibre
   • Assimilation qui se définit avec la comparaison avec l’assimilation d’une substance par l’organisme biologique ; mais ici c’est une assimilation fonctionnelle, celle des données extérieures aux cadres déjà existantes de la pensée. L’assimilation caractérise de l’incorporation d’éléments du milieu à la structure de l’individu.
   • Accommodation qui caractérise les modifications de la structure de l’individu en fonction des modifications du milieu.
L’adaptation est un équilibre stable entre l’assimilation et l’accommodation. Ces systèmes stables définissent des stades dans l’évolution de l’enfant.

      C. Définition des stades selon Piaget
Les stades se caractérisent par un ordre de succession invariant
Chaque stade a un caractère intégratif, c’est-à-dire que les structures construites à un âge donné deviennent partie intégrante des structures de l ‘âge suivant.
Un stade est une structure d’ensemble non réductible de la juxtaposition de sous-unités qui le composent.
Un stade prépare à la fois un niveau de préparation et d’achèvement.

      D. 4 grandes périodes ont pu être distinguées
Période de l’intelligence sensori-motrice de 0 à 24 Mois
Période pré opératoire de 2 à 6 ans
Période des opérations concrètes de 7 à 12 ans
Période des opérations formelles à partir de 12 ans


   II. Période de l’intelligence sensori-motrice

Le développement intellectuel purement empirique collant au concret à l’immédiat fondé sur l’utilisation des schèmes moteurs et des activités perspectives qui font entrer l’enfant avec le monde extérieur et qui s’enrichissent progressivement dans leur fonctionnement par la réaction circulaire.
Schème d’action : ce qui est transposable, généralisable ou différentiable d’une situation à la suivante ; exemple : le schème de balancer un objet suspendu, schème de viser un objet.

Durant cette période, le schème d’action représente l’équivalent fonctionnel des opérations logiques de la pensée. Ces schèmes d’action motrice représentent ainsi des unités comportementales élémentaires qui permettent l’assimilation progressive de nouveaux objets en même temps que ces derniers par accommodation provoque l’apparition de nouveaux schèmes.

Piaget subdivise cette période en 6 stades :

      A. Stade de l’exercice réflexe de 0 à 1 mois ; les réactions du bébé sont essentiellement liées aux tendances instructives avec utilisation rythmique de schème d’action sensori-moteur primitifs. Exemple : réflexe de succion.

      B. Stade des premières habitudes de 1 à 4 mois ; les diverses réactions réflexes se répètent mais assimilation de nouveaux stimuli qui sont le départ de nouvelles conduites comme par exemple la succion du pouce. Période des réactions circulaires primaires qui concernent le corps du bébé lui-même.

      C. Stade des adaptations sensori-motrices intentionnelles de 4 à 8 mois ; où les réactions circulaires vont s’appliquer maintenant à des objets. Ces réactions circulaires secondaires se caractérisent par une intentionnalité. Le bébé va chercher à retrouver par répétition comportementale son impact sur le milieu extérieur.

      D. Stade de la coordination des schèmes secondaires et leurs applications aux situations nouvelles de 9 à 12 mois ; l’enfant commence à agir sur le milieu en mettant en schème des situations relatives à d’autres situations. Il devient capable de coordonner plusieurs schèmes en hiérarchisant pour agir sur un objet. Cette période est le début d’une décentration par rapport à la notion du moi. L’objet requière une existence propre.

      E. Stade de la relation circulaire tertiaire et de la découverte des moyens nouveaux par l’expérimentation active de 12 à 18 mois ; recherche active de moyens nouveaux dans des schèmes pour atteindre un but donné avec utilisation de plusieurs schèmes et toujours par tâtonnement.

      F. Stade de l’invention de moyens nouveaux par combinaison mentale de 18 à 2 ans ; ce stade représente le transit entre l’intelligence sensori-motrice à l’intelligence représentative (utilisant la représentation mentale).
Les interactions se font directement au niveau mental par recombinaison es schèmes déjà constitués. L’accommodation passe au niveau supérieur : celui du champ projectif. Cela devient représentatif et produit donc l’intelligence représentative.
 

   III. Période pré opératoire de 3 à 7 ans

Il marque l’ascension progressive à l’intelligence représentative. Chaque objet est représenté, correspondent à une image mentale permettant d’évoquer son objet en son absence --> capacité de représentation.
Il se caractérise par le développement de la fonction symbolique par maîtrise de plusieurs activités : langage, imagination, imitation, dessin --> capacité d’évoquer des objets ou des situations non perçues actuellement en se servant de signes ou de symboles (fonction symbolique).
Ce stade se développe entre 3 à 7 ans par imitation d’activités ludiques, l’enfant reproduit dans le jeu des situations qui l’ont frappées, intéressés, inquiétées… Le langage accompagne le jeu et permettent l’intériorisation progressive --> imitation.
Cependant, l’enfant n’est pas encore capable de se décentrer de sa propre vue, ne peut pas mettre ses perceptions successives en relation réciproques.
La pensée n’est pas encore réversible : pré-opérative (prendre les choses pour argent comptant). La pensée repose sur l’intuition directe.
 

   IV. Période des opérations concrètes, primaires

Cette période marque un grand progrès dans la sociabilisation de l’enfant et dans l’objectivation de sa pensée.
Il devient capable de décentration et n’est plus limité à son seul point de vue, peut coordonner plusieurs points de vue. La limite opérative reste marquée par la nécessité du support concret. L’enfant ne peut pas encore raisonner à partir de seuls énoncés verbaux à partir des manipulations concrètes, l’enfant peut saisir à la fois les transformations et les invariants.
Il a accès à la réversibilité et met en place les premiers groupements opératoires : classification. La pensée fonctionne par tâtonnements, par retours.
Durant ce stade, il se met aussi en place les notions de conservation de substances puis les conservations numériques. En même temps, dans le champ social, l’enfant prend conscience de sa propre pensée par rapport à celle des autres ; c’est ce qui est le prélude à l’enrichissement des échanges sociaux. Il accepte le point de vue des autres, leurs sentiments…
 

   V. Période des opérations formelles, collège

A partir de 12 ans, l’enfant est capable de détacher son raisonnement des opérations concrètes pour l’appliquer directement sur des énoncés verbaux pour faire des pures hypothèses          raisonnement hypothético-déductif (raisonnement au deuxième degré). A la fin du stade des opérations concrètes, l’enfant est capable de raisonner logiquement sur toutes les transformations appliquées aux objets aura recours à la pensée intuitive lorsqu’on lui proposera des hypothèses.
Exemple de Piaget : Edith est plus blonde que Suzanne, Edith est plus brune que Lucie --> qui est la plus foncée ?
A partir de 12 ans, on peut raisonner sur des énoncés verbaux sans supports figuratifs --> de plus en plus abstrait pour faire des hypothèses de plus en plus complexes.