Développement de la personnalité selon Piaget
I. Introduction
Piaget a cherché à décrire l’évolution du fonctionnement
cognitif de l’enfant par des observations directes et l’étude
des diverses stratégies que celui-ci utilise pour résoudre un
problème expérimental.
But
recherché : adaptation de l’individu à son milieu qui est la
caractéristique de tous les êtres humains (homme ou animal) mais
l’intelligence humaine est pour Piaget la forme d’adaptation la
plus raffinée qui grâce à une série d’adaptation successive
permet d’atteindre un état d’équilibre de la relation sujet et
milieux.
A. Trois facteurs
dans l’évolution du fonctionnement cognitif
1. Maturation neurologique
2. Expérience acquise dans la manipulation des objets
3. Interaction et transmission sociales
--> Adéquation entre les
expériences et le développement organique.
Ces facteurs participent à une construction progressive telle
que chaque innovation devient possible qu’en fonction de la
précédente. Cette construction a pour objectif de parvenir à un
état d’équilibre c’est-à-dire une suite de compensation active
du sujet en réponse aux perturbations extérieures.
B.
Deux concepts permettent de comprendre les
processus d’adaptation puis d’équilibre
• Assimilation qui se définit avec la comparaison avec
l’assimilation d’une substance par l’organisme biologique ; mais
ici c’est une assimilation fonctionnelle, celle des données
extérieures aux cadres déjà existantes de la pensée.
L’assimilation caractérise de l’incorporation d’éléments du
milieu à la structure de l’individu.
• Accommodation qui caractérise les modifications de la
structure de l’individu en fonction des modifications du milieu.
L’adaptation est un équilibre stable entre l’assimilation et
l’accommodation. Ces systèmes stables définissent des stades
dans l’évolution de l’enfant.
C.
Définition des stades selon Piaget
Les stades se caractérisent par un ordre de succession invariant
Chaque stade a un caractère intégratif, c’est-à-dire que les
structures construites à un âge donné deviennent partie
intégrante des structures de l ‘âge suivant.
Un stade est une structure d’ensemble non réductible de la
juxtaposition de sous-unités qui le composent.
Un stade prépare à la fois un niveau de préparation et
d’achèvement.
D. 4 grandes
périodes ont pu être distinguées
Période de l’intelligence sensori-motrice de 0 à 24 Mois
Période pré opératoire de 2 à 6 ans
Période des opérations concrètes de 7 à 12 ans
Période des opérations formelles à partir de 12 ans
II. Période de l’intelligence
sensori-motrice
Le développement intellectuel purement empirique collant au
concret à l’immédiat fondé sur l’utilisation des schèmes moteurs
et des activités perspectives qui font entrer l’enfant avec le
monde extérieur et qui s’enrichissent progressivement dans leur
fonctionnement par la réaction circulaire.
Schème d’action : ce qui est transposable, généralisable ou
différentiable d’une situation à la suivante ; exemple : le
schème de balancer un objet suspendu, schème de viser un objet.
Durant cette période, le schème d’action représente l’équivalent
fonctionnel des opérations logiques de la pensée. Ces schèmes
d’action motrice représentent ainsi des unités comportementales
élémentaires qui permettent l’assimilation progressive de
nouveaux objets en même temps que ces derniers par accommodation
provoque l’apparition de nouveaux schèmes.
Piaget subdivise cette période en 6 stades :
A. Stade de l’exercice réflexe de 0 à 1 mois ; les réactions du bébé sont essentiellement liées aux tendances instructives avec utilisation rythmique de schème d’action sensori-moteur primitifs. Exemple : réflexe de succion.
B. Stade des premières habitudes de 1 à 4 mois ; les diverses réactions réflexes se répètent mais assimilation de nouveaux stimuli qui sont le départ de nouvelles conduites comme par exemple la succion du pouce. Période des réactions circulaires primaires qui concernent le corps du bébé lui-même.
C. Stade des adaptations sensori-motrices intentionnelles de 4 à 8 mois ; où les réactions circulaires vont s’appliquer maintenant à des objets. Ces réactions circulaires secondaires se caractérisent par une intentionnalité. Le bébé va chercher à retrouver par répétition comportementale son impact sur le milieu extérieur.
D. Stade de la coordination des schèmes secondaires et leurs applications aux situations nouvelles de 9 à 12 mois ; l’enfant commence à agir sur le milieu en mettant en schème des situations relatives à d’autres situations. Il devient capable de coordonner plusieurs schèmes en hiérarchisant pour agir sur un objet. Cette période est le début d’une décentration par rapport à la notion du moi. L’objet requière une existence propre.
E. Stade de la relation circulaire tertiaire et de la découverte des moyens nouveaux par l’expérimentation active de 12 à 18 mois ; recherche active de moyens nouveaux dans des schèmes pour atteindre un but donné avec utilisation de plusieurs schèmes et toujours par tâtonnement.
F.
Stade de
l’invention de moyens nouveaux par combinaison mentale de 18 à 2
ans ; ce stade représente le transit entre l’intelligence
sensori-motrice à l’intelligence représentative (utilisant la
représentation mentale).
Les interactions se font directement au niveau mental par
recombinaison es schèmes déjà constitués. L’accommodation passe
au niveau supérieur : celui du champ projectif. Cela devient
représentatif et produit donc l’intelligence représentative.
III. Période pré opératoire de 3 à 7 ans
Il marque l’ascension progressive à l’intelligence
représentative. Chaque objet est représenté, correspondent à une
image mentale permettant d’évoquer son objet en son absence --> capacité de représentation.
Il se caractérise par le développement de la fonction symbolique
par maîtrise de plusieurs activités : langage, imagination,
imitation, dessin -->
capacité d’évoquer des objets ou des situations non perçues
actuellement en se servant de signes ou de symboles (fonction
symbolique).
Ce stade se développe entre 3 à 7 ans par imitation d’activités
ludiques, l’enfant reproduit dans le jeu des situations qui
l’ont frappées, intéressés, inquiétées… Le langage accompagne le
jeu et permettent l’intériorisation progressive --> imitation.
Cependant, l’enfant n’est pas encore capable de se décentrer de
sa propre vue, ne peut pas mettre ses perceptions successives en
relation réciproques.
La pensée n’est pas encore réversible : pré-opérative (prendre
les choses pour argent comptant). La pensée repose sur
l’intuition directe.
IV. Période
des opérations concrètes, primaires
Cette période marque un grand progrès dans la sociabilisation de
l’enfant et dans l’objectivation de sa pensée.
Il devient capable de décentration et n’est plus limité à son
seul point de vue, peut coordonner plusieurs points de vue. La
limite opérative reste marquée par la nécessité du support
concret. L’enfant ne peut pas encore raisonner à partir de seuls
énoncés verbaux à partir des manipulations concrètes, l’enfant
peut saisir à la fois les transformations et les invariants.
Il a accès à la réversibilité et met en place les premiers
groupements opératoires : classification. La pensée fonctionne
par tâtonnements, par retours.
Durant ce stade, il se met aussi en place les notions de
conservation de substances puis les conservations numériques. En
même temps, dans le champ social, l’enfant prend conscience de
sa propre pensée par rapport à celle des autres ; c’est ce qui
est le prélude à l’enrichissement des échanges sociaux. Il
accepte le point de vue des autres, leurs sentiments…
V. Période des opérations formelles,
collège
A partir de 12 ans, l’enfant est capable de détacher son
raisonnement des opérations concrètes pour l’appliquer
directement sur des énoncés verbaux pour faire des pures
hypothèses
raisonnement hypothético-déductif (raisonnement au deuxième
degré). A la fin du stade des opérations concrètes, l’enfant est
capable de raisonner logiquement sur toutes les transformations
appliquées aux objets aura recours à la pensée intuitive
lorsqu’on lui proposera des hypothèses.
Exemple de Piaget : Edith est plus blonde que Suzanne, Edith est
plus brune que Lucie -->
qui est la plus foncée ?
A partir de 12 ans, on peut raisonner sur des énoncés verbaux
sans supports figuratifs -->
de plus en plus abstrait pour faire des hypothèses de plus en
plus complexes.