Relation patient-médecin
Interaction
: l’action de A sur B modifie B (action, réaction …) qui
lui-même modifie A ; c’est un processus circulaire. Contenu
cognitif : prise d’information différente du contenu affectif.
Dans une consultation, on attend un échange, écoute et
compréhension. Le fait d’attendre une information réduit
l’appréhension du malade face à sa maladie. La nécessité d’être
informé n’est pas liée au niveau socioculturel. Un bon médecin
est celui qui explique bien la quantité d’information donnée par
le médecin est pauvre selon des études déjà réalisées sous la
forme de questionnaire --> c’est la plainte fondamentale du
malade.
Plus un sujet (patient), a le sentiment d’avoir reçu assez
d’information plus il est satisfait de son médecin. L’étude de
Ley montre que 35 – 87 % des malades ne comprennent pas les
instructions thérapeutiques et moins de 50 % ne savaient pas
pendant combien de temps ils devaient prendre leur traitement.
23 % ne savaient pas le résultat attendu. L’étude de Brandt et
Quiter a montré que sur 50 malades hospitalisés en chirurgie, la
plupart ne savaient pas de quoi ils allaient être opérés. Il y a
eu des sessions de formation à la relation malade – médecin pour
les familiariser à ce lien mais cale n’a pas eu de retombées
positives.
I.
Le rôle des malades
l’incapacité
physique du malade pouvait rendre l’écoute difficile ; quand il
s’agit d’informations pénibles sur la santé, le malade préfère
ne pas entendre. Cette inhibition peut être du à la différence
de statut, difficulté pour une personne qui n’est pas du même
milieu de comprendre le vocabulaire médical --> les attentes des deux côtés sont différentes.
4 facteurs sont responsables de cette situation : distorsion des
informations que le patient livre au médecin (données
constantes). Déclin rapide des informations reçues, réticence à
interroger le médecin. Anxiété de la part du patient qui freine
les capacités intentionnelles. Ce n’est pas l’ignorance commune
à l’origine de la difficulté à communiquer. Quand un médecin
doute, il réduit les échanges verbaux. Les convictions
personnelles du malade sur sa maladie sont importantes, causes
multiples et sont convaincus que ce qu’ils leur arrivent est du
à ces causes (croyances).
En réalité, cela vient biaiser l’information communiquée au
médecin mais cette erreur peut aussi être faite sur les
informations reçues car un patient n’entend que ce qui est
conforme à ses convictions. Quand on trouve des causes à ce qui
nous arrive, on se soustrait à cela qui peut venir perturber la
symptomatologie et mettre le médecin dans une mauvaise piste.
Penne baker montre que quand un sujet est convaincu de
l’existence d’un état corporel, si on lui suggère quelque chose,
il a tendance à ressentir cette chose (provoquer au plan
suggestif).
L’effet placebo n’est pas valable pour toutes les maladies.
Interférences causales : le malade peut ressentir un certain
nombre de symptômes qui estime lui être associé, s’il croit
qu’un stress lui est la cause alors le symptôme aura tendance à
augmenter pour lui. Plus la maladie sera inconnue du sujet, plus
il aura tendance à croire qu’un stress en est responsable.
L’information donnée au malade décline rapidement
Plus on donne d’information au malade plus il aura tendance à
les oublier. Les malades oubli tous ce qui est de l’ordre du
conseil, il reteint mieux ce qui se dit au début de la
consultation, surtout s’il estime que c’est important. Ceci est
vrai indépendamment de l’âge, du sexe et du niveau social
(intellectuel et éducation).
Quand le patient a une anxiété modérée cela facilité une mise en
mémoire des informations données par le médecin, par contre si
cette anxiété est nulle, le patient ne retient pas grands
choses.
On a mis en évidence que peu de patient osent poser des
questions au médecin.
Stiles a analyser en 1979 cette relation verbale que le malade a
avec son médecin. Les malades posent des questions que pour 7 %
de la visite médicale. Pourquoi ?
Avant la visite, les patients ont beaucoup de questions à poser --> désir de connaissance mais face au médecin ils ne font rien car
ils estiment qu’interroger le médecin est un manque de confiance
et il craint que cela ne soit mal pris par le médecin. Du côté
du médecin, il croit que c’est un manque d’intérêt du malade
face à sa maladie ce qui montre une incompétence. Les médecins
pensent aussi qu’un patient qui pose trop de questions est un
mauvais patient.
Quand peu d’informations sont données cela augmente l’anxiété du
malade. Dans le milieu chirurgical, plus on donne d’informations
plus on diminue cette anxiété. On peut se demander si ceux qui
ne sont pas anxieux ressentent une sorte de dénie face à leur
maladie. C’est en fait un processus psychologique qui ne
reconnaît pas un élément de la réalité --> le patient ignore l’importance de la situation ce qui peut être
un moyen de défense (comme par exemple après la mort de
quelqu’un de cher). Parfois, certains patients malades qui
suivent un traitement en veulent à leur médecin de ne leur avoir
rien dit de la maladie (alors que ce n’est pas le cas mais que
le patient ne voulait pas admettre la réalité) et cela peut
aller jusqu’aux tribunaux. Par exemple, face à un accident
vasculaire, 20 % des personnes qui en ont déjà eu ont dénié
comme pour se protéger face à la réalité. Dans une situation de
guerre, le dénie peut être une arme importante (raconter que
tout va bien quand tout va mal pour éviter une baisse de moral
des troupes).
II.
Rôle du médecin
On
note une pauvreté de communication de leur part, écoute peu le
malade mais parle plus que celui-ci --> ils sont quand même convaincus qu’ils écoutent beaucoup leur
malade. Les 2/3 des productions verbales du médecin sont
utilisées pour l’analyse de la symptomatologie centré que sur le
diagnostic et non sur le malade. En milieu hospitalier, ces
informations sont encore plus pauvres et moins d’une minute est
centrée sur la maladie et la thérapeutique ; les médecins sont
convaincus que cela occupe les 2/3 de la consultation (ce qui
revient à dire qu’une consultation dure 1’30 minutes).
Les consultations sont mauvaises d’un point de vue de la
qualité, 90 % Des effets désagréables des médicaments ne sont
pas donnés. La posologie et la durée du traitement ne sont pas
données, les médecins sous-estime la capacité des malades à
comprendre donc ils préfèrent ne pas tout dire --> la rétention d’information du médecin peut être une idée de
conserver son pouvoir sur le malade.