Signes et symptômes
I. Le symptôme comme révélateur d’une pathologie ?
Le symptôme est souvent la plainte d’un patient,
une gêne pour laquelle il va solliciter un médecin. Ce dernier
va faire une enquête avec différents temps dans l’entretien puis
dans l’examen. ON peut découvrir d’autres signes durant cet
examen, on va effectuer une collecte de différents signes
objectifs qui vont compléter l’observation médicale. A la fin de
la consultation, le médecin pourra proposer des hypothèses sur
le diagnostic et proposera au patient une conduite à tenir, une
prise en charge (ordonnance, suivi psychologique …).
Parfois, il peut exister des situations pas très claires, on va
souligner des abords différents du symptôme et des signes de la
thérapie puis de la pratique.
II. Définitions
A. Signes
C’est un phénomène objectif, qui peut être observé par
l’entourage ou le médecin. Il va révéler un trouble fonctionnel
ou une lésion.
B. Symptôme
C’est un phénomène subjectif qui est ressenti et décrit par le
patient et qui révèle aussi une lésion. La douleur pharyngée est
un symptôme qui traduit une dysphagie.
C.
Symptomatique
On peut l’employer pour 2 sens selon s’il est associé à une
maladie ou à un traitement.
Si c’est le symptôme d’une maladie comme par exemple la
dysphagie qui est la symptomatique d’une angine.
S’il est en rapport avec un traitement, c’est un traitement qui
combat les symptômes d’une maladie mais sans s’attaquer aux
causes comme par exemple un antipyrétique qui va faire chuter la
fièvre.
D.
Syndrome
C’est un ensemble de signe et de symptôme qui caractérisent une
maladie. Le syndrome confusionnel associe la désorientation dans
le temps et l’espace, trouble du comportement, agitation, propos
inadapté, insomnie, troubles mnésiques --> diagnostic de syndrome confusionnel.
III. Places du symptôme en médecine
A force de s’intéresser au symptôme on ne voit
plus le patient. LA médecine ne doit pas oublier que c’est une
spécialité humaine où l’on met en relation des hommes et des
femmes qui sollicitent les bons soins d’un autre homme (le
médecin). Il ne doit pas ce contenter de réciter ce qu’il a
appris. C’est l’aspect relationnel.
On soigne un malade qui est le patient, sa maladie ne doit pas
être séparer de l’homme.
Les médecins sont découpés en 26 spécialités médicales et on
perd à force la globalité du patient qui se voit lui-même
découpé en plusieurs parties (nephro, cardio, pneumo …).
On peut constater quelques fois des écarts entre le souhait du
patient (désir réel) et sa demande.
La maladie s’exprime au travers de signes et de symptômes mais
ces derniers ne renvoient pas forcément au diagnostic. Le
symptôme est énoncé dans un discours qui est propre au patient.
Le médecin va déchiffrer ce message et le prendre à son compte.
Pour tous les patients, le médecin est mis en position de “
sujet-supposé-savoir ” d’après Jacques LACAN.
IV. Pratique médicale
Seule la connaissance objective du corps est la règle qui a lieu en médecine. Elle rend compte du fonctionnement d’un organe vivant mais aucun outil ne peut rendre compte de la pensée.
A.
Affection psychosomatique
C’est ce qui concerne le corps (“soma”) et l’esprit (“psycho”)
ou l’âme --> complexe psychosomatique.
Les troubles psychosomatiques sont de vrais troubles qui
semblent être liés à des facteurs psychiques sans observations
de symptômes de maladies mentales comme par exemple les troubles
dermiques comme psoriasis, eczéma…
Il existe une dimension personnelle et psychologique de la
maladie et une influence du psychisme sur la révélation,
l’évolution, l’aggravation de ces troubles somatiques. Pour
certains médecins, cette théorie est avancée quand il n’y
comprend plus rien ; c’est en quelques sortes son dernier mot
qui évite au médecin de dire qu’il ne sait pas.
Quand on ne sait pas , il vaut mieux chercher avec le patient
l’origine des troubles.
B. Symptômes médicalement inexpliqués
B.1.
Définition
C’est une plainte fonctionnelle, somatisation.
Il n’y a pas de causes somatiques, ni de lésions décelables ce
qui ne révèle pas de troubles psychiatriques. L’origine se situe
à la frontière de facteurs physique, psychique et sociaux …
Le patient attribue ces troubles à une cause physique et
recherche une aide médicale. Il va exprimer une détresse
personnelle et sociale que le patient ne peut pas verbaliser.
Cette situation va susciter l’embarras voire l’agacement du
médecin.
B.2.
Exemple
Plainte de fatigue, douleur qui sont souvent pas apprise,
céphalée, vertiges …
B.3.
Facteurs qui favorisent la consultation
Ces facteurs sont d’ordre sociologique, économique, émotionnel
et propre à l’histoire de l’individu.
Expérience antérieure de ce symptôme et conséquence sur la vie
quotidienne. Les degrés d’inquiétude entraînée par ce symptôme
dépendent de l’entourage et de la représentation de certaines
pathologies véhiculées par les médias. La perception de ce qui
est pathologique ou normal dépend pour un sujet pris en compte
en fonction de son contexte historique, culturel et social.
Notre conduite devant la maladie est apprise dès notre enfance.
C’est aussi selon les traits de notre personnalité que l’on va
consulter ou pas, mais aussi selon l’accessibilité aux soins
médicaux (CMU), existence simultanée de certains troubles
psychiatriques.
B.4. Evolution
Le symptôme disparaît spontanément ou suite à un traitement
symptomatique le patient est rassuré par la consultation
médicale. Mais quelques fois les symptômes peuvent persister ou
résister au traitement. Les consultations vont se multiplier et
le patient va prendre RDV chez plusieurs médecins. Cela va
entraîner une perte de confiance entre le patient et son
médecin. On est pris entre deux flots ; la peur de passer à côté
d’une maladie grave et celle d’avoir envie d’arrêter les
investigations médicales.
B.5.
Conduite à tenir
Démarche rigoureuse
1. Le symptôme signe d’une pathologie somatique rare ou
difficile à diagnostiquer ?
Il faut garder à l’esprit le diagnostic d’une pathologie
somatique. On ne peut pas se passer de réaliser un examen de
départ le plus consciencieux possibles.
2. Evolution dans un contexte de troubles psychiatriques ? comme
les symptômes dépressifs ou anxieux ou des autres encore plus
graves.
3. Symptôme médicalement inexpliqué
4. Ne pas douter de la réalité des symptômes pour le patient
5. Rassurer le patient en instaurant un climat de confiance et
donner des informations acceptables mais pas trop tôt (après les
examens complémentaires).
Il faut aussi évaluer l’impact du symptôme sur la vie
quotidienne du patient et expliquer au patient sa démarche.
C. Névrose hystérique
C’est un terme que l’on connaît depuis l’antiquité mais Freud a contribué à sa description.
C.1. Définition
C’est la survenue de divers troubles somatiques ou psychiques :
symptômes de conversion transitoire ou plus ou moins durables.
IL n’existe pas de lésions anatomo-clinique et ces symptômes
surviennent chez les patients avec une personnalité pathologique
dite hystérique.
C.2. Etiologie
Le sujet subi un conflit intrapsychique qui génère beaucoup
d’angoisse. Le patient va se forger une défense qui lui
permettra de transposer ses troubles psychiques en troubles
physiques --> c’est le phénomène de somatisation. Le symptôme aura
chez ce patient une signification symbolique inconsciente.
C.3.
Caractéristiques du symptôme
IL peut être somatique ou psychique
La conversion peut imiter toute la pathologie somatique ou
psychique ; souvent proche de la pathologie générale.
Il résiste au traitement classique mais peut être spontanément
réversible sans traitement ; variable dans le temps et
localisation, il est assez sensible à la suggestion.
Il est affiché devant des personnes ce qui donne un peu un
aspect théâtral. IL fait souvent suite à un événement
traumatisant.
On recherche un bénéfice secondaire, le symptôme affiché peut
être précieux pour celui qui l’affiche car cela permet que les
autres puissent s’intéresser à nous.
C.4.
Exemples de symptômes
Crise de tétanie, spasmophilie qui peuvent entraîner des
pathologie sans lésions neurologiques pourtant. Elle se
caractérise par une faiblesse musculaire, trouble de l’équilibre
et de la marche, aphonie, cécité, surdité…
D. Hypochondrie
Souci
durable et exagéré concernant sa propre santé et son
fonctionnement de certains organes et fonctions --> il en fait une interprétation erronée et pessimiste.
C’est en fait un malade imaginaire qui invente le mal dont il se
croit atteint, le symptôme n’a pas de signification symbolique.
Le sujet va multiplier les démarches médicales et les examens
complémentaires --> se sent victime de
l’incompétence des médecins.
E. Syndrome de Munchhausen
Demande sana cesse des interventions
chirurgicales en se plaignant de troubles organiques divers.
C’est une pathologie psychiatrique, le sujet est un mito qui
emploi souvent une fausse identité avec une existence instable
et marginale.