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Introduction
Raison de consultation fréquente.
Pour le diagnostic, il faut connaître la symptomatologie, savoir
quel est l'organe en jeu selon le symptôme.
La sémiologie est dominée par la douleur. La plupart des gens
qui se plaignent d'un symptôme ne sont pas malades : on peut
avoir mal au ventre et n'être pas malade.
On distingue 2 types de douleurs :
- douleur organique : due à une maladie (potentiellement grave)
- douleur fonctionnelle : c'est un signe et non une maladie dans
le sens classique du terme.
Le critère majeur en sémiologie est l'ancienneté du symptôme, si
cela fait plus de 10 ans que la patient se plaint d'une douleur,
c'est très rassurant pour le médecin. Par contre, si la douleur
est d'apparition récente, on doit alors s'en inquiéter plus
surtout si la personne est âgée (donc plus susceptible d'être
malade).
Cependant, la distinction entre la pathologie organique et la
pathologie fonctionnelle est difficile. On se base surtout sur
l'ancienneté des douleurs pour le traitement. Dans le cas d'une
pathologie fonctionnelle, on traitera les symptômes.
Quand le patient vient en consultation, il est inquiet, quand on
prescrit des examens complémentaires, il est encore plus
inquiet. En général, l'examen complémentaire rassure le médecin
mais inquiète le malade (même quand l'examen complémentaire est
normal)
LES GRANDS SYMPTOMES DE PATHOLOGIE DIGESTIVE
Quand le patient consulte, il donne une série de symptômes, le médecin doit les recueillir et les classer pour déterminer l'organe concerné.
I. Douleur
A. Siège de la douleur?
- creux épigastrique,
souvent le siège de la douleur (tous les viscères peuvent faire
mal)
- région ombilicale
- hypogastre
- fosses iliaques droite et gauche
- flancs droit et gauche
- hypocondres droit et gauche
B. Irradiation? dans
le dos, dans le flanc,...
C. Intensité de la douleur?
: de la vague gène à la douleur hyperalgique violente
D. Durée de la douleur?
de quelques secondes (colique) à plusieurs jours (pancréas)
E. Par quoi la douleur
est-elle soulagée?
- rôle de l'alimentation (augmente, diminue ou ne change rien à la
douleur)
- rôle de la position (quelques douleurs font plier en deux le malade)
- médicaments
F. Douleur intermittente ou
crise douloureuse?
Remarques :
- ces 7 questions sont la base du diagnostic
- il faut parfois reposer certaines questions ou refaire préciser un
symptôme (il ne faut pas prendre tout ce que dit le patient au
premier degrés!)
- il faut s'entraîner
- chaque organe du ventre a des caractéristiques de douleur différentes.
II. Troubles du transit intestinal
Présence de diarrhée, constipation, syndrome rectal
III. Hémorragies digestives
A. Hématémèse :
rejet de sang par la bouche au cours de forts vomissements.
Diffère d'une hémoptysie qui est le rejet de sang lors de la
toux.
L'hématémèse peut résulter d'une lésion située entre l'oesophage
et l'ampoule de Vaters.
B. Méléna
: émission
de sang noir par l'anus. Ceci résulte d'une lésion affectant
n'importe quel segment du tube digestif. Néanmoins, quand on
explore le malade lors d'une gastroscopie, on explore d'abord l'apparoscopie,
et on finit par l'intestin grêle (plus faibles probabilités)
C. Rectorragie :
émission de sang rouge par l'anus
IV. Dysphagie
Sensation d'arrêt ou de blocage du bol alimentaire (différent
d'une anorexie où le patient a perdu l'apétit)
Le patient se plaint que "ca ne passe pas"
Remarque : il faut toujours faire préciser les dires du patient
V. Vomissement et régurgitation
A. vomissement :
rejet par la bouche du contenu de l'estomac avec contraction des
muscles abdominaux (atteinte de l'estomac ou du duodénum)
B. régurgitation :
remontée des aliments sans effort (stagnation dans l'oesophage)
TERRAIN DU PATIENT OU ANTECEDANTS (=ATCD)
Lors de la consultation, il faut s'intéresser aux maladies antérieures du patient, aux médicaments qu'i prend. (remarque : un médicament qui contient une substance active est susceptible d'entraîner des effets secondaires, c'est ce qui le distingue d'un placebo). Il faut aussi s'intéresser à la consommation d'alcool et de tabac du patient (au moins pour la prévention!). Enfin, on s'intéressera aux ATCD familiaux, maladies d'origine génétique en particulier dans le domaine consulté par le patient.
Moment de synthèse et de réflexion, on écoute la tension, le coeur... C'est un temps où on ne s'exprime pas, on s'interroge pour savoir si c'est une pathologie organique ou fonctionnelle. En gastro, on regarde l'abdomen(.)..
I. Inspection
On observe la présence de saillie, de dilatation veineuse (circulation veineuse collatérale), de lésions dermatologiques...
II. Palpation
On palpe avec douceur, avec les
mains chaudes de préférence et on commence à palper loin de la
zone de douleur, En dernier on s'intéresse à la zone
douloureuse.
On apprécie la dépressivité de la paroi abdominale. Si il y a une
contraction réflexe des muscles abdominaux, soit une contracture
(ventre de bois) il y a présence de foyer infectieux :
appendicite (fosse iliaque droite), sigmoïdite (fosse iliaque
gauche), cholécystite (=infection de la vésicule biliaire)
On apprécie la présence de masse, tumeur maligne, bénigne,
vessie distendue et on précise l'étendue de cette masse.
Au niveau de la fosse iliaque gauche, on peut palper le gros
intestin chez le sujet maigre.
On peut palper le foie dans des situations pathologiques comme
dans l'hépatomégalie ; On déprime le ventre depuis la fosse
iliaque droite jusqu'à la région sous costale droite. Si on peut
sentir le bord inférieur du foie, on précise si il est mousse ou
arrondi (--> surcharge graisseuse) ou si il est tranchant (-->
cirrhose)
On peut donner l'aspect de la face antérieure du foie : lisse ou
irrégulière.
On estime l'importance de l'hépatomégalie en travers de doigts
voire en travers de mains pour les gros foies.
On peut aussi palper la rate avec les doigts en crochets sous
les côtes. Lors de splénomégalie, on fait respirer le patient
pour voir si la rate va percuter la pulpe des doigts.
III. Percussion
Normalement, abdomen sonore (présence d'air dans l'abdomen). On
recherche les zones de matité (sauf dans les flancs qui sont
déjà mats)
Matité lors de gros foie, de vessie trop pleine ou lors de
présences de tumeurs
Le foie se projette sur la ligne mamelonnaire. On mesure la
flèche hépatique pour apprécier sa taille.
Remarque sur les examens cliniques
Quand on a la conviction que c'est un symptôme sans gravité, il
faut prescrire des médicaments qui traitent le symptôme.
Des examens complémentaires sont prescrits dans 10 à 20% des
cas, ces examens inquiètent le patient mais rassurent le
médecin. Même quand l'examen est normal, le patient n'est pas
forcément rassuré.
I. Signes de cytolyses
Transaminases ALAT et ASAT
- lors de cytolyses aigues : le taux de transaminases est 10 fois
supérieur à la normale
- lors de ceytolyse chroniques : le taux de transaminase est un peu élevé
que la normale
II. Signes de cholestase ou de rétention
biliaire
Dus à la présence d'obstacle sur les voies biliaires intra
(maladie du foie) ou extra (traitement médical ou chirurgical)
hépatiques. Cependant on ne fait pas la distinction des voies
intra ou extra hépatique lors d'un bilan.
On dose les phosphatases alcalines : 2 fois supérieures à la
normale lors de cholestase
On dose aussi la bilirubine :
- libre : due à la destruction physiologique des globules rouges
- conjuguée : anormalement présente dans le sang
Quand la bilirubine augmente : il y a un ictère (=jaunissse)
III. Insuffisance hépatocellulaire
Incapacité de la cellule hépatique à jouer son rôle de synthèse
ou de détoxification. On peut comparer le fois à l'usine de
l'organisme. Le foie a une énorme capacité fonctionnelle (la
compensation est possible). C'est seulement quand il est détruit
au trois quarts qu'il y a apparition d'une insuffisance
hépatique.
On dose la prothrombine
- 100% dans les conditions physiologiques
- <70% dans l'insuffisance hépatocellulaire
IV.
Syndrome inflammatoire
On utilise 2 tests
- électrophorèse : γ-globulines : dans les
maladies hépatiques : γ-globulines>à
22% des protéines. Quand il y a un bloc β-γ
(c'est à dire qu'on ne peut pas distinguer les
β des γ
globulines, c'est un signe de cirrhose du foie)
- dosage quantitatif des immunoglobulines : on dose les IgA, IgG, IgM, ce
dosage est plus précis que le dosage des gamma globulines
V. Autres tests inclassable
- γGT : difficile à interpréter, augmenté chaque
fois que le foie est malade mais peut être augmenté aussi lors
d'absence de maladie hépatique par absorption d'un inducteur
enzymatique : alcool, médicaments, pilule, somnifères,
anti-diabétiques)
On rattache souvent l'augmentation des γGT
à l'alcoolisme or ce n'est pas la seule cause.
Pendant longtemps, l'alcoolique chronique n'a pas de lésion du
foie, il faut boire pendant environ 20 ans pour en avoir. La
personne qui arrête de boire voit son taux de
γGT redevenir normal. Mais s'il y a cirrhose, le taux de
γGT redescend un peu mais ne se
normalise pas.
I. Endoscopie : exploration du tube digestif
- gastroscopie :
observation de l'oesophage, estomac et du duodénum
- coloscopie : observation du rectum, du colon et de la dernière anse
iléale
Grâce a cette technique, il y a possibilité de faire une
biopsie, qu'on envoie chez l'anatomo-pathologiste
II.
Echographie
Permet de voir des organes pleins : foie, voies biliaires,
pancréas
III.
Scanner, IRM
Dominée par 2 grands symptômes : dysphagie et syndrome de reflux gastro eosophagien
I. Dysphagie
Sensation d'arrêt ou de blocage du bol alimentaire
A. 2 types de dysphagie
- dysphagie progressive :
aliments de plus en plus petits, aliments moulinés, puis
liquides voire jusqu'à l'aphagie. Cette dysphagie progressive
est due à un rétrécissement organique de la lumière de
l'oesophage
- dysphagie paradoxale : trouble de la motricité, blocage des liquides
B.
douleur
Atteinte générale, asthénie, anorexie et amaigrissement
- siège de la douleur : rétro sternal
- irradiations : postérieures
- type de douleur : brûlure
- intensité de la douleur : moyenne
- durée de la douleur : brève, influencée par le type de dysphagie
- douleur intermittente
C. causes
- la plus inquiétante : cancer (=KC) de l'oesophage, c'est un KC grave car
la dysphagie n'apparaît que quand le KC est évolué, il y a un
taux de survie de 10% à 5 ans.
- sténose peptique : due au reflux gastro oesophagien, induit un
rétrécissement parfois irréversible.
- troubles de la motricité : cardiospasme (mégaoesophage primitif) ou
autres troubles de contraction
D. moyen d'exploration
Gastroscopie, si elle est normale, on utilise la manométrie
oesophagienne pour détecter les troubles de la motricité
II. Syndrome de reflux gastro
oesophagien
A. douleur
- siège de la douleur : épigastrique
- irradiation : ascendante, derrière le sternum
- type de douleur : brûlure
- durée de la douleur : quelques minutes
- douleur soulagée : par l'ante flexion (= signe du lacet de soulier)
- douleur favorisée par le décubitus, par le gros repas
Syndrome associé à plusieurs symptômes comme la régurgitation
(=remontée spontanée d'aliments sans effort de vomissement)
B.
Causes du syndrome
- hernie hiatale (cause fréquente), remontée dans le thorax d'une partie
de l'estomac à partir de l'orifice diaphragmatique
- hernie hiatale par glissement : morceau de l'estomac qui remonte dans
l'orifice oesophagien qui est dilaté
- hernie hiatale par roulement : l'estomac remonte à coté de l'oesophage
il y a brûlure que les remontées soient acides ou alcalines
- hernie hiatale non compliquée (gastroscopie normale) La jonction
oesogastrique est facile à voir car les muqueuses sont de
couleurs différentes (rouge l'estomac, blanche oesophage)
- hernie hiatales compliquées : oesophagite
°muqueuse enflammée --> lésions mineures
°muqueuse ulcérée --> lésions graves
°muqueuse peptique sténosante --> sclérose,
rétrécissement (grave)
Ulcère du collet de l'hernie hiatale. Hernie hiatale par
roulement peut donner un volvulus (= estomac qui se tord) et une
anémie (due aux saignements)
l'oesophagite peut cicatriser : endobrachyoesophage =
remplacement au dessus de l'hernie hiatale de la muqueuse
oesophagienne malpighienne par de la muqueuse gastrique. Ceci
augmente le risque de KC.
I. Syndrome ulcéreux
- siège de la douleur :
épigastrique
- irradiations : inconstantes, dans le dos (dorsalgies viennent souvent de
pathologies digestives) et dans les flancs
- type de douleur : crampe, faim douloureuse
- intensité de la douleur : moyenne
- durée de la douleur : 1 à 2 heures
- douleur soulagée : par alimentation (soulagée en quelques minutes)
- douleur rythmée par les repas, post prandiale semi tardive (1 à 2 heures
après). Pendant la période douloureuse, les gens souffrent tous
les jours après tous les repas
II. Dyspepsie
A. Dyspepsie douloureuse
- siège de la douleur : épigastrique
- irradiation : sans
- type de douleur : variable
- intensité de la douleur : variable
- durée : de 30 min à 1 h
- douleur soulagée? la douleur n'est PAS influencée par l'alimentation
- douleur capricieuse, intermittente
B. Digestion pénible
- siège de la douleur : épigastrique
- type de douleur : pesanteur
- intensité de la douleur : faible
- durée de la douleur : variable
- entraîne des ballonnements, somnolence, un inconfort post prandial
- douleur intervient à peu près 30 min après le repas
C. Causes
- syndrome ulcéreux : ulcère gastrique
(parfois cancéreux) ou ulcère duodénal (bénin)
- dyspepsie douloureuse ou digestion pénible
: cancer de l'estoma (grave : 20% de survie à 5 ans). Si les
symptômes sont récents, il y a lieu de s'inquiéter :
gastroscopie, sinon traitement symptomatique.
DIAGNOSTIC DE LA DOULEUR BILIAIRE
I/ Sémiologie de la douleur biliaire
- siège : * sous costal droite (dans 1/3 des
cas)
*
creux épigastrique (dans 2/3 des cas) en raison d'une
irradiation
- irradiation : * en bretelle, en direction
de l'épaule droite
* en hémi ceinture
- type : de torsion, de broiement
- intensité : douleur forte, entraînant une
inhibition respiratoire (=impossibilité de respirer
profondément)
- durée : longue, de 6h à 12h
- moment de survenue : n'importe quand dans
la journée
- causes : la maladie lithiasique biliaire (=
lithiase biliaire) est due à des calculs biliaires
* elle peut être asymptomatique (dans 80% des
cas). L'absence des symptômes entraîne dans la plupart des cas
une découverte fortuite.
* elle peut donner des douleurs de type colique
hépatique : il n'y a alors pas de fièvre ni d'ictère
* elle peut donner des complications
II/ Complications des lithiases
biliaires
Elles sont de deux types. On distingue celles qui sont de type
vésiculaires et celles de la voie biliaire principale
A. Complication de la voie biliaire principale
Les calculs sont fabriqués dans
la vésicule biliaire. Ils peuvent rester à cet endroit et ne
jamais donner de symptômes.
Cependant il arrive qu'ils migrent dans les différents conduits
décrits ci dessus.
A.1. dans la voie biliaire principale
Un calcul peut se coincer dans la
voie biliaire principale et entraîner une stagnation de la bile
qui s'infecte (proximité du tube digestif où se trouvent de
nombreux germes).
C'est l'angiocholite.
L'angiocholite a pour conséquence une triade : douleur, ictère,
fièvre.
Etant donné que la bile stagne, la voie biliaire est distendue.
Il y a une décharge bactérienne dans le sang qui donne des
grands pics fébriles (39 ; 39,5 de fièvre)
il y a alors un risque que la flore infectée colonise le foie
entraînant un abcès voire une insuffisance rénale. C'est une
urgence thérapeutique nécessitant la prise d'antibiotiques pour
combattre l'infection
Le diagnostic clinique se fait à l'aide :
- d'une échographie abdominale
- d'un ionogramme sanguin (si suspicion d'une insuffisance rénale)
Si le calcul ne se passe pas, il est nécessaire de l'éliminer
par endoscopie.
A.2. dans
le canal de Wirsung
Si le caillot descend plus bas, il y a alors compression du
canal de Wirsung. C'est une pancréatite aigue.
- début : extrêmement brutal
- cause : distension du canal de Wirsung
- siège : épigastrique avec diffusion rapide dans l'abdomen
- irradiation : dans le dos et dans l'omoplate épaule gauche
- soulagement : position foetale "en chien de fusil", couché sur le coté
gauche.
On parle d'un calcul enclavé au niveau de l'ampoule de Vater qui
obstrue le canal de Wirsung.
Le calcul est difficile à cartographier mais le meilleur examen
est le scanner, il permet :
- la confirmation du diagnostic
- la détermination du degré de la maladie
A.3. au
niveau de l'intestin grêle
Complication beaucoup plus rare :
Le calcul, dans la vésicule biliaire en contact avec l'intestin
grêle, passe par érosion des parois de la vésicule biliaire et
du duodénum, dans l'intestin grêle. C'est l'iléus biliaire.
- signes : nausées, vomissements, arrêt du transit
L'ouverture de la vésicule biliaire et de l'intestin grêle
entraîne une remontée d'air dans les voies biliaires : aérobilie.
l'aérobilie est visible sur ASP (Abdomen Sans Préparation) =
radio de l'abdomen.
B.
Complication vésiculaire
B.1. calcul
coincé dans le canal cystique
Le calcul forme un obstacle. La vésicule biliaire grossit et se
remplit d'eau. C'est l'hydrocholécystite.
Au bout d'un certain temps la bile devient purulente. On parle
alors d'une pyocholécystite
B.2.
inflammation de la paroi de la vésicule biliaire sans aucune
obstruction
Si le calcul dans la vésicule biliaire crée une inflammation
alors qu'il n'y a aucune obstruction, il y a une cholécystite
aigue.
Les paroi de la vésicule biliaire sont alors épaissies.
- symptomatologie : douleur, fièvre mais pas d'ictère
- diagnostic : échographie (paroi épaissie, bile trouble)
- traitement : antibiotiques
B.3. le calculo cancer
Il correspond à une tumeur de la vésicule biliaire crée par un
calcul.
Actuellement très rare, on peut cependant le retrouver chez les
personnes âgées (de plus de 80 ans)
I/ Douleurs
- siège variable (car fosse
colique très étendue)
peu varié d'un jour à l'autre
- pas d'irradiation
- douleur de type colique brève (style piqûre pincement)
- intensité variable (de faible à hyperalgique)
- soulagement par émission de sels ou de gaz
Causes :
- troubles du transit (diarrhées, constipation)
- syndrome rectal : faux besoins ou anormaux (glaires, sang)
Marqué par douleurs anal après défécation : ténesme
Ou douleurs de fosse iliaque gauche vers anus : épreintes
- hémorragie : méléna, sang noir, rectorragie, sang rouge
associée à déshydratation par diarrhée
ou alors peut être chronique par dénutrition
- maladies parasitaires
- médicaments
Important :
Tenir compte du profil psychologique du patient qui peut influer
sur le transit
de la fréquence des selles
de la durée de l'apparition des symptômes
°si apparition est brusque, c'est inquiétant
°si apparition est ancienne, c'est "rassurant"
II/ Constipation
- moins de 3 selles par
semaine
- selles dures en faible quantités
- 10 millions de Français sont constipés donc c'est souvent pas grave
- peut être liée à une maladie organique comme le cancer colorectal ou le
fécalome (amas de selles dans la fin de l'intestin) chez les
personnes âgées
- la constipation est un symptôme de colopathie spasmodique fonctionnelle
(douleur abdominales+colique)
- peut être liée à des maladies endocriniennes comme le diabète,
l'hypothyroïdie mais également la maladie de Parkinson,
l'hypokaliémie, l'hypocalcémie et les médicaments
Traitement :
Laxatifs mais attention car détruisent les terminaisons
nerveuses
intestins atones
III/ Diarrhées
-
diarrhée aigue : ne dépasse pas les 10 jours
Les selles sont liquides et en grande quantité (5 à 10 selles
par jour) et accompagnées de douleurs abdominales, vomissements,
céphalées et myalgie.
Elle peut être d'origine : °virale
°bactérienne souvent par l'intermédiaire d'Escherichia Coli
présents dans les aliments mal conservés mais aussi par les
salmonelles, les staphylocoques.
°parasitaire comme dans les pays d'Afrique ou d'Asie
Ex: syndrome dysentrétique (20, 50, 100 selles par jour)
°iatrogène
°médicaments : antibiotiques laxatifs
- diarrhée chronique : + de 3 semaines
°maladie du gros intestin (simple à soigner), de
l'intestin grêle (rare et difficile à soigner)
°souvent bien tolérée quand elle est causée par des
troubles de la motricité (transit rapide)
- fausses diarrhées : ex des tumeurs
villeuses ou sécrétantes
Les différents types d'examens
Coloscopie
Pour cancer colorectal, maladie inflammatoire du colon, maladie
de Crohn (intervalles de muqueuses malades et saines),
rectocolite ulcérohémorragique.
Poids de selles
Si supérieur à 300g/24h : maladie organique
Présence de graisses dans les selles (stéatorrhée) si supérieur
à 6g/24h : maladie organique
souvent pancréatite aigue ou mal absorption au niveau de
l'intestin
Test du rouge de carmin : qui colore les selles en rouge, on
mesure le temps de transit
Test du D Xylose : pour voir si il y a des troules de
l'absorption qui révelerait une atteinte de jéjunum
Test Schilling : pour voir s'il y a une mal absorption au niveau
iléale
Test clearence alpha 1 antitrypsine : pour voir s'il n'y a pas
une entéropathie exsudative
Breath test : recherche de pullulations microbiennes
Transit du grêle : recherche d'une atrophie villositaire marquée
par une intolérance au gluten
Test de la capsule : le patient avale une gélule avec une caméra
qui enregistre le passage de l'intestin grêle et repère les
anomalies
Dosages hormonaux
I/ Cancer colorectal
Rq : les 4 cancers les plus fréquents : poumon, sein, colon, colorectal
Sémiologie
*
Troubles du transit
- constipation
- diarrhée
- ou alternance des 2
* Hémorragie
- le plus souvent rectoragie
- parfois méléna
* Douleurs
- suivant la localisation du cancer
- douleur a type de colique
- douleur a type de pesanteur abdominal
* Atteinte de l'état général
- anémie (saignotements)
- asthénie
- anorexie
- amaigrissement
Mais ces symptômes ne sont pas spécifiques du cancer colorectal
Ils sont révélés par une complication :
* syndrome subocclusif
Il se traduit par des douleurs à type de colique, avec arrêt
transitoire des solides et gaz : "bouchon" cède dans une
libération diarrhéique et gazeuse avec soulagement du patient.
* occlusion
Arrêt total du passage des gaz et des solides :
- il peut se révéler par une perforation qui peut donner une
péritonite
- il peut se révéler par des métastases hématiques
Troubles fonctionnels intestinaux
Colopathie spasmodique
Colite (inflammation du colon)
Colon irritable
Sémiologie
Trouble du transit
Ne saigne pas
Douleur (avec siège variable, spasme dans tout le cadre colique)
Douleur de type variable (sensation de piqûre, de poids, de pesanteur) patient soulager par l'émission de selles ou de gaz
Ballonnements
Eructation (émission bruyante par la bouche de gaz)
Mauvaise haleine
Borborygmes
Gaz mal odorant
Donc des similitudes entre les signes des TFI et du cancer colorectal
Si symptômes anciens = troubles
chroniques (augmente quand surmenage)
- si doute faire des examens complémentaires (mais font stressé et
inquiète le patient)
- soulagés par traitement symptomatique (par ex pour la douleur, la
constipation)
Si les symptômes d'apparition récents pour le patient, plus de
chance d'avoir à faire à un cancer.
Et faire d'autant plus attention que l'age est avancé
6% seulement avant 50ans
Prévention du cancer collorectal
* Phase asymptomatique =
phase de développement
- 37 000 cas/an en France, soigné 1/2
- cancer fréquent et grave
Donc nécessite prévention et dépistage car peut être soigné par
exérèse chirurgical
* Lésion précancéreuse
Polype adenomateux : tumeur
d'aspect bénin mais si adénome est susceptible de se transformer
en cancer
- exemple : adénome de moins de 1cm de diamètre au nombre de 1000
- sur ces 1000, 100 grandissent et deviennent de gros adénomes
(supérieur à 1cm), 25 des 100 vont devenir cancéreux.
Si on veut prévenir le cancer, c'est les gros adénomes qu'il
faut repérer.
Ces lésions saignotent mais provoquent ni
anémie, ni de sang visible dans les selles
Prévention secondaire par un dépistage
- recueil de petites quantités de selles, qui sont ensuite mise sur
un buvard, si présence de sang dans les selles, apparition d'une
couleur bleue.
Avec ce test on peut faire baisser significativement des décès
(test réalisé sur une population de 50 à 74 ans tous les 2 ans).
Test simple, sans danger, peu coûteux, efficace
Prévention primaire
Les causes sont connues :
- plus rare chez les gros consommateurs de légumes
- plus fréquent si excès d'apport calorique
- sédentarité
II/ Douleur pancréatique
Siège est épigastrique ou péri ombilicale
Irradiation : douleur transfixiante (qui traverse de part en part) dans le dos
Intensité : forte
Type : broiement
Durée : - plusieurs jour, 2 à 3
jr (c'est la plus longue des douleurs abdominales)
- soulagé par la
position plié en deux
- sensible a
l'aspirine
3 maladies principales
* cancer du pancréas
- douleur pancréatique
- peut s'associer à un ictère
- atteinte de l'état général (car mange plus, amaigrissement,
fatigue, anorexie)
Examen de base : échographie
Ponction guidée par écho pour examen histologique
Examen complémentaire : IRM,
endoscopie, scanner
C'est le cancer le plus grave, la plupart du temps on ne peut
pas l'enlever.
* pancréatite chronique
1/ Chez l'alcoolique gros mangeur
(dans d'autres régions du monde : lié à la dénutrition)
1ere phase = douleur pancréatique et atteinte de l'état général
2eme phase = insuffisance pancréatique = diarrhée graisseuse
Les graisses ne sont pas absorbées dans deux cas :
- une muqueuse atrophique
- un manque d'enzymes pancréatiques
2/ Diabète insulinodépendant
Due à l'insuffisance pancréatique endocrine, avec l'apparition
de petites calcifications sur le pancréas.
Diagnostic sur l'abdomen sans préparation ou sur l'air
vésiculaire (se projette de 3/4 au niveau de D12, L1), donc
quand suspicions de pancréatite chronique faire cliché de l'air
vésiculaire. Calcification peuvent être absente au début de la
maladie.
Examen : échographie complétée par IRM, scanner
Sécrétion anormale d'amylase et lipase (la maladie évolue par
poussée douloureuse)
Augmentation de la lipasémie et de l'amylasémie
* Pancréatite aigue
Par opposition à la pancréatite chronique elle ne se manifeste
qu'une fois.
- douleur pancréatique très intense
- arrêt transitoire du transit, vomissement et dans sa forme très
grave avec état de choc.
°forme oedémateuse = pas très grave
°forme nécroticohémorragique (destruction
de la glande puis souvent mort)
on peut craindre une perforation ou une occlusion
Examen :
- dosage de l'amylasémie (A° et de la lipasémie (L) qui sont
augmentées. (Parfois A et L peuvent être normalisées 24h après
le pic donc vérification dans les urines).
En urgence, l'examen de choix est l'échographie et/ou scanner.
Recherche de coulée de nécrose provoquée par les enzymes
pancréatiques, nécrose de muscles, de vaisseaux...
Causes
principales :
- lithiase biliaire (calcul qui "se coince" sur l'ampoule de Water,
donc bouche le canal de Virsung et entraîne une pancréatite
aigue). En urgence on ouvre la papille et on lève l'obstacle.
- alcoolisme important et chronique
C'est l'évolution de la maladie qui permet de faire la
distinction entre la pancréatite chronique et aigue dans le cas
de l'alcoolisme
I/ Types
A. Hématémèse
- émission par la bouche de
sang rouge ou noir au cours d'efforts de vomissements
- signe une hémorragie située entre la bouche oesophagienne et l'ampoule
de Vater (papille)
- s'accompagne généralement de melaena
- nécessite sans délai une endoscopie digestive haute pour localiser le
saignement
B. Melaena
- isolé ou associé à une hématémèse
- saignement de n'importe quel point du tube digestif
- émission par l'anus de sang noir, fétide
- pas de signe de localisation
C. Rectorragie
- émission de sang rouge par l'anus
- cause °rectale
°sigmoïde le plus souvent
°sur le
colon
°sur
l'intestin grêle
°exceptionnellement : ulcère duodénal, s'il saigne abondamment.
Il y a également un ralentissement du transit. Il est à
l'origine d'une rectorragie grave et inquiétante.
Le saignement peut être occulte, non visible, à l'origine d'une
anémie. Si l'anémie est ferriprive, la cause du saignement est
digestive ou gynécologique.
II/ Importance
Devant une hémorragie digestive, en apprécier l'importance.
D'autant que le saignement inquiète beaucoup le patient, et il
n'est pas rare qu'une hémorragie minime soit perçue comme un
saignement majeur.
A. Critères cliniques
- tension artérielle
- rythme cardiaque : c'est un moyen de savoir si le patient saigne ou non.
S'il y a saignement, le rythme cardiaque augmente;
Si le patient ne saigne plus après hémorragie, le rythme
cardiaque est normal ou subnormal
B. Critères biologiques
- hématocrite :
sa valeur permet de prendre ou non la décision de transfuser ;
on transfuse si hématocrite<30
- Numération Formule Sanguine
- bilan hépatique
Pour la transfusion, on met en place un abord veineux avec un
cathéter de fort calibre pour amener rapidement du sang. Dans
l'attente de connaître le groupe sanguin du malade, on transfuse
des grosses molécules. Il faut savoir que la transfusion ( une
poche de sang) permettra de ramener l'hématocrite dans une
fourchette de 3 à 5. Ainsi, en fonction de la valeur de
l'hématocrite de départ, on décide : - de la transfusion
- du volume de sang à transfuser
III/ Diagnostics différentiels
*
Hémoptysie : rejet de sang par la bouche au cours
d'efforts de toux
* Epistaxis déglutti : de l'estomac, s'il est
vomi, il peut donner une pseudohématémèse
* Causes exceptionnelles : l'ingestion - de betteraves
- de vin, peuvent simuler une hémorragie digestive, mais dans ce
cas l'hématocrite est normale
IV/
Causes
On s'aide du contexte clinique pour utiliser les examens
complémentaires.
EN URGENCE, si les conditions hémodynamiques sont correctes, on
réalise une endoscopie le plus rapidement possible après
transfusion
- Hématémèse : gastroscopie
- devant un malaena on s'aide des signes
cliniques associés.
Si le malanea est isolé sans signes d'appel : - gastroscopie (en
fonction des statistiques)
- coloscopie si gastroscopie normale
- l'exploration de l'intestin grêle reste très rare : °transit
du grêle : opacification
°capsule : grosse gélule qui contient une petite caméra lestée
pour regarder vers le bas. Les images sont enregistrées sur un
boîtier et lues sur un ordinateur (aides données par le logiciel
pour détecter les anomalies).
Cette technique de capsule n'est pas encore au point pour
l'exploration du gros intestin (du fait de ses haustrations, de
sa largeur) : encore peu fiable. Pour le colon sont à l'étude
des équivalents de capsule, ou la remontée dans l'intestin de
matériaux (sortes de petites voitures)
Différents segments sont en cause :
A. oesophage
- varices oesophagiennes+++, dûes à des
hypertensions portales, vues essentiellement dans les cirrhoses
du foie
- syndrôme de Mallory Weiss : fissures à la
jonction oesogastrique donnant des hémorragies minimes,
exceptionnellement graves ; les hématémèses surviennent à la
suite d'efforts de vomissement. Le contexte clinique est très
évocateur du diagnostic, il est très fréquent dans les pays
anglosaxons : alcoolisme du samedi soir!
- oesophagie peptique ulcérée (reflux
gastro-oesophagien compliquant une hernie hiatale), à l'origine
d'hématémèse
- cancer de l'oesophage
B. estomac
2 grandes causes :
- ulcère gastrique classique+++
- cancer de l'estomac+++
- gastrite ulcérée : pas de vraie ulcération,
mais de petites ulcérations superficielles pouvant saigner
- gastrite d'hypertension portale :
congestion de la muqueuse gastrique qui peut saigner (complique
une cirrhose)
- varices gastriques dans la région sous
cardiale (compliquent une cirrhose)
- ulcère du collet d'une hernie hiatale.
(Hernie par glissement : un bout de l'estomac remonte dans
l'oesophage. Le collet de la hernie est l'endroit où se trouve
la pince diaphragmatique --> ulcère du collet au niveau de la
pince diaphragmatique sur la muqueuse gastrique).
- ulcère aigu : très superficiel,
il se situe au dessus d'une artère, ce qui explique que cela
puisse saigner "en jet". Ce n'est pas un vrai ulcère classique,
qui lui, intéresse toute la muqueuse gastrique. Il explique les
hémorragies digestives parfois observées en réanimation : le
stress occasionné entraine des lésions aigues de la muqueuse
gastrique qui sont le plus souvent asymptômatique.
C. duodénum
- ulcère du bulbe :
la pathologie ulcéreuse devient moins fréquente du fait de
l'identification de sa cause : infection par un germe : Helico
Bacter Pilori, responsable de 80% des ulcères du duodénum, 70%
des ulcères gastriques.
Il est éradiqué par un traitement antibiotique. Les ulcères ne
récidivent plus.
Les hémorragies digestives compliquant un ulcère sont plus rare.
- hémobilie : hémorragie des voies biliaires
- wirsungorragie : provenant du canal de
Wirsung
D. intestin grêle
Très rarement cause d'hémorragie
- diverticule de Meckel (classique) :
C'est un reliquat embryonnaire situé sur la partie terminale de
l'iléon. Il est tapissé d'une muqueuse gastrique pouvant
saigner. Très souvent il est le siège de rectorragie saignant
abondamment.
NB : lors de la chirurgie de l'appendicite, on vérifie les
derniers cms de l'iléon
°tumeurs
°malformations vasculaires en particulier au cours de la maladie de
Rendu Osler (maladie héréditaire avec angiomes multiples).
E.
Colon-rectum-anus
- hémorroïdes :
lésions très fréquentes
habituellement, elles donnent un saignement minime (pas
d'altération de l'hématocrite)
parfois, mais c'est exceptionnel, elles donnent de grandes
hémorragies.
Le traitement est médical, s'il faut : °pratique d'une sclérose
des vaisseaux
°pose d'un élastique pour les thromboser
- cancer du colon :
ATTENTION, piège : traiter les hémorroïdes et laisser évoluer un
cancer!
Certains signes doivent alerter, notamment s'il s'agit de la
première poussée d'hémorroïdes chez une personne de 40-50 ans :
il faut alors explorer le colon par une coloscopie pour regarder
s'il n'existe pas un cancer, ceci de manière absolue à partir de
50 ans. Il faut bien entendu tenir compte du contexte antérieur.
On peut parfois également sentir la tumeur au toucher rectal
- adénômes/polypes du colon :
saignent rarement
- colites inflammatoires, observées dans :
°les rectocolites ulcéro-hémorragiquess
°la maladie de Crohn
Diagnostic par coloscopie
Causes moins fréquentes :
- ulcérations thermométriques : à force de
prendre sa température rectale. Elles peuvent donner de grosses
hémorragies : si une artère est embrochée, du sang s'écoule dans
le rectum.
- diverticules dans l'intestin :
Il s'agit d'un diagnostic d'élimination (si l'on ne trouve rien
d'autre)
Généralement ce sont des diverticules sigmoidiens
- anomalies vasculaires : angiodysplasies :
dans le colon droit
à l'origine de rectorragies droites à répétition
- colite ischémique :
troubles de la vascularisation aigus du colon
ils sont dûs : °à des lésions oedémateuses
°à des lésions hémorragiques
Ils peuvent simuler un cancer, mais ils guérissent au bout de 15
jours - 3 semaines.
I/ Définition
C'est une maladie du foie
C'est un épanchement liquidien dans la cavité péritonéale, très
souvent lié à une insuffisance hépatique ou à une hypertension
portale, qui va provoquer une rétention hydro sodée aboutissant
à cet épanchement.
II/ Sémiologie
L'ascite à une sémiologie frustre (atténué dans ces symptômes)
Elle présente deux phases :
* Phase d'installation :
Elle est lente et insidieuse la plupart du temps
Elle se traduit par une prise de poids progressive et par une
augmentation du volume de l'abdomen.
A cela peut s'associé un oedème des membres inférieurs
Dans certaines cas, l'installation est brutale mais c'est rare
et c'est marqué par des douleurs abdominales et un
ralentissement voir arrêt du transit (occlusion)
* Phase d'état :
* Quand l'ascite est installée, elle est facilement reconnaissable par
l'abdomen distendu, avec de vagues douleurs abdominales,
accompagné de nausées et d'un ralentissement du travail
* Le diagnostic est amené par l'examen clinique et non par
l'interrogatoire
III/ Examen clinique
A. Inspection
ventre volumineux, distendu, se traduisant par l'ombilic
déplissé.
Les parois latérales sont affaissées quand le patient est
allongé --> ventre batracien
Quand le patient est debout le ventre se projette en avant -->
ventre d'obusier
Quand l'épanchement est important, la distension ombilicale peut
se compliquer d'une hernie (ombilicale) qui peut se rompre.
Quand le patient à une hernie inguinale et qu'il est debout, le
liquide descend dans les bourses
La peau de l'abdomen est lisse et vernissée avec des vergetures
liées à la distension.
En résumé, ce qu'on voit à l'inspection c'est le gros ventre.
B. Percussion
On perçoit une matité des flancs qui contraste avec le
tympanisme périombilical du fait de l'air contenu dans les
organes.
C'est une matité mobile, dans la partie déclive, quand on
mobilise le patient.
Les viscères ont, en effet, tendance à se regrouper, poussé par
le liquide. La densité plus faible des viscères est responsable
du tympanisme. Quand le patient change de position les zones de
tympanisme et de matité se modifient.
C. Palpation
* Signe du flot latéro-latéral : (quand
l'ascite est importante)
On pose la main sur le flanc gauche (par exemple) et on tape sur
le flanc droit.
Cela met en mouvement la masse liquidienne donc on perçoit
l'onde de choc qui se propage jusque dans la main gauche.
* Signe du glaçon (épanchement peu important)
Quand on donne une impulsion dans la région abdominale sous
costale droite, le foie hypertrophié plonge dans le liquide et
lorsqu'il remonte à la surface, il percute la pulpe de nos
doigts.
D. Manifestation clinique
associées
Dyspnée : le diaphragme est relevé par l'épanchement (essoufflé)
Troubles dyspeptiques : les organes sont contractés dans
l'abdomen (NB: Dyspepsie = mauvaise digestion)
On peut retrouver une circulation veineuse collatérale due à une
hypertension portale.
Il y a des oedèmes aux membres inférieur qui sont mous et
blancs, gardant le godet.
L'examen clinique est essentiel pour le diagnostique de
l'ascite.
IV/ Examens complémentaires
A. Ponction d'ascite
But diagnostique : trouver/préciser la cause
But thérapeutique : soulager le patient
On pique dans la paroi abdominale en dessous de la fosse iliaque
gauche à la jonction 1/3 inférieur, 2/3 supérieur de la ligne
unissant l'ombilic à l'EIAS (épine iliaque antéro supérieur).
Cela correspond à une zone de pleine matité.
Le liquide prélevé sera envoyé au labo de biochimie, d'anapathologie
et de bactériologie. Une fois le prélèvement effectué, on laisse
le liquide d'ascite s'écouler un peu pour soulager le patient et
on injecte de l'albumine et des macromolécules.
La ponction évacuatrice doit être progressive (2 à 3 l par
évacuation) pour ne pas perturber l'équilibre hydroélectrique.
Rq : une ascite moyenne c'est 10l d'eau dans le ventre...
B. Analyse au labo de
biochimie
B.1. Le
dosage des protéines
Normalement pauvre en protéine (<20/L) --> épanchement d'origine
mécanique.
Si le taux de Protéine est >à 25/L on parle d'ascite
inflammatoire due à une sécrétion anormale (réaction
d'inflammation du péritoine)
Si 20<P<25 g/L, alors on ne sait pas trancher.
B.2. Numérisation des éléments cellulaires
<100/mm³ dans une ascite mécanique
>1000/mm³ dans une ascite
inflammatoire
C. Analyse au labo de
bactériologie
Si liquide riche en lymphocyte alors c'est une tuberculose
péritonéale
Si le liquide est riche en polynucléaires neutrophiles, ça peut
être dû à une infection bactérienne.
D. Analyse au labo d'anapathologie
On recherche la présence de cellules anormales.
Si on trouve alors il s'agit d'une carcinose péritonéale.
(Cancer secondaire du péritoine dû aux métastases d'un autre
cancer se logeant dans le péritoine)
Dans des cas plus rare il s'agit d'un mésothéliome, ie un cancer
primitif du péritoine.
E. Analyse de la couleur du liquide d'ascite
Le plus souvent il a une couleur jaune citron
Il est parfois hémorragique = origine cancéreuse.
Il peut aussi avoir un aspect laiteux : --> ascite chyleuse liée
à une compression lymphatique (riche en lipides)
V/
Les causes
A. Ascite d'origine mécanique
Les ascites sont pauvres en protéines et en cellules, on parle
de transsudat.
* La cause la plus fréquente est la cirrhose du foie.
L'hypertension portale et la rétention hydrosodée (signes
associés à cette patho) sont responsables de l'ascite. Lorsque
l'ascite n'est pas trop volumineuse on peut palper le foie à
bord tranchant.
Au niveau biologique, la cirrhose se traduit par une
augmentation des γ globulines, un bloc
β/γ, ainsi que par une
diminution de la prothrombine (<70%) (--> Ce sont des signes d'insuffisances
hépato cellulaire).
En France, 80% des cirrhoses sont d'origine alcoolique mais il
existe une origine virale (du au virus B et C)
Dans de rares cas la cirrhose est la résultante de pathologie
hépatique.
* L'insuffisance cardiaque grave :
Elle peut également aboutir à une ascite mécanique. Dans ce cas,
l'ascite est associée à un épanchement péricardique et pleural
--> Signe d'Anasarque (3 épanchements).
* Ascite mécanique trouvé lors d'un symptôme néphrotique -->
elle est alors due à la rétention hydrosodée.
B. Ascite inflammatoire
Le liquide est riche en protéine et en cellule, on parle
d'exsudat
Plusieurs causes :
* Lésion péritonéale d'origine cancéreuse
* Péritonite tuberculeuse
* Complication bactérienne d'une ascite mécanique
SIGNES D'INSUFFISANCE HEPATHOCELLULAIRE : ENCEPHALOPATHIE HEPATIQUE
I. Introduction définition
Une insuffisance hépatocellulaire
vient compliquer une cirrhose du foie. Les 3/4 sont d'origine
alcoolique, les autres sont liées à des hépatite B et C.
Son signe principal est l'encéphalopathie hépatique :
Def : Ce sont des troubles
neurologiques liés au bon fonctionnement du foie.
cela entraîne des manifestations psychiques et neurologiques
quand on arrive à la phase terminale de l'insuffisance.
L'insuffisance hépatique est généralement chronique = cirrhose
du foie
Aigue : Hépatite virale aiguë grave
Hépatite médicamenteuse
Hépatite toxique (amanite phalloïde)
L'encéphalopathie est souvent déclenchée par des événements qui
décompensent une insuffisance hépatocellulaire.
Hémorragie digestive
Médicaments = quand abus des cirrhotique, ça peut aboutir à une
encéphalopathie hépatique (EH)
Infections = quand le foie est malade, il est incapable
d'assurer son rôle immunitaire et ne peut plus faire face aux
agressions.
II.
Les 4 phases évolué
de l'encéphalopathie hépatique
A.
Les troubles du
comportements
Somnolences diurnes
Insomnies nocturnes
Apathie
Indifférence ou irritabilité anormale
Agressivité
Signe (+++) de Flapping Tremor ou Astérixis qui permet d'associer ces troubles du comportements aux patho hépatiques.
--> C'est un trouble du maintient
de l'attitude
--> Il se manifeste quand on demande au patient de tendre les
bras et les mains à l'horizontale (en extension) puis d'écarter
les doigts (normalement on ne bouge pas).
Quand l'asterixis est + le patient a des mouvements saccadés de
ses doigts, dus à une interruption brusque et brève des
contractions musculaire (--> perte du tonus musculaire)
Signe de Foetor hépatieus : odeur aigrelette de l'haleine (pomme)
B. Aggravation des troubles psychiques
Patient agité, avec des propos incohérent (urinent n'importe où)
Ils crient, ont des somnolences
Ils ont des troubles du comportement avec Astérixis et Foetor Hepaticus
Signe neuro associés :
* Signes pyramidaux = Babinski
*
Extrapyramidaux = Roue dentée
C. Coma léger
Réflexes fixes
Tout les signes du B
Astérixis dur à chercher
Signes pyramidaux et extrapyramidaux
D. Coma profond
Abolition des réflexes
Les urines ont la même odeur que l'haleine
Il annonce le décès
III. Signes cliniques majeures
A. Encéphalopathie hépatique
Voir ci dessus
B. Ictère à bilirubine conjuguée traduisant insuffisance H
C. Syndrome hémorragique
mauvaise coagulation, hémostase
--> Chute du taux de prothrombine ( de
25 à 30%)
D. Manifestations cutanées
* Angiome stellaire :
°=tache rouge avec des ramifications en méduse
°situé sur la face antérieur ou postérieur du thorax
°C'est un anévrisme artériolaire à partir duquel les
vaisseaux irradient
* Erythrose palmaire = coloration rose des paumes des mains
* Hippocratisme digital (présent aussi dans insuffisance respiratoire)
* Raréfaction de la pilosité (troubles hormonaux)
* Ongles de couleur blanc
TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE (TCA), DE L'ANOREXIE MENTALE A LA BOULIMIE
La fréquence des troubles du comportement alimentaire augmente dans nombre de sociétés à haut niveau de vie. Les causes de ces troubles du comportement alimentaire sont multiples, mais dominées par les comportements de restriction, le souci de minceur et de maîtrise de soi mis en avant par le modèle social dominant, le sentiment que l'entourage et les autres sont hors portée de la difficulté de certains sujets à répondre de façon adaptée, positive à une "situation d'agression mentale" (stress). Anorexie mentale, boulimie et comportement alimentaire sont l'expression d'un mal être. Leur diagnostic est purement clinique, et facile pour peu qu'on y pense. Ils induisent des altérations de l'état nutritionnel parfois sévère : dénutrition et anorexie mentale ; hypokaliémie, malnutrition et boulimie ; surpoids, obésité et leurs complications e comportement alimentaire. Leur traitement est long et difficile. Il implique une triple prise en charge, nutritionnelles, comportementale et psychothérapeutique.
Ce qu'il faut retenir absolument :
La fréquence des troubles du comportement alimentaire augmente dans de nombreux pays.
On estime leur fréquence à 0,5% (anorexie mentale), 2 à 4%
(boulimie) voire 10% (comportement alimentaire) de la
population.
Ce sont surtout des femmes :
On distingue 4 facteurs de risque :
1. Souci de minceur et de maîtrise
2. Comportements de restriction
3. Difficultés de communication avec l'entourage
4. Mal être en réponse à un stress
Il y a principalement 3 grands troubles du comportement
alimentaire chez l'adolescent et l'adulte : l'anorexie mentale,
la boulimie et les compulsions alimentaires.
Mail il existe d'autres troubles du comportement d'ingestion :
anorexies dépressives ; grignotages excessifs ; rejets
alimentaires massifs par angoisse excessive (peur de la
contamination par exemple) ou sur des critères religieux ou
délirants ; alcoolisations aiguës ou chronique, ruminations ;
géophagies et autres ingestions de choses non alimentaires...
Définitions
L'anorexie mentale se définit comme un besoin fort,
irrépressible de vouloir maigrir, alors que le poids est normal
ou déjà diminué.
Dans le détail, la diagnostic d'anorexie mentale associe les
signes suivants :
Amaigrissement de plus de 15% par rapport au poids antérieur (ou poids idéal)
Peur de grossir quel que soit le poids actuel
Peur de manger
Troubles de l'image corporelle (et peur de "mal grossir")
Troubles du comportement alimentaire : refus des repas, éviction, peur du regard de l'autre
Aménorrhée
Absence de maladie psychiatrique ou somatique autre
D'autres signes sont évocateurs :
Certains sont liés au trouble du comportement alimentaire :
aménorrhé ; hyperactivité physique (et hyperinvestissement
professionel ou scolaire) ; vomissements ou crises de boulimie.
Certains sont liés à la dénutrition : aménorrhée ; bradycardie ;
lanugo.
La boulimie est l'existence d'une fréquence élevée de crises de boulimie, à savoir l'ingestion en un temps court d'une grande quantité d'aliments sans faim ni plaisir, crises associées à différentes manoeuvres pour maintenir le poids normal.
Les compulsions alimentaires se définissent comme l'ingestion en un temps relativement court d'une assez grande quantité d'aliments sans faim, mais avec une connotation de plaisir. Ces crises, d'une fréquence variable, ne sont pas associées à des manoeuvres pour maintenir le poids normal.
Le grignotage pathologique est l'ingestion en un temps relativement long de petites quantités d'aliments de façon répétitive et quasi inconsciente, tandis que l'esprit est occupé ailleurs (télévision par exemple).
La rumination est la remontée sans effort de vomissements, volontaire et contrôlée, des aliments qui viennent d'être ingérés.
Epidémiologie
| Anorexie mentale | Boulimie | Compulsions alimentaires* | |
| Incidence | inconnue | inconnue | inconnue |
| Fréquence dans la population | 0,5 à 1% des jeunes filles et femmes de 15 à 35ans | 2 à 5% des jeunes filles de femmes de 20 à 35ans | 5 à 10% de la population (?) |
| Fréquence en cas de surpoids ou d'obésité | Moins de 1% | Moins de 1% | 5 à 10% (hommes) à 10-30% (femmes) des malades (?) |
| Sexe ratio | 95% de femmes | 90% de femmes | 60% de femmes |
| Age de début | 13 à 25ans | 18 à 35ans | 15 à 55ans |
| Circonstances de début | Régime hypocalorique dans 70% des cas | Régime hypocalorique dans 80% des cas | Régime hypocalorique dans 70% des cas |
* Compulsions alimentaires : fréquentes et sévères
Le diagnostic en pratique
L'anorexie mentale
Le diagnostic est facile :
C'est la dénutrition qui est au premier plan : voir chapitre
"signes de dénutrition"
Le diagnostic est purement clinique : il repose sur la peur que
les malades ont de ne pas s'arrêter de grossir et donc le refus
de prendre du poids : il est quasi impossible de leur faire
accepter un objectif pondéral normal initialement
(IMC>18,5Kg/m²).
Il ne s'agit pas d'une stratégie de séduction : le malade
exprime un mal-être, est angoissée et plus ou moins déprimée.
Aucun examen complémentaire n'est requis pour le diagnostic.
Dans de rares cas (si la malade ne parait pas si réticente à
prendre du poids), il faut rechercher une hyperthyroïdie, une
insuffisance hypophysaire primitive, une malabsorption
digestive.
En revanche, il faut toujours chercher d'éventuels
vomissements/crises de boulimie et évaluer l'état nutritionnel.
Attention : les marqueurs nutritionnels "usuels" ont longtemps
une concentration plasmatique normale : leur baisse est un signe
de gravité certain ou le signe d'une complication infectieuse de
la dénutrition ou d'une affection associée.
La boulimie
Le diagnostic est difficile : les
malades en ont honte et cachent leur trouble du comportement
alimentaire. Il faut donc :
Chercher les facteurs de risque : malade de sexe féminin obsédée
par son poids ; poids normal mais variable ; peur de grossir ;
insatisfaction et dépréciation de soi ; état dépressif ;
instabilité de l'humeur ; troubles du sommeil ;
Chercher les signes indirects : gonflement des glandes
salivaires et des parotides ; discrète hépatomégalie (stéatose
hépatique) ; restrictions et évictions alimentaires ;
désorganisation de l'alimentation (suppression des repas) ;
expression biologique des vomissements : insuffisance rénale
fonctionnelle ; hypokaliémie ; alcalose métabolique ,
hémoconcentration (protides élevés) ; amylase (salivaires)
élevées.
Les compulsions
alimentaires
Le diagnostic est assez difficile, car les malades ont du mal à
en parler. Il faut donc :
Chercher les facteurs de risque : malade de sexe féminin obsédée
par son comportement de restriction et ses échecs ; absence
d'amaigrissement sous régime restrictif ou difficulté à perdre
du poids au-delà des premières semaines ; refus de se montrer,
de sortir ; insatisfaction et dépréciation de soi ; état
dépressif ; instabilité de l'humeur ; troubles du sommeil ;
Chercher les signes indirects : saut de repas ; exigence
d'amaigrissement irréaliste ; refus d'admettre les "écarts
alimentaires".
Les signes cliniques et les complications
Complications somatiques
1.
Anorexie mentale : Les complications et le pronostic son
avant tout le fait de 2 facteurs majeurs : la dénutrition et les
vomissements.
C'est pourquoi il faut différencier anoréxie mentale restrictive
et anorexie-boulimie : Dans l'anorexie mentale restrictive, la
malade maigrit par le seul fait des restrictions alimentaires et
de l'hyperactivité physique : le risque à court et à long terme
est à la dénutrition et aux multiples carences en nutriments.
Dans la forme boulimique, la malade s'aide, pour maigrir, de
vomissements et/ou de prise de laxatifs (ou diurétiques). Elle a
parfois des crises de boulimie. Outre les risques ci-dessus, il
faut craindre les troubles du rythme cardiaque liés à la
dénutrition et aggravés par l'hypokaliémie (et autres déficits
en minéraux).
Deux complications obèrent le pronostic :
L'ostéopénie et l'ostéoporose : extrêmement fréquentes : l'ostéopénie
touche près de 50% des malades 5 ans après le diagnostic ;
l'ostéoporose affecte près d'un tiers des malades après 10 ans
d'évolution. Elle est fonction de la durée de la maladie, de la
longueur de l'aménorrhée, de la réduction des apports
énergétiques. Elle e parait pas pouvoir être prévenue par des
apports de calcium et de vitamine D suffisants. L'hyperactivité
physique contribuerait à la rendre moins importante qu'elle ne
devrait.
L'hypofertilité : la probabilité d'avoir des cycles hormonaux
normaux (sans traitement) et de développer jusqu'à terme une
grossesse normale est dix fois moindre si l'IMC est inférieur à
18,5 qu s'il est supérieur à cette valeur.
Le syndrome de Raynaud, qui peut persister au delà de la
guérison
2. Le boulimie : les risques somatiques sont
faibles et peu fréquents, en l'absence de dénutrition. Les plus
fréquents sont les suivants :
L'altération de la plaque dentaire avec caries, gingivite et
perte de dents
La parotidomégalie, voire la parotidite, avec douleurs liées à
l'obstruction des canaux.
3. La compulsion alimentaire : elles
favorisent le surpoids et l'obésité. En fonction du contexte,
une obésité androïde et ses complications somatiques peuvent se
développer.
La stéatose hépatique liée à la surcharge alimentaire en
glucides-lipides, est fréquente. Elle se traduit par une
élévation des ALAT et à moindre degré des ASAT.
Retentissement mental
Les troubles du comportement
alimentaire sont l'expression d'un mal-être, dont il
représentent en quelque sorte la "réponse" : ils aident les
malades à se sentir mieux (moins mal), même si l'effet est
éphémère. En ce sens, ils agissent comme une conduite de
dépendance au même titre que l'alcool, les drogues ou le tabac.
C'est pourquoi le traitement de ces troubles conduit fréquemment
à des altérations de l'humeur : irritabilité ; instabilité ;
troubles du sommeil ; états dépressifs. En cas de boulimie (y
compris dans la forme boulimique de l'anorexie mentale), ceci
peut conduire à des tentatives de suicides : c'est le risque
majeur.
Quel que soit le trouble du comportement alimentaire, 10 points
sont quasi constamment retrouvés.
Les 10 caractéristiques mentales ou comportementales des
troubles du comportement alimentaire.
Pronostic
L'anorexie mentale :
Le pronostic est lié à la dénutrition et à la survenue de
boulimie.
Dans la forme restrictive, les malades meurent de dénutrition :
5% des malades après 10 ans d'évolution. Tout doit donc être
tenté pour éviter une dénutrition majeure, même s'il faut
réhospitaliser pour la 10ème fois la malade ;
Dans la forme "boulimique", les 2 à 3 premières années peuvent
être marquées par les seuls vomissements, associés à la
dénutrition. Il n'y a pas encore de crises de boulimie. Celle-ci
viendra ultérieurement, à la phase de sortie de la dénutrition,
quand la malade aura accepté de reprendre du poids.
La prise en charge des troubles du
comportement alimentaire : l'approche nutritionnelle et
psychologique
Le traitement des troubles du
comportement alimentaire impose une prise en charge
multidisciplinaire, au sein de laquelle l'approche diététique et
nutritionnelle joue un rôle déterminant.
Cette approche est différente selon qu'il s'agit d'une anorexie
mentale, d'une boulimie ou de compulsions alimentaires.
Pour chacune de ces affections cependant, il faut envisager un
triple objectif :
|
1.
Atteindre puis (ou) maintenir un état nutritionnel normal |
L'anorexie mentale
Il s'agit d'un trouble du comportement alimentaire associé à une dénutrition parfois importante.
1. Atteindre puis maintenir un état nutritionnel est essentiel :
Le poids à atteindre doit être
celui qui correspond à un indice de masse corporelle (IMC :
poids/[taille]²) de 18,5 Kg/m². Et ce pour plusieurs raisons :
* C'est à cet IMC que les malades retrouvent cycles
menstruels et fertilité et une capacité maximale de
restauration de la minéralisation osseuse. L'ostéoporose est en
effet extrêmement fréquente en cas d'anorexie tant qu'un poids
normal n'est pas atteint ;
* C'est à cet IMC que les angoisses et les peurs
semblent régresser
2. Obtenir des apports
énergétiques et en nutriments adaptés à cet objectif
Il y a deux phases au traitement de l'anorexie mentale :
* Atteindre l'objectif pondéral.
Pour ceci, il faut ajouter aux apports énergétiques de
maintenance du poids un supplément énergétique. Celui-ci est
fonction de l'accord passé entre le médecin et la malade sur le
rythme de la prise de poids. A titre indicatif, pour une malade
de 25ans pesant 35 Kg pour 1,65m, la dépense énergétique de
repos est de 940 Kcal/j. Si la malade est hyperactive, sa
dépense énergétique totale est de 1500 Kcal/j. Pour que la
malade prenne environ 100 g/j, il faut ajouter à ceci 750 Kcal
(7,5 Kcal/g de gain de poids souhaité). Soit 2250 Kcal/j!! Dans
ces conditions, sachant que les apports spontanés d'une
anorexique restrictive ne dépassent guère 800 Kcal/j, on
comprend pourquoi dans un 1er temps il faille souvent recourir à
la nutrition entérale discontinue d'appoint.
* Maintenir le poids obtenu : il
faut alors des apports au niveau de la nouvelle dépense
énergétique totale, qui tient compte du nouveau poids et des
modifications éventuelles de l'activité physique.
|
Attention : --> En cas de crises de
vomissements et/ou de boulimie,
prudence ; il n'est pas coneillé de forcer les malades à
manger très au dessus de leurs besoins de maintenance, car
ceci risque de las faire sombrer dans des crises de
boulimie, surtout si le médecin pousse la malade à manger
n'importe quoi à n'importe quelle heure! |
La boulimie
Le poids est le plus souvent
normal. Ici, il importe avant tout de réinstaller les 3 repas.
En effet, le jeûne, par l'hypoglycémie qui l'accompagne, accroît
le besoin de prises alimentaires incontrôlées en nombre ou en
quantité.
Les repas doivent contenir assez de protéines (0,5 g/Kg/repas)
pour limiter la sensation de faim postprandiale. Il faut se
rappeler plusieurs faits :
--> En cas de boulimie, les stratégies de
perte de poids sont quasi constantes : vomissements, laxatifs,
hyperactivité physique
--> Les vomissements, quasi constants, ne
font pas perdre que des calories. Il y a aussi des pertes de
potassium, de magnésium, d'eau, d'acide
--> A poids normal, une boulimique peut ne
pas avoir une composition corporelle normale
--> La reprise d'une alimentation normale
répartie sur 3 à 4 repas va permettre souvent à la malade,
contrairement à sa crainte, de perdre 1 ou 2 Kg (et non pas d'en
prendre!)
Les compulsions alimentaires
Les stratégies de contrôle du poids sont ici en règle absentes :
les malades grossissent.
L'essentiel n'est pas de définir d'emblée un objectif pondéral,
surtout trop bas, mais de restructurer l'alimentation.
L'amaigrissement suivra. Attention à priori aux régimes