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I/ Examen
Bon éclairage, abaisse langue
Dentier préalablement retiré
Examen de la cavité buccale, langue en place puis en
protraction ; examen de l'oropharynx, langue refoulée vers le
bas
A. Lèvres : Coloration, humidité, ulcérations, crevasse, perlèche, bouquet de vésicules
B. Langue : Coloration, papilles, cotés, face inférieure, base, palpation, symétrie quand langue tirée (XII)
C.
Muqueuse jugale :Coloration, pigmentation (race noire),
ulcérations, nodules
Orifices de Sténon (en regard prémolaires supérieures),
orifice de Warthon
D. Gencives : Inflammation, gonflements, hémorragie, rétraction ou décoloration
E.
Dents : Branlantes, absentes, cariées, anomalies de
position ou de forme
Articulé dentaire
Trismus (limitation ouverture buccale)
Pigmentation mélanique brunâtre des gencives (race noire)
F. Palais : Osseux en avant, membraneux en arrière (voile) qui s'élève quand le sujet dit "ah" (X)
G. Luette : Gonflement, symétrie : Déviée du coté sain si paralysie du X
H. Amygdales et piliers : Peuvent être hypertrophiées sans être infectées, parfois cryptiques avec dépôts blanchâtres (desquamation épithéliale)
I. Paroi pharyngée : Couleur, écoulement, épistaxis
II/ Angine
A. Définition : Inflammation de l'oropharynx
B. Signes d'appel : douleur pharyngée d'installation rapide, spontanée et aggravée lors de la déglutition (odynophagie), peut irradier vers la région cervicale ou s'associer à une otalgie.
C.
Signes généraux +/- marqués : fièvre, frissons, malaise
général, caphalées, courbatures, vomissements
D.
Examen
: local, régional (aires ganglionnaires, tympans),
général (purpura, signes méningés, hsmg) :
Erythémateuses et erythématopultacées
(80 à 90%)
D.1. Rougeur et oedème des amygdales, des pilliers et de la luette
+/- taches blanches ou jaunâtre d'exsudat sur les amygdales
qui se décollent facilement . le plus souvent due à des virus,
sinon des bacteries : streptocoque béta-hémolitique du groupe
A
D.2. Pseudomembraneuse :
Présence sur les amygdales d'un enduit blanchâtre ou grisâtre
confluent, extensif (fausses membranes). 2 étiologies :
mononucléose infectieuse le plus souvent. S'accompagne d'une
hépatosplénomégalie.
D.3. Vésiculeuse :
Vésicules parfois déjà rompues sous forme d'exulcérations
minimes recouvertes d'un enduit jaunâtre et cerclées d'un halo
érythémateux inflammatoire. Obligatoirement virales : les
virus donnent l'herpengine. Siège dans la partie postérieure
de l'oropharynx.
D.4. Ulcéreuse ou ulcéronécrotique :
Uni ou bilatérale
Cause peu nombreuse, mais la forme est toujours grave (elle
nécessite des examens complémentaires)
- angine de Vincent : association fuso-spirillaire surtout chez l'adulte
tabagique et ave un mauvais état bucco-dentaire.
- Chancre syphilitique : lésions souvent unique avec ganglions autour.
(due à des rapports uro-génitaux)
- leucémie aigue : peut débuter par une angine
- agranulocytose
D.5. Phlegmon agmydalien
D.6. Abcès : bombement rouge très douloureux qui peut s'étendre au
delà de la ligne médiane.
III/ Anomalies de la langue
Langue saburrale : blanche, signe d'infection
Langue lisse : dépaillée. Ex : maladie de Bierner : carence en vitamine B12 ---> glossite de Hunter
Langue noire
Leucoplasie chevelue : plage épaissie, blanchâtre, adhérente à la muqueuse (peinture blanche sèche)
Rouge, cyclique : scarlatine
* J2 : langue érythémateuse en périphérie et
saburrale au centre
* J4 : V rouge entoure V blanc
* J6 : langue framboisée abrasée avec les papilles à nu
* J8 : rouge lisse (vernissée)
Langue géographique : plages
rouges disséminées sur le dos de la langue (lisses et
dépourvues de papilles) sur surface rugueuse et blanche
Toute ulcération ou nodule qui ne guérissent pas sont suspects
de malignité
IV/ Atteinte des joues
Signe de Koplick :
Minuscules taches blanches bleuâtres sur fond érythémateux en
regard des molaires "sucre en poudre sur gelée de framboise"
Granules de Fordyce :
Petites taches jaunâtres visibles chez les adultes qui
correspondent au glandes sébacées
V/ Anomalies des gencives et des dents
A.
Gingivite
:
Rougeur et gonflement des bords des gencives (le piqueté
diminue ou disparaît)
B.
Périodontite
:
Inflammation des tissus plus profonds autour de la dent. Le
sillon entre les dents et la gencive s'élargit et des poches
contenant des débris ou du pus se forment dans ces zones. le
bord des gencives se rétracte, exposant le collet des dents
qui peuvent devenir mobiles.
C.
Carie
:
Dépôts blancs crayeux sur l'émail dentaire puis, cette zone
peut devenir brune ou noire, se ramollir et se creuser d'une
cavité.
VI/ Autres atteintes
A. Aphtes :
Ulcérations planes et larges, blanchâtres souvent entourées
d'un halo érythémateux, douloureuse, isolées ou multiples et
souvent récurrentes
B.
Perlèche
:
Ramollissement puis, fissuration de la peau aux commissures
labiales
C.
Cheilite
:
Fissures, squames et croûtes au niveau des lèvres
D.
Chancre
:
Ulcération dure
E.
Herpès
:
Bouquet vésiculaire (bouton de fièvre)
F.
Télengiectasies
:
Dilatation pathologique et permanente de petits vaisseaux de
la peau et des muqueuses dont le trajet devient visible
G.
Oedème
:
Gonflement diffus, tendu, sous cutané
H.
Muguet
:
Plaques blanches grumeleuses ressemblant à du lait caillé qui
peuvent s'enlever.
Peut atteindre toute la muqueuse buccale
I.
Ectodermose pluri-orificielle
J.
Stomatite bulleuse
I/ Analyse sémiologique de l'éruption
Il s'agit d'une démarche stéréotypée qui comporte plusieurs temps :
Décrire et analyser les éléments éruptifs sur la peau du patient
Noter la façon dont les éléments sont associés sur la peau
Préciser la topographie d'éruption
Interroger sur l'évolution de ces éléments éruptifs
A. Reconnaître les éléments éruptifs
* La macule
- tâche inférieure à 1cm
- modification de la coloration de la peau (couleur rouge surtout)
- sans AUCUN relief
* La papule :
- petite lésion cutanée avec un relief
- inférieure à un cm
* La plaque :
- région en relief plus importante (va de 1cm a plusieurs cm)
* La vésicule :
- lésion en relief remplie d'un liquide claire (translucide)
- soulèvement limité épidermique (1 à 2 mm de diamètre)
* La bulle :
- soulèvement épidermique contenant un liquide clair (1 à 2 cm de
diamètre minimum)
* La pustule :
- lésion en relief avec du liquide trouble (pus). Il s'agit d'une
réponse à une infection où on remarque un afflux des
neutrophiles et des polymorphonucléaires.
- base érythémateuse
* La croûte :
- lésion superficielle épidermique qui correspond à la coagulation
de lésion liquidienne (pus, sang, sérosité inflammatoire)
- la lésion croûteuse la plus classique est l'impétigo
* L'érosion :
- perte de substrat de la peau qui fait en général suite à un
élément vésiculeux ou squameux
B. Noter l'association des éléments éruptifs
Caractéristiques :
Soit bien séparés les un des autres
Soit avec des limites très flous (impression de confluence de chaque élément éruptif = élément en nappe ou en placard plus ou moins homogène)
2ruption évoluant : en une seule poussée : lésions au même stade d'évolution par poussée : lésions d'âge différent (ex : varicelle)
Cette analyse permet l'approche d'un diagnostic
C. Préciser la topographie de l'éruption
Eruption généralisée :
Ex : syphillis secondaire = phase où les bactéries se disséminent dans l'organisme (diffusion papuleuse)
Eruption localisée :
Ex : zona : éruption vésiculeuse de topographie métamérique généralement au niveau du thorax
Atteinte des zones anatomiques particulières (évocateur de la maladie) :
- paumes des mains et plantes des pieds (syphillis)
- plis axillaire, inguinal, creux poplité, pli du coude,...(ex :
scarlatine)
D. Caractère prurigineux ou non
Démangeaison ou non :
Varicelle (éléments très séparés)
Impétigo (infection épidermique d'origine staphylocoque)
E. Préciser le caractère évolutif ou non
Mode d'installation et d'extension (comment cela s'est étendu? tête, tronc, membre,...)
Schéma de progression suivie éventuellement d'une desquamation (peau pèle)
F. Analyse sémiologique
Cela permet de distinguer les érythèmes et les éruptions vésiculeuses et pustuleuses :
Erythème : lésion de coloration rouge plus ou moins intense qui disparaît à la vitropression (on prend un verre de montre et on appuie sur la peau avec : le sang s'en va des capillaires superficiels)
Exanthème : lésions érythémateuses diffuses cutanées
Enanthème : lésions érythémateuse des muqueuses (buccales, génitales,...)
Il existe 4 types d'exanthème :
Morbiliforme : rougeole
Scarlatiniforme : scarlatine
Rubéoliforme : rubéole
Roséoliforme : syphilis
- Exanthème morbiliforme (+++)
Macules érythémateuse lenticulaire (de forme arrondi ou ovale) et qui conflue pour donner des plaques irrégulières avec des intervalles de peau saine.
- Exanthèmes scarlatiniforme :
Plaque très étendue rouge avec un relief (micropapule
à la palpation) desquamatif sans
intervalle de peau saine avec sensation de cuisson
instantanée quand on palpe.
A un moment où un autre on a des squames plus ou moins
important qui indique la guérison.
II. Préciser le contexte clinique
* Analyse de
la courbure thermique :
Apparition d'emblée, fièvre élevée, fébricule,...)
Fièvre intense (39-40 degrés) à la phase d'invasion de la rougeole et de la scarlatine
3 jours de fièvre à 40 degrés puis au 4eme jour baisse de la fièvre et éruption dans l'éxanthème subit
Absence de fièvre ou fébricule modérée dans la varicelle et dans la rubéole
* Recherche d'une atteinte des muqueuses :
Essentiellement au niveau de la muqueuse buccale :
Signe de Köplick dans la rougeole : il s'agit d'une apparition de lésions perlées translucides qu'on retrouve sur la face interne des joues et sur le palais. C'est un signe patognomonique qui est fugace
Aspect de la langue dans la scarlatine qui est caractéristique : desquamation de la langue qui devient peu à peu dépapillée... Cela passe d'une couleur rosée à une couleur fambroisée (rouge vif) : c'est la glossite de la scarlatine
Aphtose de la primo-infection dans le VIH. On a aussi une éruption cutanée.
Purpura : tâche rouge vif sur le voile du palais dans la mononucléose infectieuse
* Recherche d'une atteinte du système réticulo-endothélial :
Adénopathies occipitales dans la rubéole avec éruption morbiliforme
Adénopathies cervicales volumineuses dans la maladie de Kawasaki
Splénomégalie dans la mononucléose infectieuse
* Etude de l'anamnèse :
Analyse des signes précédent l'éruption (=phase d'invasion) et de leur durée
Angine précoce dans la scarlatine ou dans la mononucléose infectieuse
Catarrhe oculo-respiratoire (infection de tout le système ORL : conjonctive, bronchite, fièvre,...) dans la rougeole
* traitements reçus avant l'éruption (allergie médicamenteuse)
* Contexte épidémiologique :
ATCD de fièvre éruptive (certaines sont immunisantes : varicelle, rougeole, rubéole,...)
Vaccination (rougeole, oreillon, rubéole)
Notion de contage familiale ou scolaire (délai d'incubation). Pour la varicelle par exemple on a une incubation de 14 jours
III. La rougeole
A. Contagiosité
Agent infectieux :
c'est un paramyxovirus appelé morbillivirus
Réservoir : Homme
Transmission : directe par voie
aérienne
Contagiosité : pendant la phase
d'invasion et jusqu'à 2 jours après l'éruption
Confère une immunité définitive
Rare en France car 80% des
enfants sont vaccinés
B. Phase d'invasion
Incubation : 10 jours
Invasion : 4 jours
Virémie, virus dans les tissus, les sécrétions nasopharyngées et les urines
Atteinte des muqueuses
:
- des voies aériennes supérieures
- des voies aériennes inférieures
Inflammations :
- conjonctivite (larmoiement)
- rhinopharyngite
- bronchite (toux)
= catarrhe oculorespiratoire = inflammation diffuse : toutes
les muqueuses sont touchées de façon concommitente
Aspect bouffi, grognon et geignard
fièvre d'intensité croissante jusqu'à 39-40°C avant l'éruption
parfois apparition de signes digestifs comme des douleurs
abdominales
Signes de Köplik :
- pathognomonique, spécifique
- taches blanc-bleu sur fond rouge sur la muqueuse buccale
- apparaît à la 36eme heure de la phase d'invasion et disparaît dès le
début de l'éruption = fugace, dure seulement 2 jours
C. Phase d'état = phase éruptive
durée = 7 jours
éruption maculo-papuleuse limitée
:
- débute autour des oreilles, de la bouche et de la face
- extension descendante en 3-4 jours : épaules, thorax, membres
- macules et papules légèrement en relief, non prurigineuse (=ne démange
pas), à contours irréguliers, s'effaçant à la vitropression.
- plus ou moins confluentes avec intervalles de peau saine
Fièvre décroissante avec apyrexie
au 3eme ou 4 ème jour de l'éruption
Persistance de la conjonctivité et de la rhinite : à ce stade,
il peut y avoir des attaques bactériennes
Faciès bouffi, oedème palpébral
et polyadénopathies
D. Complications (par ordre de fréquence décroissante)
Surinfections
bactériennes de l'arbre respiratoire : otite,
bronchopneumopathies, pneumonie bactérienne dans les pays
pauvres.
Complications neurologiques :
encéphalites (le virus passe dans le sang et gagne le cerveau)
- pronostic grave
Rougeole maligne = insuffisance
respiratoire et encéphalite due au passage du virus dans les
bronches puis dans les poumons
E.
Diagnostic
En général, il est clinique
En cas de doute : - prélèvements locaux naso-pharyngés
- diagnostic sérologique (Ig M, Ig G) mais rétrospectif car
les résultats parviennent au bout de 7 jours = trop long
F.
Prévention =
vaccination
IV. La rubéole
A. Contagiosité
Agent infectieux :
rubivirus
Fréquence : touche l'enfant d'âge
scolaire (5-6 ans) ou l'adulte non immun
Réservoir : Homme
Transmission : - directe par voie
aérienne
- transplacentaire (rubéole congénitale)
Bénigne sauf chez la femme enceinte
Contagiosité : de 7-10 jours
avant l'éruption jusqu'à 10-15 jours après l'éruption
B.
Phase d'invasion
Incubation : 14-18 jours
Invasion : 1-2 jours
fièvre modérée<38°C
Myalgies et arthralgies (=
syndrome grippal a minima)
Adénopathies cervicales
postérieures, rétro-auriculaires et sous-occipitales =
IMPORTANT POUR LE DIAGNOSTIC
C.
Phase d'état =
éruption = 2 jours
Inconstante (difficile à mettre en évidence)
Débute au visage : joue, zone péri-auriculaire
Extension descendante en 24 heureus au tronc et membre > avec
disparition de la fière
Eruption de type morbilliforme le 1er jour
Scarlatiniforme le 2eme jours
Disparaît au 3eme jour sans séquelle
La fièvre disparaît au 1er jour de l'éruption
D.
Complications
Surtout chez l'adulte
Polyartrites plutot distales
Purpura thrombopénique la toxicité du virus dans la sang
entraîne une diminution du nombre de plaquettes
Méningoencéphalites = atteinte du système nerveux central
E.
Diagnostic
Sérologie : recherche d'anticorps
F.
Prévention
= vaccination (groupée avec la rougeole)
V. Scarlatine
A. Contagiosité
Agent infectieux :
c'est une bactérie, un streptocoque du groupe A sécrétant une
toxine érythrogène
fréquence : petites épidémies
chez l'enfant de 5 à 10 ans, exceptionnelle chez l'adulte
Réservoir : Homme
transmission : directe par voie
aérienne
A partir d'un sujet atteint de pharyngite et scarlatine
Contagiosité : 24 heures avant le
début des signes
B.
Phase d'invasion
Incubation : 2-5 jours
Invasion : 2 jours = une angine
Début brutal
Fièvre : 39-40°C, frissons
Douleurs pharyngées et
abdominales (dysphagie = difficulté à avaler)
Angine érythémateuse
Adénopathies
sous-angulomaxillaire
Langue saburrale (= muqueuse est
recouverte d'un "enduit" blanc jaûnatre)
C.
Phase d'état
*
Exanthème
Apparition sur le thorax et la racine des membres
Extension en 1-2 jours sur tout le tronc
Respecte paumes, plantes et région péribuccale qui restent
saines
Erythème diffus en nappe sans intervalle de peau saine =
ERYTHRODERMIE avec un piqueté rouge sombre
S'efface à la vitropression
Peau sèche et chaude
Aspect granité, rugeux de l'éruption
renforcé au niveau des plis de flexion
*
Enanthème
Constant
touche la muqueuse buccale notamment la langue
Pharyngite érythémateuse ou érythémato-pulpacée
Desquamation de la langue contripète (= de la périphérie vers
le centre) : V inguinal au 2ème jour puis aspect framboisé au
6ème jour
Fièvre élevée 40°C persistante
Tachycardie
Douleurs élevées
Evolution
Décroissance des signes généraux à partir du 6ème jour post
éruption
Desquamation à partir du 8ème jour : - fine au niveau du tronc
et des membres
- en doigt de gant aux mains et pieds
D.
Complications
= liées au streptocoque
ORL : - adénite (supuration, ganglions)
- otite
- mastoïdite
- sinusite
rhumatisme articulaire aigu = maladie cardiaque
Glomérulonéphrite
VI. La varicelle
A. Contagiosité
Agent infectieux :
virus varicelle-zone = VZV
fréquence : infection de la
petite enfance très fréquent : 500 000 à 600 000 cas par an =
toute une génération
Réservoir : Homme
transmission : - directe par voie
aérienne essentiellement
- par voie cutanée
Contagiosité : quelques jours
avant l'éruption jusqu'aux dernières croûtes
Confère une immunité définitive
B. Phase d'invasion
Incubation : 14 jours
Invasion : altération de l'état
général
Fébricule
C.
Phase d'état =
éruption
Lésions élémentaires évoluant de façon stéréotypée en 10 jours
Macule --> papule --> vésicule (J1) --> Pustule -->
Ombilication (J2) --> Croûte (J4) --> cicatrisation (J10)
Intervalles de peau saine
Caractères de l'éruption :
- lésions très prurigineuse
- Evolution en 3-4 poussées successives --> co-existence d'éléments
d'âges différents = CARRE POLYMORPHE (10cmx10cm)
Siège : débute au niveau de la
face, du cuir chevelu et du thorax
Puis généralisation = atteinte ubiquitaire avec atteinte
palmo-plantaire
Enanthème : muqueuse buccale
(aphtes) et conjonctivale
D.
Complications
Surinfections bactériennes à staphylocoque ou streptocoque =
Impetigo
Atteinte neurologique = ataxie cérébelleuse (troubles de la
marche, vertiges)
Varicelle de l'adulte = pneumopathie
varicelle de l'immunodéprimé = atteinte cutanée nécrotique
Localisations viscérales multiples
I. Introduction
A. Définition
C'est un ensemble de symptômes qui sont liés à une irritation pathologique des méninges par :
Des agents infectieux (il y a alors tableau de méningite ou méningo-encéphalite)
Du sang (c'est alors une hémorragie méningée)
Une variation de pression (sur ou sous pression) dans le canal rachidien, d'origine mécanique : la ponction lombaire ou inflammatoire.
La boite externe qui entoure les méninges est
l'os.
Les méninges sont constituées de 3 feuillets :
--> l'externe : la dure-mère accolée à l'os
--> l'arachnoïde
--> l'interne : la pie-mère adhérente au cortex du cerveau
Entre les feuillets, se trouvent des espaces :
--> l'espace extra dural entre os et dure-mère
--> l'espace sous-dural entre arachnoïde et dure-mère
--> l'espace sous-arachnoïdien entre archnoïde et pie-mère
Le LCR se trouve dans l'espace sous arachnoïdien
S'il y a une irritation des feuillets le moyen diagnostic est
le LCR
II.
Syndrome méningé
A.
Définition clinique
Manifestation qui survient (la plupart du temps) de façon
brutale et rapide.
Ainsi, quelqu'un peut être bien puis 1h après les symptômes.
Cela associe des signes fonctionnels:
--> Céphalées
Elles sont diffuses, intenses, en casque, souvent à
prédominance occipitale.
Causes : sang dans les espaces sous arachnoïdiens ou présence
d'une HT intra crânienne.
De caractère continu, presque permanent, d'installation
brutale
--> Vomissements en jets
C'est un signe clinique et typique. Cela part d'un coup, c'est
très brutal
--> Photophobie
Les gens sont très gênés par la lumière. Ils ferment les yeux,
tournent le dos à la lumière ou se dirigient vers des coins
sombres
--> Phonophobie
Et des signes physiques (cliniques) retrouvés à l'examen
clinique :
--> La posture de base : c'est couché, sur
le coté, avec une position en chien de fusil, les jambes
fléchies et lovés sur le coté. Cela est remarqué à
l'inspection
--> La raideur dans la nuque (+++) : elle
est liée à la présence d'une contracture réflexe antalgique
des muscles paravertébraux postérieurs.
Elle est toujours recherchée sur un patient allongé
Elle peut être objectivée par les manoeuvres suivantes :
Signe de BRUDZINZKI : il est présent lorsque la flexion antérieure de la tête (menton qui se dirige vers le sternum) déclenche simultanément une flexion des 2 genoux
Signe de KERING : présent si le patient ne peut s'asseoir dans son lit sans fléchir les genoux, ou lorsque l'élévation d'un de ses membres inférieures jusqu'à la verticales ne peut s'effectuer sans obtenir une flexion du genou
C'était la description clinique
Elle est valable pour les adultes et les
enfants mais pas pour les nourissons car leur nuque est toute
molle donc souple.
Ils possèdent 2 fontanelles qu'on test pour observer leur
tension (si sous tension possible syndrome). Normalement s'y
ajoute une hyperesthésie cutanée : dès qu'on les touches il y
a hypersensibilité à la limite de la douleur.
Il existe des formes tronquées sans tous les signes
B.
Interrogatoire
Il faut intégrer nos questions dans le contexte
donc poser les bonnes questions.
Par exemple penser à la saison à laquelle on se trouve car une
méningite cérébro-spinale c'est en hiver
De même interroger sur les occupations :
qu'est-ce qu'il fait?
Car certaines méningites sont liées à l'activité
professionnelle ou aux aliments.
il faut connaître les antécédants comme le passif vaccinal car certains agents donnent ça, le contexte épidémiologique : s'il y a d'autres gens touchés dans la famille, au boulot.
Savoir comment ça s'est passé? Vite ou pas.
C. Rechercher
C.1. Les signes d'accompagnement car il peut y avoir d'autres choses associées, à savoir tout ce qui peut faire suspecter une gravité, une complication.
Ainsi du purpura au niveau cutané (suffusion de
sang au niveau cutané) qui peut aller de 1mm à 3/4 cm.
C'est lié à des troubles de l'hémostase primaire.
Cela évoque une méningite cérébro-spinale. Donc il faut
déshabiller le patient pour pouvoir apercevoir certains signes
d'accompagnement qui donnent de grandes indications sur la
pathologie en cause et ainsi économiser du temps.
Il y a d'autres signes comme celui-là : la localisation ou focalisation.
cela signifie qu'il y a un endroit du cerveau qui souffre.
Normalement dans un syndrome pur il n'y en a pas.
Cela traduit soit 1 atteinte infectieuse (abcès), soit une
atteinte non infectieuse comme un AVC (accident vasculaire
cérébral) ou une autre atteinte vasculaire.
C.2. Signes
hémodynamiques/de gravité globale.
Ce sont des signes de choc, c'est à dire une urgence vitale.
Il y a choc quand il y a chute brutale de la tension. Cela
peut être choc hémorragique, cardiogénique,
septique/infectieux.
Ainsi il faut en chercher les signes : froid, membres marbrés,
les gens ne sont pas bien
Aussi lors de l'examen il faut bien penser à la recherche du
terrain, du contexte. On ne fait pas les mêmes hypothèses chez
l'adulte, chez le vieux, le nourrisson... de même que chez
l'insuffisant cardiaque, respiratoire...
Les symptômes conduisent aux syndromes qui eux-mêmes mènent
aux maladies.
Les syndromes doivent rentrer dans des maladies.
Ainsi il faut savoir à quoi on rattache le syndrome méningé.
D. Etiologies
La première cause est les méningites infectieuses
C'est l'association de 2 syndromes = méningé et
infectieux.
L'ensemble des 2 doit évoquer une méningite
Ainsi la fièvre est un syndrome méningé fébrille --> méningite
Les signes sont : 39/40°, grande fatigue, prostration,
malaise, troubles de la conscience associés.
La méningite peut être liée à différents agents :
Les bactéries (celles qui tuent) --> dans des proportions variables
Des virus
Des champignons, des parasites
Les bactéries+virus sont les plus gros pourvoyeur de méningites
infectieuses
La seconde cause est l'hémorragie méningée
Elle se traduit par un syndrome méningé sans fièvre au début puis irritation des méninges d'où une inflammation puis de la fièvre.
Elle peut être liée à une cause :
* Traumatique :
--> traumatisme crânien, pseudo anévrismes
post-traumatiques, complications post chirurgicales
* Non traumatique :
--> provoquée le plus souvent par une
rupture de malformations vasculaires cérébrales, souvent un
anévrisme artériel, plus rarement angiome artério-veineux.
L'anévrisme peut se fissurer et alors c'est foudroyant.
La troisième cause est la
méningo-encéphalite
C'est l'association d'un syndrome méningé et d'une atteinte de
l'encéphale.
L'atteinte est souvent diffuse.
Dans une méningite, normalement il n'y a pas de
confusion/délire.
ici les gens sont confus, +/- dans le coma, délirent +/-.
On peut avoir une atteinte de plusieurs paires de nerfs
crâniens (qui sortent du tronc).
--> Ainsi une rhombencéphalite associe un syndrome méningé et
atteinte des paires de nerfs crâniens.
Souvent les bactéries donnent des tableaux de méningite pure
alors que les virus (certains) donnent plutôt des
rhombencéphalites.
La quatrième cause est le Méningisme
C'est un syndrome méningé mais sans causes locales au niveau
des méninges.
Cela peut etre une réaction satellite d'une infection à
distance : sinusite, pneumonie...
Apparemment ça s'appelle une infection minima.
Si c'est du à des causes neurologiques cela donne des
migraines (c'est un syndrome méningé à minima).
La cinquième cause est un syndrome post PL (ponction lombaire)
N.B. la ponction lombaire est l'examen clé!!!
Cela s'apparente au méningisme.
C'est un authentique syndrome méningé mais il y a eu PL avant
(dans les 24h).
III. La technique des PL
Cela consiste à introduire une aiguille au
niveau du canal rachidien et on retire le LCR pour analyse.
On le fait au niveau lombaire car c'est sous la terminaison
des nerfs, il n'y a donc pas de risque de blessure médullaire.
L'aiguille est biseautée, on pique avec le mandrin, on enlève
et le liquide s'écoule.
S'il y a une brèche dans les fils à la partie post cela fait
un trou d'où peut s'écouler du liquide.
Cela crée donc une dépression et donc un syndrome méningé post
PL. Ce syndrome post PL peut s'observer jusqu'à 8 jrs après la
PL.
Ainsi lorsqu'on introduit l'aiguille : 1/ on perce la peau, 2/
on rencontre des fibres et on dirige le biseau sur le coté
pour éviter de rompre les fibres et juste les écarter.
Il reproduit le syndrome méningé.
Pour empêcher la fuite de LCR après la ponction on peut
prélever une goutte de sang et la placer devant le trou (c'est
le blood-patch).
Pour pratiquer la PL l'idéal est de le faire sur quelqu'un
d'assis. Le repère est l'aile iliaque, au niveau de L4,
ensuite on compte les vertèbres, sachant qu'il faut piquer au
pire sous L1 mais pas au dessus.
L'idéal est de le faire entre L4 et L5. Il faut piquer entre
les 2 épineuses (attention car elles ne sont pas droites!!!).
On demande donc au patient d'âtre assis et de se pencher un
peu en avant car le bas du dos est ainsi arrondi et les
épineuses s'écartent.
Il y a des problèmes quand il y a de l'arthrose.
On fait donc des cycles de désinfections avec des gants,
masque, champ stérile, on prend le repère, on pique, on met le
mandrin, on le retire, on prélève, on retire l'aiguille, on
désinfecte.
Quelqu'un peut tenir la patient pour aider, on peut aussi
mettre un coussin pour aider.
La PL n'est ps l'examen en lui-même, ce n'est que le geste
technique qui va permettre l'analyse du LCR qui fournit les
informations.
On place environ 10 gouttes de LCR par tubes, c'est suffisant
pour les analyses standards.
Pourquoi plusieurs tubes?
En piquant on peut "embrocher" des petits vaisseaux donc il y a du sang et ça fait une petite brèche à l'entrée des fibres donc du sang se même au LCR
On se dit alors qu'il y a hémorragie méningée alors qu'en fait non.
Donc pour en être sur, on pratique l'épreuve des 3 tubes :
Si c'est une hémorragie méningée il y a le même
nombre de GR dans chaque tube avec un aspect rosé.
Sinon le 1er tube est fortement teinté, le 2nd un peu moins et
le 3eme encore moins.
Aussi quand on voit du sang dans le LCR quand on ponctionne il
faut y penser
Il y a des contre-indications :
Si la personne présente des troubles de l'hémostase majeurs, faut réfléchir avant de faire PL.
Dans une HTA (intra crânienne) on ne fait pas de PL. En effet la PL crée une dépression en bas de la moelle. Or, si il y a une HTA en haut il y a risque d'engagement du cerveau.
Mais il faut faire attention car il peut y avoir compression du cerveau dur à une lésion focale dans le cas d'un syndrome méningé avec focalisation. Donc, dans ce cas on ne fait pas la PL mais d'abord un scan en urgence et/ou un fond d'oeil pour voir s'il y a un oedème papillaire, stase dans la rétine.
Une méningite bactérienne est une urgence vitale (mort en 1h) donc il ne faut faire un scan que quand on suspecte une HTA intra crânienne, sinon c'est une perte de temps pour le patient.
Ainsi la PL est une urgence, elle n'est différée que dans certains cas.
Il y aurait une augmentation exponentielle du nombre de morts si le diagnostic était fait en plus de 6h.
IV. L'analyse du LCR
Pour l'analyse du LCR on se sert de 3 à 5 tubes. En effet on peut écarter l'hémorragie méningée avec 3 tubes.
Aspect habituel du LCR : eau de roche, pureté totale, absolument translucide.
Si on analyse la cytologie, il n'y a presque
aucune cellule dedans.
Cellulorachie = nb de cellule
dans le LCR
il y a - de 1GR/mm³ (mL) et - de
1GB/mm³
On retient 5 comme limite supérieure de normalité
On s'attache aussi à la chimie (biochimie) du
LCR avec le dosage du glucose : c'est la
glycorachie.
Le taux de sucre normal dans le LCR vaut la moitié de la
glycémie.
La protéinorachie est normalement
à - de 0,4 g/l (rappel dans le sang c'est 70g/l)
On regarde enfin la chlorurorachie.
On peut faire d'autres examens/dosages
:
Examens bactériologique : on
examine au microscope, on regarde s'il y a des microbes avec
des colorants.
On peut cultiver le prélèvement et voir si des bactéries
apparaissent (1 virus se cultive peu).
Examens virologique (génétique) :
plus pour les virus. On fait des PCR, avec des colorations
spéciales...
On peut ainsi mettre en évidence le virus de l'herpes.
Mais on ne peut pas rechercher à l'aveuglette, il faut dire au
biologiste ce qu'on suspecte et donc lui dire un peu quoi
chercher (quel genre de bactéries ou virus...)
Examen anatomopathologique : il
peut y avoir des cellules anormales qui témoignent d'un cancer
ou des cellules carcinomateuses mais c'est plus rare.
| Aspect | Leucocytes | Type | Protéinorachie (g/l) | Rapport glycorachie/glycémie | Clorurorachie (mmol/l) | Orientations | |
| LCR normal | Eau de roche |
< 5 (<10 chez le nouveau né) |
- | <0,4 | >60% | 120 | Normale |
| LCR purulent | Trouble-purulent | >20 | >50% polynucléaires |
>0,4 (souvent>1) |
<40% | Normale | Méningite bactérienne |
| LCR lymphocytaire, hypoglycorachique | Clair | >20 | >50% lymphocytes, ou panaché (50% lymphocytes, 50% polynucléaires) |
>0,4 (souvent>1) |
<40% | Normale (baisse si tuberculeuse) | Méningite tuberculeuse, listeria, fongique |
| LCR lymphocytaire, normoglycorachique | Clair | >20 | >50% lymphocytes |
>0,4 (souvent<1) |
>60% | Normale | Méningite virale |
| LCR hémorragique avec méningite | Trouble, sanglant | >1 pour 800 hématies | Rapport lymphocytes/polynucléaires différent du sang circulant |
>0,4+0,1 pour 1000 hématies |
Variable selon l'étiologie | Variable selon l'étiologie | Méningite bactérienne, tuberculeuse, herpétique, rupture anévrysme infectieux |
| LCR hémorragique sans méningite | Trouble, sanglant | 1 pour 800 hématies | Rapport lymphocytes/polynucléaires identique à sang circulant |
0,4+0,1 pour 1000 hématies |
>60% | Normale | Hémorragie méningée, ponction traumatique (éclaircissement des 3 tubes) |
Si le LCR est normal, le syndrome méningé est
sûrement imputable au méningisme, lui même du à la ponction
lombaire.
Si le LCR est purulent donc d'aspect trouble. Cela évoque une
méningite bactérienne standard : à méningocoque (comme
pneumocoque).
Ce syndrome est une urgence clinique et diagnostique.
il faut faire une PL et analyser le LCR.
Cela doit orienter la prise en charge. Si on suspecte une
bactérie il faut faire très vite, s'il n'y a rien à l'analyse
directe on peut mettre en culture.
La culture sert donc pour la prise en charge à moyen terme
mais pas à court terme d'où l'importance de l'interrogatoire.
Le retard au diagnostic est un problème majeur!!!
Faire une PL rapide est un avantage phénoménal pour la survie
des patients.